Sensibilisation : Visionnage d’un extrait de «l’enfant sauvage» de François Truffaut. (7mn)





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date de publication23.10.2016
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1ère ES Thème 1 M. Engel

Le processus de socialisation et la construction des identités sociales


Thème 1

Le processus de socialisation et la construction des identités sociales

Introduction : Les comportements humains sont-ils naturels ?

Sensibilisation : Visionnage d’un extrait de « l’enfant sauvage » de François Truffaut. (7mn)

http://www.dailymotion.com/video/xb201b_socialisation-d-un-enfant-sauvage_school

*Fiche d’activité. Consignes : lire d’abord les questions puis, pendant le visionnage et à la fin, noter les réponses au crayon sur la fiche ou au brouillon. 5mn La fiche sera à mettre dans une pochette plastifiée au début du chapitre. *

*Synthèse à noter comme introduction du chapitre.*

Dans « l’enfant sauvage », on se rend compte que Docteur Itard met en place pour Victor un processus de socialisation. Il lui enseigne à se tenir debout et à se déplacer, à utiliser des instruments, à se comporter en société (bonnes manières), à ressentir certaines émotions, à communiquer. En d’autres termes, il fait de lui un homme.

Ce que montre cette vidéo, c’est que l’ensemble de nos comportements, manières de penser, de faire et de ressentir sont construits socialement : ils ne viennent pas de nous. Si nous étions privés de compagnie humaine dès l’enfance, nous ressemblerions sans doute à Victor (si nous avions la chance de survivre).

Dès notre enfance, nous sommes tous socialisés : nous apprenons tout ce qui est nécessaire à la vie en collectivité, tout ce dont nous avons besoin pour être acceptés par les autres et pour occuper une place dans la société.

Dans un groupe, la socialisation repose sur beaucoup d’éléments communs mais laisse également la place à des différences : nous sommes différents les uns des autres. Ce processus n’est pas réservé aux enfants et se prolonge en réalité tout au long de la vie, pendant les études ou au travail par exemple.

Chapitre 1 : Comment la socialisation de l’enfant s’effectue-t-elle ?

Normes/Valeurs/Rôles/Socialisation différentielle

+ Instances de socialisation/Genre

Introduction

Lors d’un voyage à l’étranger, on est souvent troublé : on ne sait pas comment se comporter, on a peur de commettre des erreurs, de passer pour un imbécile ou de vexer les gens. On est bien plus à l’aise dans notre pays car nous avons des repères communs : nous connaissons la langue, les coutumes, les règles et ce qui est attendu de nous. Nous partageons tout cela parce que nous l’avons appris ou imité depuis notre enfance.

Sans en avoir conscience, nous avons été socialisés. On peut donc définir ainsi la socialisation (à encadrer ou écrire en couleur) :

« La socialisation désigne les processus par lesquels les individus s’approprient les normes, valeurs et rôles qui régissent le fonctionnement de la vie en société. Elle a deux fonctions essentielles : favoriser l’adaptation de chaque individu à la vie sociale et maintenir un certain degré de cohésion entre les membres de la société. » (J. Etienne et alii, Dictionnaire de sociologie, Hatier, 1995.)

  1. L’apprentissage des normes et valeurs



  1. Qu’est-ce qu’une norme ?

*Qu’est-ce qu’une norme et pourquoi la respecte-t-on ? *

Une norme est une règle. Les normes sont un ensemble de comportements prescrits (obligatoires) ou interdits. Elles peuvent être écrites (comme une loi, un règlement intérieur), on les considère alors comme des règles formelles. Ou ne pas l’être et on les considèrera comme des règle informelles. Les normes écrites ne sont pas forcément plus fortes que les autres. Il arrive souvent aux piétons de traverser au rouge sans que personne ne réagisse par exemple.

Ex : Essayez par contre d’entrer dans une boulangerie, de ne dire ni bonjour, ni au revoir, ni svp, ni merci et de vous contenter de dire « un croissant ». Que va ressentir la vendeuse ? A l’inverse, si la vendeuse ne vous disait ni bonjour, ni merci, ni au revoir et se contentait de dire « 1 euro », comment vous sentiriez-vous ? Dans certains pays, cela se passe comme ça. Et vous risqueriez de plus de vous faire doubler au comptoir parce que vous attendez d’avoir l’attention du vendeur.

