Quelle utilisation des réseaux sociaux pour les journalistes ? Entre usage participatif et course au scoop





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Mémoire Universitaire :

Quelle utilisation des réseaux sociaux pour les journalistes ? Entre usage participatif et course au scoop.

Document réalisé dans le cadre de l’obtention du Master Information et Communication, spécialité Communication et Contenus numériques — Parcours Nouveau Journalisme

Vincent Le Parc Année 2013-2014

Remerciements



Avant d’entamer le propos, je souhaiterais exprimer ma profonde gratitude à toutes les personnes qui ont collaboré à la réalisation de ce mémoire.
À Marie-Pierre Fourquet-Courbet, tuteur de ce mémoire, pour ses précieux conseils et sa gentillesse.
À tous les encadrants de l’EJCAM, qui ont, de près ou de loin, contribué à la concrétisation de ce travail.
Un merci particulier à Philippe Lefait, actuellement mon maitre de stage à France Télévisions, pour sa disponibilité et le conseil de ses expériences partagées.
À mes proches sans qui rien de tout ceci n’aurait de sens à mes yeux.
Merci à mes parents qui, depuis toujours, sont mes plus fidèles relecteurs et mes critiques préférés.
Merci à Jérémie, étudiant de ma promotion et colocataire parisien, pour ses encouragements répétés.
Merci enfin à toutes les oreilles attentionnées qui se reconnaitront et dont l’amitié m’est plus que chère.

Quelle utilisation des réseaux sociaux pour les journalistes ? Entre usage participatif et course au scoop.

Remerciements (Page 2)

I – Préambule (Page 5)

  • Questionnements de recherche (Page 5)

  • Fil rouge (Page 7)

II - Rappel historique et contexte actuel (Page 8)

— Concevoir un journalisme en mutation (Page 8)

  • Journalisme et crise (Page 9)

  • Les principaux changements (Page 11)

  • Le nouveau visage de la presse (Page 12)

  • Quels avantages à publier sur le Net (Page 13)

  • Les réseaux sociaux pour les nuls (Page 15)

  • Des usages généraux qui les rendent incontournables (Page 18)

  • L’AFP à même publié un guide des réseaux sociaux (Page 19)

  • Quid des règles à l’étranger ? (Page 22)

— Mais en fait, comment les journalistes utilisent-ils les réseaux sociaux ? (Page 23)

— Mais aussi (Page 26)

III - Le journalisme à travers les réseaux sociaux, où l’avènement du journalisme participatif (Page 27)

  • 2011, année où tout à basculé (Page 27)

  • Développement du crowdsourcing & avènement de la vidéo (Page 28)

  • Le web participatif à l’assaut de la télévision ? Le cas de la soirée électorale du 6 mai 2012 (Page 31)

  • Le Phénomène #RadioLondres (Page 33)

  • Mais alors, le journalisme participatif influence-t-il la démocratie (Page 35)

  • Quid de la loi ? (Page 35)

  • Le cas de Boston, plus grande enquête participative en ligne de l’histoire (Page 36)

  • Les médias se font alors avoir et doivent s’excuser (Page 85)

IV- Une information toujours plus vite, toujours plus fausse ? (Page 39)

— La multiplication des sources complexifie leur identification (Page 39)

— L’immédiateté au détriment de la fiabilité ? (Page 41)

  • Les réseaux sociaux à l’heure du dilemme du prisonnier (Page 43)

  • Exemple de dérive médiatique (Page 43)

— Les réseaux sociaux ont enfanté l’Infobésité (Page 45)

— Les réseaux sociaux, paradis de la diffamation ? (Page 46)

V - Conclusion : Se dirige-ton vers un néojournalisme ? (Page 47)

  • Avis personnel sur la question (Page 47)

  • Et maintenant, on fait quoi ? (Page 48)

  • Note de fin (Page 49)

VI- Recherches bibliographiques (Page 50)

VII – Annexes (page 54)

  • Annexe 1 (Page 54)

  • Annexe 2 (Page 55)

  • Annexe 3 (Page 56)

I – Préambule
« Le journalisme, bercé d’illusions sur sa rentabilité et inquiet des nouvelles technologies, a laissé, en ligne, d’autres lui voler opportunité après opportunité ».
L’institut américain « Pew Research Center’s Project for Excellence in Journalism » en 2009. Cet institut est un laboratoire américain qui fournit des informations sur les sujets controversés en général relatifs aux attitudes et tendances qui influencent les États-Unis et le monde. 


