Discours normatifs et discours descriptifs





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→ Si la suite des années 1990 et du back slash vous intéresse allez voir l’article en ligne


On peut doc noter la sensibilité différente de la société à la déviance en fonction des époques. Durkheim étudie (chapitre 2 : Le normal et le pathologique dans Règles de la méthode sociologique) que chaque époque a une sensibilité différente à différents types de crimes, à ce qui va être considéré comme hors-norme. Selon Durkheim, la norme est considérée comme la moyenne. Pour Aristote, la relation sexuelle entre le maitre et l’élève n’est pas répréhensible, car cela permet d’éduquer l'élève (éducation complète peut donc aussi inclure la relation amoureuse, charnelle ou non, entre l'élève et le maître dans le modèle aristotélicien). Durkheim montre la variation selon les époques de la sensibilité collective au crime : le minoritaire paraîtra déviant à un moment alors que s’il se généralise, il paraît ensuite normal.

Alors que pour Comte le grand fétiche est la terre (dans ses trois étapes de l'esprit humain), Legendre reprenant le terme, lui parle de la loi. Il existe un fétichisme de la loi dans nos sociétés.

PS : vous aviez commencé à parler de dysmorphisme...

B. Un objet de discours pratiques et engagés.
1 La politique comme un art et un savoir-faire → pas traité comme tel

D'après les power points : « Un objet de discours pratiques ».

a) La politique des acteurs : un « art » politique

  • La politique comme un des beaux-arts

  • La politique comme artisanat

  • La politique comme métier :

  • Ses ficelles

  • Ses fins

  • Ses règles de l’art


Le discours des acteurs.

« L’Assassinat comme un des beaux-arts » Thomas de Quincey, inspirateur de Charles Baudelaire, fait une théorie comme quoi la politique ressort de pratiques qui peuvent s’enseigner dans une école : apprendre à jeter de la poudre aux yeux.

Vincent Peillon est socialiste et a écrit La Révolution n’est pas finie. Il aborde Tocqueville, François Furet.

La politique peut aussi être un artisanat et un métier (propres ficelles, fins, règles de l'art).

2 La politique comme une science de la doxa (gloire) → pas traité comme tel

b) La politique des médias : un discours demi-savant dont les problématiques sont implicites

  • Un spectacle tragi-comique suscitant des émotions

  • La catharsis télévisuelle

  • La politique comme théâtre :

  • de marionnettes

  • comme scène tragique

→ La politique comme spectacle.

  • Le savoir médiatique ou le « savoir » des émotions et de l’ « homme de la rue »:

  • Sensationnel

  • Fait-diversification du politique

  • Encodage de l’information

  • Connivence des acteurs professionnels et des metteurs en images

Ne sera pas abordé dans ce cours.
c) La politique des savants : entre perspective normative et perspective objectiviste

  • Savants et intellectuels : le rôle des clercs dans la Cité un vieux débat…

  • Démagogues, pédagogues et mystagogues


3. Différencier les discours sur la politique : comment faire ?

Qui parle de politique ?

Question centrale : Comment savoir si le discours politique est pratique ou théorique ? engagé ou dégagé ?


Engagé

Différents de

Dégagé

Subjectif

Objectif

Praticien

Théorique

Partial (et partiel)

Savant

Limité

Précis ? ou sans oeillères

Courte vue

Analyse de fonds

Empêtré

Libre

D’opinion

scientifique

Péremptoire

démonstratif

Orienté ?

Désorienté ???

Partisan (Carl Schmidt)

Non aligné

Militant

Désengagé ou neutre

Idéologique

Empirique ?

De propagande

D’édification ou pédagogique

Mystificateur

De désoccultation

Manipulateur




Idéaliste

Réaliste

Clergé séculier ou laïcs

Clergé régulier ou savants



Au milieu se trouve l’intellectuel définit par Raymond Aron, qui se considère comme un « observateur engagé ». Le terme intellectuel émerge notamment sous l’Affaire Dreyfus. Mais Voltaire peut apparaître comme le premier intellectuel, défendant Calas (un seul aile il ne chantait pas même sous la torture ! et le Chevalier de la Barre. Foucault dit que l’on passe de l’Ancien régime, régime des supplices, aux régimes des châtiments après la Révolution de la punition rééducatrice (Surveiller et punir). On passe de la vision de la faute devant être suppliciée à la faute qui doit être corrigée par la prison.

