Dimanche 9 octobre, 18h10. Départ pour l’île de la Réunion avec quelques collègues. D’autres sont déjà sur place ou arriveront plus tard. Près de 60 agents Air





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titreDimanche 9 octobre, 18h10. Départ pour l’île de la Réunion avec quelques collègues. D’autres sont déjà sur place ou arriveront plus tard. Près de 60 agents Air
date de publication19.10.2016
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Diagonale des Fous 2011 : une édition dantesque
Epoque 1 : Juste avant …
Dimanche 9 octobre, 18h10. Départ pour l’île de la Réunion avec quelques collègues. D’autres sont déjà sur place ou arriveront plus tard. Près de 60 agents Air France sont inscrits sur l’une des 3 courses au programme de cette édition 2011.
Après un vol sans histoire, assis à côté de l’organisateur du Grand Raid Pyrénées, et une nuit correcte, nous arrivons sur place. L’organisation du Grand Raid attend les passagers de chaque vol pour un briefing d’arrivée et une collation. Nous avons aussi droit à un cadeau. Cette année, un beau vase rond en bois.
Les véhicules loués par l’Amicale Sportive Air France pour ce déplacement inédit nous attendent. Nous arrivons peu après au centre de détente « l’Hibiscus » à la Saline les Bains et nous installons dans les logements. Nous partons rapidement déjeuner au restaurant, un rougail saucisses avec également du poulet et du poisson. Un délice. Quelques courses plus tard pour remplir le frigidaire, je m’accorde une sieste réparatrice avant de dîner et de … me mettre au lit. Eh oui, avant la course, pas de fatigue inutile, il faut préparer les nuits sans sommeil … et récupérer un peu des nuits d’avant !!
Mardi, mes colocataires arrivent dans le bungalow et nous nous organisons au mieux pour ces quelques jours. Un autre restaurant le midi, moins copieux et plus cher. Retour par nos propres moyens au centre, repos, début de préparation des sacs pour le raid. Apéro de bienvenue organisé par les responsables de l’Amicale Sportive, consignes pour les jours à venir et distribution des tee-shirts créés pour l’occasion.
Mercredi après-midi, c’est le grand départ de toute la troupe vers le stade de la Redoute pour récupérer le dossard et la fameuse puce que nous conserverons au poignet durant toute l’épreuve (à tel point que, au moment d’écrire ces lignes une bonne semaine après, je la sens encore). Les organisateurs donnent les consignes au micro en plusieurs langues. Dans nos files d’attente respectives, nous n’entendons pas grand-chose. D’ailleurs, il est difficile de trouver la bonne file, un affichage en hauteur serait plus judicieux.
Une fois « pucé » et équipé grand raid, je rejoins la très longue, trop longue file d’attente pour accéder aux stands des partenaires. Cela n’avance pas et nous sommes appelés par Jacky, l’un de nos organisateurs, pour la photo de groupe, au moment même où une averse s’abat sur Saint-Denis. Le retour vers « L’Hibiscus » est donc anticipé. Heureusement, car la police bloque la sortie vers la route en corniche et envoie les retardataires par la Montagne, trajet nettement plus long.
Le soir, c’est pasta-party au centre Jacques Tessier, face à « l’Hibiscus », où logent quelques coureurs et chauffeurs. Après un apéritif local, nous dînons d’un bon appétit un succulent repas varié avant d’aller nous coucher pour, en ce qui concerne les Grands Raiders, notre dernière bonne nuit avant longtemps.
Jeudi matin, grasse mâtinée puis finalisation des sacs. Repas consistant dans l’appartement, sieste, rendez-vous pour la photo à 17h30, avant le départ à 18h00 sous les encouragements de nos collègues alignés sur les autres épreuves, le Bourbon de 93 km et les Mascareignes, dernier né de 61 km.
Epoque 2 : … Pendant …
Les 3 minibus filent à bonne allure avec les 24 concurrents du Grand Raid. Quelques bouchons peu après Saint-Pierre nous ralentissent mais nous arrivons néanmoins rapidement à Cap Méchant, point de départ du périple. Les minibus se garent au plus près, nous sommes gâtés. Nous n’avons pas à mettre nos sacs dans les camions de l’organisation, nous les retrouverons dans nos minibus sur les différentes étapes. Confortable, non, juste à gérer la course.