*Pourquoi respectons-nous les normes ? *

Parce qu’elles sont sanctionnées positivement ou négativement.

Par contre, nous ne nous demandons pas à chaque instant de notre vie quelle est la norme à suivre. En réalité, nous avons l’impression d’agir librement. Pourquoi n’avons-nous pas l’impression de suivre des normes ?

Nous les avons intériorisées. Le respect de ces normes est donc quasiment automatique. Ca nous paraît tout-à-fait normal d’agir de telle ou telle façon. De fait, on nous a tous appris à « dire bonjour à la dame », « dire merci au monsieur ». Si quelqu’un ne respecte pas la norme, cela nous choque. Si quelqu’un se mettait à parler au téléphone ou à chanter dans la classe, nous serions tous choqués.

Se mouche-t-on dans la nappe ? Crache-t-on à table ? Parler d’Elias et de « la civilisation des mœurs ».

*A quoi servent les normes dans un groupe ou une société ? *

Elles permettent de pacifier la société, de donner des repères communs à tout le monde afin que la vie en groupe soit plus facile. Si chacun agissait à sa guise, la société ne pourrait pas fonctionner. Ces normes sont fondées sur des valeurs.

B. Les normes traduisent des valeurs

*Connaissez-vous des valeurs ?*

Les valeurs sont des idéaux collectifs, c’est ce qui est important et valorisé dans une société. C’est de ces valeurs que découlent les normes.

Norme : ne pas mentir correspond à la valeur : honnêteté

Quelles sont les valeurs de la République française ?

*Exercice : 3mn Trouver une valeur : de celle- ci peut découler une norme, c’est-à-dire une règle qui régit une conduite individuelle ou collective. Sa transgression peut conduire à une sanction et inversement.*

VALEURS

NORMES

SANCTIONS POSSIBLES

Fonder une famille

mariage (ou le pacs maintenant)

fiscales (c'est plus intéressant de se marier d'un point de vue fiscal)

Réussite

Être bon élève

diplômes, qualification, bonnes notes

*En chercher d’autres.*

On connaît généralement mieux les normes que les valeurs qu’elles traduisent.

  1. Le statut et l’apprentissage des rôles sociaux



  1. Le statut social

Le statut social correspond à la position qu’occupe un individu dans la société. Il est relatif à une hiérarchie sociale. (ex : le professeur, l’élève, le père de famille, le président de la république, le médecin, le client...). Le statut social est parfois peu clair ou problématique :

    • exemple de l'adolescence ; entre le statut de l'enfant et le statut de l'adulte (cf évolution de la justice des mineurs…)

    • exemple de l'immigré : entre statut accepté et statut rejeté.

Les statuts sont plus ou moins valorisés.

On a généralement les attributs de son statut, manière de montrer qui l’on est socialement.

Quelles peuvent être les signes d’un statut social élevé ?

  1. Les rôles sociaux et la construction du genre

Les rôles sociaux correspondent à des statuts. C’est ce qu’on peut attendre de chacun en fonction de sa place dans la société. Ex : la société attend quelque chose du père de famille.

  1. Les rôles sociaux

Prenons le cas suivant : dans la relation malade-médecin, chacun attend de l’autre qu’il se conforme à un certain rôle.

Malade

Médecin

Appeler à temps

Ecouter, être attentif, être ouvert

Donner les renseignements nécessaires, ne pas mentir

Suivre le traitement, ne pas arrêter,...

Diagnostiquer, déterminer la nature de la maladie d’après les symptômes, délivrer les bons remèdes,...

L’intériorisation de ces rôles se fait très tôt, dès les premières visites chez le médecin avec les parents. Le fait que les enfants « jouent au docteur » ne trompe pas : ils comprennent très bien que le médecin se comporte d’une certaine manière, et le patient d’une autre.

Autre exemple :

Elève

Professeur

Ecouter

Eveiller

Apprendre, comprendre

Ecouter

Restituer les connaissances

Evaluer les résultats

Utiliser les compétences acquises

Transmettre sa compétence, encourager, motiver, être bienveillant...

