Discours normatifs et discours descriptifs





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Trois sens du mot + un

« les modes d’organisation des gouvernements et des sociétés humaines »

« les types d’action qui concourent à la direction des affaires publiques »

« les stratégies résultant de la compétition des individus et des groupes »

« Les moyens d’interprétation et de justification auxquelles recourt la vie politique »

G. Balandier , Anthropologie politique, PUF, 1967, p.32

quatrième élément : la « connaissance politique » ou plutôt les discours sur la politique font également partie du domaine de la politique




2 Un domaine en expansion continue, des objets toujours plus nombreux et éclatés
Quels sont les objets de la sociologie politique?
« phénomènes sociaux ayant une influence sur les activités et les rôles politiques, sur les affrontements entre partis sur les comportements des électeurs sur les rites institutionnels sur les discours politiques, etc » J. Lagroye.
Il semble qu'il y ait énormément d'objets. Et cela n'est pas très clair. Qu'est ce que cette énumération signifie?

« activités ». La politique dans sa dimension d'action : elle renvoie aux politiques publiques à la politique programme à l’action publique mais aussi aux activités de la politique domaine où se différencie les profanes les citoyens/ les électeurs et les professionnels (les acteurs politiques).

« rites institutionnels » : dimension sacramentelle. C'est une des dimensions politique-programme mais aussi de la politique domaine et du politique. Toutes les activités politiques sont ritualisées. La production de normes, de règles. (vous pouvez voir, Legendre pour l'analyse des normes et règles : Histoire de l'administration de 1750 à nos jours, ou Trésor de l'administration française).
En sociologie politique classiquement on va donc faire de la socio-histoire (étape de la sociologie politique indispensable) des régimes politiques, de l’Etat démocratique et de ses avatars (tyrannie ou dictature antique, populisme, clientélisme etc.) et de ses opposées (dictatures, totalitarismes). On va donc étudier les régimes politiques envisagés dans une approche téléologique, une vision ethnocentriste et progressiste. L'Etat démocratique étant considérés comme le résultat d’un progrès continu de l’histoire politique, d’une évolution croissante de l'autonomisation politique vis à vis du religieux (sécularisation), et qui va de plus, dans le sens d'une amélioration pour le plus grand nombre de la vie publique et privée (pluralisme politique et démocratie sociale).

Seront donc essentiel pour cette analyse socio-historique : Elias, Weber, Foucault, Rosanvallon, Aron, Arendt, Badie, Hermet.... si vous voulez lire à propos de la sociologie de l'Etat en général et de l'Etat démocratique en particulier lire :
Bertrand Badie et Pierre Birnbaum Sociologie de l’Etat, Paris Fayard, 1983 réédition Pluriel.

Yves Déloye, Sociologie historique du politique (Nouvelle édition) Paris, La Découverte, coll. Repères 2003 chapitre 2 et 3.
Norbert Elias,

1. 1939: Über den Prozeß der Zivilisation. Soziogenetische und psychogenetische Untersuchungen. Basel: Verlag Haus zum Falken. Erster Band, Wandlungen des Verhaltens in den weltlichen Oberschichten des Abendlandes

*Published in English as The Civilizing Process, Vol. I. The History of Manners, Oxford: Blackwell, 1969

* La Dynamique de l’Occident, Paris, Calmann-Lévy, 1975.
2. 1939: Über den Prozeß der Zivilisation. Soziogenetische und psychogenetische Untersuchungen. Basel: Verlag Haus zum Falken.

Zweiter Band. Wandlungen der Gesellschaft. Entwurf einer Theorie der Zivilisation.

*Published in English as The Civilizing Process, Vol.II. State Formation and Civilization, Oxford: Blackwell, 1982)

*La Civilisation des mœurs, Paris Calmann-Levy, 1973
3. 1969: Die höfische Gesellschaft. Untersuchungen zur Soziologie des Königtums und der höfischen Aristokratie, based on the 1933 Habilitation). Neuwied/Berlin: Luchterhand.

*Published in English as The Court Society, Oxford: Blackwell, 1983,

* La Société de cour, Paris, La société de cour, 1ère éd. française, Calmann-Lévy, 1974). Flammarion, 1985, Poche collection Champs.