Nous remercions les chauffeurs pour leur disponibilité et leur gentillesse et nous avançons pour faire vérifier les sacs. Tout le matériel obligatoire doit être présent, ce qui est indispensable avant de valider la puce et d’entrer dans le stade de départ. Nous profitons du stand dîner pour prendre quelques forces qui ne seront pas inutiles bientôt. Chacun passe un dernier appel téléphonique ou un SMS. Grande nouveauté sur cette édition, SFR nous permet de donner 3 numéros afin d’envoyer un SMS lors de chacun de nos pointages. C’est rassurant pour nos proches et très pratique pour notre assistance personnelle.
Nous pénétrons dans le stade de départ et nous asseyons par terre, tranquillement, en attendant. Lors d’une levée brutale de plusieurs concurrents, nous sommes obligés de nous lever aussi et de nous serrer un peu plus près du sas de départ. Nous récupérons Jean-Philippe, parti aux toilettes au mauvais moment, qui nous avait laissé son sac. Ouf !!
A 22 heures, le départ est donné, les raideurs fous se ruent comme des sprinteurs. Nous manquons d’être écrasés contre une barrière et avons bien du mal à nous dégager. De pire en pire à chaque édition … Je pars avec Sophie qui doit m’amener le plus vite possible au pied du volcan. Hélas, je ne la suis que 30 minutes et la laisse partir, trop rapide pour moi. Cette année, au lieu de marcher dès les premières pentes, les concurrents continuent de courir. Même si j’arrive plus vite au ravitaillement de Basse Vallée, beaucoup de monde est déjà passé.
La montée est ponctuée de ralentissements, ce qui est logique : il reste peu de monde derrière. Vers 2000 m d’altitude, je revêts ma Goretex, le froid commence à se faire bien présent. Arrivée tranquille à Foc Foc, ravitaillement. J’ai un mal fou à délasser mes tennis, les doigts sont presque gelés. Faudra que je prévoie des gants la prochaine fois, non des mitaines !! Le trajet vers le volcan se fait normalement, je ne récupère cependant pas le retard accumulé lors de la montée. Encore un bon ravitaillement chaud bienvenu, je me réchauffe progressivement. Par conte, j’ai beau chercher, je ne vois pas le véhicule d’assistance N°1, pour saluer le chauffeur et notre kiné. Ce sera pour plus tard.
J’attaque la plaine des sables en pleine forme et il fait maintenant bien jour. Au pied de l’oratoire Sainte Thérèse, un contrôle surprise. Eh oui, gare à ceux qui font le trajet en véhicule, ils n’auront pas leur pastille (ce qui ne change d’ailleurs rien, les dossards ne seront même pas vérifiés à l’arrivée). Montée paisible, puis je commence à courir dans la descente, vers le Piton Textor, km 40. Au ravitaillement, j’ai la surprise de croiser Patricia et Eric, qui logeaient avec moi à « l’Hibiscus ». Ils partent quand j’arrive. Je me ravitaille, continue mon chemin et les récupère au Chalet des Pâtres, 5 km plus loin : Eric est blessé aux genoux, ligaments croisés externes touchés. Nous marchons sur une route bitumée jusqu’au croisement de la nationale 3. Là, je vois le panneau de l’assistance Air France mais ne réagis même pas. Heureusement que Nicolas, l’assistant de choc, reconnaît Patricia, sinon je passais devant sans même le voir. Eric et Patricia continuent vers le ravitaillement, tandis que je m’arrête faire le point de mes affaires, me ravitailler (merci pour le délicieux sandwich au pain de campagne, le thé et les attentions de ce poste) et discuter quelques minutes. D’autres collègues arrivent peu après.
Je quitte à regrets ce poste d’assistance et continue vers le poste officiel de Mare à Boue, éloigné de 2 à 3 km. La route bitumée favorise un bon rythme. Au poste, je picore un peu et vais prendre des nouvelles de mes deux collègues. Eric, bien strappé par les kinés, souhaite continuer. Nous partons tous les 3 par un chemin bien agréable. Hélas, cela ne dure pas et nous entamons notre premier tronçon de boue. Eh oui, il a bien plu la semaine précédente et le chemin, déjà humide en temps normal, est bien gadouilleux. Sans compter plus de 1000 concurrents sont passés avant … La progression est lente et risquée, les chutes nombreuses, tout comme les rencontres fortuites avec des troncs horizontaux !!
Nous atteignons enfin, fatigués, une route bitumée que nous suivons pendant quelques kilomètres. Nous pensions naïvement, comme il nous avait été dit au départ, que l’organisation avait posté des signaleurs pour nous dévier sur la route mais non, c’est le contraire, ils nous invitent fermement à rejoindre un second tronçon bourbier, encore pire et plus long que le précédent, tandis que nous entendons le bruit de quelques voitures, juste au-dessus de nous, pas loin. Rageant, mais cette rage devient une arme pour continuer, arriver au bout de cette aventure et ramener le tee-shirt et la médaille à la maison.




