Dimanche 16 octobre 2O11 23H 30 [gmt+ 1] «je n’aurais manque un seminaire pour rien au monde» sollers





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Numéro 60 // www.lacanquotidien.fr



DIMANCHE 16 OCTOBRE 2O11 23H 30 [GMT+ 1] « JE N’AURAIS MANQUE UN SEMINAIRE POUR RIEN AU MONDE » SOLLERS

Pour signer l’Appel « Raffut Rafah ! », cliquer sur le lien :

http://www.lacanquotidien.fr/blog/Appelpourrafah


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DEMAIN LUNDI, 17 OCTOBRE, A 20H

sur France Culture,

JACQUES-ALAIN MILLER

raconte sa vie à Martin Quenehen
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SIGNATURES pour Rafah !

Le Centre de Psychanalyse Appliquée (du Champ Freudien) LIBERAPAROLA de MODENA appelle à signer pour LIBEREZ RAFAH ! (par Maurizio Montanari)

http://www.liberaparola.eu/rassegna-stampa/ultime-%0Anotizie/140-appello-per-la-liberta-di-un-popolo-e-di-rafah>

  • Matteo Richetti, President de l’Assemblée Legislative de la Regione Emilia Romagna

  • Massimo Mezzetti, Assessore alla Cultura della Regione Emilia – Romagna

  • Stefano Vaccai, Assessore all’Ambiente, Mobilità e Sport della Provincia di Modena

Hier à Nantes

MEETING DE JACQUES-ALAIN MILLER

invité par la librairie Vents d’Ouest
Accueil, par Jean-Louis Gault

Cette rentrée s’annonçait lacanienne, avec l’anniversaire des trente ans de la disparition de Lacan, et la parution, dans le même temps, de trois ouvrages :

1. Le livre XIX du Séminaire de Lacan : « … ou pire ».

2. Un petit volume, modeste par son format, mais grand par son contenu, regroupant trois conférences que Lacan avait faites l’année de ce séminaire, et réunies sous le titre : « Je parle aux murs ».

Jacques-Alain Miller est l’auteur de ces deux livres, dont il a établi le texte, et assuré la réalisation.

3. La troisième publication s’intitule : « Vie de Lacan ». Elle a été écrite par Jacques-Alain Miller. C’est la première partie d’un ouvrage, plus complet, à paraitre prochainement, début 2012, sous le même titre. Lacan attendait son Plutarque, nous l’aurons désormais avec cette « Vie ».

Cette rentrée voulue lacanienne, est subitement devenue millerienne. C’est le résultat inattendu de quelques mauvaises manières. Les choses se sont enclenchées ici à Nantes, au cours de l’été, quand Samuel Badaud, du département sciences humaines de la librairie Vent d’Ouest, a fait découvrir à Jacques-Alain Miller, les manœuvres sourdes qui visaient à taire son nom et à éliminer sa personne de cette exceptionnelle actualité éditoriale, dont il était pourtant l’infatigable artisan. On tentait d’effacer son nom et d’écarter sa personne, ce calcul médiocre a eu un effet inverse. Jacques-Alain Miller a déboulé avec fracas sur la scène médiatique et éditoriale. Pour notre plus grand bonheur le dragon bondissant a surgi. Je réfère ici cet animal, à une tradition, la chinoise, qu’affectionnait Lacan, où il est une figure sympathique, puissante et protectrice. Ce tsunami déclenché par Vent d’Ouest, s’est étendu aux librairies des principales villes de France. Cette vague bienfaitrice nettoie les écuries d’Augias de l’édition et balaie les fausses idoles, avec lesquelles on abuse l’opinion.

Qui est Jacques-Alain Miller ?

