Monique Zerner, La croisade albigeoise, Paris, Gallimard, 1979, 248 p





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Thème 3 : Cultures et sociétés de l’Europe médiévale du XIème au XIIIème siècle.

Chapitre 4 : La chrétienté médiévale


Ressources

Fiche Eduscol :

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/lycee/76/9/LyceeGT_Ressources_HGEC_2_Hist_05_T3ChretienteMediev_148769.pdf

Adaptation Drom :

http://webtice.ac-guyane.fr/histgeo/IMG/pdf/adaptationdrom2e.pdf

Cartes :

http://houot.alain.pagesperso-orange.fr/Hist/ma/MA_10.htm

http://www.chemins-de-compostelle.fr/chemins-compostelle.html

http://phcb.wordpress.com/2011/05/30/conference-preparatoire-au-voyage-en-pays-cathare-du-12-au-14-juin-2009/

Textes et photos :

http://icp.ge.ch/po/cliotexte/le-moyen-age

http://cliophoto.clionautes.org/

Catharisme et croisade albigeoise :

ouvrage : Monique Zerner, La croisade albigeoise, Paris, Gallimard, 1979, 248 p.

http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/catharisme_et_cathares_en_languedoc.asp (article de Jean-Louis Biget)

http://lescathares.free.fr/croisade/secfin.html

http://cecnelli.unblog.fr/files/2009/01/chroniquecroisade1.pdf

http://diversoutsita.free.fr/Divers/religion%20cathare.htm

http://www.youtube.com/watch?v=9VejmEBj_Yo (documentaire Arte « les Cathares »)

http://www.maison-memoires.com/nouveausite/?page_id=28

http://mirepeisset.pagesperso-orange.fr/pages/histoire/08_occitanie.htm#trencavel

http://lescathares.free.fr/croisade/precrois.html

http://www.chateau-termes.com/les_cathares_et_le_catharisme.html



Cadre spatial + Cadre chronologique

I. L’Occident christianisé.

A. L’église au cœur des sociétés humaines

B. Un monde encadré par l’Eglise

ii. Une chrétienté conquérante et répressive.

(Etude d’un fait religieux : le catharisme et la croisade albigeoise)

A. Une doctrine en rupture avec le dogme catholique.

B. Une « hérésie » implantée en Occident.

C. Chronique d’une répression annoncée : la croisade Albigeoise



Démarche pédagogique

H

Plan, Diapos, fiches

Conduite du cours

Questionnement

Idées clés

Documents proposes

Activité des élèves

Travail prép + 20 mn


Image inaugurale : Bible et chandelles
Présentation du plan
Introduction : cadre spatial
Diapos 1, 2, 3

Fiche 1

L’enseignant introduit la leçon en précisant bien qu’il s’agit de travailler sur un pan particulier de l’histoire (celle des religions) et non de faire du prosélytisme.

Il définit ce qu’est la chrétienté au sens géopolitique, (l'ensemble des pays d'obédience chrétienne) et montre que les XIème-XIIIème siècles correspondent à une période où l’Eglise assoit son autorité sur l’Occident pour lui donnant in fine une certaine unité.

Quelle place occupe la religion chrétienne en Occident du XIème au XIIIème siècle ?

Comment le croyant exprime-t-il sa foi ?

La carte permet d’observer :

- que la religion chrétienne est majoritaire (distinction entre orthodoxes et catholiques avec identification des aires de rayonnement)

- qu’elle s’étend par des voies guerrières (croisade + Reconquista) ou par la conversion (évangélisation) … souvent forcée.