Passage boueux …

Je distance peu à peu mes collègues. Eric doit refaire plusieurs fois le strapping qui ne tient pas tandis que je récupère par 4 fois mes chaussures dans la gadoue. Ce tronçon est épuisant, nerveusement et physiquement. J’apprendrai plus tard que 124 concurrents, ayant refusé de l’emprunter, ont été disqualifiés au poste de pointage suivant. Tant bien que mal, je boucle ces 5 km en un peu moins de 3 heures. Je retrouve Patricia et Eric ainsi que Marc, qui a effectué le parcours depuis Mare à Boue en 3 heures contre 5 pour nous. Impressionnant, mais il abandonnera un peu plus tard, à Hell-Bourg. Eric et Patricia n’iront pas plus loin, la douleur est trop forte. Dommage. Ils réussiront même à se faire raccompagner à « l’Hibiscus ». Quant au GR, il est défoncé, dommage pour les randonneurs à venir.


Encore quelques kilomètres un peu plus roulants et je parviens à l’entrée d’Hell-Bourg. Je retrouve avec plaisir Serge avec le camion d’assistance N°3, mon sac et mon ravitaillement. Et surtout mes piles de rechange. Je me suis demandé pendant toute la dernière descente si je les avais mises dans ce sac. Ouf !! Il est environ 17 heures, le premier est passé ici à 6h30, le premier d’Air France à 8h20 et les derniers de chez nous vers 13h/13h30. Je retrouve d’autres collègues et apprends que beaucoup ont abandonné, et ce dès Foc Foc. Sophie a arrêté, en hypothermie, ainsi qu’Edwige et Laurent, hors délai. Pierre et Jean-Pierre ont stoppé à Mare à Boue. Samira, une de nos espoirs féminins, vient de stopper, blessée aux adducteurs. Elodie arrêtera aussi, hors délai. Décidément, pas de chance pour nos féminines qui sont toutes hors course. Merci à Serge, à son épouse et à la famille de Jean-Philippe qui ont été aux petits soins pour nous. L’organisation de la course n’a pas prévu de dépose de sac ici, nous sommes privilégiés.
Je repars avec Pierre, Guy et Jean-Philippe vers le ravitaillement officiel, sur le stade, avant d’attaquer la montée de Cap Anglais, 1500 m de dénivelé. Bruno se repose un peu avant de continuer. La première partie de la montée est agréable, mais la pente se durcit rapidement, avec de nombreux passages de quasi escalade, sans compter l’eau qui ruisselle presque tout le temps, rendant glissant le parcours. Il fait de plus en plus frais, la végétation change et se rabougrit. Notre groupe éclate, j’ai souvent besoin de me reposer sur le côté, comme d’autres d’ailleurs. C’est vraiment dur, l’envie d’abandon me reprend mais il faut continuer. Le Cap Anglais est enfin là, et je continue vers le refuge de la Caverne Dufour que j’aperçois au loin. Je pensais le chemin plat sur la fin mais non, ça descend puis remonte avant d’arriver enfin, au bout du rouleau, vers 22h. Pour information, le premier, Julien Chorier arrive déjà à La Redoute, bouclant le parcours en moins de 24h. Tout bonnement impressionnant.
Il n’est pas possible d’abandonner ici, alors je dois continuer. Avant, je m’octroie un peu de repos dans le gîte, bien au chaud. Je n’avais pas prévu d’arriver ici si tard, mes affaires chaudes sont à Cilaos. Heureusement, Pierre me prête un vêtement chaud, une couverture de survie et des gants. Je peux enfin sortir du gîte après une première tentative infructueuse, trop froid. A ce moment, il sauve mon raid. Grand merci à lui, je serai plus prévoyant l’an prochain. Nous commençons la descente ensemble puis je l’attends régulièrement avant de partir seul, car la barrière horaire d’arrivée à Cilaos se rapproche et j’ai cru comprendre qu’il voulait arrêter. Sur la route, en centre ville, je récupère Guy qui avait pris de l’avance et nous rejoignons ensemble Bruno et le camion 4, bien situé, une centaine de mètres avant le stade. Je récupère mon sac et me rends au pointage, requinqué et ayant de nouveau la rage de continuer. Comme quoi cela tient à peu de choses.
Dans la salle de restauration, je revêts mes vêtements chauds, fais le point des lampes et piles puis dîne rapidement. Comme en 2009, je récupère un Yop pour boire en haut du col du Taïbit. Pendant que les organisateurs, ayant fermé la salle à 2 heures du matin, la remettent en état pour accueillir les concurrents du raid Bourbon, je me repose 45 minutes sur 2 chaises, réchauffé par la couverture de survie. Ce me fait du bien. A 3 heures, je suis au camion d’assistance. Je retrouve Jean-Charles, qui partageait également le même appartement. Je le pensais loin devant mais il a quelques douleurs et hésite à repartir. Par contre, c’est terminé pour Pierre, à qui je rends les vêtements, Guy et les 2 Bruno qui arrêtent là pour diverses raisons. Le carnage continue. Merci à Bruno, notre assistant de choc sur ce point d’assistance, pour ses encouragements et sa disponibilité à cette heure indue.
