Cette synthèse de documents et sa préparation ont été réalisées par Mme joucla, professeur agrégé de Lettres Modernes pour ses étudiants de bts 2ème année du lycée Philippe de Girard à Avignon





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Cette synthèse de documents et sa préparation ont été réalisées par Mme JOUCLA, professeur agrégé de Lettres Modernes pour ses étudiants de BTS 2ème année du lycée Philippe de Girard à Avignon

SYNTHESE DE DOCUMENTS


Vous ferez une synthèse objective, concise et ordonnée des documents suivants qui concernent la mise en scène du politique.


  1. Georges Balandier, Le pouvoir sur scènes, Fayard, édition 2006.

  2. Grégory Derville, Le pouvoir des médias, mythes et réalités, P.U.G., 2005

  3. J.-B. Salgues, Le sacre de Napoléon, dans Mémoire pour servir à l’histoire de France sous le gouvernement de Napoléon Buonaparte et pendant l’absence de la maison de Bourbon, L.Fayolle (J.-G.Dentu) , 1814-1826, cndp.fr/tice/teledoc/Dossiers/dossier_napodavid.htm

  4. Dessin de Jacques Onfroy de Bréville, La répétition du sacre, publié en 1810,

histoire-géographie.ac-bordeaux.fr/outice/

Documents iconographiques et cinématographiques ayant permis la préparation de la synthèse avec les étudiants :


  1. Hyacinthe Rigaud, Portrait de Louis XIV, 1701

  2. Ingres, Napoléon 1er empereur des Français, 1806

  3. Jacques-Louis David, Sacre de l’Empereur Napoléon 1er et couronnement de l’Impératrice Joséphine, 1806-1807

  4. Extraits du film de Gérard Corbiau, Le Roi danse


I. La « théâtrocratie » ou la théâtralité en politique.
Georges Balandier est anthropologue, sociologue et écrivain. Dans Le Pouvoir sur scènes, il revient sur l’idée selon laquelle le monde est un théâtre sur lequel les hommes politiques sont des acteurs.
Derrière toutes les formes d’aménagement de la société et d’organisation des pouvoirs se trouve, toujours présente, gouvernante de l’arrière-scène, la « théâtrocratie ». Elle règle la vie quotidienne des hommes en collectivité : elle est le régime permanent qui s’impose aux régimes politiques divers, révocables, successifs. Elle tient son nom d’un Russe aux talents et activités multiples, mais méconnu […], Nicolas Evreinov. Sa thèse, exprimée à partir d’illustrations fort variées, donne une assise théâtrale à toutes les manifestations de l’existence sociale. Et notamment à celles qui mettent en œuvre le pouvoir : les acteurs politiques doivent « payer leur tribut quotidien à la théâtralité » […]

Le pouvoir établi sur la seule force, ou sur la violence non domestiquée, aurait une existence constamment menacée ; le pouvoir exposé sous le seul éclairage de la raison aurait peu de crédibilité. Il ne parvient à se maintenir ni par la domination brutale, ni par la seule justification rationnelle. Il ne se fait et ne se conserve que par la transposition, par la production d’images, par la manipulation de symboles et leur organisation dans un cadre cérémoniel. Ces opérations s’effectuent selon des modes variables, combinables, de présentation de la société et de légitimation des positions gouvernantes. Tantôt la dramaturgie politique traduit la formulation religieuse, elle fait de la scène du pouvoir une réplique ou une manifestation de l’autre monde. La hiérarchie est sacrée – comme le dit l’étymologie- et le souverain relève de l’ordre divin, y appartenant ou en tenant son mandat. Tantôt le passé collectif, élaboré en une tradition, en une coutume, devient la source de la légitimation. Il est une réserve d’images, de symboles, de modèles d’action, il permet d’employer une histoire idéalisée, construite et reconstruite selon les nécessités, au service du pouvoir présent. Ce dernier gère, et assure ses privilèges, par la mise en scène d’un héritage.

Georges Balandier, Le Pouvoir sur scènes, Fayard, nouvelle édition 2006.

II. La « spectacularisation » de l’action politique.
Grégory Derville constate que les médias et les sondages qui prennent de plus en plus de place depuis quelques décennies, ont eu pour effet d’accroître la mise en scène de l’action politique.
La première conséquence de la double pression exercée par les médias et les sondages sur les acteurs politiques est la spectacularisation de l’action politique, et tout spécialement de l’action publique. Les acteurs politiques peuvent moins que jamais se contenter de travailler, ils doivent s’efforcer en permanence de montrer de façon ostensible qu’ils travaillent, de montrer les fruits de leur travail (mesures, réformes, déclarations). Plus exactement, l’activité de communication des acteurs politiques, le temps qu’ils passent à montrer qu’ils travaillent, comment ils travaillent et ce que leur travail produit de concret, ce temps-là fait de plus en plus partie intégrante du travail de l’acteur politique. Faire de la politique, et en particulier gouverner, ce n’est pas seulement « faire », mais c’est aussi « faire savoir » que l’on fait et « faire croire » que l’on fait bien. C’est pourquoi les acteurs politiques tentent souvent de rendre leur action aussi spectaculaire que possible, afin qu’elle soit susceptible d’intéresser les journalistes, qu’elle soit répercutée par eux, et qu’elle soit alors visible pour un maximum de citoyens. Le champ politique est ainsi traversé par la tentation du coup d’éclat permanent, en référence au titre du célèbre ouvrage de François Mitterrand.