Beccaria, Des délits et des peines.
Un intellectuel défend des causes. Et cela se finit souvent très mal pour lui !
Aujourd'hui : on entend l'intellectuel comme un individu capable de se détacher de son point de vue situé. C’est ici la définition de l’expert. Un individu capable de sortir de son strict champ de compétence – que celle-ci soit acquise de quelque moyen que ce soit, théorique ou pratique. L’expert peut avoir une vue qui vient du terrain qu’il développe et généralise ou il peut venir de la recherche fondamentale, de l'abstrait. Il ya donc deux catégories d'experts.

M. Cartapanis est reconnu comme expert mais il vient du monde du savoir universitaire, académique, comme professeur agrégé des universités en sciences économiques, qui applique sa connaissance à une situation concrète. DSK est initialement un professeur d’économie, qui a laissé la recherche fondamentale pour se mettre au service de la politique.
Julien Benda considère que l’intellectuel vient du monde des savants, le « clerc » qui a trahi les siens en devenant intellectuel. Selon lui, dans La Trahison des clercs les savants auraient outrepassé leur rôle (car ne peuvent être des intellectuels)  en devenant nationalistes xénophobes antisémites ils deviennent alors des laïcs et perdant leur légitimité de savants ou d’artistes: dans l’univers du savant le laboratoire ou le bureau est ce que la bibliothèque qu’il appelle librairie est à Montaigne le lieu principal de son exercice. Celui-ci, en plein milieu des massacres des guerres de religion, reste dans le monde savant de la bibliothèque (selon sa propre confession non les confessions c’est Rousseau dans Les Essais). Le clerc doit rester dans sa tour d’ivoire pour pouvoir penser le devenir du monde sans être dans le monde. Benda considère que l’intellectuel est un dévoiement, un détournement, une erreur dans laquelle s’engouffrent les savants quand ils rentrent dans le monde, dans l'ordinaire : ils deviennent mondains. Ils se laissent emporter dans deux figures : devenir un conseiller du Prince (devenir un politique) ou devenir un contestataire, un avocat des causes perdues qui pousse le cri du peuple à la place du peuple. C’est la faute de Lénine qui a inventé la théorie des minorités agissantes, nécessitant des cerveaux qui conçoivent la stratégie, c’est la faute à l’affaire Dreyfus.
Quelle trahison des clercs chez Benda ? le patriotisme de clocher, le nationalisme, l’antisémitisme et la xénophobie des clercs de son époque

http://classiques.uqac.ca/classiques/benda_julien/trahison_des_clercs/trahison_des_clercs.html

« En tout ce qui précède je n’ai considéré que des masses, bourgeoises ou populaires, des rois, des ministres, des chefs politiques soit cette partie de l’espèce humaine que j’appellerai laïque, dont toute la fonction, par essence, consiste en la poursuite d’intérêts temporels et qui ne fait, en somme, que donner ce qu’on devait attendre d’elle en se montrant de plus en plus uniquement et systématiquement réaliste.

A côté de cette humanité que le poète peint d’un mot :