Le délai a été rallongé de 30 minutes, mais ce « cadeau » disparaîtra dès le prochain point de contrôle. Je me disais aussi … Des lampes continuent de descendre vers le Bloc, ce sont d’autres retardataires hors délai. Jean-Charles et moi repartons et pointons la sortie de Cilaos vers 3h30. Au début, il a du mal à marcher mais tout rentre dans l’ordre lorsqu’il se coupe un bâton. Tant mieux, nous allons continuer à 2. Comme en 2009, le sentier monte et descend un bon moment avant d’atteindre le pied du col du Taïbit, quelques gués plus loin. Entre temps, à 4 heures, je pense à nos collègues de la Mascareignes qui démarrent de Grand-Ilet. Le ravitaillement du début de journée au pied du col est le bienvenu, surtout le bon chocolat chaud et les tartines de confiture. Bon courage maintenant aux trailers du Bourbon qui démarrent de Cilaos et vont emprunter le Cap Anglais en descente. J’avais demandé à Bruno de les prévenir de la dangerosité de ce tronçon. J’espère qu’il n’y aura pas de casse pour eux.
La montée du col se fait progressivement, à un bon rythme. Nous arrivons en forme en haut et je peux enfin déguster mon Yop en regardant le paysage. D’autres concurrents sont là aussi, chacun savoure l’instant présent et plus personne ne songe à abandonner, même si ce n’est pas fini, loin de là. Mais 100 km ont déjà été accomplis. Jean-Charles part devant dans la descente vers Marla, îlet que je rejoins à 9h, après avoir croisé nombre de randonneurs y ayant passé une mauvaise nuit à cause du bruit occasionné par le raid. Mais ils ne nous en veulent absolument pas et nous encouragent. Merci à eux.
A Marla, j’apprends que Jean-Philippe dort. Il est arrivé trop tard pour se restaurer à Cilaos et a préféré continuer jusqu’ici avant de se reposer. Bizarre, là encore, je le croyais loin devant depuis qu’il m’avait lâché dans la montée de Cap Anglais. Nous ne le réveillons pas et repartons après 30 minutes de pause, les ventres pleins et avides de parcourir Mafate de jour. Pour une fois que ça m’arrive d’être tant en retard, je vais profiter du paysage. Le trajet vers Trois Roches est agréable et beaucoup plus court qu’en 2009. Cette fois, un seul côté du carré, pas trois !! Nous doublons Denis, qui avait une énorme avance à Hell-Bourg, mais qui souffre des genoux et progresse au mental, qu’il a très fort puisqu’il bouclera le Grand Raid en 61h. Le ravitaillement est vite expédié et nous poursuivons, par une traversée de gué tout d’abord, vers Roche Plate.
Les montées et descentes se succèdent, mais c’est agréable, avant d’atteindre le ravitaillement situé à l’école de Roche Plate. Nous avons croisé d’autres randonneurs, c’est bien sympa d’être encouragé. A ce pointage, bon ravitaillement, les bénévoles sont aux petits soins. La demi finale de rugby ne commence pas bien, 3 à 0 pour les Gallois. Sans traîner depuis Cilaos, nous avons du mal à acquérir un petit matelas d’avance et à le faire fructifier, au cas où. Nous ne gagnons que quelques minutes. C’est chaud !!
Nous commençons à monter vers « la Brèche » par un passage en forêt avant de devoir tenir une corde tant la falaise est raide et le sentier étroit. Mieux vaut ne pas regarder en bas. Une descente interminable sur des blocs de rochers nous attend, pas loin d’une heure à sauter de rocher en rocher. Heureusement qu’il fait beau ! Le sentier remonte brutalement, mais pas longtemps, avant d’atteindre le ravitaillement des Orangers. Nous apprenons que l’équipe de France de rugby est qualifiée pour la finale, après un match sans réelle domination. Nous nous ravitaillons copieusement car le prochain ravitaillement est à 10 km, avec beaucoup de dénivelé. Nous enchaînons donc montées et descentes, passages de passerelles. Un pointage surprise nous attend encore. Eh oui, là aussi, facile de suivre la rivière des galets et de gagner beaucoup de temps. Des promeneurs se reposent en bas d’une passerelle, près du torrent. Endroit agréable pour se détendre.



