Document 1 : Propos d’Abdülhamid II, non daté, cité par Hamit Bozarslan, «Au nom de la science», article publié par





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Etude documentaire 

Violence et conflits au Moyen-Orient de la fin du XIXe siècle à 1939


  1. Analyse critique (notée sur 10 points)

Faites le commentaire composé des 10 documents proposés, en soulignant leur intérêt et leurs limites éventuelles pour la compréhension du thème.

  1. Exploitation adaptée à un niveau donné (notée sur 10 points)

Rédigez un écrit de synthèse, résultant de l’analyse critique des documents et visant à la transmission d’un savoir raisonné, en mettant en évidence les notions, les connaissances et les documents ou extraits de documents que vous jugerez utiles à un enseignement d’histoire au niveau que vous aurez choisi.
Document 1 : Propos d’Abdülhamid II, non daté, cité par Hamit Bozarslan, « Au nom de la science », article publié par L’Histoire, dossier spécial « Arméniens, le premier génocide du XXe siècle », n° 408/février 2015.

« La période où nous collions à notre chair ceux qui étaient d’une autre religion comme on agrège des viandes hachées entre elles est finie. Nous ne pouvons accepter dans les frontières de notre Etat que ceux qui sont de notre nation, ceux qui partagent les mêmes croyances religieuses que nous. Nous devons renforcer l’élément turcique en Roumélie et en Anatolie, et surtout assimiler les Kurdes qui sont parmi nous pour qu’ils fassent partie de nous ».
Document 2: Loi provisoire de déportation promulguée le 26 mai 1915 à la demande de

Talaat Pacha, ministre de l’intérieur publiée dans le Journal officiel du gouvernement ottoman le 1er juin 1915.

« Loi spéciale autorisant la déportation des populations suspectées d’espionnage et de trahison envers la patrie.

Article 1 : En temps de guerre, les commandants d’armée, de corps d’armée et de division ou leurs remplaçants, ainsi que les commandants des postes militaires indépendants, qui se verraient en butte de la part de la population à une attaque ou une résistance armée, ou rencontreraient, sous quelque forme que cela soit, une opposition aux ordres du Gouvernement ou aux actes et mesures concernant la défense du pays et la sauvegarde de l’ordre public, ont l’autorisation et l’obligation de les réprimer immédiatement et vigoureusement au moyen de la force armée et de supprimer radicalement l’attaque et la résistance.

Article 2 : Les commandants d’armée, de corps d’armée et de division peuvent, si les besoins militaires l’exigent, déplacer et installer dans d’autres localités, séparément ou conjointement, la population des villes et des villages qu’ils soupçonnent coupable de trahison ou d’espionnage.

Article 3 : Cette loi entre en vigueur à partir de sa publication. »
Document 3: « La joie du Turc dansant dans le sang arménien », caricature parue dans la revue de satire politique italienne L’Asino (24 octobre 1915).

turc et sang arménien.jpg


Document 4 : Les accords de Sykes-Picot (1916), Le Monde diplomatique, avril 2003.


https://www.monde-diplomatique.fr/img/png/sykes-picotgf.png
Document 5 : « L’entrée des Alliés dans Jérusalem le 11 décembre 1917 », photographie publiée dans L’Illustration du 26/01/1918.

see original image
Document 6 : Zeev Vladimir Jabotinsky, « La muraille de fer », éditorial publié dans l’hebdomadaire sioniste russe Rasswyet le 4 novembre 1923.
« Contrairement à l’excellente règle qui veut qu’on aille directement au sujet, je dois commencer cet article par un préambule personnel. On considère l’auteur de ces lignes comme un ennemi des Arabes, un avocat de leur expulsion, etc. C’est faux. Ma relation émotionnelle aux Arabes est le même qu’avec tous les autres peuples : de l’indifférence polie. Ma relation politique est caractérisée par deux principes. Primo : l’expulsion des Arabes de Palestine est absolument impossible sous quelque forme que ce soit. Il y aura toujours deux nations en Palestine - ce qui me convient, à condition que les juifs deviennent la majorité. Secondo : Je suis fier d’être membre d’un groupe qui a élaboré le programme de Helsingfors. Nous l’avons formulé, non seulement pour les juifs, mais pour tous les peuples, et il est basé sur l’égalité de toutes les nations. Je suis prêt à jurer, pour nous et nos descendants, que nous ne détruirons jamais cette égalité et que nous ne tenterons jamais d’expulser ou d’opprimer les Arabes. Notre credo, comme le lecteur peut le voir, est parfaitement pacifique. Mais c’est une toute autre question de savoir si ces buts pacifiques peuvent être atteints par des moyens pacifiques. Ceci dépend, non de notre relation avec les Arabes, mais exclusivement de la relation des Arabes au sionisme.