1. Il est celui qui a su déchiffrer Lacan, qui a pu le lire et nous rendre sa lecture possible. Il est notre Champollion. Jusqu’à lui, on pouvait s’enchanter des envolées de Lacan, mais on était incapable de le lire, de rigoureusement le lire dans toutes ses articulations. Cette capacité à lire Lacan s’est démontrée très tôt, puisqu’à l’âge de 22 ans Jacques-Alain Miller a réalisé, à la demande de Lacan, pour le volume des Ecrits, ce qui s’intitule simplement « Index raisonné des concepts majeurs. Cet index est qualifié de « clef » par Lacan. Il est en effet ce qui donne accès, suivant un ordre serré, à la trentaine de textes qui composent l’ouvrage. Jacques-Alain Miller a poursuivi ce travail de déchiffrement et de lecture dans un cours hebdomadaire, maintenu avec constance depuis 40 ans, sous le titre de « L’orientation lacanienne ». Ce cours nous est promis à la publication aux nouvelles Editions du Champ freudien, et nous nous en réjouissons. Qu’on le sache ou non, qu’on le veuille ou non, toutes les lectures que l’on peut faire de Lacan trouvent leur point de départ dans cette lecture faite par Jacques-Alain Miller.

2. Il est un formidable bâtisseur d’institutions. Après que Lacan eût fait place nette en 1980 avec la dissolution de son Ecole, à sa mort en 1981 il fallut un abri pour son enseignement, et un lieu où travailler pour ses élèves. C’est ce que Jacques-Alain Miller entreprit en construisant l’Ecole de la Cause Freudienne. Puis, parti à la rencontre de ceux qui se réclamaient de l’enseignement de Lacan hors de nos frontières, il a progressivement mis sur pieds les sept Ecoles du Champ freudien, réunies depuis 1992 dans l’Association mondiale de psychanalyse.

3. Jacques-Alain Miller est un écrivain dont nous aimons la prose érudite, lumineuse et gaie. Il a écrit ses « Lettres à l’opinion éclairée », « Le neveu de Lacan », « Un début dans la vie », « Le secret des dieux ». Aujourd’hui il nous donne sa « Vie de Lacan ».

De l’action de Jacques-Alain Miller où qu’elle s’exerce, je dirais ceci, résumé en une formule : « Toute chose qu’il touche s’en trouve grandie ».

Jusqu’à cet été, les radios, les gazettes et les lucarnes nous assourdissaient avec les voix sombres de ceux et de celles qui n’aiment pas Lacan. Désormais ceux qui aiment Lacan font entendre leurs voix claires et fortes. A la faveur des péripéties récentes, Jacques-Alain Miller, vous êtes, avez-vous dit, « devenu réel ». Nous aimons ce réel que nous accueillons cet après-midi. Quand vous paraissez c’est une fête, les visages s’illuminent, les esprits s’éveillent, nous vous disons bienvenu parmi nous et applaudissons à votre présence.
Trop d’la balle!*

Éric Zuliani

Les cloches ont eu beau sonner – des mariages sans nul doute -, les TGV ralentir, exprès pour faire crisser leur roues métalliques, les oiseaux gazouiller fêtant en adorateurs le dernier soleil (se sont-ils donnés la mort ensuite?), les sièges se dérober sous nos séants bien élevés, les dos et les jambes s’alourdir, rien n’a pu empêcher la causerie de J.-A. Miller à Nantes ce samedi: ce fut de la dynamite.

Il y avait du A. Allais – disons-le de l’esprit – dans le propos, faisant fuser à chaque tournant de ce qui fut une sérieuse série, les victoires de la langue. J.-A. Miller a trouvé à Nantes son Lieu Unique: J. Gracq n’en dit rien dans sa Forme d’une ville.

Ce fut une Very Rare Personne qui nous a tenue en haleine durant près de trois heures, nous invitant à le suivre de point en point dans le réseau du monde tel qu’il ne tourne pas rond. Very Rare Personne, car qui actuellement dans le PIF (Définition: Paysage Intellectuel Français; longtemps dominé par le communisme, il put offrir de divertissants gadgets comme les pois sauteurs) est capable de prendre au sérieux le principe selon lequel parler d’une certaine place peut avoir des conséquences dans le réel? Personne à l’horizon, ni au-delà; surtout pas dans les médias! C’est bien pour cela que certains du PIF et du PAF ne peuvent piffrer J.-A. Miller: il a pourtant du nez.