Avant d’arriver à la porte de la rivière des galets, nous rejoignons les traileurs du Bourbon. Cohabiter sur le même chemin à 2 allures différentes est compliqué, stressant même mais, heureusement, ça ne dure pas. Le chemin s’élargit. Nous sommes doublés par Jérôme, qui finira premier d’Air France sur ce trail puis par Fabrice, que nous ne reconnaissons pas. Nous traversons plusieurs fois la rivière sur des pierres avant d’atteindre le grand ravitaillement de Deux-Bras vers 18h, avant la tombée de la nuit. Nous allons nous restaurer, ça fait du bien de recharger les batteries. Comme il y a la queue chez les kinés et de la place pour dormir, nous allons nous reposer, sans réellement dormir, pendant une heure. Ensuite, passage chez les kinés qui nous remettent les jambes en état pour continuer. Un par jambe, c’est super efficace.



Bientôt Deux-Bras


Avant de partir, vers 20h30, nous discutons avec Jean-Philippe qui vient d’arriver. Tant mieux, il va bien et continuera jusqu’au bout. A la sortie de Deux-Bras, nous avons la bonne surprise de voir Sophie et Pierre, qui ont abandonné plus tôt. Ils sont descendus ici à pieds pour nous encourager. Vraiment très sympa de leur part. Avant d’attaquer la terrible montée de Dos d’Ane, nous devons franchir une rivière sur des rochers glissants, aidés par une corde. Un concurrent devant nous tombe à l’eau. Pour ne pas en arriver là, nous demandons de l’autre côté que la corde soit tenue fermement et faisons de même de notre côté. Nous nous relayons bien, sauf une féminine du Bourbon qui fait le forcing pour passer sans prendre son tour à la corde. Je la chope de l’autre côté et l’oblige à la tenir. M’enfin, les premières féminines sont déjà très loin et elle ne va perdre que quelques secondes !
Nous avons la chance, dans la côte, d’accrocher le bon wagon qui nous amène enfin, en 1h30, après plusieurs passages délicats et risqués, à Dos d’Ane. Et là, surprise, pas de ravitaillement de l’organisation, il faut encore attendre 1 heure. Par contre, des petits malins ont monté un stand payant. Je pense qu’il y a des progrès à faire par l’organisation ici. Nous nous désaltérons un peu plus bas, des personnes sympathiques nous font profiter de leur eau. Merci à elles. Le trajet sur fait maintenant sur route, une belle descente avant de bifurquer sur un chemin très technique dans un bois. Ou, au moins, c’est l’impression que j’en ai. Comme à chaque descente, Jean-Charles prend de l’avance et m’attend au ravitaillement, enfin atteint à 23h. Nous voyons la voiture 1 avec Yannick, notre meilleure chance au classement général, qui a abandonné ici sur blessure et qui n’hésite pas à encourager ses collègues. Merci à lui et à Maria, notre kiné, qui aidera du monde à ce poste.
Le tronçon suivant, vers la Possession, est long et ennuyeux. Du moins pour moi, je ne comprends pas l’intérêt de nous faire passer par là, descendre et remonter pour redescendre, par des chemins dangereux puis par un sentier plus carrossable, et enfin par une route. Pointage mais, hélas une fois de plus, le ravitaillement est plus loin. Quand j’y parviens, Jean-Charles y est déjà depuis un bon moment. Nicolas, notre assistant déjà croisé à Mare à Boue, a installé un véritable campement de fortune avec des lits picots empruntés à la gendarmerie, un toit de couvertures, tout le confort qui … donne envie de rester. Je m’allonge un peu et, suprême confort, me fait masser les mollets par notre assistant de choc, juste pour me détendre. Jean-Charles se refroidit et piaffe d’impatience de repartir. Après quelques boissons chaudes, kiwis et autre compote à boire, nous partons enfin par la route, avant d’attaquer le tronçon jusqu’à la Grande Chaloupe, lieu d’arrivée de mon premier Grand Raid en 1997.