O curvæ in terram anima et cælestium inanes ,

on pouvait jusqu’à ce dernier demi-siècle en discerner une autre, essentiellement distincte, et qui, dans une certaine mesure, lui faisait frein ; je veux parler de cette classe d’hommes que j’appellerai les clercs, en désignant sous ce nom tous ceux dont l’activité, par essence, ne poursuit pas de fins pratiques, mais qui, demandant leur joie à l’exercice de l’art ou de la science ou de la spéculation métaphysique, bref à la possession d’un bien non temporel, disent en quelque manière : « Mon royaume n’est pas de ce monde. » Et, de fait, depuis plus de deux mille ans jusqu’à ces derniers temps, j’aperçois à travers l’histoire une suite ininterrompue de philosophes, de religieux, de littérateurs, d’artistes, de savants — on peut dire presque tous au cours de cette période — dont le mouvement est une opposition formelle au réalisme des multitudes. Pour parler spécialement des passions politiques, ces clercs s’y opposaient de deux façons : ou bien, entièrement détournés de ces passions, ils donnaient, comme un Vinci, un Malebranche ou un Goethe, l’exemple de l’attachement à l’activité purement désintéressée de l’esprit, et créaient la croyance en la valeur suprême de cette forme d’existence ; ou bien, proprement moralistes et penchés sur le conflit des égoïsmes humains, ils prêchaient, comme un Erasme, un Kant ou un Renan, sous les noms d’humanité ou de justice, l’adoption d’un principe abstrait, supérieur et directement opposé à ces passions. Sans doute — et encore qu’ils aient fondé l’État moderne dans la mesure où il domine les égoïsmes individuels — l’action de ces clercs demeurait surtout théorique ; ils n’ont pas empêché les laïcs de remplir toute l’histoire du bruit de leurs haines et de leurs tueries ; mais ils les ont empêchés d’avoir la religion de ces mouvements, de se croire grands en travaillant à les parfaire. Grâce à eux on peut dire que, pendant deux mille ans, l’humanité faisait le mal mais honorait le bien. Cette contradiction était l’honneur de l’espèce humaine et constituait la fissure par où pouvait se glisser la civilisation.

Or, à la fin du XIXe siècle, se produit un changement capital : les clercs se mettent à faire le jeu des passions politiques ; ceux qui formaient un frein au réalisme des peuples s’en font les stimulants. Ce bouleversement dans le fonctionnement moral de l’humanité s’opère par plusieurs voies. 122 123.

« Notre sujet en cette étude n’est pas le clerc en tant qu’il l’est, mais en tant qu’il passe pour l’être et agit sur le monde en raison de cette enseigne. Je ferai la même réponse à propos de Maurras et autres docteurs d’Action française, dont on me dira plus encore qu’ils sont des hommes d’action et qu’il est insoutenable de les citer comme clercs ; ces hommes prétendent exercer leur action en vertu d’une doctrine due à l’étude tout objective de l’histoire, à l’exercice du plus pur esprit scientifique ; et c’est à cette prétention de savants, d’hommes qui combattent pour une vérité trouvée dans la sévérité du laboratoire, c’est à cette posture de clercs guerroyants, mais de clercs, qu’ils doivent l’audience spéciale dont ils bénéficient entre les hommes d’action ;

° Enfin je voudrais encore préciser ma pensée sur un point et dire que le clerc ne me paraît manquer à sa fonction en descendant sur la place publique que s’il y descend, comme ceux que j’ai nommés, pour y faire triompher une passion réaliste de classe, de race ou de nation. Quand Gerson monta en chaire de Notre-Dame pour flétrir les assassins de Louis d’Orléans, quand Spinoza vint, au péril de sa vie, écrire sur la porte des meurtriers des Witt : « Ultimi barbarorum », quand Voltaire batailla pour Calas, quand Zola et Duclaux vinrent témoigner dans un procès célèbre, ces clercs étaient pleinement, et de la plus haute façon, dans leur fonction de clercs ; ils étaient les officiants de la justice abstraite et ne se souillaient d’aucune passion pour un objet terrestre. Au reste, il existe un critérium très sûr pour savoir si le clerc qui agit publiquement le fait conformément à son office : il est immédiatement honni par le laïc, dont il gêne l’intérêt (Socrate, Jésus). On peut dire à l’avance que le clerc loué par des séculiers est traître à sa fonction. Mais revenons à l’adhésion du clerc moderne aux passions politiques. Où cette adhésion me semble particulièrement neuve et grosse d’effet, c’est en ce qui touche la passion nationale. 128
Une édition électronique réalisée à partir du texte de Julien BENDA (1867-1956), La trahison des clercs. Paris: Les Éditions Grasset, 2003, 334 pages. Collection Les Cahiers Rouges. Première édition, Éditions Grasset, Paris, 1927. Une édition numérique réalisée par Pierre Palpant, retraité et bénévole.
Le savant doir-il rester en sa tour d’ivoire comme Montaigne à l’abri du bruit du siècle ?
« Chez moy, je me destourne un peu plus souvent à ma librairie, d'où, tout d'une main, je commande mon message : Je suis sur l'entree ; et vois soubs moy, mon jardin, ma basse cour, ma cour, et dans la plus part des membres de ma maison. Là je feuillette à cette heure un livre, a cette heure un autre, sans ordre et sans dessein, à pieces descousues : Tantost je resve, tantost j'enregistre et dicte, en me promenant, mes songes que voicy.

