La danse au Moyen âge : de la danse populaire à la danse de cour





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La danse au Moyen âge : de la danse populaire à la danse de cour

Au Moyen Age, période intermédiaire entre l'antiquité et la renaissance, la danse est une activité essentielle.
La danse est d’abord un divertissement populaire, on danse partout; sur les places, lors des fêtes mais aussi à l'église.
Pour autant, les danses médiévales sont relativement mal connues, ayant laissé peu de traces écrites. Si quelques chroniques du temps en parlent, aucune ne les décrit, de sorte qu'il est aujourd'hui quasiment impossible de savoir comment elles se dansaient.



L'EGLISE ET LA DANSE

A cette époque, la société européenne est dominée par l’église.

Se méfiant de tout ce qui n'est pas clair et hiérarchisé dans les pratiques religieuses, l'Eglise du Moyen-Age condamne formellement l'usage de la danse dans le culte.

Les évêques et théologiens (vers 589) demandent l'intervention de l'appareil judiciaire contre les danseurs dans les églises. Ils s'en prennent ensuite à d'autres aspects de la pratique de la danse : danses des femmes, danses dans des lieux consacrés. En effet, la danse est souvent est souvent à l’initiative des femmes.

Danser dans les dépendances des Eglises, les cimetières, pendant les processions devient un péché scandaleux, et ce, durant trois siècles. Les peines sont multiples : amende d'un sou d'or, trois ans de jeûne, d'aumônes, de pélerinages.



Pendant cette période, il y a un essor de la danse populaire qui est nettement différenciée du culte et recadrée par rapport aux valeurs ecclésiastiques.

LA DANSE POPULAIRE

Les fêtes constituent la principale occasion de danser. La fête la plus populaire au Moyen-Âge était sans contredit la fête du mai. Celle-ci constitue l'occasion pour le peuple de célébrer le renouveau de la nature et inclue de nombreuses réjouissances qui se poursuivent tout le long du mois de mai. Le rituel du mois de mai débute par la plantation d'un arbre sur la place du village ou dans un endroit approprié. Cet arbre est ensuite décoré de fleurs, guirlandes et rubans. La danse et les jeux s'exécutent autour de cet arbre. On y exécute entre autres la danse des épées, la danse du cheval ainsi que plusieurs rondes. Les différentes corporations de métiers viennent y exécuter leur danse particulière: bouchers, forgerons, pêcheurs, couteliers, pelletiers, cordonniers, mineurs, bottiers, tisserands, vignerons, laboureurs, soldats et autres. Ces danses sont habituellement extrêmement simples et étaient accompagnées de chants, de battements de mains et de frappements de pieds.

Certains documents permettent de fixer vers l'an 1400 l'utilisation de la musique dans les danses. Les mélodies et les chants d'accompagnement de ces danses se transmettent de siècle en siècle oralement.

Les principales danses du Moyen-Âge et les plus populaires étaient la Carole et la Tresque, sorte de chaîne fermée ou ouverte de danseurs et de danseuses. Certaines danses de fête sont exécutées en couple. Plusieurs historiens de la danse sont d'avis qu'elles constituent le prolongement médiéval d'anciennes traditions préhistoriques de fertilité. De plus certaines danses utilisées, notamment celles des épées et du cheval, ont comme ancêtres certaines danses phalliques et concrètes exécutées par l'homme du néolithique plus de 6000 ans avant Jésus-Christ.

LES DANSES AU MOYEN AGE

La Carole (XIII siècle)

La chorea, danse en forme de ronde fermée ou ouverte est fort pratiquée sous le nom de CAROLE, exécutée en se tenant la main ou le coude, et ce jusqu'au XVIIIe s.
La carole est une danse spontanée, une ronde un minimum organisée.
Le meneur lance un refrain, l'ensemble reprend.
N'importe qui peut danser la Carole, il suffit de marquer un rythme simple.

La danse est souvent liée à la chanson. Les chansons à danser sont empruntée à la poésie savante (ballade, rondeau).

Le Roman de la rose - G. de Lorris et J. de Meung, v. 1460

Le Rondeau naît de la danse, de la ronde ; le retour du refrain apparaît comme texte poétique en 1230 environ.

La Farandole est une danse populaire provençale qui se danse en file. Les danseurs dessinent des figures variées : serpentins, spirales, ils obéissent au chef de file (1° danseur). Des farandoles sont connues depuis l’antiquité grecque et crétoise.

l'Estampie (XIIIe siècle)

L'étymologie du terme est contestée et plusieurs pistes sont ouvertes, dont stampen en germanique (frapper du pied ou piler dans un mortier) et stampir en provençal (battre du pied).

