Discours normatifs et discours descriptifs





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Plan détaillé du chapitre introductif
I. Prolégomènes sur le phallo/ethno/géocentrisme, de l’intitulé sociologie DU politique

A. un regard possible sur le politique

  1. Un regard situé

  2. Un regard limité au contemporain et occidentalo-centré


B. Le questionnement des sciences du politique : un questionnement objectiviste ?

  1. Machiavel, Montesquieu et la première naissance de la science politique

  2. Discours normatifs et discours descriptifs


II. La notion de politique

A. Les domaines du politique.

  1. Une notion et un domaine pluriels

  2. En expansion continue

B. Un objet de discours pratiques et engagés

  1. La politique comme un art et un savoir-faire

  2. La politique comme science de la doxa



III. Comment en faire une science?

A. Les méthodes scientifiques sont elles applicable à la politique?

  1. Qu’est-ce qu’un raisonnement scientifique ?

  2. Peut-on transposer les méthodes des sciences de la vie et à quel prix ?


B. Comment faire une sociologie des idées/ idéologies de la politique et une théorie et à quoi ça sert ?

  1. Quelle sociologie pour le politique

  2. Sociologie et théorie politique des phénomènes aux idées et aux théories



Méthodologie de lecture d'un texte.

Freud et Villermé.

Chapitre Introductif : Qu’est ce que la sociologie du politique ?

Ou Une sociologie universelle du politique est-elle possible ?

I Prolégomènes sur le phallo/ethno/géocentrisme, de l'intitulé sociologie Du politique
A. un regard possible sur le politique
1 Un regard situé.
Pourquoi parle-t-on de sociologie du politique ? Qu’est-ce qui est spécial dans cette matière ? Qu’est-ce qu’il y a derrière le nom politique ?
Le mot politique est à la fois un adjectif et un substantif. Ce nom n’a pas la même valeur selon qu’il est masculin ou féminin, singulier ou pluriel. Le singulier donne une idée d’unité ; le pluriel d’une diversité ; le masculin une idée de centralité, d’ordonnancement ; le féminin, une idée de fragmentation et de conflit. Les règles grammaticales ordonne là aussi le sens de manière masculino-centré (le masculin l’emporte sur le féminin, le masculin singulier conçu comme universel sur le pluriel conçu comme le particulier) bref dans la notion de politique s’applique le principe du phallocentrisme mettant en avant le masculin, alors qu’en grec pourtant, on parlait de politéia (féminin) de polis (féminin) et que le polites a son pendant féminin de même en latin Rome l’urbs et la civitas sont féminins.
"Ton discours, étranger, débute par l’erreur, et tu cherches à tort un roi dans cette ville, qui n’est pas au pouvoir d’un seul : Athènes est libre. Le peuple y règne ; tour à tour, les citoyens, magistrats annuels, administrent la cité. Nul privilège à la fortune : car le pauvre et le riche ont des droits égaux en ce pays» (Suppliantes, vv. 403-408)."

Tels sont les propos attribués par Euripide à Thésée dans cette tragédie jouée en 422, propos à la mesure de la fierté athénienne à proclamer la supériorité d’une politeia qui permet le règne du peuple et l’égalité des droits"

Ni le régime démocratique ni cette conscience civique ne sont naturels dans l’histoire politique et il s’agit aujourd’hui de réfléchir sur ce qu’on peut transmettre à des élèves de la «citoyenneté» athénienne, en respectant au mieux les témoignages du passé.

Quelques points de vocabulaire :

1. Ce que les Grecs appellent politeia, nous pouvons le traduire par deux notions : le droit de cité et le régime politique. La notion de «citoyenneté», pas plus que celle de «constitution», n’a de correspondant grec.

2. Le mot politeia apparaît pour la première fois chez Hérodote au milieu du Vème siècle avec la valeur individuelle de «droit de cité» (IX, 34), ce qui signifie que les droits individuels du citoyen ont été définis avant la conceptualisation du régime politique. On n’attache pas assez d’importance à cet individualisme.