Biographie] http://fr.wikipedia.org/wiki/Norbert_Elias

Pierre Rosanvallon, L’Etat en France de 1789 à nos jours, Seuil, coll. Points, première édition Le Seuil, L'Univers historique, 1990
Pour aller plus loin

Perry Anderson, L'Etat absolutiste, ses origines et ses voies, Maspero, 1978 note de lecture d’Alain Bihr http://www.revue-interrogations.org/fichiers/63/Etat_absolutiste.pdf

Michel Foucault, Sécurité, territoire, population, Cours au Collège de France 1977-78, Paris, Seuil/ EHESS, 2004

Pierre Legendre, Trésor historique de l’Etat en France, Paris, Fayard, 1992

Histoire de l'administration de 1750 à nos jours, Presses universitaires de France, 1968.

L'Amour du censeur. Essai sur l'ordre dogmatique, éditions du Seuil, 1974.

Jouir du pouvoir. Traité de bureaucratie patriote, coll. Critique, éditions de Minuit, 1976.

La Balafre. À la jeunesse désireuse... Discours à de jeunes étudiants sur la science et l'ignorance, Mille et une nuits, 2007.

Dominium Mundi, L'Empire du Management, Mille et une nuits, 2007.

Barrington Moore, Les origines sociales de la dictature et de la démocratie, Paris, Maspero, coll. Textes à l’appui, 1969 (1re édition, 1966), 431 p.

Joseph Strayer, On the Medieval Origins of the Modern State (1970) traduction française Payot,

Nos autres objets dans ce cours seront donc les partis politiques, mais aussi les formes de participations des citoyens en démocratie, les comportements des électeurs.

2 En expansion continue(suite).

On a déjà vu que la notion de politique est polysémique (II A 1). De plus, le politique est un domaine éclaté dont différentes (philosophie, droit...). De plus, la politique est une notion démocratique qui fait débat Aron parle de politique-domaine, de politique-conflit. Ce qu'il oppose à la politique-programme (ou politiques publiques).

Progressivement, au fur et à mesure que les démocraties se consolident, tout devient politique. Tout est-il vraiment politique? Le sexe, l'argent sont-ils politiques?

Tout est politique c’est un slogan devenu question depuis Mai 68 ? Faut-il enterrer Mai 68 comme l'entendait Sarkozy candidat et si oui pourquoi. Ce qui le gênerait à propos de la libération sexuelle, ce sont les mouvements de défense des minorités sexuelles. Sachant qu'on est passé de la notion de sexe entendu comme biologique, à une notion sociologique et politique de genre ( ce ne sont plus les femelles qui veulent ce qu’ont les mâles mais les femmes qui revendiquent les mêmes droits et les mêmes que les hommes). Les problématiques de sexe auraient évolué depuis Simone de Beauvoir du deuxième sexe vers la pluralité des genres, depuis Le deuxième sexe et les mouvements féministes ce ne sont plus des problématiques génétiques ou biologiques qui oppose et un sexe à l’autre qui se définissent surtout le deuxième en creux par rapport au premier, mais sociales ou culturelles qui lirait le genre comme division produite par les sociétés comme les divisions de classes économiques, professionnelles ou de richesse . La société française comme les autres sociétés occidentales aurait pu suite aux luttes féministes évoluer dans la division genrée du travail social, et du travail politique dans une direction plus égalitaire (égalité-uniformité) par des mesures d’égalité-différence (parité, quotas, discrimination positive…) qui fonctionne dans l’esprit de ceux qui la définissent comme une division sociale ou ethnique ou raciale du travail social où la spécialisation des rôles entre sexes/classes/races/castes n’est plus conçue comme comme naturelle au sens où elle proviendrait de l’inégalité naturelle des groupes (vision aristotélicienne de l’esclave étant par nature esclave donc destiné à obéir au maître) mais est naturalisée par exemple quand la différence biologique (ma différence elle se voit, le concours de beauté) est culturalisée comme position de minorité sociale, politique et juridique (Gender gap) qui serait en voie de résorption en raison du procès (processus) civilisationnel et démocratique et de mesures volontaristes de ceux de la majorité (les hommes/ Les colonisateurs ou les petits blancs/ les occidentaux, les riches/ les patrons) qui définissent l’autre moitié (les femmes) et parfois la majeure partie de la population (les colonisés ou les indigènes/les décolonisés ou habitants des pays du sud/les pauvres/les ouvriers comme minorités en la dénommant comme telle et ce faisant se posent comme dominants et l’autre partie comme dominés (à ce sujet voir C Guillaumin)