Questionnements de recherche

 

La révolution numérique. Une phrase entendue à maintes reprises et utilisée à tort et à travers pour expliquer les profonds changements que traverse la presse actuellement. Si révolution il y a, en quoi consiste-t-elle ? Il est indéniable aujourd’hui que les journalistes doivent s’adapter à l’évolution de leur environnement médiatique, reconfiguré par Internet et les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Les journalistes construisent ce nouveau paysage médiatique tout en étant construits par lui en retour. Mais dans quelle mesure ce phénomène peut-il être taxé de révolutionnaire ? Ce terme n’est-il pas disproportionné compte tenu de l’ère que nous traversons actuellement ? L’adaptation du métier de journaliste n’est-elle pas tout simplement un léger glissement de pratiques antérieures ? Évidemment, le journalisme est une profession en perpétuelle invention, une profession aux frontières floues dont l’incertitude constitutive est profitable puisqu’elle ne l’enferme pas dans un genre. La question est donc de savoir en quoi les changements actuels sont particuliers. Parmi ces changements, un a particulièrement retenu mon attention, celui du journalisme sur les réseaux sociaux aussi appelé « journalisme social ».

86 % des articles d’actualité ne sont jamais partagés sur les réseaux sociaux. C’est ce qu’a affirmé NewsWhip, institut de sondage américain, d’après une étude menée en avril dernier sur un corpus de 612.212 articles publiés sur une période de 72 h. Seuls 14 % des articles ont été partagés sur les réseaux sociaux, le reste étant passé aux oubliettes des archives du Web.
Étant plutôt accro aux réseaux sociaux, et notamment à Twitter, j’ai pu m’apercevoir que ceux-ci pouvaient être utilisés de manière personnelle, mais aussi de façon professionnelle. Mais alors comment sont-ils utilisés dans le cadre du journalisme ? Près de 70 % des journalistes sont présents sur Twitter et près de 2/3 d’entre eux estiment que l’information trouvée sur ce réseau social est souvent utile (selon une enquête de l’agence-conseil Gootenberg.)
L’usage intensif des réseaux sociaux par les journalistes confirme-t-il la perméabilité médias/médias sociaux ? Est-ce un véritable complément d’information ou simplement un moyen pour les rédactions d’étendre encore un peu plus leur lectorat ? Avec l’avènement des réseaux sociaux, chaque utilisateur ou chaque citoyen n’est-il donc pas lui aussi un journaliste ? De ce fait, les journalistes servent-ils encore à quelque chose aujourd’hui ? En quoi leurs pratiques sont-elles différentes des pratiques qui précédaient l’émergence des nouvelles technologies de l’information et de la communication ?
Ces questionnements de base ont été établis dans le cadre d’un mémoire de recherche réalisée dans le cadre de l’obtention du master Information et Communication, spécialité Communication et Contenus numériques parcours Nouveau Journalisme.

Cette recherche doit donc être considérée comme l’approche d’un sujet multidimensionnel : la transformation du rapport à l’information en communication multimédia. L’objectif du présent travail est donc de mesurer l’évolution des pratiques et des représentations professionnelles des journalistes quant à l’utilisation des réseaux sociaux.

Pour aborder cette vaste question, nous avons choisi de partir du postulat qu’Internet bouleverse le champ journalistique d’abord parce qu’il contribue à modifier les conditions de production, soit l’environnement professionnel du journaliste.

Fil rouge
La présente recherche sera structurée en quatre parties. Nous commencerons par un bref rappel historique, nous tenterons de savoir où en est rendue la crise qui frappe les journaux depuis plusieurs années maintenant, notamment dû au fait de l’apparition des réseaux sociaux (Partie II). Puis nous tenterons d’expliquer les différentes utilisations des réseaux sociaux pour la profession du journalisme. Nous développerons notamment le concept de « journalisme participatif » (Partie III). Il s’agira de définir et de comprendre ce concept, en s’appuyant sur de nombreux exemples (CNN, attentas de Boston…).
Nous verrons ensuite que les réseaux sociaux peuvent engendrer un phénomène que l’on appelle « course au scoop », à savoir le fait d’obtenir l’information avant tout le monde et le plus rapidement possible. Parfois au détriment de la déontologie du journalisme. (Partie IV).
Pour terminer, nous nous demanderons si à long terme les réseaux sociaux peuvent remplacer les journalistes. Nous finirons par nous interroger sur le futur de la profession tout en prenant du recul, afin de donner un avis personnel sur le sujet de ce mémoire (Partie V).
Ainsi, à travers ce plan structuré autour de la problématique : « Quelle utilisation des réseaux sociaux pour les journalistes ? Entre usage participatif et course au scoop », nous espérons comprendre et expliquer un concept et phénomène lié à notre époque.