Elle est au troisiesme estage d'une tour. Le premier, c'est ma chapelle, le second une chambre et sa suitte, où je me couche souvent, pour estre seul. Au dessus, elle a une grande garderobe. C'estoit au temps passé, le lieu plus inutile de ma maison. Je passe là et la plus part des jours de ma vie, et la plus part des heures du jour. Je n'y suis jamais la nuict. A sa suitte est un cabinet assez poly, capable à recevoir du feu pour l'hyver, tres-plaisamment percé. Et si je ne craignoy non plus le soing que la despense, le soing qui me chasse de toute besongne : j'y pourroy facilement coudre à chasque costé une gallerie de cent pas de long, et douze de large, à plein pied : ayant trouvé tous les murs montez, pour autre usage, à la hauteur qu'il me faut. Tout lieu retiré requiert un proumenoir. Mes pensees dorment, si je les assis. Mon esprit ne va pas seul, comme si les jambes l'agitent. Ceux qui estudient sans livre, en sont tous là.

La figure en est ronde, et n'a de plat, que ce qu'il faut à ma table et à mon siege : et vient m'offrant en se courbant, d'une veuë, tous mes livres, rengez sur des pulpitres à cinq degrez tout à l'environ. Elle a trois veuës de riche et libre prospect, et seize pas de vuide en diametre. En hyver j'y suis moins continuellement : car ma maison est juchee sur un tertre, comme dit son nom : et n'a point de piece plus eventee que cette cy : qui me plaist d'estre un peu penible et à l'esquart, tant pour le fruit de l'exercice, que pour reculer de moy la presse. C'est là mon siege. J'essaye à m'en rendre la domination pure : et à soustraire ce seul coing, à la communauté et conjugale, et filiale, et civile. Par tout ailleurs je n'ay qu'une auctorité verbale : en essence, confuse. Miserable à mon gré, qui n'a chez soy, où estre à soy : où se faire particulierement la cour : où se cacher. L'ambition paye bien ses gents, de les tenir tousjours en montre, comme la statue d'un marché. Magna servitus est magna fortuna. Ils n'ont pas seulement leur retraict pour retraitte. Je n'ay rien jugé de si rude en l'austerité de vie, que nos religieux affectent, que ce que je voy en quelqu'une de leurs compagnies, avoir pour regle une perpetuelle societé de lieu : et assistance nombreuse entre eux, en quelque action que ce soit. Et trouve aucunement plus supportable, d'estre tousjours seul, que ne le pouvoir jamais estre ». Montaigne, Les Essais, Livre III chapitre 3
Approfondissement sur la théorie de Benda, avec développement sur Ernest Renan.

Petites rectifications sur la théorie de Benda dans La trahison des clercs.

Benda nous dit que l'intellectuel ne devrait pas sortir du champ théorique car il intervient en politique il le fait à mauvais escient (ce faisant il dénonce l'engagement nationaliste et xénophobe des années 30).Or lui même fut un intellectuel engagé lors de l'affaire Dreyfus. Comment explique-t-il qu'il avait le droit de la faire et pas ceux des années 30? Sa définition du clerc se doit donc d’être très subtile. Benda prend l’exemple de Maurras et de Barrès. Maurras et Barrès sont en apparence des clercs dévoyés dans le monde laïc (À ce propos : dans le tableau il y a donc d'un côté le discours des praticiens de la politique (le clergé séculier ou les laïcs) et de l'autre le discours théorique du savant, du clergé régulier (ceux qui sont dans les règles du savoir et doivent rester hors du monde)). En fait pour Benda, Maurras et Barrès sont des politiques des laïcs qui se sont fait passer pour des savants/intellectuels donc des clercs dans sa terminologie en assénant des «  grandes théories sur l’Histoire ». Charles Maurras émet la théorie suivante sur l’Histoire : la Révolution Française est un accident de l’Histoire et une parenthèse. Pour sauver la mère-patrie, les racines de la civilisation, il faut changer de régime et revenir à une monarchie catholique.
Le premier à avoir travaillé sur cette notion de racines/souches/terreau indo-européenne des civilisations et donc des langues était Ernest Renan (1882) (classification des civilisations en fonction des langues dans Qu'est ce qu'une nation?). Gobineau lit Renan et s’inspire de cette différenciation des langues. L’opposé des langues indo-européennes est l’ensemble des langues finno-ougriennes ?. Il dit qu’il y a un archétype civilisationnel qui va classer les civilisations en trois grands groupes et dans les civilisations les populations entre trois castes (les guerriers, les prêtres et les paysans, donc une civilisation où la répartition sociale est très marquée). Duby est un des grands spécialistes de l’Histoire médiévale dans les années 60-80: il écrit Le Chevalier, la Femme et le Prêtre et reprend presque intégralement le découpage de Dumézil et non de Gobineau