De la même manière, la socialisation fait de nous des hommes ou des femmes avec des statuts et des rôles différents. Les rôles de nos parents sont bien les premiers que nous sommes amenés à observer : le père ne se comporte pas avec l’enfant de la même manière que la mère. Leurs attentes ne seront pas non plus les mêmes si nous sommes une fille ou un garçon !

  1. La construction du genre

Définition : le sexe est une différence biologique (mâle-femelle). Elle est la même partout.

Le genre est une différence sociale (masculin-féminin), construite par la société et intégrée par ses membres. Elle est variable en fonction des lieux et des époques.

Objectif : prendre conscience de la socialisation genrée et de ses effets en termes de construction identitaire et d’inégalités sociales.

Savoir-faire :

  • Analyse d’une vidéo et repérage des informations essentielles

  • Analyse de textes et repérage des informations essentielles

Fin du cours précédent sur la définition du genre et sur une question : quand commence la socialisation différentielle des garçons et des filles ?

  1. Étude de document : Doc 9 P189 Manuel Magnard 1ère ES 2010



Faire lire et répondre aux deux questions (5mn max) :

Q1 La socialisation des garçons et des filles commence à la naissance et s’organise même avant : dès la connaissance du sexe du bébé. C’est généralement la première question qui est posée à un couple au bout de quelques mois de grossesse et également la première information donnée à la naissance.

Les premiers habits, le papier peint de la chambre, les peluches achetées, tout sera différent en fonction du sexe du bébé. Ce que dit le texte, c’est que les personnes qui entourent le bébé (famille et professionnels) ne se comporteront pas de la même façon avec une fille ou un garçon. C’est ce qui va participer à forger des identités différentes pour les filles et les garçons.

Par exemple, à la crèche, à l’école ou à la maison, on console les filles plus longtemps que les garçons, on les gronde aussi plus que des garçons lorsque leurs jeux sont bruyants.

Q2 Cette socialisation est assignée/imposée : peu importe pour un bébé, garçon ou fille, que sa chambre soit bleue ou rose, avec des motifs de princesses ou de voitures. Idem pour les chaussons ou vêtements.

Cette socialisation différentielle, sexuée, ces mondes différents que l’on construit pour les garçons et les filles passent par de nombreux supports dont les jouets sont un bon exemple.

  1. Vidéo : la socialisation genrée (http://www.dailymotion.com/video/xpgzwe_socialisation-genree_news) 7mn

+ fiche à remplir

Demander aux élèves de regarder les questions avant de diffuser la vidéo.

A la fin de la vidéo, 10 minutes pour répondre aux questions.

Mise en commun (5minutes)

A noter dans le cours :

Dans les rayons jouets des supermarchés, les rayons garçons et fille sont séparés ! On propose aux fillettes des jeux reprenant des équipements électro-ménagers (lave-linge) et aux garçons des outils pour le bricolage, ainsi qu’une plus grande variété de jouets ou déguisements.

On inculque donc très tôt aux enfants les rôles féminins et masculins. Pour les filles, la séduction et les tâches ménagères. Pour les garçons, l’aventure, le combat, la protection, bref, la virilité. Sans parler des métiers qu’on pense convenir à l’un ou l’autre sexe. Le chariot du médecin est proposé aux garçons alors même qu’il y a plus de filles que de garçons en première année de médecine. On propose par contre aux filles le kit infirmière, profession toute aussi utile, mais moins valorisée socialement. De fait, il y a environ 98% de filles dans les écoles d’infirmières.

Cette socialisation est-elle pour autant totalement imposée ?

  1. Lecture du Document 10 P189, manuel Magnard 2010. Q2 (5mn)



Q1 : En réalité, les garçons et les filles se dirigent spontanément vers les jouets qui leur sont destinés, cela leur est nécessaire pour créer leur identité. Les filles veulent être des filles et les garçons des garçons. Cela explique pourquoi ils imitent les modèles qui sont sous leurs yeux : les pères pour les garçons, les mères pour les filles.