II – Rappel historique et contexte actuel

Concevoir un journalisme en mutation
En France, une carte de presse est attribuée aux journalistes reconnus comme professionnels. Cette carte n’est pas obligatoire, et n’empêche aucun journaliste d’exercer. Elle n’est pas non plus conditionnée à la possession d’un diplôme. Il est tout à fait courant de croiser des journalistes issus de divers univers (histoire, lettres modernes…). Enfin, la commission de la carte a vu voler en éclat son profil type du journaliste à intégrer dans ses rangs, et ce, à cause de demandes de cartes par des profils différentes de la profession (secrétaires de rédaction, photoreporters…) ou par de nouveaux profils (journalistes radio, télévision, Internet). Celle-ci doit donc constamment redéfinir ses frontières pour intégrer de nouveaux profils.
Internet voit lui aussi l’avènement de journalistes spécifiques. Qualifiés de « journalistes de desk », ces derniers couvrent l’actualité au travers des dépêches d’agence, selon un rythme soutenu. Dans ces services Web, pas le temps de faire de la littérature. On n’écrit plus, on habille la nouvelle. On la coiffe d’un titre accrocheur et on la précipite sur la toile en quelques instants. La deadline est désormais permanente et la concurrence plus rude que jamais. Il faut être le premier à publier l’information. Déjà, on annonce l’avènement d’un « journaliste à tout faire » qui jongle, non sans mal, sur tous les supports. J’en ai moi-même fait l’expérience lors de mon stage de première année où j’ai travaillé au « desk » de Ouest-France durant pendant deux mois où je n’ai fait que de la reprise de dépêches.
Enfin, une question revient souvent sur toutes les lèvres. Celle-ci obsédait les recherches sur le journalisme en ligne il y a quelques années à peine : le Web journaliste est-il un nouveau type de journaliste ou le journaliste du futur ? Pour tenter d’y répondre, il faut commencer par un petit rappel historique.

Journalisme et crise
Dès les années 2000, alors que des journalistes spécifiquement dédiés à Internet font leur apparition, on entend plusieurs protestations émergeant du monde entier, qui vont déplorer les conditions précaires de l’exercice du métier sur la toile. Mais ces conditions ont été interprétées comme le fruit d’une tendance qui anime les entreprises de presse depuis les années 1980 : l’essor des chaines d’information en continu, et l’accroissement de la concentration des groupes. Ces deux tendances constatées sont étroitement liées au phénomène communément appelé « crise des médias » ou « crise de la presse ».
Mais de quelle crise parle-t-on aujourd’hui ? Le début du 21e siècle est en effet jalonné de crises diverses. L’origine des problèmes financiers qui affectent la presse est donc multiple. En effet, depuis les années 1990, la presse se voit confrontée à de nombreuses vagues de limitation des couts de production.
Dès le début des années 2000, la diffusion des quotidiens de presse écrite se tasse autour de 8 millions d’exemplaires tirés par an en France. La crise économique de 2007 marque le véritable début de la chute de ces tirages. En 2011, le nombre de tirages est passé en dessous des 6,5 millions soit une diminution de 1,5 million d’exemplaires en quatre ans ! De plus, la tendance n’a pas l’air d’être à l’amélioration pour les années à venir (voir schéma ci-dessous).


Source : www.senat.fr

Les recettes publicitaires elles aussi sont en chute libre, avec des chiffres particulièrement alarmants pour le cas de la France : de 4,7 milliards d’euros en 2005, elles sont passées de 3,7 milliards d’euros en 2010 (voir schéma ci-dessous). Cette crise de la presse imprimée est largement attribuée aux nouveaux médias, non encore stabilisés, qui s’approprient des audiences et ressources publicitaires, tout en déclassant les quotidiens de presse imprimée à coups de traitement instantané de l’information. Les médias traditionnels n’ont pour l’instant pas trouvé comment répondre à ce phénomène.
De nombreuses recherches ont par exemple montré que le temps passé sur Internet chez les individus ne cesse d’augmenter au fur et à mesure que les années passent. L’arrivée du haut débit accessible à tous et par tous accentue ce phénomène. Au même moment, le temps disponible pour la lecture de la presse ne cesse de se réduire. De plus, les nouveaux médias, en proposant des contenus individualisés, contribuent à la fragmentation des audiences, aux comportements de lectures par « papillonnage » et au déclin de la fiabilité des consommateurs envers certains titres de presse. Ceci peut expliquer en partie le désamour des journalistes traditionnels envers le support Internet.