Ce fut donc une causerie légère, de celles qui pourtant laissent des traces dues aux accents d’inédit et de vrai: le vent comme métaphore de l’irrégulier et le train-train de 18h47; la politique du vivant quand certains veulent assassiner Lacan (là, il y a deux manières: le coup de couteau ou l’hommage); l’évocation de la vie intellectuelle des années 60 et 70 où se sont dessinées les existences de chacun et déterminées les positions actuelles de tel ou tel (qui ne se prénomment pas forcément Guillaume); les primaires à gauche et la loupe à répartir les sexes (le brevet de cette invention sera déposé sous peu); le Président qui nous ressemble et la compréhension soudaine des raisons de l’anti-sarkosysme; la cure, lieu où peuvent se découvrir rien de moins que les ressorts même du pouvoir; les combats contre “l’éducation à mort”, seul horizon de l’évaluation, des TCC et des sectes qui vouent tout sujet – l’autiste en particulier - à de bien obscurs dieux; la sortie de cure par la passe, sur un Witz plutôt que sous l’accent de la mélancolie.

On a donc fêté à Nantes la Vie de Lacan, remarquable titre que nous devons à J.-A. Miller au moment même où le calendrier indiquait plus banalement le 30ème anniversaire de sa mort. Vie de Lacan, c’est Lacan vivant; et Lacan Quotidien, c’est Lacan au quotidien : celui qu’on lit de manière acharnée, celui qui lu – grâce à J.-A. Miller – oriente notre pratique, mais finalement notre vie; c’est aussi cela Vie de Lacan. Remercions J. Miller – que J.-A. Miller a rendu présente à Nantes - d’avoir été, elle aussi, vive et preste pour indiquer que passer les bornes, y a des limites! –

* Définition: aucune. Expression de satisfaction favorite de ma fille
CATHERINE ORSOT COCHARD

Bienvenue à Nantes, Jacques-Alain Miller

Nantes, la seule ville après Paris, où André Breton avait l’impression qu’il pouvait lui arriver quelque chose. Ville d’eau, de vent et de lumière, on y sent toujours un esprit d’aventure. Mais l’aventure, samedi, est surtout venue d’un geste de Jacques-Alain Miller. Une cinquantaine de personnes venues l’écouter, étaient bloquées derrière le cordon de sécurité, tandis que dans le salon de musique, plus de cent cinquante personnes l’attendaient.

J.-A. Miller se décrit comme quelqu’un de plutôt bienveillant, à la différence de Lacan. Cela lui viendrait de sa mère qui s’ingéniait à voiler toute infirmité. Il ne fallait jamais dire d’un cul-de-jatte qui lui manquait deux jambes, ni d’un borgne qu’il lui manquait un œil. Il ne fallait pas blesser l’autre. Malgré l’analyse, il y a un reste : parler dans le confortable salon de musique et laisser en plan les autres ? Non ! Le large escalier métallique qui descend le long de la façade du Lieu Unique, bien nommé, servira de tribune. La parole de J.-A. Miller et le plein soleil de l’automne indien permettront de soutenir deux heures et demie la station debout pour ceux qui n’ont pas trouvé un petit bout de bitume pour s’asseoir à même le sol.

J.-A. Miller a pris appui sur le vent, le vent de Nantes d’abord, ni de mer ni de terre, qui a le goût du fleuve et des rivières qui débordent sur la ville, un vent qu’il goûte, lui qui a justement un faible pour Éole, le vent qui parle, gémit, rugit.

Comment être un bon vrp – voyageur, représentant, placier – de ses propres livres ? En n’en parlant pas. Et J.-A. Miller, vrp de la psychanalyse ? Elisabeth Roudinesco lui apporte son secours, en formidable « chambellan », dressant de lui un portrait si détestable que par comparaison, il apparaît forcément sympathique à ceux qui le rencontrent après l’avoir détesté avant de le connaître. Et plus elle s’acharne sur la personne de Lacan, plus J.-A. Miller a d’occasions d’intervenir et de continuer à faire ce qu’il faisait déjà du vivant de Lacan, le protéger. Afin que Lacan puisse laisser cheminer en paix sa pensée et y tracer son chemin, J.-A. Miller faisait en sorte d’écarter tous les obstacles et les gêneurs autour de lui. C’est un côté « gentil » qu’il a gardé de son enfance, marquée par la phobie de sa propre mère autour de la castration qui se répercutait chez lui par une phobie infantile : la peur d’être écrasé par la statue de Beaumarchais chaque fois qu’il passait devant.