3. Politès a un féminin : politis. Les femmes ne sont donc pas exclues de la politeia comme on l’a trop souvent écrit, mais leur participation a un sens religieux et social.

http://www.ac-reims.fr/datice/bul_acad/hist-geo/bul19/article9.htm
Dans les années 70, la sociologie politique devient une matière autonome à l’université par la création de la première chaire de science politique distincte. Désormais le politiste n’enseignerait plus le droit constitutionnel et des institutions politiques, la science administrative ou plus largement le droit public avec un contenu spécial et il n’aurait plus les mêmes approches des institutions politiques, du pouvoir politique ou de l’Etat. Désormais il y a une querelle de frontières entre les deux disciplines et une querelle d’objets et deux pôles opposés entre sociologie du politique (pôle sociologique et science politique (pôle juriste, politiste) ce dont témoigne un conflit sur la manière de nommer la discipline. Cette dénomination est même conflictuelle pour les praticiens qui ne savent pas quel nom adopter poli-tiste, polito-logue politico-logue à quand le politosophe ou le politicomane.
En préambule donc une première approche de la sociologie DU politique par les sociologues venus du droit ou de la SCIENCE Politique ou de l’Histoire et de la distinction qu’ils font pour démarquer la sociologie d’avec la science politique
On va se concentrer sur la définition de Philippe Braud (fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Braud – 23).
« La sociologie politique est un regard, un regard seulement parmi d’autres possibles, sur l’objet politique… Parmi les principaux discours possibles sur l’objet politique on retiendra d’abord celui de l’acteur engagé. Militants, représentants, élus, dirigeants mais aussi des intellectuels impliqués dans des combats pour une grande cause, élaborent des analyses qui ont toujours une ambition explicative mais surtout celle de justifier leur action. Cette dimension conduit à valoriser les faits et les éléments d’appréciations qui ont une utilité stratégique…

Autre discours sur l’objet politique : celui du philosophe voir du prophète. Accent placé sur la question des valeurs.

Troisième discours sur l’objet politique majeur aujourd’hui celui des médias.

La sociologie politique est une branche de la science politique qui conquiert très lentement sa visibilité sociale à partir de la fin du 19ème siècle »

P. Braud in Sociologie Politique, LGDJ, 1996  . 7
Braud parle de quatre discours possibles sur l’objet politique dans son célèbre manuel :

- un regard objectiviste et invisible un regard dit Philippe Braud « au sens de focale, de champ de vision mais aussi de perception sensible affective et affectivement orientée perspective qui ne peut être absente chez cet auteur agrégé de droit public et de science politique qui fut le premier en France à proposer dans la discipline une analyse de l’émotion en politique (H. Thomas dixit) » ( P Braud, « Petit traité des émotions, sentiments et passions politiques, A. Colin, 2007 L'Émotion en politique, Presses de Sciences-Po, 1996)

  • le discours du sociologue oui mais lequel ?

  • celui de l’acteur engagé (les militants / les intellectuels),

  • celui des philosophes et prophètes,

  • celui des médias (« le regard qui provoque l’émotion » H. Thomas).


Le philosophe et le prophète sont une référence à l’ouvrage Le Savant et le Politique,
Economie et société de Weber. Dans ses ouvrages Weber insiste sur le devoir de neutralité et d’objectivité du savant (Le métier et la vocation de savant, 1919) et il oppose le prophète et le religieux qui règnent sur les âmes, tandis que le politique domine les corps. Théoriquement dans la perspective du type-idéal, l’un ne doit pas interférer dans le domaine de l’autre. Ainsi, Weber oppose l’Eglise à l’Etat. Le prophète vend des biens de salut (les indulgences). Il dispense du discours, comme le politique. La différenciation est donc difficile pour Weber, d’autant plus que le prophète et le démagogue comme l’homme d’Eglise et l’homme politique ont parfois la même source de légitimité (cf. typologie légitimités de Weber).
2 Un regard limité au contemporain et occidentalo-centré.
Cela implique que les objets de la sociologie du politique ne peuvent être en théorie que ceux des sociétés laïques pluralistes dans leurs convictions religieuses comme dans leurs possibilités de choix politiques. La sociologie politique se bornerait alors étudier le politique seulement dans les sociétés qui ont opéré la séparation du politique et du religieux, pour éviter toute confusion. Or même dans des sociétés qui connaissent cette distinction, il y a certains chevauchements dans la légitimation des pouvoirs politique et religieux.