Bien sûr, le fait que les gouvernants aient le souci de rendre leur action visible n’est pas en soi un phénomène nouveau. Le politique a toujours été un lieu privilégié de spectacle : l’histoire et l’anthropologie nous apprennent que le pouvoir politique fonde toujours une grande part de sa légitimité sur la mise en scène de sa nécessité, de son efficacité, de sa rationalité ou de sa puissance. Mais, avec les médias modernes, la tendance s’accentue, parce que le public à séduire est bien plus vaste et hétérogène et parce que la technique offre des possibilités immenses. L’un des principes de base des acteurs politiques est alors : il ne sert à rien d’agir si personne au sein de l’électorat n’en sait rien. Tous essayent à longueur d’année, par leurs déclarations comme par leurs décisions, d’occuper l’espace médiatique. Comme le dit un conseiller en marketing politique au sujet des campagnes électorales (mais ce propos peut être élargi à la vie politique au long cours), « il faut réagir vite, être le premier à parler d’un événement pour être repris par les médias. Réussir une campagne présidentielle, c’est d’abord utiliser les bonnes fenêtres médiatiques » (Georges Dardel, cité in Télérama, 27/03/2002). Avant d’agir, les acteurs politiques se posent donc ce genre de questions : « Cette mesure que j’envisage de rendre publique, cette visite que je compte effectuer sur le terrain, cette conférence de presse que je veux organiser, comment m’y prendre pour qu’elles attirent l’attention des journalistes, pour qu’elles suscitent des reportages et des analyses, pour qu’elles soient visibles dans les médias, pour qu’elles fassent parler de moi ? » Tout se passe comme s’ils étaient de plus en plus convaincus que dans la vie politique actuelle, ce ne sont pas seulement les absents qui ont tort, mais ce sont aussi les silencieux.

Comment un acteur politique peut-il s’y prendre concrètement pour occuper l’espace médiatique ? Une solution peut être de choisir le bon moment pour rendre publique une déclaration ou une décision, par exemple à une date symbolique : il ne se passe guère une fête de la musique sans que le ministre de la Culture, voire même le Premier ministre, n’annoncent une baisse de la TVA sur les disques ; de même, c’est le 25 novembre 2004, journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, que la ministre de la Parité Nicole Ameline annonce un nouveau plan de lutte contre les violences conjugales…

Une autre solution consiste à mettre en avant, parmi tout ce que l’on fait, les actions qui semblent a priori les mieux à même d’éveiller l’intérêt des médias. Par exemple, un ministre peut être tenté de communiquer sur l’entrée en service de nouveaux canadairs rutilants, plutôt que sur une mesure destinée à aider les communes à débroussailler les forêts pour empêcher les incendies (mesure sans doute plus efficace sur le long terme, mais bien moins susceptible de générer de beaux reportages dans des médias locaux).

Particulièrement soucieux des retombées médiatiques de leur activité, certains acteurs politiques peuvent être tentés par une troisième solution, plus radicale, qui consiste à focaliser leur attention et leur activité sur les seuls domaines à haut « potentiel médiatique » (comme l’insécurité…), aux dépens de problèmes plus techniques, pour lesquels les solutions sont plus complexes et moins immédiatement traduisibles en images ou en reportages chocs à la une de la presse ou en titres du JT de 20 heures ( la réforme de l’Etat…)[…]

Le souci des acteurs politiques de visibiliser et de spectaculariser leur travail leur prend énormément de temps. A partir de son expérience de ministre de l’Agriculture, Michel Rocard évaluait à 70% le temps qu’un ministre en fonction consacre à des activités de communication, de « faire-savoir ». Il faut aussi beaucoup de temps pour mettre au point des coups médiatiques destinés à faire parler de soi, et plus encore pour préparer des interventions dans les médias [...] L’activité de communication, qui autrefois était marginale ou « buissonnière » (Albouy, 1994, p.323), concentrée dans les campagnes électorales, « mange » désormais de plus en plus de temps.