Source : INSEE
Il faut ajouter à cela que la crise financière mondiale qui a débuté en 2008 a également eu un impact important sur le marché publicitaire, et donc sur les revenus des titres de presse.
À très court terme, ceux-ci n’ont plus les moyens de réaliser les investissements humains, intellectuels et techniques permettant de poursuivre les développements des sites d’information.
On ne compte plus les entreprises de presse qui ont vu leurs effectifs réduits au cours de ces dernières années. Il faut alors rationaliser la production. C’est d’ailleurs l’objectif, que poursuivent la plupart des patrons de presse lorsqu’ils établissent des plans d’actions, permettant, l’exploitation intensive de la même information sur différentes plateformes, afin de rejoindre des publics de plus en plus divisés.
Les principaux changements
Quels sont les principaux changements qui affectent les pratiques et les représentations des professionnels de l’information ? À cause de l’apparition du net et des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication), beaucoup de journalistes concèdent donc que leur charge de travail a augmenté, que leur celui-ci se complexifie. Ces changements affectent-ils pour autant l’essence du métier de journaliste ? À en croire certains journalistes, cela dépend de la nature des tâches supplémentaires qui sont requises.
En premier lieu, les journalistes sont confrontés, depuis l’apparition d’Internet, à un nouveau support dont il faut se préoccuper. Ceci implique de petites tâches supplémentaires (envoyer une information brute via SMS ou alerter les autres médias du groupe en cas d’information très importante, etc.) et de nouvelles questions, telles que « Sur quel support ce scoop sera-t-il le mieux mis en valeur ? » À terme, plusieurs responsables multimédias envisagent en outre de voir les journalistes jongler avec différentes modalités de production, de la photographie à l’animation flash.

Mais pour l’instant, il est surtout demandé aux journalistes Web de prendre en compte les nouvelles possibilités de storytelling (histoires à raconter) amenées par les nouveaux médias.
Le deuxième grand challenge qui affecte la profession journalistique est la disparition, sur le Web, des deadlines.
Ce phénomène a profondément accéléré les rythmes de production, tout en exacerbant la concurrence entre les médias. Ces deux transformations entrainent, parmi les journalistes traditionnels, la crainte de voir leurs tâches intellectualisantes réduites au profit de tâches techniques. Plusieurs journalistes constatent en effet qu’ils ont moins de temps pour pratiquer un journalisme d’investigation, pour enquêter, pour écrire. C’est particulièrement le cas pour les journalistes Web. Mais les journalistes traditionnels y sont également sensibles.
Le troisième et dernier changement que nous aborderons est celui qui nous intéresse le plus. C’est celui qui concerne les réseaux sociaux. Nous y reviendrons plus en détail un peu plus loin dans ce mémoire.

Le nouveau visage de la presse
La presse en ligne ne remplace pas la version papier d’un journal. La version Web et celle papier remplissent des fonctions différentes et sont donc complémentaires. Au départ, elle recherchait la conquête de nouveaux lecteurs qu’elle ne pouvait toucher avec sa version papier. Avant d’exploiter pleinement le média Internet, des réticences sont apparues sur des questions financières. En effet, la création d’une édition électronique coute très cher aux journaux, notamment au niveau de la production de support multimédia. De plus, la rentabilité financière semble incertaine dans les premières années, ce qui entraine beaucoup de réserves des investisseurs publicitaires qui se refusent d’investir massivement avant que l’édition électronique ait fait ses preuves.
Financièrement, il n’est pas rentable de dupliquer simplement le contenu existant, en espérant qu’il se connectera à une partie du lectorat ayant accès à Internet. Cette stratégie ne permet pas d’obtenir des gains suffisants en termes de recettes publicitaires. La plupart des journaux commencent à peine à s’en rendre compte.
Les journaux doivent chercher à céder ou à acquérir des ressources éditoriales pour créer un environnement attractif. Dans cette optique, la presse en ligne a su considérablement utiliser Internet pour évoluer, être attractive et adopter un nouveau visage en surfant sur l’engouement suscité par ce média. Ainsi, divers journaux en ligne, comme Le Monde, Libération ou Midi Libre, mettent en ligne des dossiers complets sur un sujet, des archives d’information, des rubriques diverses sur les voyages, le logement ou encore la santé, afin de satisfaire l’internaute consommateur en recherche d’informations complémentaires à la version papier. Le journal papier donne une légitimité que le titre en ligne ne possèderait pas s’il existait tout seul. Par ailleurs, ils exploitent aussi les outils de communications tels que les forums, les chats, les blogs, qui permettent une interactivité entre les lecteurs du journal.
Pour avoir une rentabilité financière, les espaces publicitaires se multiplient et parallèlement le paiement d’un abonnement est proposé par les journaux en ligne, afin d’accéder par exemple aux forums ou aux archives du journal. On peut également payer pour un seul article, à un faible cout (souvent moins d’1 euro). La presse écrite table sur divers supports numériques pour drainer une partie de son public perdue par le passé. Elle prend alors une dimension numérique qui pourrait finalement se retourner contre elle en faisant concurrence aux versions papier des journaux.