- Reprise de la citation de Raoul Glaber en la modérant : « le Monde se couvre d’un blanc manteau d’églises » qui permet d’aborder les comportements du chrétien (construction de monuments gigantesques érigés à la gloire de Dieu + pèlerinages)

- Carte : l’Occident chrétien au XIème siècle


En amont : Préparer l’étude de carte en répondant aux trois questions.
Mise en commun et correction sur le cahier des questions portant sur la carte : la trace écrite fait office d’introduction

20 mn

Introduction : cadre chronologique
Diapo 4

Fiche 1


L’enseignant élabore conjointement avec les élèves une chronologie pour leur faire comprendre l’emprise grandissante de l’Eglise sur la société occidentale entre le XIème et le XIIIème siècle. Sont posés les jalons montrant une prise de pouvoir de plus en plus incontournable des instances religieuses

Comment l’Eglise acquiert-elle un poids de plus en plus prégnant en Occident ?

Au terme de la chronologie, il faut insister sur l’action de l’Eglise que l’on peut schématiquement décomposer en trois temps (qui se chevauchent) :

- Réforme des institutions, amélioration de la formation + affirmation du pouvoir pontifical  renouveau de l’Eglise

- Extension de la chrétienté à de nouveaux territoires (but des croisades et de l’évangélisation)  affirmation de l’Eglise

- Combat contre ceux qui s’opposent ou s’éloignent du dogme catholique. L’institution se dote de moyens (l’Inquisition ou les ordres mendiants)  omniprésence, prédominance.

- Chronologie vierge

+ glossaire déjà complété

(= gain de temps)

Cours dialogué avec les élèves pour jauger leurs pré-requis et corriger éventuellement certaines erreurs.

Elaboration conjointe de la chronologie et explication des termes nouveaux (définitions)

10 mn

Problématiques

et observation de la Fresque

Diapo 5


Au terme de la chronologie, l’enseignant pose les questions centrales (problématique) qui vont guider le cours et analyse oralement la fresque de Bonaiuti (partie : société des laïcs) pour montrer aux élèves la toute-puissance du Pape. Préciser que l’œuvre est réalisée pour un couvent de dominicains, ordre protégé par le pape.

Comment l’Eglise encadre-t-elle les sociétés

humaines ?

Quelles sont les croyances du

chrétien ?

Montrer que le pape (à gauche, au sommet de la pyramide : plus grand que tous les personnages) domine la société des laïcs. Il siège aux côtés d’un Empereur, d’un Roi, et d’un noble.

A ses pieds, sont disposés des brebis (symbole des croyants) et des chiens (Domini canes-les chiens, les gardiens de Dieu - symbole des Dominicains, ordre mendiant).

La foule des fidèles (laïcs) est représentée au niveau central (en plus petit) alors que les pèlerins forment le groupe agenouillé (en bas et à droite).

- Détail de la fresque de Bonaiuti, 1366-1368, chapelle du couvent des Dominicains, Florence, Italie

Analyse orale du tableau (identification de l’Eglise) au moyen de questions réponses

Préparation à la maison du texte sur la Paix de Dieu




Démarche pédagogique

H

Plan, diapos, fiches

Conduite du cours

Questionnement

Idées clés

Documents proposes

Activité des élèves

15 mn

I. L’occident Christianisé

A. L’église au cœur des sociétés humaines

Diapo 6

Fiche 2

La comparaison de deux paysages urbains pris dans deux régions françaises différentes montre la place de l’édifice dans le quotidien des croyants et les activités qu’elle génère.

Quelle est la place de l’église (monument) dans le quotidien des hommes au Moyen Age ?

- L’église occupe une position centrale : le village s’organise autour d’elle.

- elle marque le temps des hommes (travaux des champs)

- elle sert de lieu de rassemblement pour régler des problèmes d’ordre politique…

- Les activités économiques avaient lieu autour de cet édifice.

L’église est donc au cœur de la vie sociale du village.

Photo 1 : village d’Arinthod

Photo 2 : village de Gourdon

Texte de Michelet (place de l’église)

Identifier l’église et sa position dans le paysage urbain, son rôle central dans la vie des croyants (texte de Michelet)

20 mn

B. Un monde encadré par l’Eglise

Diapo 7

Fiche 2

L’étude du texte aide à montrer la violence de la société médiévale. Au terme de la lecture du document : demander aux élèves comment ils qualifieraient le comportement du chevalier (bandits, voleurs, gangster…).