Cette évolution entraîne une autre conséquence importante, qui est l’accentuation du processus de rationalisation et de division du travail politique. Comme le souligne Michel Rocard, un responsable politique passe désormais tellement de temps à des activités de communication que « la définition des projets, le contenu de la volonté politique, au lieu d’être l’élément le plus personnel du responsable en situation de compétition, sa vision propre, devient la charge d’assistants et de collaborateurs divers qui seuls ont la disponibilité nécessaire » (1988, p.170). L’acteur politique court ainsi le risque du moins pour les enjeux qui lui semblent un peu secondaires, de perdre la maîtrise de son discours et de se transformer en un acteur au sens théâtral du terme, c’est-à-dire en quelqu’un qui prête sa voix à un argumentaire élaboré par d’autres1.

Grégory Derville, Le pouvoir des médias, mythes et réalités, P.U.G., 2005.

III. Récit du sacre de Napoléon par Jacques-Barthélémy Salgues.
La marche était ouverte par huit escadrons de cuirassiers, huit de carabiniers, et par les escadrons de chasseurs de la garde, entremêlés de pelotons de mameluks. A la tête de ces troupes marchait le gouverneur de Paris avec son état-major ; à la suite venaient le roi et les hérauts d’armes à cheval, puis les maîtres et aides de cérémonie dans une voiture ; douze voitures conduisaient les grands-officiers militaires de l’empire, les ministres, le grand chambellan, le trésorier, et les sœurs de Napoléon, décorées du titre de princesses, mais dans lesquelles le public ne voyait encore que Marianne [Elisa], Caroline et Paulette [Pauline] Buonaparte. Dans la voiture du sacre, Napoléon, Joséphine, Joseph et Louis Buonaparte. A la suite venaient les carrosses du grand-aumônier, du grand-maréchal du palais, du grand-veneur, de la dame d’honneur, de la dame d’atours, du premier écuyer, du premier chambellan, des dames du palais, des officiers civils de l’empereur et de l’impératrice, des dames et officiers, des nouvelles princesses. […] On n’avait rien épargné pour que l’intérieur de la cathédrale présentât un spectacle imposant. Au milieu de la nef, sous un arc de triomphe d’une énorme proportion, s’élevait un trône auquel on n’arrivait que par une longue suite de degrés. C’était là que Napoléon, après son sacre, devait être proclamé empereur, et prêter son serment. Trois autres trônes étaient érigés pour le pape, l’empereur et l’impératrice : celui du pape près de l’autel ; celui de Napoléon et de Joséphine en face. Au-dessous était un prie-Dieu pour l’un et l’autre. Lorsque le cortège impérial eut pris place, le pape descendit de son trône pour aller à l’autel commencer le Veni creator ; l’empereur et Joséphine s’agenouillèrent pour faire ou paraître faire leur prière. Il se relevèrent ensuite, déposèrent leur manteau, et Buonaparte remit à ses grands-officiers sa couronne, son sceptre, la main de justice et son épée. Après le Veni creator, le pape s’approchant de Napoléon, et lui faisant présenter le livre de l’évangile, lui demanda sa profession de foi : Profiteris ne, etc. Et Buonaparte répondit, en mettant la main sur l’évangile : Profiteor. Le clergé récita alors les prières du sacre, et lorsqu’elles furent achevées, le grand-aumônier, les cardinaux, les évêques et les archevêques conduisirent l’empereur et l’impératrice au pied de l’autel, pour y recevoir l’onction sainte au front et dans les deux mains ; ils les reconduisirent ensuite à leurs petits trônes, et le Saint-Père commença la messe. Au Graduel, le pape ayant béni les ornements impériaux, l’empereur reçut des mains des grands dignitaires l’anneau, l’épée, le manteau, la main de justice et le sceptre. Il ne restait plus que la couronne. Buonaparte, sans attendre que le pape s’avançât pour la lui présenter, la saisit lui-même sur l’autel, se la plaça sur la tête et couronna ensuite l’impératrice, prosternée à ses genoux. […] Revêtu des marques de sa dignité, Napoléon monta au grand trône, accompagné de l’impératrice, de ses frères et des grands dignitaires ; et lorsqu’il fut assis, le pape, accompagné de ses cardinaux, s’approcha de lui pour le baiser sur la joue, et ayant récité une prière, il prononça à haute voix : « Vivat imperator in aeternum ! » Les assistants répondirent : « Vive l’empereur ! »

Jacques-Barthélémy Salgues, Mémoire pour servir à l’histoire de France sous le gouvernement de Napoléon Buonaparte et pendant l’absence de la maison de Bourbon, 1814-1826

IV. Dessin de Jacques Onfroy de Bréville : La répétition du sacre (publié en 1810)



1 Il y a quelques années, un reportage diffusé sur M6 à propos d’une journée de travail de Dominique Srauss-Kahn avait montré un ministre des Finances ballotté d’un rendez-vous à l’autre, ne sachant même pas toujours une heure à l’avance où son chauffeur allait l’emmener ou qui il allait recevoir à Bercy, et totalement dépendant des informations transmises par ses conseillers.




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