« Guillaumin parle de «rapports de classe de sexe» ou «rapports sexués» : il ne s'agit évidemment pas des rapports sexuels, mais des rapports sociaux déterminés par l'appartenance (sociale) respective des protagonistes à l'un et/ou l'autre sexe. Le mot «classe» n'est pas ici à prendre dans son sens marxiste strict, où une classe d'individus est caractérisée par sa place au sein des rapports de production, mais dans un sens plus indéfini, de catégorie d'individus socialement déterminée et déterminante (on peut alors parler de «classes de sexe» au même titre que l'on parle parfois, à propos de l'Antiquité grecque, de la «classe des hommes libres» et de celle des esclaves, etc.). cf n.2 & 3 des Questions Féministes (février et mai 1978). C. Guillaumin, Sexe, Race et Pratique du pouvoir : l'idée de Nature, éd. côté-femmes, Paris, 1992. C. Guillaumin 1972 L'idéologie raciste, genèse et langage actuel, aux éd. Mouton » repris en folio 2004.



Carte postale féministe anglaise (Spellbound)

Yves Bonnardel : De l'appropriation ... à l'idée de Nature , décembre 1994 http://www.eurowrc.org/06.contributions/2.contrib_fr/05.contrib.fr.htm#fn2,

Bourdieu appelle ce processus la violence symbolique « Le pouvoir symbolique, pouvoir de constituer le donné en l'énonçant, d'agir sur le monde en agissant sur la représentation du monde, ne réside pas dans les « systèmes symboliques » sous la forme d'une « force illocutionnaire ». Il s'accomplit dans et par une relation définie qui crée la croyance dans la légitimité des mots et des personnes qui les prononcent et il n'opère que dans la mesure où ceux qui le subissent reconnaissent ceux qui l'exercent. »(Réponses, Seuil, 1992, p.123).

Le propos de Ségolène royal sur sa différence visible peut alors être interprétée comme une intériorisation de la position dominée des femmes dans le champ social et politique ; Elle est nommée femme, mère avec enfants à garder et elle refait sienne cette désignation pour affirmer son identité de femme politique.

« Le pouvoir symbolique est un pouvoir qui est en mesure de se faire reconnaître, d’obtenir la reconnaissance ; c’est-à-dire un pouvoir (économique, politique, culturel ou autre) qui a le pouvoir de se faire méconnaître dans sa vérité de pouvoir, de violence et d’arbitraire. L’efficacité propre de ce pouvoir s’exerce non dans l’ordre de la force physique, mais dans l’ordre du sens de la connaissance. Par exemple, le noble, le latin le dit, est un nobilis , un homme « connu », « reconnu ». »

Dévoiler les ressorts du pouvoir », in Interventions — Science sociale et action politique, Agone, 2002, pp.173-176) http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/lexique/p/pouvoirsymbolique.html

Une lecture spéciale pour votre camarade du comité Charles de Gaulle qui m’a parlé de domination féminine et de matriarcat originaire Corentin je crois. « Pour une réfutation de la thèse de l'existence de matriarcats, lire Stella Georgoudi, «Bachofen, le matriarcat et le monde antique», in Histoire des femmes en Occident (sous la direction de G. Duby et M. Perrot), Plon, 1991, tome I, pp. 477 à 491. et Philippe Borgeaud , Grégoire Sommer , Antje Kolde , Nicole Durisch La mythologie du matriarcat. L'atelier de Johann Jakob Bachofen,Genève, Droz 1999

.
Quand une candidate femme pose sa différence comme une candidate femme au sens de biologiquement différente « ma différence elle se voit » c’est différent de la poser au sens social ou culturel dans le style « les femmes font de la politique comme les hommes dans la compétence et le métier mais différemment sur les priorités politiques » ce qui tient à leur intériorisation de leur position anthropologique de (re)production et de conservation de la vie, Laurent Fabius se pose rhétoriquement la question de la division genrée du travail familial: « qui va garder les enfants ? » et Jean-Luc Melanchon de la division sexuée du travail de séduction (ou de la potiche ?) : "la présidence de la République n’est pas un concours de beauté", ce qui sous entend une vision traditionnaliste de la division des tâches dans la famille entre les mères et les père,s les épouses, les amantes et les femmes dites publiques (le premier sens de cette expression en français est prostituée). Cette vision, qu’on peut en langage ordinaire qualifier de machiste, repose sur une conception anthropologique androcentrée ou phallocentrée (ce sont des synonymes) où les hommes sont à l’extérieur et les femmes à l’intérieur de la maisonnée, où les hommes combattent et les femmes élèvent, la grande cuisine politique étant réservée aux premiers (cf la vision anthropologique andro centrée du préhistorien Leroi-Gourhan dont je vous recommande la lecture Le geste et la parole, L’homme et la technique cf aussi pour cette division très schématique et primitive des tâches même pas digne d’un chasseur cueilleur Alain TESTARD A., Les chasseurs-cueilleurs ou l ' origine des inégalités , Paris : Maison des sciences de l ' Homme, 1982., TESTARD A., Essai sur les fondements de la division sexuelle du travail chez les chasseurs-cueilleurs, Paris : EHESS, 1986.