La sociologie politique ne peut apparaître que quand le politique n’est que clairement autonomisé du religieux. Si ce n’est pas le cas, alors le sociologue ou le philosophe ne peuvent pas faire la distinction entre le discours prophético-sacerdotal*
(Bruno Etienne) et le discours politique ce qui est souvent un problème dans les démocraties héritières de régimes monarchiques ou impériaux de droit divin des religions monothéistes.

Quelle approche auraient donc les philosophes du politique que rejetterait la sociologie politique ? : ils réfléchissent au fonctionnement de l’ordre politique et des systèmes politiques regardent comment le système marche en vue des possibilités de l’améliorer, comme les juristes.

Le juriste et le philosophe questionnent le politique de manière normative en fonction des buts. Ils cherchent à faire fonctionner le mieux possible l’Etat.
*Magistère prophético-sacerdotal : le prophète n’est rien sans l’appui de l’Eglise (selon Weber, le charisme ne s’inscrit pas dans la durée et doit trouver un moyen de se routiniser). En Mésopotamie et en Egypte, la fonction sacerdotale est assurée par le monarque, assisté par un clergé hiérarchisé. Les patriarches bibliques, Abraham, Isaac et Jacob, exercent un sacerdoce familial en construisant des autels et en offrant des sacrifices (Genèse 22, 32-54).




Aristote : Le politique LII chapitre I§ 1. « Puisque notre but est de chercher, parmi toutes les associations politiques, celle que devraient préférer des hommes maîtres d'en choisir une à leur gré, nous aurons à étudier à la fois l'organisation des États qui passent pour jouir des meilleures lois, et les constitutions imaginées par des philosophes, en nous arrêtant seulement aux plus remarquables. Par là, nous découvrirons ce que chacune d'elles peut renfermer de bon et d'applicable ; et nous montrerons en même temps que, si nous demandons une combinaison politique différente de toutes celles-là, nous sommes poussés à cette recherche, non par un vain désir de faire briller notre esprit, mais par les défauts mêmes de toutes les constitutions existantes.
Traduction Politique d'Aristote / trad. en français d'après le texte collationné sur les manuscrits et les éd. principales par J. Barthélemy-Saint-Hilaire,... 3e éd. rev. et corr. - Paris : Ladrange, 1874 - 545 p. ; in-8,

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/tablepolitique.htm.
Par exemple, la Déclaration d’Indépendance comme le Préambule des droits à la constitution des Etats-Unis et la DDHC font explicitement référence au droit au bonheur développé dans l’œuvre de Locke. Le but du régime politique est le bonheur.

« Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l'ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l'opinion de l'humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation. //Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. ». Déclaration unanime des treize Etats unis d'Amérique réunis en Congrès le 4 juillet 1776 dite Déclaration d’indépendance.

« Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs; afin que les actes du pouvoir législatif et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous », Préambule de la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789.

Développement sur le terme de « regard » dans la définition de Braud.

Première remarque : le regard au sens courant. Si l’on considère que la sociologie politique est le regard sur les sciences sociales, on peut se demander pourquoi privilégier la vue parmi les cinq sens dans la description du réel ? Pourquoi serait-ce une science articulé sur le microscope (vision micro) ou le télescope (vision macro) et non sur l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher ? Peut-on parler d’une pulsion scopique (Lacan) du scientifique des sciences humaines qui l’opposerait à la capacité cœnesthésique des sciences de la vie ( exemple : en mycologie on sent et on goûte les champignons, en biologie animale et végétale on tâte aussi, en sociologie on écoute beaucoup (pour décrire une manifestation on doit se servir de l’ouïe sinon comment capter les slogans) une pulsion scopique (Lacan) qui tournerait à la scopophilie (plaisir de regarder) ( Freud,) au regard scrutateur de l’objet corps (regard médical Foucault) voire dans les cas pathologiques, où l’épistémophilie devient épistémomanie, au voyeurisme
Pour aller plus loin

Cf José Saramago, L’aveuglement, Paris, Points Roman 2001, et La lucidité Paris, Points Roman, 2008