Quels avantages pour les journalistes à publier sur le net ?
La profession de journaliste a considérablement changé suite au fort développement d’Internet. Bien que certains s’en plaignent, il y’a pourtant plusieurs avantages quant au fait de publier sur le net. Petit tour d’horizon.

  • Les couts réduits

Entre l’écriture de l’article et sa diffusion, le circuit est réduit au minimum. La phase industrielle disparait, ce qui représente une économie significative de frais d’impression, de papier et surtout de masse salariale. Les délais sont moindres, les revendications ou les risques de grève deviennent quasiment inexistants.

  • L’instantanéité

La mise en ligne permet de réagir immédiatement et de diffuser instantanément l’information. La rapidité, la course au « scoop » ne pourront que s’accélérer avec les technologies de la communication. Mais parallèlement, il est aussi possible de faire le lien avec des articles précédents ou des analyses de fond qui permettent la mise en perspective de l’information pour éviter que l’émotion ne remplace l’explication.

  • Un réseau universel d’information

La mondialisation du réseau Internet accélère et permet la diffusion à toute heure et en tout lieu d’une information telle quelle soit. Elle favorise la diffusion à l’étranger et peut générer de nouvelles recettes.

  • L’interactivité

L’énorme avantage d’Internet est de pouvoir offrir une possible interactivité entre l’auteur (l’écrivain, le journaliste) et le lecteur. Par exemple, sur le site Web de l’Express ou sur celui du New York Times, il est possible d’interroger un journaliste ou de faire part de ses réactions. Le sentiment d’appartenance à une communauté de lecteurs est renforcé. Le rôle du lecteur est ainsi plus actif, la relation plus directe, plus personnelle. De plus, Internet offre une ressource d’information à la fois ciblée, mais aussi sans limites, car des mises à jour s’effectuent chaque minute.

De plus, des ressources thématiques, spécialisées ou non, ou les archives d’un journal peuvent être proposées. Leur accès sera facilité par les moteurs de recherche. Des journaux économiques fournissent leurs bases de données, des analyses et des conseils sur abonnement. Comme pour la presse magazine, la segmentation du marché et la personnalisation de la presse en ligne sont de plus en plus recherchées.

  • Le multimédia

Il est possible d’insérer l’image, le son ou la vidéo dans son processus éditorial. De plus en plus, ces différents types d’expression sont associés. L’avantage est donc immense pour le journaliste web, qui ne se contente pas de quelques lignes pour son article. Il peut ainsi le compléter et provoquer un regain d’intérêt pour le lecteur.

Les réseaux sociaux pour les nuls

Les réseaux sociaux sont ses nouveaux outils qui ne laissent personne indifférent. Ils se sont définitivement installés dans le paysage global de notre société de communication. On les adore ou on les rejette, on s’y met lentement, on est initié, on tâtonne ou on se jette dedans corps et âme. Les citoyens et les professionnels doivent tous à un moment ou à un autre se pencher sur les rapports qu’ils vont entretenir avec les réseaux sociaux. Idem pour les journalistes qui ne peuvent pas y échapper.
À nouveau instruments, nouveaux espaces : ils permettent de viser les promesses du toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus loin.
Les réseaux sociaux invitent les journalistes à investir de nouveaux lieux comme le Palais de justice (comme avec l’exemple du procès de DSK sur lequel nous reviendrons plus tard) et de prolonger la dynamique de rapprochement avec le public qui avait été initié par Internet. Ils redessinent le paysage médiatique en reliant les différentes parties prenantes de l’information, comme ils reconnectent directement le journaliste à tous les aspects non professionnels de sa vie.