Pour les passionnés par la question non du sexe des anges mais du genre des présidents de la République. Au sujet de la première candidature féminine aux présidentielles en France Sandra Laugier, « Un mariage et trois enterrements » http://www.mouvements.info/spip.php?article15, Catherine Achin et Elsa Dorlin, « Nicolas Sarkozy ou la masculinité-mascarade du Président », in Raisons politiques, n°31, 2008, p19-45 et aux Etats-Unis voir Eric Fassin « Des identités politiques Jeux et enjeux du genre et de la race dans les primaires démocrates aux Etats-Unis en 2008, Raisons politiques, n°31, 2008, p 65 à 79

Pour ceux qui aiment l’humour d’une des fondatrices des Chiennes de garde

"Qui va garder les enfants ?" par Isabelle Alonso, février 2008 in Même pas mâle, Robert Laffont, 2008

(automne 2006, propos attribué à Laurent Fabius, au moment de l’investiture de Ségolène Royal comme candidate du PS à la présidentielle de 2007.)

 Pas moi, dit la mère. Faut que je gagne ma vie. Faut que je travaille.

 Pas moi, dit le père. J’aimerais bien, mais ce soir y’a match.

 Pas moi, dit l’État. Ça coûte trop cher.

 Pas moi, dit le mammouth. Faut que je dégraisse.

 Pas moi, dit la crèche. Je suis débordée. J’peux pas fournir.

 Pas moi, dit Super-Nanny. Je surveille mon audience.

 Pas moi, dit la fille au pair. Je vais faire du porno, c’est mieux payé.

 Moi ! dit le pédophile, qui sort de taule pour bonne conduite.

 Je me garde tout seul, dit l’enfant-roi. Peinard, au ras des pâquerettes. J’veux pas qu’on m’élève. Je veux rester sauvageon. Quand je serai jeune, je ferai racaille. Quand je serai grand, je ferai chômeur. Et je finirai clodo.

iA ! http://www.isabelle-alonso.com/-meme-pas-male,51-
Mai 68 pose la question politique du travail du genre et de la division du travail sexuel non seulement entre les hommes et les les femmes qui fait quoi ? mais aussi division des temporalités et finalités du sexuel entre reproduction et de génitalité : qui a le droit de faire des enfants ? Est-ce que des familles homoparentales peuvent être parents ? C’est une question genrée du travail de la reproduction. A cette époque La psychanalyse s’intéresse à la question du désir et de la jouissance féminines Lacan Séminaire Encore, mai 1968 «  qui affirme aussi la différence entre relation et rapport sexuel « Il n'y pas de rapport sexuel chez l'être parlant". Ce dire de Lacan a suscité en son temps autant d'étonnement que de ricanements entendus aussi bien chez certains habitués de son séminaire que chez ses détracteurs avérés. Il avait pourtant pris la précaution d'ajouter : " le rapport sexuel comme tout autre rapport, au dernier terme, ça ne subsiste que de l'écrit ". La sexologie Shere Hite, The Hite Report on Female Sexuality - MacMillan (1976) s’intéressent désormais au point de vue féminin et à la construction du genre de l’Autre au devenir féminin au devenir noir au devenir homosexuel bref au devenir minoritaire dans les pas de Simone de Beauvoir et de mai 68 .
On ne naît pas femme : on le devient