Comment l’Eglise encadre-t-elle une société marquée par la violence de la classe dominante ?

- La sanction : l’excommunication (exclusion temporaire contrairement à l’anathème)

- Les pratiques seigneuriales : violence, exactions, vols, insécurité, rapt

- Les victimes : les laïcs comme le clergé

- Limitation temporelle des actions violentes  concurrence avec le pouvoir laïc

L’Eglise encadre la société en imposant des règles aux plus puissants

Texte : archevêque de Lyon (paix de Dieu)

Correction du travail Questionnement sur le rôle de l’Eglise en tant que puissance temporisatrice

1h20

II. Une chrétienté conquérante et répressive

Diapos 8 à 19

Fiches 3 et 4

Etude d’un fait religieux : le catharisme et la croisade albigeoise.


20 mn

A. Une doctrine en rupture avec le dogme catholique.

Diapo 9

Fiche 3

A l’aide des documents, l’enseignant montre aux élèves que les cathares sont des chrétiens. Seront sériées les caractéristiques qui en font des croyants et celles qui les oppose à l’Eglise de Rome dirigée par le Pape. L’enseignant lit le texte, les élèves soulignent les éléments de réponses. Sera ensuite élaboré une trace écrite.

En quoi le catharisme est-il une doctrine chrétienne ? En quoi rompt-il avec le dogme catholique ?

- Les règles de vie cathares reprennent celles adoptées par les 1ères communautés chrétiennes. Se basant sur le Nouveau Testament, les cathares pratiquent : l’ascèse (vie rude et austère, où l'on se prive des plaisirs matériels pour tendre vers la perfection), l’éthique morale (défense de jurer, mentir, tuer), l’abstinence de nourriture carnée (puisqu’il y a interdiction de tuer). Ils n’ont qu’un seul sacrement : le consolament (ou consolmentum)

- Leurs rites remettent en question le dogme imposé par l’Eglise de Rome : baptême, mariage, eucharistie (rejet de la transsubstantiation), culte des Saints, des morts, des reliques, l’église comme lieu de culte, richesse…

A noter : beaucoup de similitudes avec les critiques futures du protestantisme

Texte : Croyances et rites cathares

- Travail en autonomie des élèves puis mise en commun pour une correction qui servira de trace écrite

- Préparer le B. (carte et texte) pour la fois prochaine

10 mn

B. Une « hérésie » implantée en Occident

Diapos 10 et 11

Fiche 3

Correction du travail à préparer à la maison. L’exercice 1 se fait sur carte et doit montrer que le catharisme a des foyers dans toute l’Europe (pas uniquement en Occitanie). Cette doctrine n’est pas très répandue et concerne plutôt une population aisée

Où se développe-t-il ? Dans quelle partie de la population recrute-t-il ses adeptes ?

- Sur les origines du catharisme : voir page ci-après

- Les foyers cathares en Europe sont multiples : outre l’Occitanie, il touche aussi la Rhénanie et une partie de la Germanie ainsi que l’Italie du Nord (Lombardie)

- une dissidence ciblée socialement (plutôt des nantis, plutôt des lettrés) et implantée dans les villes.

- une dissidence minoritaire : 2 à 5% de la population selon l’article de J-L Biget. D’autres historiens (ex : Anne Brenon) avancent 10 à 15%.

Carte : L’implantation cathare en Occident

Photo : la croix cathare

Texte : extrait d’un article de Jean- Louis Biget

- Mise en commun du travail réalisé à la maison

- Travail sur la Carte

- Prise en note de la correction du texte

40 mn

C. Chronique d’une répression annoncée : la croisade Albigeoise

Diapo 12

Fiche 3

Temps de cours magistral durant lequel l’enseignant « raconte » la croisade albigeoise en ayant pour support une chronologie évolutive où ne figureront que les quelques dates qui semblent incontournables pour comprendre l’engrenage de la répression et les moyens utilisés par l’Eglise de Rome pour étouffer cette dissidence.