Q2 Cela dépend. Les filles ne seront généralement pas découragées si elles jouent à des jeux masculins. Mais si elle ne joue qu’à ça, on la considérera comme un « garçon manqué ». A l’inverse, un garçon qui jouerait à la dinette ou à la poupée serait sans doute découragé. Les filles ont aujourd’hui accès à l’univers masculin mais ce qui relève de l’univers féminin reste dévalorisé, on n’encourage pas les garçons à jouer à la poupée, à la dinette, aux tâches ménagères.

A faire noter :

Les différences de genre ne sont pas une mauvaise chose, ce qui pose problème, ce sont les inégalités créées : alors même que les filles ont en général de meilleurs résultats scolaires que les garçons, elles poursuivent leurs études moins loin et ont moins confiance en elles (à niveau égal, elles s’auto-évaluent moins bien que les garçons). Lorsqu’elles poursuivent leurs études, elles choisissent généralement des voies moins prestigieuses et moins compétitives. Elles sont moins nombreuses en classes préparatoires ou écoles d’ingénieurs, plus présentes dans les filières littéraires que dans les filières scientifiques.

Même constat dans le monde professionnel : plus on s’élève dans la hiérarchie des métiers, moins les femmes sont nombreuses : c’est ce qu’on appelle « le plafond de verre ». Comme si une barrière invisible leur barrait la voie.

Comment l’expliquer ?

Ce sont majoritairement les femmes qui s’arrêtent de travailler ou réduisent leurs activités à la naissance d’un enfant : leur carrière en est impactée. Les employeurs peuvent en effet être frileux à les choisir face à un homme à compétences égales. Plus le métier est prenant et nécessite une grande disponibilité, plus les femmes pâtissent de leur rôle.

Les inégalités en termes de partage des tâches à la maison subsistent également même si elles se réduisent: les femmes passent plus de temps à s’occuper des tâches ménagères ou des enfants. Du coup lorsqu’elles travaillent, elles continuent à faire une double-journée.

C’est ce qui explique ce qui se pratique en Suède : le gouvernement souhaite rendre les filles plus compétitives et les garçons plus à l’écoute, davantage tournés vers les autres. Dans les pays scandinaves, on tend à une plus grande égalité en matière de partage des tâches familiales, notamment vis-à-vis des enfants.

En France, bien que les mentalités et la réalité sociale aient évolué (les femmes travaillent massivement), les stéréotypes sexuels correspondant au passé perdurent.

Passage au point suivant du cours :

(Ces modes de socialisation ont déjà été abordés à l’oral dans la partie sur les normes. Il s’agit donc plus de formaliser et de faire noter par les élèves.) (15-20minutes)

Objectifs :

  • repérer les modes d’intériorisation des normes, valeurs et rôles.

  • Prendre conscience de la dimension alternativement passive et active des enfants dans leur socialisation.



  1. Comment s’effectue la socialisation ?

Qu’il s’agisse de l’apprentissage des rôles, des normes ou des valeurs, il y a deux modes principaux d’incorporation/d’intériorisation. Selon le cas, l’enfant sera plus ou moins acteur de sa socialisation.

  1. L’inculcation

On est ici dans le domaine de l’action consciente et répétée. C’est principalement le cas dans le domaine des normes ou de l’apprentissage des rôles scolaires. L’usage de sanctions positives et négatives permet de corriger les comportements non conformes.

A l’école maternelle ou primaire, il n’est pas rare de voir des panneaux avec les interdits ou que le professeur reprenne en groupe lorsqu’un élève comment un impair (pour l’exemple).

C’est également le cas des « dis bonjour », « qu’est-ce qu’on dit à la dame? », « ne met pas tes coudes sur la table », « ne parle pas la bouche pleine »…

Des rappels très réguliers permettent de faire intérioriser les normes : c’est bien/mal, c’est sale, c’est interdit… On est ici dans une forme de conditionnement par la répétition et l’enfant est relativement passif jusqu’au moment où il a intégré les normes et s’assure que les autres les respectent également.

  1. L’imitation

Les rôles s’acquièrent davantage par l’imitation. Les premiers rôles observés par l’enfant sont celui de père et de mère, de parent et d’enfant. C’est ceux qu’il a sous les yeux et qui le concernent au premier chef.