On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin. Seule la médiation d'autrui peut constituer un individu comme un Autre. En tant qu'il existe pour soi, l'enfant ne saurait se saisir comme sexuellement différencié. Chez les filles et les garçons, le corps est d'abord le rayonnement d'une subjectivité, l'instrument qui effectue la compréhension du monde : c'est à travers les yeux, les mains, non par les parties sexuelles qu'ils appréhendent l'univers. Le drame de la naissance, celui du sevrage se déroulent de la même manière pour les nourrissons des deux sexes ; ils ont les mêmes intérêts et les mêmes plaisirs ; la succion est d'abord la source de leurs sensations les plus agréables ; puis ils passent par une phase anale où ils tirent leurs plus grandes satisfactions des fonctions excrétoires qui leur sont communes ; leur développement génital est analogue ; ils explorent leur corps avec la même curiosité et la même indifférence ; du clitoris et du pénis ils tirent un même plaisir incertain ; dans la mesure où déjà leur sensibilité s'objective, elle se tourne vers la mère : c'est la chair féminine douce, lisse élastique qui suscite des désirs sexuels et ces désirs sont préhensifs ; c'est d'une manière agressive que la fille, comme le garçon, embrasse sa mère, la palpe, la caresse ; ils ont la même jalousie s'il naît un nouvel enfant ; ils la manifestent par les mêmes conduites : colères, bouderie, troubles urinaires ; ils recourent aux mêmes coquetteries pour capter l'amour des adultes. Jusqu'à douze ans la fillette est aussi robuste que ses frères, elle manifeste les mêmes capacités intellectuelles ; il n'y a aucun domaine où il lui soit interdit de rivaliser avec eux. Si, bien avant la puberté, et parfois même dès sa toute petite enfance, elle nous apparaît déjà comme sexuellement spécifiée, ce n'est pas que de mystérieux instincts immédiatement la vouent à la passivité, à la coquetterie, à la maternité : c'est que l'intervention d'autrui dans la vie de l'enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée. (…)apparaître comme privilégiées. Un second sevrage, moins brutal, plus lent que le premier, soustrait le corps de la mère aux étreintes de l'enfant ; mais c'est aux garçons surtout qu'on refuse peu à peu baisers et caresses ; quant à la fillette, on continue à la cajoler, on lui permet de vivre dans les jupes de sa mère, le père la prend sur ses genoux et flatte ses cheveux ; on l'habille avec des robes douces comme des baisers, on est indulgent à ses larmes et à ses caprices, on la coiffe avec soin, on s'amuse de ses mines et de ses coquetteries : des contacts charnels et des regards complaisants la protègent contre l'angoisse de la solitude. Au petit garçon, au contraire, on va interdire même la coquetterie, ses manœuvres de séduction, ses comédies agacent. « Un homme ne demande pas qu'on l'embrasse… Un homme ne se regarde pas dans les glaces… Un homme ne pleure pas », lui dit-on. On veut qu'il soit « un petit homme » ; c'est en s'affranchissant des adultes qu'il obtiendra leur suffrage. Il plaira en ne paraissant pas chercher à plaire. Beaucoup de garçons, effrayés de la dure indépendance à laquelle on les condamne, souhaitent alors être des filles ; au temps où on les habillait d'abord comme elles, c'est souvent avec des larmes qu'ils abandonnaient la robe pour le pantalon, qu'ils voyaient couper leurs boucles. Certains choisissent obstinément la féminité, ce qui est une des manières de s'orienter vers l'homosexualité : « Je souhaitai passionnément d'être fille et je poussai l'inconscience de la grandeur d'être homme jusqu'à prétendre pisser assis », raconte Maurice Sachs [4]. Cependant si le garçon apparaît d'abord comme moins favorisé que ses sœurs, c'est qu'on a sur lui de plus grands desseins. Les exigences auxquelles on le soumet impliquent immédiatement une valorisation. Dans ses souvenirs Maurras raconte qu'il était jaloux d'un cadet que sa mère et sa grand-mère cajolaient : son père le saisit par la main et l'emmena hors de la chambre : « Nous sommes des hommes ; laissons ces femmes », lui dit-il. On persuade l'enfant que c'est à cause de la supériorité des garçons qu'il leur est demandé davantage ; pour l'encourager dans le chemin difficile qui est le sien, on lui insuffle l'orgueil de sa virilité ; […] » Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe 1, Gallimard © 1949, pages 285 et 286 et 289 et 290.

Les machines désirantes et le devenir minorité de Deleuze ou les hétéropies foucaldienne
de l’après-Mai 68 et qui propose une critique radicale de la psychanalyse et de son idéologie. Les auteurs voient dans À la recherche du temps perdu de Proust une « machine désirante » dans laquelle les « connexions sont toujours partielles, et non personnelles, les conjonctions nomades et polyvoques », au point que « l’homosexualité et l’hétérosexualité ne peuvent plus se distinguer ».