Quelles sont les grandes étapes de la croisade albigeoise ?

Quels moyens, l’Eglise utilise-t-elle pour mettre un terme à la dissidence cathare ?

- Pour le récit (voir un exemple de trame ci-dessous) : l’écueil serait de trop focaliser sur le côté politique de la croisade et de ne pas assez insister sur le rôle joué par l’Eglise et le Pape dans l’éradication de cette forme de chrétienté considérée par eux comme une « hérésie ». Par ailleurs, le temps imparti pour la leçon ne permet pas d’entrée dans les détails.

Les points importants à montrer dans le récit :

- le durcissement progressif de la papauté

- les moyens utilisés : la prédication (Saint Dominique entre autre), la négociation (Castelnau/Comte de Toulouse), la violence (croisade), une juridiction d’exception (l’Inquisition)

- Un point sur les conséquences de la croisade peut clore le récit sur la région : ruine et annexion pour la couronne de France.

Chronologie évolutive

- Remplissage des dates importantes de la croisade sur la chronologie.

-Elaboration d’une carte légendée au fur et à mesure du récit.

-Réponse à la question unique (moyens utilisés) en fin de récit

5

Conclusion

Diapo 20

Au Moyen Age, l’Occident est donc fortement marqué par l’influence du christianisme. L’Eglise de Rome étend son autorité spirituelle sur l’ensemble des chrétiens et la religion est la colonne vertébrale de la société. C’est dans cette logique que l’Eglise de Rome éradique toute forme de dissidence. Ne pas se conformer au dogme catholique est une hérésie. Ne pas obéir au Pape est passible d’excommunication. La diffusion du christianisme fut progressive mais elle marque de son empreinte la vie des Européens de cette époque.



C’est son fils, Louis VIII qui ouvrira l’ère d’une seconde croisade en 1226 (il meurt la même année) appelé croisade royale, qui se termine officiellement par le traité de Meaux-Paris (1229) entre le roi de France (futur Saint Louis, fils de Louis VIII enfant représenté par sa mère, la régente Blanche de Castille et le comte de Toulouse Raimond VII).

- Cette croisade contre les « hérétiques cathares » et contre les seigneurs et villes qui les soutenaient (comme le vicomte de Béziers, d’Albi et de Carcassonne, Raymond-Roger Trencavel), a globalement donc duré de 1209 à 1229 (officiellement, car plusieurs massacres seront perpétrés par la suite toujours dans le même but : extirper les cathares de la région). D’abord dirigée par le légat du pape Arnaud Amaury, elle sera rapidement confiée à un seigneur d’Ile de France Simon de Montfort, figure controversée de la croisade, à la fois cruel et sans pitié et véritable croyant, ardent défenseur de l’Eglise de Rome puisqu’il a participé à la 4ème croisade, refusant de piller Constantinople et gagnant Jérusalem avec ses hommes par ses propres moyens (il meurt en 1218-siège de Toulouse).

NB : pour éviter de perdre ses fiefs, le comte de Toulouse se croise au dernier moment.

- Dès le début de la croisade, des villes importantes tombent :

- Béziers en Juillet (dont on peut brièvement raconter la prise : les croisés exigent que les biterrois livrent les cathares encore présents dans la ville ou celle-ci sera rasée. Refus/ L'évêque de la ville part accompagné d’un certain nombre de catholiques par peur des représailles. Le siège fut donc établi. Une attaque audacieuse mais téméraire des assiégés permit une contre-attaque des croisés qui prirent la ville et massacrèrent une grande partie de la population, catholiques compris. (« Tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens » phrase attribuée à Amaury-apocryphe).

- Carcassonne, évêché cathare en Aout (qui aboutit à la mort rapide de Raymond-Roger Trencavel)

- Il n’est pas nécessaire d’entrer davantage dans les détails : ce que doivent retenir les élèves c’est que la croisade va se poursuivre jusqu’en 1229 plongeant cette région prospère dans la ruine (mais n’est-ce pas là le pendant de toute guerre ?) mais elle ne va pas éradiquer le catharisme. Il faudra d’autres actions militaires (ex : Monségur en 1244, Queribus en 1255…) et le renfort de l’Inquisition pour en venir à bout.