Très rapidement, l’enfant acquiert d’autres rôles par le jeu : médecin/malade, maîtresse/élève, policier/voleur, vendeuse/client… Ce qui est un jeu pour l’enfant est également une préparation aux rôles qui existent dans la société.

Ici, l’incorporation est diffuse, inconsciente, ce qui la rend particulièrement efficace. De plus l’enfant est acteur de sa socialisation. Occuper des rôles existants lui procure du plaisir, il anticipe par ce biais les rôles qu’il pourra éventuellement occuper.

Voyons maintenant qui sont les acteurs de la socialisation de l’enfant.

Passage au point suivant du cours.

Objectifs :

  • prendre conscience des divers acteurs de la socialisation de l’enfant

  • savoir repérer les rôles de chaque instance de socialisation : famille, école, groupes, médias

  • Savoir-faire : lecture de tableaux à double-entrée



  1. Les instances de socialisation

Déf : On considère comme des instances de socialisation tout ce qui participe à transmettre des normes, valeurs et rôles : il peut s’agir d’organisations, de groupes, de lieux ou d’activités. Parmi celles-ci, on distingue les instances qui ont pour fonction essentielle de socialiser les enfants et d’autres, qui peuvent jouer un rôle très important, sans que cela soit leur caractéristique essentielle.

  1. Le rôle de la famille et de l’école

La famille et l’école ont pour fonction essentielle la reproduction de la société par la transmission de connaissances, de normes et de valeurs aux jeunes générations. On leur doit une grande part de la socialisation des enfants.

  1. Le rôle fondamental de la famille

Question : pourquoi la socialisation familiale est-elle particulièrement importante et efficace ?

  • Lecture du document 1 polycopié.

Demander aux élèves de repérer les trois raisons qui font l’efficacité de la socialisation familiale.

La famille est une institution fondamentale du processus de socialisation pour trois raisons

  • Elle s’effectue dès le plus jeune âge, quand l’enfant est le plus malléable.

  • Intensité : les apprentissages y sont continus et répétés

  • ils s’effectuent dans une dimension affective !

On y apprend le langage, l’hygiène, la politesse, les premiers rôles sociaux. Mais également une part de la culture familiale qui dépend des caractéristiques propres de chaque famille.

Attention : il n’y a pas que les parents : grands-parents, oncles et tantes, parrains et marraines, frères et sœurs y participent. Les positions des uns et des autres sont parfois contradictoires : les choses permises ou interdites sont parfois un peu différentes entre les parents et les grands-parents par ex., voire entre les deux parents (surtout dans le cas de parents divorcés).

L'importance de la socialisation familiale est révélée par les transmissions d'engagements politiques, religieux et moraux = idéologies.

C’est au sein de la famille que s’acquiert ce que les sociologues nomment l’habitus : ensemble des manières de percevoir, de ressentir et de dire, ensemble des goûts et des comportements, qu'un individu reçoit de sa famille et de son milieu social. C'est en fonction de cet habitus que tout homme agit dans la société et va réagir aux situations dans lesquelles il sera impliqué. C’est aussi à travers celui-ci que sont filtrées toutes les expériences ultérieures de la vie.

En fonction des familles et des milieux sociaux, cet habitus sera différent. Cela veut dire que nous ne sommes pas tous adaptés aux mêmes types de situation.

Vous l’avez sans doute vu en classe de seconde, on ne pratique pas les même sports, on n’a pas les mêmes loisirs en fonction de son milieu social.

On parle aussi de CAPITAL culturel : niveau culturel, maîtrise du langage.

Étude du document 2 P247 Manuel Belin : Les pratiques culturelles pendant l’enfance.

Tableau à double entrée. Répondre aux questions 1, 2 et 3.

Q1 : 80% des personnes interrogées ayant eu des parents diplômés du supérieur lisaient des livres lorsqu’ils avaient entre 8 et 12 ans.

81% des personnes interrogées dont les deux parents lisaient, lisaient des livres entre 8 et 12 ans.

36% des personnes interrogées allaient au cinéma entre 8 et 12 ans.

11% des personnes interrogées assistaient à des pièces de théâtre ou à des concerts entre 8 et 12 ans.