Dans Mille Plateaux, en 1980, Deleuze et Guattari développent une théorie de la politique minoritaire. Majorité et minorité ne se définissent pas en termes quantitatifs, mais en termes de domination. (« La majorité suppose un état de domination, et non l’inverse. ») Cela veut dire que « majorité implique une constante, d’expression ou de contenu, comme un mètre étalon par rapport auquel elle s’évalue. Supposons que la constante ou l’étalon soit homme-blanc-mâle-adulte-habitant des villes-parlant une langue standard-européen-hétérosexuel. […] Il est évident que “l’homme” a la majorité, même s’il est moins nombreux que les moustiques, les enfants, les femmes, les Noirs, les paysans, les homosexuels, etc. » Mais être « minoritaire » n’est pas un état, c’est un devenir. La politique « minoritaire », celle qui fait advenir l’histoire, ne consiste donc pas à vouloir constituer une « minorité » comme un groupe, un état, un ensemble stable. Il s’agit de produire et reproduire du « devenir » minoritaire : « Il ne faut pas confondre “minoritaire” en tant que devenir ou processus, et “minorité” comme ensemble ou état. » Et le risque, pour les minoritaires, c’est précisément de se « reterritorialiser » ou de « se laisser reterritorialiser sur une minorité comme état ». C’est pourquoi Deleuze et Guattari peuvent écrire que « même les Noirs ont à devenir Noirs. Même les femmes ont à devenir femmes. Mêmes les juifs à devenir juifs »… Aussi le « devenir minoritaire » doit-il se comprendre comme une « ligne de fuite », qui ne tend pas à créer « un ensemble définissable par rapport à la majorité », mais à produire un mouvement qui peut affecter également ce dont le minoritaire s’écarte et dévie, et qui est lui-même entraîné et modifié par le devenir : « Une femme a à devenir femme, mais dans un devenir-femme de l’homme tout entier. Un juif devient juif, mais dans un devenir juif du non-juif. » Didier Eribon http://209.85.135.104/search?q=cache:J68HgwGUP0UJ:didiereribon.blogspot.com/2007/09/sur-gilles-deleuze.html+Deleuze+devenir&hl=fr&ct=clnk&cd=5&gl=frEn 1972, Deleuze publie, avec Félix Guattari, L’Anti-Œdipe, énorme ouvrage très marqué par les mouvements
Mai 68 pose cette question, avec la différence dans la sexualité entre la génitalité et la reproduction. Les femmes ne sont pas seulement des « utérus à pattes » « des mamelles de la nation mais aussi des « machines à jouir ». Est-ce que la jouissance est l’objet d’une politique conflit  ou programme? Est-ce que la procréation échappe à la législation avec l'avènement des démocraties. C’est la maitrise du calendrier de reproduction et du point G. mais pas seulement une politique du sexe n’est pas qu’une politique de la sexualité, la politisation de la question sexuelle qui est abordée dans le débat politique étend le domaine du politique comme programme et comme conflit

Pétain déclarait que « l’esprit de jouissance l’a emporté sur l’esprit de sacrifice ». Est-ce que notre Président veut enterrer une politique sexuelle, qui n’est pas seulement une politique de la procréation ? Le sexe est politique puisque la loi définit qui est autorisé à se reproduire de manière artificielle ou non. En France, les femmes stériles peuvent avoir recourt à la FIV. La loi prévoit que la SS remboursera la FIV si et seulement si la femme est âgée de moins de 43 ans. C’est une politique publique articulée à une loi, alors que chaque femme a le droit de maitriser la capacité à se reproduire. Dans certains cas, la loi la remboursera, dans l’autre cas, non.

De même, le corps médical ne décide pas seul, la loi encadre les définitions médicales du vivant : elle décide pour une partie (certes infime de la population mais symboliquement c’est énorme) des individus s’ils peuvent naitre ou mourir. La vie est objet de définition du politique. Ce n’est pas une définition médicale qui décide qui est mort et qui est vivant. Aujourd’hui, quelqu’un mort cliniquement (médicalement) est quelqu’un ayant un encéphalogramme plat, c’est-à-dire qui n’a plus d’activité cérébrale.
Code de la santé publique (France)

Article R 1232-1

«Si la personne humaine présente un arrêt cardiaque et respiratoire persistant, le constat de la mort ne peut être établi que si les trois critères cliniques suivants sont simultanément présents: 1° Absence totale de conscience et d'activité motrice spontanée; 2° Abolition de tous les réflexes du tronc cérébral; 3° Absence totale de ventilation spontanée».