Georges Orwell, 1984, date de parution 1949

Evgueni Zamiatine, Nous autres, traduction française Gallimard, [1920]
« Dans le roman policier, le détective se doit de dégager le sens du meurtre : comment ? pourquoi ?par qui ? Le whodunnit est essentiellement la quête par un récit présent (celui du détective) d’un récit absent (celui du meurtrier). Le corps est alors la Pierre de Rosette du détective. Le cadavre, objet d’inscription pour le tueur et de déchiffrage pour l’équipe enquêtrice, est démembré, fragmenté et soumis au regard scrutateur du légiste. Il est alors passif et, par conséquent, féminisé. Selon Peter Brooks dans Body Work, le corps, objet de désir fuyant, ne prend toute sa cohérence qu’une fois mort. La scopophilie, apparentée par Peter Brooks à l’épistémophilie, s’illustre dans le roman policier sous le regard désirant de l’enquêteur. La vérité latente, cachée, couverte doit être révélée. Toutefois, la possession totale de l’autre, même par le savoir, est toujours impossible. Le cadavre échappe toujours à son observateur. Sa personnalité, dans les romans de P.D. James, demeure fugace et insaisissable. Ce processus de connaissance que Jean-Paul Sartre métaphorise dans L’Être et le Néant à travers le mythe de Diane et Actéon est essentiellement une féminisation du corps (Diane) et une masculinisation scientifique du regard (Actéon.) Toutefois, Sartre omet de mentionner la punition infligée à Actéon, lacéré par les chiens. Le regard masculinisé sur le corps féminisé n’est pas sans conséquences. La punition est inévitable ». Delphine Cingal « Rupture du contrat social, les meurtrières dans l’œuvre de P.D. James », revel.unice.fr/revel/pdf.php?id=664&revue=cycnos
Second regard : au sens de la psychologie, de l'introspection c'est-à-dire : le regard sur soi. C'est aussi la science politique. C'est regarder en tant que scientifique ce qui nous entoure sachant que ces derniers nous regardent pendant que nous nous regardons le réel dont ils font partie pour le décrire en essayant de le faire de manière méthodique et objective : regarder ceux qui nous regardent. Quand on fait de la science politique, on observe les autres… et eux aussi nous observent car ils ne sont pas des organismes vivants privés de parole et d’entendement.

Le scientifique des sciences sociales est dépendant dans son observation du réel non des avancées techniques et des instruments d’observation (lunette astronomique de Galilée, microscope de mais plutôt des modèles politiques de contrôle et de surveillance des populations suspectes des sociétés dans lesquelles il vit. Il ne peut s’abstraire de ce contexte car il est aussi un citoyen

Dans Le Panoptique (Jeremy Bentham), celui qui est regardé ne voit pas celui qui regarde et ne sait pas quand il est regardé (la prison panoptique). En sciences sociales, on serait donc tous des « voyeurs » (non je vous rassure les chercheurs seulement).
Troisième remarque : quand on parle d’un regard, on n’exclut pas l’expérience des sens et des émotions. Les philosophes ont depuis Descartes mis de côté tout ce qui est de l’expérience des sens, de l’émotion, des sensations, voire des passions. Les sciences humaines se sont construites sur l’idée que pour savoir, il fallait séparer, se couper de toute expérience sensible. Il ne faut pas faire confiance aux sens, car les sens « sont par essence » trompeurs, voire animés d’attentions malignes : ce sont des malignités. Depuis Descartes, produire de la connaissance scientifique, c’est produire de la connaissance coupée de l’expérience sensible, quotidienne. Avoir du métier, c’est alors ne rien savoir. Descartes dit que pour pouvoir faire des sciences, il faut se couper de toute expérience sensible. Il faut faire table rase du passé d’être social. Le moment cartésien n’est pas un moment de la vie, physique ou mathématique. Pour que Descartes puisse, avec Harvey, comprendre comment le cœur fonctionne, il doit d’abord poser la question philosophique, ce qui implique qu'il doit d'abord poser ce moment métaphysique. Ou encore, traiter les humains comme des objets, ce que reprend Durkheim à propos du social du « fait social », ainsi il doit objectiver la société sociale. Donc, les sciences sociales tentent d’objectiver la société sociale.