Q2 Les activités culturelles durant l’enfance apparaissent être corrélées à la fois au niveau de diplôme des parents et à leurs pratiques culturelles. Plus les parents étaient diplômés et plus ils lisaient, plus les enfants ont eu de chance d’avoir été eux-mêmes lecteurs, d’aller au cinéma, au musée ou au théâtre.

Seulement 47% des personnes interrogées dont les parents n’étaient pas diplômés lisaient des livres entre 8 et 12 ans. Ils sont 80% pour les enfants de parents diplômés du supérieur.

Seulement 5% des enfants de parents qui ne lisaient pas allaient au théâtre entre 8 et 12 ans. Ils sont 5 fois plus pour les enfants dont les deux parents lisaient.

Q3 Attention, il ya deux questions :

  • Comment expliquer les différences de pratiques selon le niveau d’étude des parents ?

Plus on poursuit ses études, plus on lit des livres, plus on sort au musée et au théâtre et plus on se cultive (ce qui ne veut pas dire que ceux qui font des études courtes ne lisent pas, ne sortent pas, ne se cultivent pas. Ce sont les proportions qui changent). Pourquoi ?

On peut d’abord avancer que le fait de faire des études plus longues rend plus accessible un certain nombre de livres ou de spectacles.

Généralement, plus on a fait d’études, mieux on est rémunéré. On a donc davantage les moyens d’avoir accès à des loisirs couteux : acheter des livres (on a pas toujours une bibliothèque proche), aller au théâtre ou au musée coûte cher !

Généralement, le diplôme joue également sur les fréquentations que l’on peut avoir, soit au travail, soit en dehors. Dans les milieux les plus diplômés, les sorties culturelles, livres lus et films vus sont des sujets de conversation très importants.

Enfin, la fatigue physique due à l’emploi occupé varie beaucoup en fonction du poste occupé, qui est lié au diplôme. Des métiers intellectuels fatiguent moins. Les activités culturelles sont d’ailleurs la continuité de l’activité professionnelle et elles ne nécessitent pas un effort particulier.

  • Comment expliquer leur répercussion sur les pratiques des enfants ?

D’abord parce que les enfants imitent leurs parents. Si un enfant voit ses parents lire fréquemment, la lecture de livres lui parait être une activité normale. La présence d’une bibliothèque à la maison ira dans le même sens. Il est d’ailleurs possible qu’on lui lise plus de livres, ce qui lui permet de découvrir le plaisir que procurent ces derniers.

Ensuite parce des parents lecteurs vont encourager leurs enfants à lire, ce qui ne sera pas forcément le cas de parents non lecteurs. De la même manière, dans les milieux où les sorties culturelles sont importantes, on emmènera les enfants ou on les inscrira à ce type d’activité. Ca ne sera pas forcément le cas dans des milieux où l’on pratique davantage des activités sportives ou liées à la mécanique par exemple.

Ici aussi, on peut donc parler de socialisation différentielle : selon les pratiques culturelles des parents, leur niveau de diplôme ou leur métier, les enfants auront des pratiques mais également des acquis différents.

Cela pose crée d’ailleurs des inégalités entre les enfants face à l’école.


  1. Le rôle de l’école

L’école est une institution spécialement créée pour enseigner et éduquer. Son rôle s’est accru avec le développement de la scolarité obligatoire et l’allongement des études. Son rôle principal est de retirer l’enfant du monde des adultes, de lui faire une place particulière. Contrairement à la socialisation familiale, la socialisation scolaire est censée être la même pour tous.

Lecture du document 2 polycopié

Pourquoi d’après Durkheim, la socialisation familiale ne saurait suffire ?

Qu’entend-il par « une suffisante communauté d'idées et de sentiments sans laquelle toute société est impossible » ?

Lecture du Document 3 polycopié

D’après l’auteur, comment l’État a-t-il considéré la socialisation familiale ?

Comment peut-on comprendre le rôle de l’école ?

Le rôle traditionnel de l'école : la transmission d'une culture commune. L' " école républicaine ", celle qui s'est construite au cours de la 3è République, en particulier avec les lois de Jules Ferry rendant la scolarité obligatoire, est d'abord celle qui a comme objectif de " fabriquer  des bons français ". Elle a imposé la langue française au détriment des langues régionales de manière très systématique.