Il y avait les mots pour rire : « dans nos jeux à nous, ce qui nous plaît, c’est quand même la transgression, c’est-à-dire pourvu qu’il y ait une règle, nous souhaitons qu’il y ait une règle pour pouvoir la transgresser. C’est beaucoup plus drôle d’être ici avec un micro, alors que c’est interdit, que si ça avait été programmé : nous nous retrouverons en plein air. On aurait dit : on va être mal assis. Là, vous êtes mal assis, ceux qui sont assis ; vous avez mal aux jambes, ceux qui sont debout, mais vous le sentez moins que si ça avait été programmé  ».

Et il y avait les mots du combat : la nécessité que la psychanalyse se fasse entendre sur des faits de société, dans une société où les autorités ont perdu le pouvoir, et où c’est l’argent qui est aux commandes. Il y a encore des « Bastilles » à prendre aujourd’hui : c’est la question de l’oms, celle de l’autisme, le ravage des méthodes Teach mais surtout abba. C’est la bataille à mener pour faire connaître les usages de la psychanalyse.

Mais il y a aussi l’avenir qui s’ouvre à la psychanalyse avec les jeunes générations, dans des pays où on ne l’attendait pas, aux États-Unis, en Turquie, en Russie, en Chine, là où la psychanalyse est attendue avec son orientation lacanienne !



COURRIER

SANTANU BISWAS.  Dear Jacques-Alain Miller, Freud did not write the Ethics of Freudian Psychoanalysis; Lacan wrote it for him and for us. Lacan did not write the Ethics of Lacanian Psychoanalysis; I think you should write it for him and for us. Thank you. Sincerely yours.

Réponse. Thanks you, dear Santanu Biswas. Tht’s a good idea ; I am going to implement it in writing « Vie de Lacan » during the next tree weeks, beginning Monday 24. Best.
ROGER ET MARIE-ODILE WARTEL. Vous eussiez pu tenir une foule, juché sur le capot d'un tracteur, à  la manière de 1917 ! Malgré le vent froid vous avez retenu un nombre inattendu de jeunes,   ou relativement, qui constituent ce tissu vivant dans l'enseignement  de Lacan. C'était aussi la manière élégante et bondissante que vous avez de  faire vibrer cet enseignement. Vous nous avez emportés dans la gaieté qui est aussi une méthode qui a  pour effet  d'entraîner une adhésion. Vous nous avez noués sans qu'on s'en aperçoive, d'un même élan, à la  fois Lacan, votre rapport à lui, et la manière de transmission enlevée  comme on dit , d'un trot enlevé. Une fois encore, merci, et fidélité.
JEAN-LOUIS GAULT. Hier, sous les platanes, au bord de l’Erdre, debout, micro à la main pendant deux heures, vous avez tenu un vrai meeting. Merci pour votre générosité qui a nous a permis de vivre ce magnifique happening, qui restera dans la mémoire nantaise de la psychanalyse.
VICTORIA HORNE REINOSO. Je viens de recevoir ce mail et je me demandais si il s'agissait d'affaires appartenant à l'un d'entre vous. « Bonjour, J'ai pris cet après-midi le bus 91 et sur un siège j'ai trouvé un sac noir à pois dorés qui contenait un livre de Lacan ( Le séminaire ) et un carnet de notes. Dans le livre il y avait deux mails imprimés avec votre adresse. S'il ne s'agit pas de vos affaires, peut-être savez-vous à qui elles appartiennent. Le sac est chez moi et attend d'être rendu à son propriétaire.

Cordialement, Marie-Laure Leybros » <mlleybros@hotmail.fr>
CLAIRE TALEBIAN

La psychanalyse ne triomphera pas. Elle survivra où pas1.