La Branle (XIV siècle)

Elle remonte aux rondes du Moyen Age. A la Renaissance, les branles se diversifient et désignent un ensemble de danses collectives en chaîne ouverte ou fermée, progressant latéralement à gauche. Ils utilisent principalement deux « pas de base » : le double et le simple.
La branle, la pavane, la gavotte sont issues de la basse-danse en opposition à danse haute avec des sauts
Saltarello (XIV siècle Italie)

C’était une danse joyeuse et vivante, nommée à partir d’un de ses pas particulier, d’après le verbe italien saltare (sauter).
Basse danse (fin XIV siècle France et Italie)

Une danse de bal, de couple, lente et majestueuse, d’où son nom de danse basse, par opposition à la danse haute, plus vive et sautillante. Elle apparaît dans les cours européennes au début du 15e.

La gaillarde (fin XVe)

Danse de couple à trois temps, elle apparait en Lombardie vers 1480. Face à la solennelle basse danse, elle gagne rapidement du terrain et devient une danse de bal très appréciée au XVIe siècle, suivant ordinairement la pavane dans les suites de danses.
Tarentelle

Originaire d’Italie du sud, cette mélodie particulièrement vivante accompagne une danse entrainante et joyeuse. Elle était jouée au cours de cérémonies qui pouvaient durer des journées entières, afin de guérir ceux que l’on croyait être victimes de la morsure d’une araignée, la tarentule.

Les seigneurs prennent goût aux rondes et aux danses collectives alors que le peuple imite les danses de couple des seigneurs.

LA PREMIERE DANSE "MESUREE" : de la danse populaire vers la danse de cour

Le Moyen-Âge est caractérisé, entre autres choses, par la présence d'un système féodal. Si le peuple danse, le seigneur danse aussi. Les troubadours, allant de château en château, ont tôt fait d'utiliser la danse comme élément de divertissement de la cour. Plusieurs types de danse sont ainsi introduits dans les châteaux du Moyen-Âge.

Les danses paysannes sont copiées par la noblesse, mais sous une forme plus raffinée et courtisane. En effet, pour se distinguer, les classes les plus aisées inventent un mode de danser à structure variable, sur une musique changeante : la danse "mesurée". Une diversité et une recherche de beauté commencent à ordonner le mouvement. On danse en accord avec la musique et la poésie tout en recherchant équilibre et raffinement.
La connaissance des règles et une éducation de l'oreille devient nécessaire; la danse mesurée se distingue alors des danses populaires.
L'utilisation de la danse à la cour des principaux châteaux du Moyen-Âge s'est faite sous deux principales formes. La première consiste à l'utilisation sociale de la danse: les membres de la cour participent à l'exécution de danses apprises antérieurement. La seconde forme consiste à présenter à la cour des spectacles de danse.

Si la première forme a permis la naissance d'une nouvelle profession, les maîtres à danser; la seconde a permis l'établissement des premières troupes de danseurs professionnels. Cette division aura sur l'époque suivante une certaine importance.


Ainsi, les danses populaires, adoptées par l'aristocratie, ont évolué en danses de cour avant de donner naissance au ballet


On peut classer ces danses en deux groupes :
- les danses à tempo vif, trotto et sauterelle, plus tard nommée saltarelle;
- les danses à tempo modéré : ductia, nota, estampie.
On enchaîne volontiers une danse à tempo modéré et une danse à tempo vif.








LA DANSE MACABRE

Après l'épanouissement du XIIIe , le XIVe amorce une série de crises (guerre de Cent Ans, peste noire). Les intellectuels et artistes représentent la mort.
G. Peignot nous donne sa définition :
"Les danses des morts sont des peintures qui existaient jadis, soit dans les cloîtres, soit sur des murs de cimetières, soit dans l'intérieur des églises ou dans d'autres lieux apparents et qui représentaient la Mort sous la forme d'un squelette appelant à elle, d'un air malin, des personnages de tout état, de tout sexe et de tout âge". On a donné à ces figurations le nom de "Danses Macabres" car les squelettes sont presque toujours dans des attitudes plaisantes; ils gesticulent, gambadent, ils dansent.
Il semblerait que des danses, exécutées par des vivants, aient réellement existé, dans les rues, sur les places ou sur des scènes : des farces macabres où l'Eglise aurait voulu rappeler aux chrétiens la fragilité de la vie.




La danse des morts, Bois gravé de la danse macabre de Troyes



Véronique Baris CPDEPS Gironde Page


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