Elle a valorisé la science et la raison, et à  travers elles, l'idée d'une culture universelle dépassant les particularismes religieux. Elle a diffusé tout un ensemble de valeurs patriotiques (les grandes dates de l'histoire de France, les " grands hommes ", le drapeau français, la Révolution française, etc) qui ont contribué à  construire réellement la Nation française : les enfants, une fois passés par l'école, avaient à  la fois une langue, des références culturelles et des racines historiques communes, quelle que soit leur origine sociale, régionale, religieuse ou ethnique.

Aujourd’hui, face à la diversification de la société française, les mêmes réflexes sont présents.

Bien sûr, l’école sert également à la formation intellectuelle des enfants et à les préparer à s’insérer dans la vie professionnelle. En cela, elle joue également un rôle important.


  1. L’école parvient-elle à gommer les inégalités familiales ?

En suivant le principe d’égalité, l’école traite tous les enfants de la même manière. Pourtant, en entrant à l’école, certains enfants sont avantagés et d’autres, désavantagés.

doc 2 p247 Belin

Ici, l’échec scolaire est présenté comme une conséquence de l’inadaptation aux normes scolaires. Dans certains milieux, les parents parleraient le même langage qu’à l’école, auraient les mêmes attentes en termes de comportement et d’apprentissage. Dans les milieux populaires, il y aurait de grandes différences entre la culture familiale et la culture scolaire. Cela expliquerait les difficultés des enfants issus de ces milieux à s’adapter au monde scolaire, ce qui se traduit en retard scolaire et en un rapport plus distant vis-à-vis de l’école.

Une des solutions proposées par les gouvernements est de faire entrer les enfants des milieux sociaux défavorisés le plus tôt possible à l’école, dès deux ans. Voire de mettre plus de moyens dans les écoles des quartiers où se concentre la pauvreté. C’est pour cela que l’on a mis en place les ZEP, aujourd’hui appelées Eclair.

Conclusion : aujourd’hui, certains s’inquiètent d’un déclin des valeurs et du non respect des normes de vies en société. On en rejette alternativement la faute sur la famille et l’école. Mais d’autres instances de socialisation prennent de plus en plus d’importance.

  1. Les autres instances de socialisation : l’exemple du groupe de pairs et des médias

Ces deux exemples (mais on aurait aussi pu parler des clubs sportifs, associations ou encore des Églises) jouent un rôle très important dans la socialisation des enfants et des jeunes. Leur poids croissant inquiète parfois car on, ne sait pas vraiment qui les contrôle.

Document P245 doc 3 q1 et 2

Ici, on présente les médias, le conformisme et le contrôle du groupe comme de puissants vecteurs de normes pour les jeunes. Même si les parents laissent plus de liberté aux jeunes et si l’école d’aujourd’hui n’est plus la machine à formater les individus qu’elle a été, les jeunes ne sont pas libres pour autant. Si on peut être rebelle vis-à-vis du monde des adultes, ne pas respecter les normes vestimentaires et de langage des pairs est soumis à des sanctions. En réalité, les jeunes sont soumis au regard des autres. On peut ne pas y accorder d’importance mais il est plus facile, moins risqué de se plier aux attentes des autres.

Concernant les médias, les avis des sociologues divergent.

Quel est votre opinion ?

D’un côté, certains soulignent le risque de laisser les enfants face à une forme de propagande non contrôlée. Les craintes concernent aussi le rôle que peuvent jouer la violence dans les émissions, et la publicité. En réalité, tout dépend de l’attitude des parents face à la télévision, du contrôle qu’ils exercent sur ce que regardent les enfants et de leur capacité à discuter des contenus avec eux.

D’un autre côté, certains sociologues ont montré que les individus sélectionnent dans ce qu’ils voient uniquement les choses qui renforcent les opinions qu’ils ont déjà. Typiquement, après un débat politique, chaque bord trouve que son candidat a été le meilleur…

Enfin, les médias peuvent aussi largement être au service de l’évolution des normes et des valeurs dans un sens positif. La visibilité donnée dans les médias aux minorités et aux homosexuels depuis quelques années a eu un impact positif en matière de recul des préjugés et des discriminations.


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