Article R 1232-2

«Si la personne, dont le décès est constaté cliniquement, est assistée par ventilation mécanique et conserve une fonction hémodynamique, l'absence de ventilation spontanée est vérifiée par une épreuve d'hypercapnie. De plus, en complément des trois critères mentionnés à l'article R 1232-1, il est recouru pour attester du caractère irréversible de la destruction encéphalique: 1° Soit à deux électroencéphalogrammes nuls et aréactifs effectués à un intervalle minimal de quatre heures, réalisées avec amplification maximale sur une durée d'enregistrement de trente minutes et dont le résultat est immédiatement consigné par le médecin qui en fait l'interprétation; 2° Soit à une angiographie objectivant l'arrêt de la circulation encéphalique et dont le résultat est immédiatement consigné par le radiologue qui en fait l'interprétation» http://agora.qc.ca/thematiques/mort.nsf/Dossiers/Definition_juridique_de_la_mort_de_la_personne_humaine

Hors, jusque dans les années 60, on ne considère que la mort cardiaque. Aujourd’hui le qualificatif « encéphalogramme plat »fait de ces personnes des personnes sans réel statut puisque elles ne sont pas mortes, car on ne peut pas leur prendre des organes ; elles ne sont pas vivantes, car totalement inconscientes. C’est plus compliqué que cela mais je n’ai pas le temps de développer à ce sujet il ya de nombreuses références

http://www.ethique.inserm.fr/inserm/ethique.nsf/f812af09a0a47338c1257153004fa70e/33f87d1cda0008d4c125739a002ee674/$FILE/Cours%20VI-3%20NB.pdf dont un power point de médecin sur la question des greffes c’est si j’ose dire le cœur du problème aujourd’hui de définition éthique et juridique de la fin de la vie plus que la question du droit à mourir en cas de souffrances excessives. L’euthanasie active ou passive en France cessation des soins pour une finde vie digne…. Juste pour préciser que le moment 1968 c’est aussi un moment médico-juridique important pour la définition de la vie qui change. En France la mort cérébrale décrite en 1959, ne sera reconnue officiellement qu’en 1968 dans la circulaire légalisant le prélèvement d’organes sur un sujet en état de mort encéphalique. (Circulaire dite par Jeanneney N° 27 du 24.04.1968) juste après la réussite de la première greffe de cœur (professeur Cabrol) en 1967, viendront celle du foie en 1972, du pancréas en 1976, du bloc cœur-poumon en 1981 et le poumon seul en 1987 avant celles de mains des années 1990 C’est juste après la première greffe du cœur que la définition juridique de la mort change en France

Le concept de mort cérébrale est validé aux USA le 5 août 1968, par la déclaration de Harvard, et le 25 avril 1968 en France par la circulaire Jeanneney. Cela pose des problèmes aux catholiques http://www.kipa-apic.ch/meldungen/sep_show_fr.php?id=4539, mais pas seulement aux chercheurs en médecine aussi des discussion reprennent suite à la loi française de 2006 qui permet les prélévements d’organes à cœur dit arrêté et la révision programmée de la loi de bioéthique 2004 sur la définition de la mort cérébrale actuellement un débat organisé par le new england journal of medecine a été organisé http://content.nejm.org/cgi/data/359/7/669/DC1/1

L’objet politique est en extension continue car même « les histoires de cul ou de fesses » (c’est très grossier ! disons de mœurs ou les « affairs») sont des affaires d’Etat i.e. considérés non comme privées mais qui concernent le droit et pas toujours parce qu’il s’agit d’affaires de souverain ou de président. Elles peuvent être l’objet de la législation et de répression si on contrevient aux règles fixées par la loi (dans les années 60, la pédophilie est considérée comme beaucoup moins grave dans la représentation collective que l’homosexualité.
En France, la répression de l’homosexualité dans la loi reprend avec le régime de Vichy. Une ordonnance du 6 août 1942 prévoit que "sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende […] quiconque aura […] pour satisfaire ses propres passions, commis un ou plusieurs actes impudiques ou contre-nature avec un mineur de son sexe âgé de moins de vingt et un ans". De 1940 à 1944, des milliers d’homosexuels seront livrés à la Gestapo sur la foi de fichiers illégaux de la police française.