Culture, islam et psychanalyse

Le 15 octobre, le cinéaste Jafar Panahir en résidence surveillée (en Iran, c’est un pléonasme) a reçu le verdict de son procès en appel. Il se voit confirmer sa condamnation à six ans d’emprisonnement et à vingt ans d’interdiction de sortir d’Iran, de faire des interviews, de tourner des films – ce qui est toute sa vie.

Est-ce cela que l’on doit défendre au nom de l’islam. ? Vous pourrez me dire qu’il y a plusieurs islams (sunnites, chiites, Khâridjites et plus de soixante autres). D’ailleurs, on met un i minuscule quand le mot désigne la religion, et un I majuscule lorsqu’il s’agit de l’ensemble des peuples et des pays dont l’Islam est la religion principale.

Donc, expliquez-moi comment l’écrivain Marjane Satrapi se trouve au milieu de violence, il y a deux jours en Tunisie, après le « Printemps arabe ».

Ce n’est pas en Iran, non ! C’est dans un pays du Maghreb, qu’on lui reproche d’avoir représenté Dieu sous les traits d’un vieillard plutôt débonnaire et qu’aujourd’hui, au nom de l’islam, on brûle la maison de celui qui a diffusé le film sur sa chaine de télévision.

Elle est franco-iranienne, femme, dessinatrice, écrivain, et elle en a éclairé plus d’un et les a réjoui - toutes générations confondues - avec son ouvrage Persépolis, et le film dans lequel elle n’a à aucun moment « cédé sur son désir », tant sur le fond que sur la forme.

« C’est peut-être la voix par où on peut espérer un avenir pour la psychanalyse. Il faudrait qu’elle se voue suffisamment à la drôlerie. »2 Elle se voue donc à la « drôlerie » comme le propose Lacan, et se retrouve dans une situation presqu’identique à celle de Salman Rushdie (Les versets sataniques, publiés en 1998) même si aucune fatwa n’a été prononcée contre elle, jusqu’à présent.

Elle se présente d’origine iranienne, mais pas d’origine musulmane. Y aurait-il confusion entre origine et religion ? Pouvons-nous dire aujourd’hui d’origine catholique ?

L’origine, selon le Robert Historique de la langue Française, d’Alain Rey, désigne par origine, la naissance d’un individu... Il n’est pas question de religion.

« Depuis le commencement, tout ce qui est religion consiste à donner un sens aux choses. La psychanalyse est un symptôme et le symptôme, c’est ce qu’il y a de plus réel. Elle ne peut durer qu’au titre de symptôme. Mais vous verrez qu’on guérit l’humanité de la psychanalyse. A force de le noyer dans le sens, dans le sens religieux bien entendu, on arrivera à refouler ce symptôme. »3 En relisant Le triomphe de la religion, écrit par Lacan en 1974, on ne peut que réagir vivement, lorsque l’on voit édité et sublimé par quelques-un(e)s, le rapport entre religion et psychanalyse.

Il n’y aurait pas d’incompatibilité entre psychanalyse, et islam ?

Que la psychanalyse fasse compromission avec l’islam, ne peut que faire frémir d’effroi. Où alors, il faut préciser ce qu’ «islam ou Islam» veut dire. Est-ce que cela deviendra un signifiant en plus de la féminité, avec celui du voile qui exacerbe si intensément le fantasme d’esprits quelque peu libidineux. Beaucoup de début d’analyse commence par des peurs : peur de devenir différent, peur de divorcer (et en ce qui nous intéresse), peur de remettre en question le rapport que le sujet a à sa religion. C’est quand même ce que l’on peut demander de mieux à un psychanalyste, qu’il vienne faire vaciller le rapport du sujet à ses croyances autant qu’à ses identifications.
MOMENTS CLINIQUES

ROSE-MARIE BOGNAR

La fille du pauvre homme

Dès la première rencontre cette patiente évoque le jeu qu’elle avait inventé lorsqu’elle avait une dizaine d’années : poser sur le bord de la bouche d’égout devant chez elle, des paquets de billets de banque provenant de son argent de poche ou de celui qu’elle trouvait dans le désordre de l’appartement. Elle attendait ensuite le verdict, soit l’argent tombait dans l’égout, poussé un mauvais vent, soit il ne tombait pas, soutenu par le « bon air », et elle pouvait alors en disposer pour elle-même. Tout son argent suivait ce chemin. Étant également anorexique pendant son enfance, la patiente jetait dans la même « bouche » d’égout toute la nourriture qu’elle avait pu soustraire aux repas qu’on lui imposait.