Après cette introduction je peux venir à la question. Il est au-delà de tout espoir et de tout rêve que les Arabes de la terre d’Israël arrivent volontairement à un accord avec nous, maintenant et dans un futur prévisible. J’exprime cette conviction intime aussi catégoriquement, non par intention de consterner la fraction modérée du camp sioniste, mais au contraire, parce que je souhaite lui épargner une telle consternation. A part pour ceux qui sont virtuellement "aveugles" dès l’enfance, tous les sionistes modérés ont compris depuis longtemps qu’il n’y a pas le plus mince espoir d’avoir l’accord les Arabes de la terre d’Israël pour que la "Palestine" devienne un pays avec une majorité juive. […]

Ainsi nous concluons que nous ne pouvons rien promettre aux Arabes de la terre d’Israël ou des pays arabes. Leur accord volontaire est hors de question. Donc ceux qui maintiennent qu’un accord avec les autochtones est une condition essentielle pour le sionisme peuvent maintenant dire "non" et quitter le sionisme. La colonisation sioniste, même la plus restreinte, doit, soit être terminée, soit être menée avec la défiance de la population native. Cette colonisation ne peut, par conséquent, continuer et se développer que sous la protection d’une force indépendante de la population locale, une muraille de fer infranchissable par la population indigène. Voici, in toto, notre politique pour les Arabes. La formuler autrement ne serait que de l’hypocrisie.

Non seulement cela doit être ainsi ; c’est ainsi qu’on le veuille ou non. Que signifient la Déclaration Balfour et le Mandat Britannique pour nous ? C’est le fait qu’un pouvoir désintéressé s’est engagé à créer des conditions sécuritaires telles que la population locale serait dissuadée d’interférer avec nos efforts. […]

Tout ceci ne veut pas dire qu’aucune sorte d’accord n’est possible, seulement qu’un accord volontaire est impossible. Tant qu’il y aura une lueur d’espoir qu’ils puissent se débarrasser de nous, ils ne vendront pas cet espoir, pour aucune sorte de mots doux ou de sucreries, parce qu’ils ne sont pas une populace mais une nation, peut-être un peu loqueteuse, mais encore en vie. Un peuple en vie ne fait d’énormes concessions sur des questions aussi fatidiques que quand il ne reste plus d’espoir. Ce n’est que lors qu’aucune brèche n’est visible dans la muraille de fer, que les groupes extrémistes perdent leur domination, que l’influence se transfère aux groupes modérés. Alors seulement ces groupes modérés peuvent venir à nous avec des propositions pour des concessions mutuelles. Alors seulement les modérés offriront des suggestions pour des compromis sur des questions pratiques telles qu’une garantie contre l’expulsion, ou l’égalité ou l’autonomie nationale. Je suis optimiste sur le fait qu’ils se verront effectivement attribuer des assurances acceptables et que les deux peuples, comme de bons voisins, pourront alors vivre en paix. Mais la seule voie vers un tel accord est le mur de fer, c’est-à-dire le renforcement en Palestine d’un gouvernement sans aucune influence arabe, c’est-à-dire contre lequel les Arabes combattront. En d’autres termes, pour nous le seul chemin vers un accord dans le futur passe par un refus de toute tentative d’accord maintenant. »


Document 7 : Extrait du jugement du Tribunal de l’Indépendance en juin 1925 contre Cheikh Said et les chefs de la révolte kurde.
« Les causes et les origines de la dernière révolte qui a éclaté dans les provinciales de l’éternelle patrie turque, sont identiques à celles qui ont soulevé, dans un passé pas très lointain, la Bosnie et l’Herzégovine entourées de trois côtés de races non turques et non musulmanes […]. L’idéal et le but qui ont engendré la révolution kurde sont les mêmes que ceux qui avaient gâté la Syrie et la Palestine.

Quelques-uns parmi vous, guidés par votre égoïsme, quelques autres [par des] conseils de propagande étrangère et des convoitises politiques, mais tous unis sur un point, c’est-à-dire la constitution d’un Kurdistan indépendant, vous marchâtes en avant. C’est sur l’échafaud que vous allez payer le prix des foyers ruinés, du sang versé. »
Document 8 : Joseph Kessel, « Ou faire l’effort nécessaire ou abandonner le mandat », article paru le 28 mai 1926 dans Le Journal.
« Donc on se bat en Syrie, et l’on va s’y battre encore. Certes, ni comme pertes, ni comme effort, ni comme enjeu, la lutte n’a rien de comparable avec la guerre en France, ni même avec celle du Maroc. Il n’en reste pas moins que cet état d’hostilité coûte beaucoup d’argent, des vies humaines, qu’il énerve le pays et l’empêche de donner son plein rendement. Il y a en Syrie un malaise indéniable, une crise de confiance vis-à-vis du pays mandataire, un étonnement inquiet de ce que tout ne soit pas réglé encore. […] L’effort nécessaire consiste en argent et en hommes. Pourquoi les rebelles druses, qui ne même pas dix mille, ont-ils pu troubler la paix d’un vaste pays ? Parce qu’ils ont l’impression que la France ne veut pas ou ne peut pas se donner la peine d’aller jusqu’au bout. On ne saura jamais quel tort moral a pu nous faire l’abandon de Soueïda après l’entrée victorieuse qu’y fit l’an dernier le général Gamelin. Et pourquoi cet abandon ? Parce que nous n’avions pas assez de troupes pour tenir et, surtout, ravitailler la citadelle. […] La Syrie vaut la peine d’un grand effort. Le fait que déjà se montrent des prétendants à l’héritage du mandat français le prouve suffisamment. Mais, je le répète, mieux vaut abandonner la partie que d’user à la jouer mal.
Document 9 : Ihsan al-Djabri, « La situation s’aggrave en Palestine », La Nation arabe*, n° 1-2-3, janvier-février-mars 1933, p.23-26.