B Le questionnement des sciences du politique : un questionnement objectiviste ?
1 Machiavel, Montesquieu et la première naissance de la science politique.
A l’inverse, Machiavel entame lui un questionnement objectiviste, du point de vue de la science politique. Il considère que la réflexion sur le politique est différente de la réflexion sur les bonnes fins (finalités) ou morale politique. Machiavel s’interroge sur quelles conditions le Prince est efficace. Il dévoile les ressorts cachés de la mécanique du pouvoir absolu et de la domination politique. Les théories de Machiavel seront dans un premier temps contestées, en effet, l’avancée de la philosophie ne lui permettant pas encore d’être reconnu. Avec la théorie de l’homme-machine, Descartes ouvre la possibilité à l’analyse des rouages politiques. Montesquieu exploitera cette possibilité en utilisant le mécanisme de l’horlogerie politique dans le principe des poids et contre-
Si l’on suit la distinction de Braud jusqu’au bout l’on ne peut faire de la sociologie du politique que dans des sociétés laïcisées qui sont aussi des démocraties pluralistes. On ne parle que de la sécularisation par rapport au catholicisme (on ne peut donc pas étudier la Turquie) car on reprend en fait la distinction entre temporel et spirituel de Saint Thomas d’Aquin. Il faut donc s’intéresser aux sociétés contemporaines occidentales de culture chrétienne où il y a eu laïcisation de l’espace public. La vision du politique est donc totalement ethnocentrée au sens du grand peuple européen. La sociologie du politique est donc une science moderne occidentalo-centrée. Il faut que la société soit une société concurrentielle en politique comme dans le social ou l’économie: il faut du pluralisme, donc la démocratie libérale. A la limite c’est seulement dans une société comme celle-ci qu’on peut se poser la question de la différence entre religieux et politique.

On peut donc dire que l'on va parler dans ce cours : de la conquête du pouvoir, des élections, du vote, de la place des minorités en politique, de la socialisation politique, des manifestations, des grèves, des attentats, des révolutions.
2 Discours normatifs et discours descriptifs

Non traité. A ce moment là
Autres définitions de la sociologie politique pour compléter celle de Braud.
« La sociologie est une branche de la science politique ayant pour objet d’analyser ce qui relève de phénomènes considérés comme politiques », D. Chagnollaud.
→ « Lapalissade » selon H. Thomas puisqu'il est rassurant de savoir que la science politique étudie des phénomènes considérés comme politiques.

La métaphore de la branche est cependant intéressante car elle suppose que toutes les sciences ont des liens entre elles.

Pour Durkheim, il y a deux maisons des sciences : la maison des sciences de la vie, et la maison des sciences des hommes. Pour Durkheim, la reine des sciences des hommes est la sociologie (qui se dérivera en de nombreuses sociologies ou « branches ») : sociologie économique, linguistique, religieuse du droit … ou encore la psycho-sociologie.

La seule branche du savoir que Durkheim n'inclue pas dans cet arbre sociologique c'est la sociologie (du) politique. Pourquoi ne l’intègre-t-il pas dans ce moment sociologique équivalent au moment cartésien du Discours de la Méthode qui fait de la métaphysique la science première? Pourquoi Durkheim qui fait de la sociologie la base de refondation des sciences humaines laisse-t-il de côté la sociolgie du politique en tant que telle. Le sociologue n'aurait-il pas le devoir de s'intéresser au politique comme domaine d'analyse? Pour des raisons malheureusement terre à terre. En effet, à l'époque Durkheim n'a pas les moyens de s'opposer aux Facultés de Droit. Il cherche à imposer une nouvelle discipline académique qui devienne un nouveau pilier du savoir et de l’institution universitaire après le droit et de la médecine. Empiéter sur un de leur domaines c'est laisser peut de chance à la survie de la sociologie.


« La sociologie politique occupe une place particulière parmi les disciplines que l’on associe habituellement quand on parle de science politique.

-Objet d’enseignements spécifiques dans les universités : comme PP HDI IPA PP

-Méthode d’approche des objets politiques
«  La sociologie politique est une science sociale. Elle est démarche sociologique en ce qu’elle tend à expliquer tous les phénomènes sociaux ayant une influence sur les activités et les rôles politiques, sur les affrontements entre partis sur les comportements des électeurs sur les rites institutionnels sur les discours politiques etc. Elle est politique en ce que sont objet propre et l’ensemble des phénomènes tenus pour politiques par une communauté d’individus. La sociologie politique est aussi l’attention portée aux effets politiques (tels que voter refuser toute participation rejoindre les rangs d’un parti, manifester) de faits sociaux apparemment étranger aux actions politiques ».