3. L’Inquisition

Dès 1213, Innocent III affirme la nécessité de traquer l’hérésie non sur la base de rumeurs, mais d’une enquête, en latin « inquisitio ». L’idée d’une procédure permettant de poursuivre et d’incarcérer toute personne vaguement soupçonnée (sans forcément avoir recours à la délation) voit le jour. Cela rend possible une répression véloce et efficace. Le concile œcuménique de 1215 reprend et officialise toutes les dispositions concernant la répression des hérésies. Reste à l’institutionnaliser : c’est le rôle du pape Grégoire IX avec la Constitution « Excommunicamus » de février 1231. A partir de cette date, l’Inquisition est vraiment née : elle est d’origine pontificale. En 1233, Grégoire IX charge officiellement les frères prêcheurs, les dominicains, de la poursuite de l’hérésie dans tout le royaume de France.

En Occitanie, Pierre Seilhan, compagnon de Simon de Montfort, et le Frère Guilhem Arnau devinrent ainsi les premiers inquisiteurs du Comté de Toulouse. Ils organisèrent aussitôt les premiers bûchers, y compris en exhumant, pour les faire brûler, les cadavres des Cathares décédés de mort naturelle. L’Inquisition fonctionne comme une institution religieuse parallèle et indépendante de la justice civile qui échappe donc au pouvoir temporel.

L’inquisition va finir le travail du glaive. Elle va isoler le « clergé cathare » et rendre les cathares clandestins. L’exemple de Montaillou (best-seller d’Emmanuel Leroy Ladury -1975) peut être cité comme l’une des dernière poches d’hérétiques éradiquées par un Inquisiteur zélé, Jacques Fournier (futur Pape Benoit XII). C’est là même que l’un des derniers cathares connus des sources inquisitoriales Pierre Authier (notaire prospère qui abandonne son statut de nanti pour épouser la foi cathare et devenir un « bon homme ») périra sur le bûcher en Avril 1311 (Anne Brenon, « le dernier cathare »).

Conclusion : des conséquences multiples

Sur le plan religieux, les conséquences de l’épopée albigeoise sont l'élimination du catharisme en Languedoc, la création de l’ordre des frères Prêcheurs (les dominicains) et celle de l'Inquisition médiévale qui connaîtra son « heure de gloire » en Espagne aux siècles suivants....

Sur le plan politique, les comtés de Toulouse et de Foix se détachent définitivement de l’influence espagnole et basculent sous celle de la couronne de France. En définitive, c'est le royaume de France qui retire le plus de bénéfices de ce conflit dans lequel il ne voulait pas s'impliquer au départ.

Compléments sur le catharisme

Le catharisme est probablement une émanation du bogomilisme, une hérésie bulgare arrivée en Rhénanie et dont on retrouve les idées en Lombardie et dans le midi de la France.

Les cathares ne se désignent pas ainsi. Entre eux, ils s’appellent ‘’bons chrétiens’’, ‘’vrais chrétiens’’ ou ‘’bons hommes’’. Leur pensée repose sur un dualisme absolu. Elle oppose deux principes éternels, le bon qui a enfanté le Bien, l’âme, les esprits. Et le mauvais qui est à l’origine du Mal, du corps, de la matière. Selon le catharisme, c’est donc Satan qui a créé l’univers (car matériel) et non Dieu. Il s’agit donc d’une vision très manichéenne de l'univers : le Bien contre le Mal, Dieu contre Satan. L'homme serait ainsi un esprit (bon) enfermé dans de la matière (mauvaise). Ils rejettent le dogme de l'Eglise catholique de la nature divine du Christ, croient en la réincarnation et prônent le détachement le plus complet du monde.