*Revue francophone publiée à Genève
« Il n’est pas facile en plein XXe siècle qu’un peuple entier se fasse éliminer avec la résignation des temps révolus. Ceux qui connaissent la psychologie de la foule n’hésiteront pas à dire que la Palestine vit sur un dépôt de poudre. L’explosion peut encore tarder, mais ne saurait être enrayée indéfiniment. La politique britannique, si pacifiste en Europe, ne se gêne pas de témoigner d’un bellicisme aventureux dans les pays des vieux prophètes : elle ne cesse de lancer défi sur défi et de jeter affront sur affront à la face du droit et de la justice. Le Haut Commissaire britannique n’a pas hésité à dire franchement aux représentants du peuple arabe, à la tête desquels se trouvait Moussa Kazim Pacha El-Husseini, qu’il ne pouvait arrêter l’immigration, qu’il n’était pas capable d’élaborer des lois défendant la vente des terres, opération faite à la suite des machinations infernales des Juifs, avec le plein concours des autorités, pour mettre les pauvres paysans et les malheureux propriétaires arabes dans une situation telle qu’ils ne puissent éviter la cession aux Juifs de leur unique bien. Les autorités britanniques sont donc décidées à tout prix à éliminer la race arabe de la Palestine. Voilà la vérité qui vient enfin d’être saisie par le peuple. C’est pourquoi un mouvement extraordinaire se dessine dans toutes les couches de la population. […] »
Document 10 : Hamit Bozarslan, Une histoire de la violence au Moyen-Orient de la fin de l’Empire ottoman à Al-Qaida, La Découverte, Paris, 2008 (extraits de l’introduction).
« Travailler sur la violence au Moyen-Orient revient à accepter de pénétrer en terrain miné. […]La démarche chronologique adoptée ici est dictée par le souci heuristique d’interpréter chaque période en partant des contraintes qui la dominent, des subjectivités qui la marquent, des espaces-temps au sein desquels ces subjectivités évoluent et se transforment, les anciens sens laissent place à de nouveaux qui s’imposent parfois par la violence. […] La première partie de l’ouvrage est consacrée aux passions révolutionnaires du début du siècle en Perse et dans l’Empire ottoman, puis à la mise en place, dans les années 1920, des régimes mandataires, notamment en Irak, Syrie et Palestine, qui suscitent des « Grandes Révoltes » en réponse au partage du monde arabe et à la prise de conscience de soi en tant que société nouvelle déterminée par une territorialité imposée de l’extérieur. […] Cette démarche chronologique ne permet pas seulement de comprendre les configurations politiques successives à l’échelle régionale, mais aussi les acteurs qui les marquent. La quasi-permanence de la violence ne signifie en effet nullement qu’elle soit le fruit des mêmes dynamiques ni portée par les mêmes catégories. Les comitadji turcs des années 1910, les notables et les qabadayi syriens (« gros bras ») des années 1920 […] ne représentent pas les mêmes profils sociologiques, ne connaissent pas les mêmes modes de socialisation et ne sont pas taraudés par les mêmes attentes de délivrance. […]

Il serait illusoire de vouloir donner une définition de la violence, terme dont la racine latine renvoie à un ensemble polysémique : torsion, spirale, enroulement, perforation. Précisons cependant que les sciences sociales l’utilisent non comme une « chose », mais comme un « concept » et, au-delà, une relation, une pratique de domination ou de contestation, une modalité autant d’organisation et de dérégulation sociales, un biais de construction de sens et de contresens entendus comme refus des représentations dominantes. […]
ANNEXE


  1. Ressources cycle 4, classe de 3e, mars 2016 (extraits).


Thème 1 - L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945) […]
On cherchera de manière prioritaire à faire comprendre à l’élève :

• comment les génocides (arménien, juif et tzigane) ont pu se produire, en les replaçant dans un temps plus long que les deux conflits mondiaux et dans leurs contextes respectifs.


  1. Programmes Histoire Terminales L/ES

Question – Un foyer de conflits

Question

Mise en œuvre

Un foyer de conflits




  1. Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale.




(BOEN spécial n° 8 du 13 octobre 2011)



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