J. Lagroye et alii 2006, Sociologie politique, Presses de la FNSP et Dalloz.

« Ainsi la sociologie politique serait la science de la société civile et en tant que la politique s’occupe de l’intérêt commun, elle constituerait une science architectonique, à laquelle serait subordonnées l’économie et la stratégie et toute les autre sciences sociales. Le choix de sociologie plutôt que de science politique peut signifier une rupture avec cet héritage l’affirmation de la scientificité positive de la discipline.

En philosophie, l'architectonique est la coordination scientifique de tous les savoirs ou des diverses parties d'un système. Le terme a d'abord été utilisé par Aristote dans L'Ethique à Nicomaque: la politique est l'art de l'architectonique, qui organise les activités de la Cité.

En architecture, l'architectonique signifie l'art et la science de la construction.

Définition du XIII eme siècle Gilles de Rome (en1260 en latin 1296 en français) Livre du gouvernement des princes « la Science politique que l’on appelle science de gouverner les cités et les royaumes tend principalement à réguler les œuvres humaines par les lois et les institutions qu’elle commande »

Changement dans le contenu des problèmes apparition de novations sociales, transformation diverses et nouveau type de discours de la science.

« Hypothèse contraire la sociologie politique doit centralement étudier les formes politiques et les institutions politiques nées avec le XIXeme siècle : les partis politiques, les élections au suffrage universel, les prises de décision par les gouvernements, le fonctionnement des administrations, la sélection des élites dirigeantes, les relations entre les entités politique souveraines et tous les aspects des Etats modernes seraient son objet bref l’Etat européen moderne de la fin du XIXème siècle » danger d’ethnocentrisme.
« C’est donc bien la saisie d’un objet qui même s’il n’occupe qu’une région de la vie sociale ne se laisse pas cantonner dans une ère culturelle et un siècle donné qu’il faut procéder et qui exige une comparaison avec des formes voisines et ou distincte » Dominique Colas, Sociologie politique, PUF, Quadrige, 1994

II La notion de politique.
A. Les domaines du politique : une notion et un domaine pluriels en expansion continue.
1 Une notion et un domaine pluriels

Premier sens de politique.

« La politique, c’est d’abord la traduction du terme grec politéia. La politique, c’est par essence ce que les Grecs appelaient le régime de la cité, c’est-à-dire le mode d’organisation du commandement (centralisé, déconcentré, décentralisé, polycentré, cf remarque ajoutée par madame la professseure) considéré comme caractéristique du mode d’organisation de la collectivité toute entière. », Démocratie et Totalitarisme.
Pour Raymond Aron, homme lettré, considère donc que le modèle de la démocratie est le modèle athénien. Aron repart de ce qui est censé être le moment originel de la démocratie et de la politique : le modèle de la démocratie antique. Or, il se trouve que ce modèle de la démocratie est l'anti-modèle démocratique contemporain par excellence. En effet, en sociologie politique on étudie la construction du politique autonomisé de la religion... Alors la démocratie moderne ne doit rien à la démocratie antique (voir le cours des idées politiques où M. Pena lui dit que justement les grecs ont été le premier peuple « laïc » ça aussi c’est une vue rétrospective qui peut être discutée, à ce sujet Cf Jean-Pierre Vernant, Les grecs croyaient-ils à leurs mythes ? ). Même si, depuis 1789, tous les révolutionnaires et tous les démocrates ont pris ce moment comme le moment originel de la démocratie athénienne comme modèle absolu (modèle par rapport auquel on serait en mesure de mesurer le degré de démocratisation d'une société contemporaines). Aron, Arendt ont eux aussi été ébloui par le pouvoir de la parole.
Remarque : essence s'oppose à existence. Essence signifie l'idée, la norme.
De plus, cette définition nous indique que le régime de la cité est un « mode d'organisation du commandement ». (et cela peu importe le type d'ordonnancement, d'où les indications données en supplément par la professeure). Donc ainsi, peut importe le type d'organisation, on va trouver cet ordonnancement auprès de 2 matières : la philosophie politique et le droit. En cela on peut se référer à Aristote qui recherche les fins du politique, il ne faut pas que a cité soit démocratique mais il définit le but de la cité comme la bonne vie, c’est-à-dire qui va permettre à tous les citoyens d’avoir une place dans la cité (même si très inégalitaire).