Les cathares se divisent en deux sortes de fidèles : les croyants et les parfaits (sorte de prêtres qui ont reçu le consolament). Chaque croyant a vocation à devenir parfait. Le parfait a quitté sa famille, vit en communauté, suit un régime végétarien en se nourrissant le moins possible et observe une stricte continence sexuelle. Les parfaits condamnent le mariage car ils n’admettent pas les relations charnelles, celles-ci étant l’émanation du Mal. Le catharisme récuse donc la doctrine chrétienne, l’Eglise qui en est la gardienne, la famille, la propriété et le serment, base de la société féodale.

La croisade albigeoise : éléments historiques pour la construction du récit

- On peut débuter le récit en demandant au élève ce qu’est une croisade ? (terme défini en début de cours) et montrer que la croisade dite albigeoise est particulière puisqu’elle n’est pas destinée à libérer un lieu saint mais bien à éradiquer une forme de chrétienté que l’Eglise de Rome juge incompatible avec ses préceptes, son dogme.

1. La prédication

- Le début de la chronologie permet de situer sous quel pontife la croisade albigeoise fut lancée (Innocent III) et la carte montre le cadre spatial dans lequel la guerre s’est déroulé : l’Occitanie et plus précisément la région du Toulousain appelée aujourd’hui le Languedoc. Au début du XIIIème siècle, cette région est prospère, indépendante (puisque ses principaux comtes sont vassaux de plusieurs rois à la fois ce qui leur confèrent une relative autonomie). Quatre diocèses cathares y sont implantés : Agen, Albi, Toulouse et Carcassonne (voir carte du PPT).

- On peut préciser aux élèves que le terme « albigeois » a servi, dès le milieu du XIIème siècle, à désigner les hérétiques du Languedoc, bien que l'Albigeois ne paraisse pas, aux yeux des historiens modernes (qui ont continué à user de cette appellation devenue traditionnelle, avoir été le principal foyer de l'hérésie.

- Le personnage de Dominique de Guzmann (futur Saint Dominique et fondateur de l’ordre des dominicains) est introduit pour montrer aux élèves qu’avant la guerre, il y a eu tentative d’éradication du catharisme par la prédication. Comme à chaque hérésie, l’Eglise convoque d’abord un concile pour examiner la pertinence de l’hérésie. Entre 1119 et 1215, ce ne sont pas moins de 7 conciles qui analysent et condamnent les thèses cathares. Guzmann ne fait que suivre les actions d’autres envoyés de l’Eglise qui ont échoué dans la conversion des cathares. Peuvent être cités Bernard de Clairvaux, Pierre et Raoul de Castelnau, deux frères cisterciens, qui vont de village en village, haranguant les fidèles (1200). En 1204, Arnaud Amaury, abbé de Cîteaux, leur prête mainforte et prêche beaucoup autour d’Albi. Guzmann parcourra ensuite la campagne pieds nus, sans équipage et sans argent, multipliant les conférences contradictoires avec les représentants du catharisme. Il obtient par exemple 150 retours à l’Eglise à Montréal, près de Carcassonne, en 1206. La même année, à Fanjeaux, il fonde un couvent avec des hérétiques convertis. Dix ans plus tard, l’ordre des Dominicains nait à Toulouse.

2. La croisade

- L’assassinat du missionnaire, légat du Pape, Pierre de Castelanau (venu rencontrer l’un des comtes les plus puissants de la région, Raimond VI de Toulouse pour lui demander d'extirper de ses terres l'hérésie cathare) par un écuyer du Comte de Toulouse est le prétexte qu’il manquait au Pape pour appeler à la croisade.

A savoir : Le roi Philippe Auguste après s’être opposé à la croisade (le pape en proposant les terres du Comte aux croisés empiétait sur les droits de suzeraineté du Roi), autorisera ses puissants vassaux du Nord à y participer. S’il ne va pas guerroyer c’est aussi qu’il est aux prises avec le roi d’Angleterre (Jean sans Terre) et l’Empereur germanique (Otton IV).

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