La montée est surprenante, nous progressons au milieu de roches basaltiques installées à par les Anglais au début du XIXème siècle. Nous montons d’un bon rythme lorsque les roches sont bien alignées. A un moment, une grosse ombre surgit face à moi. Je stoppe brutalement mon élan : c’est un arbre, planté en plein milieu. Ouf, j’ai eu chaud. La même scène se reproduit d’ailleurs plusieurs fois. La descente sur Grande Chaloupe est pentue et difficile. Attention à la chute, elle ferait très mal. D’ailleurs, un concurrent marchant devant moi chute brutalement, me rappelant, si besoin, à plus d’attention. Le ravitaillement est le bienvenu, mais je n’arrive plus à manger du solide, je me contenterai donc de liquide pour la dernière partie.
Nous montons donc le chemin des Anglais sur l’autre versant. Les roches laissent bientôt place à un bon chemin large sur une pente raisonnable. Par contre, c’est long, et cela devient franchement très long lorsque nous atteignons une route bitumée que nous empruntons sur plusieurs km, toujours en montée. Ca commence à être dur. Le jour s’est maintenant bien levé et le soleil donne, nous aveuglant. Arrivées à la lisière d’une forêt, nous y pénétrons et là, quel contraste, la nuit nous rattrape. Mes yeux sont bien fatigués et c’est encore un tronçon pénible, à éviter de glisser entre la légère boue et les racines. Une heure après, je débouche enfin à la lumière et marche encore une bonne vingtaine de minutes avant d’atteindre le dernier ravitaillement, Colorado. J’y retrouve Jean-Charles, me ravitaille en liquide, revêt le tee-shirt de la course pour le final, et me fait … masser les épaules par un spectateur inconnu qui se prête au jeu. Merci à lui, et j’espère que son copain aura atteint ce poste dans les délais.




La dernière descente

Enfin, la dernière descente. Il est 8h30 en ce dimanche 16 octobre. Après 3 nuits dehors et 1h45’ de « sommeil », il est temps d’en finir, si possible en moins de 60 heures. Je sens Jean-Charles prêt à foncer dans la descente. Il voudrait bien que l’on termine ensemble mais, d’un autre côté, il voudrait aussi se faire plaisir, ce qui se comprend. Je le laisse partir mais je ne traîne pas non plus. Certes, je vais moins vite que lui mais je commence à réussir à sauter de temps en temps d’un rocher à l’autre. Je connais cette descente, surtout de nuit, et je m’en méfie. De jour, ça passe beaucoup mieux. Je double du monde mais ces concurrents me récupèrent en bas, peu avant la route : des personnes extérieures à la course descendent lentement et il est impossible de doubler. Un mini bouchon se forme donc. Dès que ça se fluidifie, tout le monde se met à foncer vers l’arrivée.


Cette année, c’est bien, nous courons sur le trottoir de gauche. Quand je dis courir, c’est vrai, je suis à fond, à plus de 13 km/h, jusqu’au bout, et je finis au sprint, m’offrant même le luxe de doubler un concurrent juste avant la ligne. Ca y est, 59h40’45’’, objectif atteint. Jamais je n’avais eu tant de mal. Le 6ème tee-shirt, la 6ème médaille et le sac de « cadeaux » viennent récompenser cet acharnement.