On est dans un modèle téléologique (réfléchir au politique en fonction des fins: son anatomie = quel type de régime, sa mise en œuvre...).

On peut considérer que le régime de la cité est la définition la plus large du politique, elle est englobante et surplombante. Il est ainsi la source d'où tout découle. De plus, il n’est point de régime politique qui n’ait point de Constitution. La Constitution est la cristallisation du contrat social, la source originelle de production de la loi. Il y a ainsi eu un « fétichisme » de la loi aujourd’hui dite ordinaire jusqu'à Carré de Malberg La loi, expression de la volonté générale (Sirey, Paris, 1931). Contribution à la théorie générale de l'État, Sirey, Paris, (1920-1922), C.N.R.S. 1962).
Dans un deuxième temps, la théorie de Kelsen sur la hiérarchisation des normes est créée, Théorie pure du droit (2e édition traduite par Charles Eisenmann, Dalloz, 1962, Paris). Théorie générale des normes (PUF, 1996, Paris, traduction de Olivier Beaud). Théorie générale du droit et de l'État suivi de La doctrine du droit naturel et le positivisme juridique (LGDJ - Bruylant, 1997, Paris, coll. La pensée juridique).

On va passer alors au contrôle de la loi par rapport à cette Constitution écrite : la constitution devient le « grand fétiche » (Legendre, Jouir du pouvoir. Traité de la bureaucratie patriote, Paris Minuit 1976) , la norme fondamentale, tandis que le Conseil Constitutionnel protège les libertés publiques et droits fondamentaux (1971 Liberté d’association). cf l'article 16 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée n'a point de Constitution.» Cet arrêt intègre la défense des libertés publiques au Bloc de constitutionnalité. De plus, il est extrêmement intéressant car il implique que désormais il ne peut plus y avoir de demande obligatoire préalable d'autorisation auprès du préfet. (quel contexte? Association de Beauvoir et Sartre autour du journal « la Cause du peuple », mai 68).
CC, 16 juillet 1971 : valeur juridique constitutionnelle du préambule de 1958 (réf 1946 + DDHC 1789). C'est une décision qui aurait pu rester anodine. Une personne emprisonnée en raison de son journal "ami de la cause du peuple". Simone de Beauvoir décide de soutenir la personne en créant une association et comme elle veut déclarer, elle dépose à la préfecture. Le ministre de l'intérieur informe le préfet de refuser ce qu'il fait en estimant que l'association est une reconstitution de la ligue dissoute. Simone de Beauvoir attaque devant le juge administratif le refus du préfet et obtient gain de cause dans TC, Paris, 25.01.1971. Le ministre de l'intérieur ne fait pas appel devant le CE, mais propose un projet de loi adopté par le gouvernement au printemps de 1971, passe au parlement: l'Assemblée Nationale est pour mais le Sénat s'y oppose car il est réducteur des libertés publiques. L'Assemblée nationale l'adopte en dernière lecture, mais saisine du CC par le Président du Sénat, qui sera l'origine de la décision. Le CC examine le projet et le C.C. va créer pour la première fois la catégorie des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République en l'espèce: la LIBERTE D'association. On ne peut empêcher la création d'une association. Par là même, il donne une valeur juridique générale au préambule *http://playmendroit.free.fr/libertes_fondamentales/constitutionnalisation_liberte_publique.htm
N.B. : envisagez tous de connaître plus qu’un peu sur Kelsen et sa théorie pure du droit et de hiérarchies des normes pour le grand O. A bon entendeur…

Deuxième conception du politique : la politique-domaine.

Ce second sens s'oppose donc au premier, ordre (où chacun est à sa « place », que les relations soient celle de la collaboration ou de la séparation), agencement « parfait » de la cité antique, hiérarchique.

Ce second sens c'est la dimension désordre, conflit, compétition, débat, opposition, majorité/minorité. C'est le politique dans sa dimension conflit. C'est le politique au sens où « les femmes sèment la guerre ». Aron parle de politique-domaine.

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