Les réseaux sociaux sont un des éléments de ce grand ensemble que l’on nomme les « médias sociaux » qui rassemblent des choses aussi différentes que les sites, les blogs, les forums, les wikis ou les mondes virtuels.

On admet une quinzaine de membres dans la catégorie des réseaux sociaux. Parmi les plus connus :



  • Facebook, l’ogre qui dévore la concurrence


C’est la deuxième marque la plus présente dans la vie des Français. Avec ses 26 millions de comptes pour l’année 2013, la France fait toujours partie des 10 pays ayant le plus d’utilisateurs Facebook, qui en compte 1,235 milliard dans le monde. Il permet à ses utilisateurs de publier du contenu et d’échanger des messages.



  • Twitter ou l’art de la brièveté.


Ce dispositif de microblogging permet d’envoyer gratuitement des messages de 140 signes, appelés tweets (« gazouillis »), via le site web de Twitter ou par une application pour téléphone mobile ou encore par SMS. Ce système connait un succès fou. En 2013, Twitter comptait près de 241 millions d’utilisateurs à travers le monde et près de 4,5 millions en France. Point négatif, Le « faire court et aller vite » provoque une sur-représentation des journalistes.

  • Dailymotion, Flickr… Les plateformes spécialisées de partage


Elles peuvent être assimilées à des réseaux sociaux dans la mesure où chaque utilisateur dispose d’un profil public à partir duquel il peut interagir avec d’autres membres. Chaque plateforme s’est spécialisée dans un format : photos pour Flickr, vidéo pour YouTube, Dailymotion et Vimeo, les documents textes (PDF, PowerPoint, Word…) pour Slideshare ou Scribd.
YouTube permet de partager des vidéos en les intégrant dans des pages web externes, blogs et autres profils de réseaux sociaux. Flickr l’an dernier a franchi la barre des 6 milliards de photos hébergées. Un formidable centre de ressources.

  • Viadeo, Linkedin… La multiplication de plateforme professionnelle

Base de données inestimable, Linkedin se place en tête des réseaux socioprofessionnels à travers le monde, avec 150 millions de membres dont 6 millions en France en janvier 2013. Quand on sait chercher, il est ainsi possible de trouver très vite un profil pointu dans son métier ou dans son parcours. Un avantage pour les professionnels de l’information que sont les journalistes.



  • Storify, le réseau qui facilite le journalisme de réseaux sociaux


Transformer l’information brute postée sur les réseaux sociaux en articles fascinants. C’est ce que permet de réaliser Storify, une nouvelle plateforme Web qui pourrait devenir une référence pour le journalisme sur Internet dans les années à venir. Ici, les sources d’information s’appellent Twitter, Facebook, Flickr, YouTube, les flux RSS et Google. L’outil offre la possibilité de les trier, sélectionner, organiser, mixer, avec une facilité déconcertante. Il ne reste plus au journaliste qu’à ajouter ses propres informations, éventuellement ses commentaires et ses analyses, et à éditer l’ensemble.


Des usages généraux qui les rendent incontournables
• Les réseaux sociaux sont une source d’information pour 30 % des Français

• Près de 20 %, du temps passé sur Internet est consacré aux réseaux sociaux

• 77 % des internautes français se connectent quotidiennement sur un réseau social, chacun est membre de presque 3 réseaux différents

• 60 % des propriétaires de Smartphone appartiennent à un réseau social

• 66 % des utilisateurs actifs de Facebook s’y connectent tous les jours

• Les réseaux sociaux deviennent de plus en plus facilement accessibles grâce aux tablettes et autres Smartphones.
« Les journalistes ne font pas leur boulot s’ils ne sont pas sur les réseaux sociaux », proclame Erwan Gaucher, journaliste et consultant média. Il n’existe sans doute plus que quelques irréductibles pour nier l’intérêt que les journalistes peuvent trouver aux réseaux sociaux, à la fois pour rechercher de l’information et pour communiquer, mais également pour mener les veilles sur leur sujet, repérer des personnes-ressources, faire la promotion de leur média ou de leur travail individuel.
Évidemment de nouveaux outils exigent souvent une modification du processus de travail, voire carrément une profonde remise en cause. Ce nouvel espace de communication n’est ni à rejeter par principe ni à idolâtrer comme la solution à toutes les difficultés de la presse. Il réclame de la formation et des débats sur les usages.

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