L’arrivée, enfin …


Epoque 3 : … Juste après …
Je retrouve les camions d’assistance garés juste à côté du parc à un emplacement privilégié et salue les assistants qui auront réalisé un magnifique boulot tout au long de cette longue journée de … 66 heures. Je me repose un peu sur une couverture, puis dans l’un des camions. A mon réveil, je crois voir passer Cyril qui en termine sur le Bourbon. Je vais prendre une douche, ce qui fait vraiment du bien, avant de faire la queue pour un massage. Là encore, quel bonheur que de ressortir avec des jambes toutes neuves. A la sortie, Catherine, accompagnée de ses amis, en termine, elle aussi sur le Bourbon. Ca fait plaisir.
Je vais déjeuner, à l’autre bout du stade, avec Jean-Charles, qui m’a pris 33 minutes dans la descente (quand je vous dis qu’il voulait en profiter !) et Patrice, qui a terminé le Bourbon. Les raviolis sont bonnes, mais que dire du riz froid sans grains ? Nous revenons donc aux camions et récupérons nos sacs d’assistance (sauf le 3, pas encore arrivé). Ayant raté la navette de 11h30, je profite de la voiture de la famille de Jean-Charles pour rejoindre « l’Hibiscus ».
Pas le temps de rêver, j’alterne douche, rangement des sacs, repas et ménage dans le logement. Tout est prêt à 17h00, pour un départ à 17h30 vers l’aéroport avec 6 autres collègues, plus ou moins heureux sur leurs courses respectives. L’édition 2011 est terminée.
Epilogue :
Que retenir de cette aventure ?
Tout d’abord, je remarque que j’ai perdu de la vitesse. La faute à un manque d’entraînement de course auquel je commence déjà à remédier en retournant aux séances course du club de triathlon le mardi soir. C’est dur. Par contre, les exercices réguliers de gainage et autres ont porté leurs fruits. A part quelques ampoules, je n’ai mal nulle part. C’est un point positif. Toujours la trouille de tomber dans les descentes techniques, mais je me soigne et ça progresse un peu.
J’ai été surpris par la difficulté de ce parcours ainsi que par l’inutilité, à mon avis, de certains tronçons, alors qu’il y a des sentiers beaucoup plus jolis à parcourir. Mais bon, il faut faire avec. Donc, c’est le rôle du mental qui a fait un peu beaucoup le yo-yo entre Mare à Boue et Cilaos, donc entre le 50ème et le 88ème. Le côté positif l’a emporté, tant mieux. Cette réussite est pour partie à mettre au crédit de tous nos assistants qui nous ont bichonnés à chaque ravitaillement où ils étaient présents. Merci aussi à Jacky de m’avoir quasi obligé à mettre un sac à Hell-Bourg. Sans ses conseils avisés, j’aurais été dans le noir, en plus d’avoir froid. Je pensais arriver à Cilaos vers 18h30 - 19h00, alors que j’ai mis 7 heures de plus. Les tronçons de gadoue ont donc été destructeurs. Après, l’objectif était de terminer, quelque soit le chrono. Comme quoi on commet toujours des erreurs, même lors de sa 7ème participation !!
L’alimentation s’est bien passée jusqu’à la Possession. Une bonne cinquantaine d’heure, donc. Avant, je saturais au bout de 24 heures. Il y a du mieux. Le « sommeil » a été bien géré.
Justement, 24 heures, c’est le temps mis en plus par rapport à ma première édition, en 1997, à l’époque où la distance n’était que de 125 km et le dénivelé de 8000 m, par des chemins moins dangereux quand c’était possible. Le but n’était pas de casser du monde comme maintenant. Près de 50% d’abandons cette année contre 30% il y a 14 ans. Ce n’est plus la même course et la médaille n’en a que plus de saveur.
Je n’ai par contre que peu de souvenirs du vol retour …
Le mot de la fin : 20ème édition de la DDF du 18 au 21/10/2012.
Alain Couterot

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«Se faire une opinion sur la voiture individuelle à air comprimé» du site de Sauvons le Climat. (1)






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