En France, à la Libération, une ordonnance de 1945 reprend pratiquement les mêmes termes que l’ordonnance de Vichy. De plus, des adolescents de même sexe ayant des rapports librement consentis entre eux peuvent être poursuivis pour "attentat à la pudeur" ou encore pour "coups et blessures réciproques". La Libération est finalement un vain mot pour bon nombre d'homosexuels qui ont été le seul groupe à qui a été déniée toute reconnaissance ou réparation à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une fois libérés des camps, certains homosexuels ont même été remis en prison pour débauche.

En 1960, une loi ajoute la circonstance aggravante d’homosexualité en matière d’outrage à la pudeur. Cet alinéa ne sera supprimé qu’en 1980. Toujours en 1960, l’amendement Miguet assimile l’homosexualité à un "fléau social" au même titre que l’alcoolisme et la prostitution. En cas de condamnation pour homosexualité, cette condamnation sera inscrite pendant cinq ans au casier judiciaire. En 1968, la France adopte la classification de l’Organisation Mondiale de la Santé déclarant l’homosexualité maladie mentale. Il faudra attendre 1985 pour que l’homosexualité soit retirée du manuel diagnostique et statistique des maladies mentales. C’est seulement en 1992 qu’elle est "déclassée" par tous les états signataires de la Charte de L’OMS. En France, ce n’est que le 4 août 1982, que l’homosexualité sera dépénalisée. http://www.planet.fr/mag/l-homosexualite-une-vieille-histoire.9652.3.html

Celle ci était considéré comme un comportement pervers pour la médecine et déviant au sens du droit). Ainsi, les lois homophobes n'ont été abolies que dans les années 80 en France, parallèlement on peut remarquer que le viol est aujourd'hui socialement réprouvé et pénalement davantage sanctionné : il n'était pas un crime et à peine considéré comme un délit dans les années 90. Aujourd'hui il est un crime, et le viol au sein du couple a même été considéré comme légalement répréhensible à partir de 1992.
Depuis 1980, la loi française apporte une définition précise du viol, qui est un crime passible de quinze ans de réclusion criminelle. L’article L.222-23 du Code pénal dispose que : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol ».

Article 222-24

Le viol est puni de vingt ans de réclusion criminelle :

1° Lorsqu'il a entraîné une mutilation ou une infirmité permanente ;

2° Lorsqu'il est commis sur un mineur de quinze ans ;

3° Lorsqu'il est commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de l'auteur ;

4° Lorsqu'il est commis par un ascendant légitime, naturel ou adoptif, ou par toute autre personne ayant autorité sur la victime ;

5° Lorsqu'il est commis par une personne qui abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions ;

6° Lorsqu'il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou de complice ;

7° Lorsqu'il est commis avec usage ou menace d'une arme ;

8° Lorsque la victime a été mise en contact avec l'auteur des faits grâce à l'utilisation, pour la diffusion de messages à destination d'un public non déterminé, d'un réseau de télécommunications 9° Lorsqu'il a été commis à raison de l'orientation sexuelle de la victime ;

10° Lorsqu'il est commis en concours avec un ou plusieurs autres viols commis sur d'autres victimes ;

11° Lorsqu'il est commis par le conjoint ou le concubin de la victime ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité ;

12° Lorsqu'il est commis par une personne agissant en état d'ivresse manifeste ou sous l'emprise manifeste de produits stupéfiants.

Article 222-25

   Le viol est puni de trente ans de réclusion criminelle lorsqu'il a entraîné la mort de la victime.
   Les deux premiers alinéas de l'article 132-23 relatif à la période de sûreté sont applicables à l'infraction prévue par le présent article.

Article 222-26

   Le viol est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu'il est précédé, accompagné ou suivi de tortures ou d'actes de barbarie.
   Les deux premiers alinéas de l'article 132-23 relatif à la période de sûreté sont applicables à l'infraction prévue par le présent article.
De plus, dans les années 60, les relations adulte-adolescents mineurs pouvaient être sexuelles, tant qu’elles n’enfreignaient pas la loi de l’inceste (dans le sens où de nombreux leaders soixante-huitards le revendiqué). Aujourd'hui, si on est un adulte et que l’on a des relations sexuelles avec une personne handicapée mentale adulte, on est passible des tribunaux au même titre qu’en cas de relations sexuelles avec des mineurs. Et l'on peut même dire que depuis une dizaine d’années, une jurisprudence renforce la pénalisation des adultes dits normaux qui ont des relations sexuelles avec des handicapés même majeurs.
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