Quelque temps auparavant, elle avait été terrifiée par un film dans lequel on voyait un vieillard à longue barbe blanche, attaché par de lourdes chaînes dans un cachot, au fond d’un souterrain, sorte de personnage enterré vivant. Cette vision avait figuré pour elle, le temps infini de l’absence du père, avant son retour tardif, et l’angoisse de la solitude avec sa mère. Elle en fut terrifiée pendant plusieurs années, puis elle oublia, et finalement consomma cette sucrerie qui lui permettait de dire « la barbe ! à papa ».

La mère de la patiente, dans une grande misère subjective, présentait la réalité de façon très noire, et parlait du père comme d’un « pauvre » malade se soignant au « bon air », tout en abandonnant les siens. Elle ne croyait pas si bien dire, et le père, se portant plutôt bien, comme Tartuffe, entretenait cette légende, ayant d’excellentes raisons de rester au loin. « Le pauvre homme ! » 

Après avoir ainsi soutenu le père avec ses moyens d’enfant, victuailles et argent, et payé pour le péché du père, la patiente a continué à mettre ses biens en péril, jusqu’à ce que, arrivée en analyse, elle trouve un soulagement à ce symptôme : payer, non pour régler sa séance, mais pour soutenir l’analyste ! Payer pour l’analyste !

Contrairement à la figure qu’elle s’était inventée, Minotaure ou Chronos dévorant ses enfants, l’analyste lui permit de mettre du jeu, de l’espace, dans ce nouage et d’en saisir quelque chose.

Ce dénouage va l’aider à sortir du dénuement qui pouvait la menacer.
L'UNIVERSITÉ POPULAIRE DU QUAI BRANLY 2011-2012 Pour sa sixième année, l’Université populaire, sous la direction de Catherine Clément, continue à explorer les pièges d’une histoire interminable, celle de la colonisation, et les complexités du regard des uns croisé avec le regard les autres.

 CYCLE GRANDS TEMOINS

Les séances exceptionnelles de Grands Témoins invitent des acteurs du monde, artistes, savants et philosophes, à témoigner de leurs parcours biographiques, de leurs expériences vécues et de leur recherche intérieure.

JACQUES-ALAIN MILLER vendredi 21 octobre 2011 à 18h30

http://liberezrafah.blogspot.com/

Nous gagnerons parce que nous n’avons pas d’autre choix — Agnès Aflalo
ILLUSTRATION DE LA PAGE 1 : JAM en meeting à Nantes, le samedi 15 octobre 2011
LACAN QUOTIDIEN publiera :

- Hélène Joseph, Homme= Frère

- Laure Pastor, Le nom des amours

- Stéphanie Morel
SUR LE SITE  www. lacanquotidien.fr
Kristell  kristell.jeannot@gmail.com

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LA PAGINA PORTENA MAURICIO TARRAB El procedimiento de Susy

LA PAGINA PORTENA MARTA GOLDENBERG Creer en el inconsciente crear en el psicoanálisis

BABEL& CO A reply to Francis Donovan from Victoria Woollard

LACANASIA Professeur Chu Xiaoquan Est-ce encore du chinois

COMBATS RAFAH LA REGLE DU JEU Fouzia Liget Il n’y a pas d’incompatibilité entre psychanalyse et Islam
Évènements 

ALLONS Y 5 émissions sur France Culture consacrées à Jacques-Alain Miller .A voix nue. par Martin Quenehen la première lundi 17 octobre à 20h

ALLONS Y Journée du CPCT Paris. RI3 5e Rendez-vous clinique au Centre hospitalier de Cadillac. Les Editions d'Ithaque présentent. Festival Jerk Off. Les combattants de l'ombre.

Présentation du VIIIe congrès de l’AMP Du 23 au 27 avril 2012 à Buenos Aires par Flory Kruger
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Editrice : Anne Poumellec annedg@wanadoo.fr

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FIN 60


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