Voir :

G. Duby, Le chevalier, la femme et le prêtre. Le mariage dans la France féodale, Paris, Hachette, 1981.
G. Duby, Mâle Moyen Age : de l'amour et autres essais, Paris, Flammarion, 1987.


Benda dit que des gens comme Maurras ou Barrès qui ont fait une théorie de la Nation et des racines de la civilisation européenne se font passer pour des scientifiques, des clercs, mais en fait ce sont des laïcs.

Henriette ASSÉO, « Le principe de la circulation et l’échec de la mythologie transeuropéenne», Revue de synthèse, 2002

«Le grand linguiste August Friedrich Pott exerça un rôle important dans le développement des études indo-européennes. Il fit partie de la génération des« néogrammairiens » située entre Jakob Grimm et Franz Bopp, l’initiateur de la grammaire indo-européenne. Dès 1833, il avait eu l’idée d’utiliser les travaux antérieurs pour étudier l’étymologie dans les langues indo-européennes.Il entreprit le travail « inverse » de celui des fondateurs, « lequel consiste à [se servir] de leurs découvertes pour “redescendre” dans l’étude des langues particulières, dont ils éclairent l’origine20». Pott voyait à l’intérieur de la famille indo-européenne des affinités particulières entre le latin et le grec, entre les langues baltiques et slaves. Par ailleurs, la connaissance désormais possible en Europe du sanskrit donnait la clé de l’iranien avestique ce qui, du même coup, révélait l’étroite parenté des familles indienne et iranienne. Pott publia en 1844 et 1845 une somme en deux volumes : Die Zigeuner in Europa und Asien 21 Dans l’introduction, il résumait ainsi ses résultats. En premier lieu, les dialectes tsiganes de tous les pays montraient, malgré l’influence d’idiomes locaux, une homogénéité frappante. En second lieu, on ne pouvait reconnaître dans les dialectes tsiganes des langages populaires particuliers : la langue est différente de l’argot (Gaunersprache) avec lequel elle a été souvent confondue. Enfin, cette langue dérivait de façon irréfutable non pas de la langue égyptienne, mais des idiomes populaires de l’Inde du Nord et, malgré sa singulière bâtardise, elle pouvait se vanter d’appartenir au fier sanskrit (…) Dès le début du XIX siècle, on était donc parvenu à répartir les principales langues d’Europe et d’Asie en ensembles dans lesquels on distinguait des sous-groupes. Cette classification n’était pas la seule en usage. Si Franz Bopp publia en 1816 son étude comparée sur la conjugaison du sanskrit, si Rasmus Rask écrivit en 1818, un mémoire sur la « famille » finno-ougrienne, August von Schlegel proposait, la même année, un classement tout différent : en se fondant sur l’étude des traits caractéristiques des langues et non de leur histoire ,il distingua le type analytique, illustré par le chinois, le type synthétique, latin ou grec, et le type agglutinant, turc ou swahili. Dans la somme que constitua l’Indische Bibliothek , il présentait les Tsiganes et leur langage. Graziado Isaïa Ascoli a produit aussi des Zigeunerisches . Fondateur de l’Archivio glottologico italiano, il s’était penché sur la question des « substrats», c’est-à-dire de restes de langues qui ont pu être parlées avant l’extension du latin et des autres langues italiques. Ce type de travail devait mobiliser l’énergie d’un grand nombre de linguistes du XIX siècle. Enfin, la recherche sur la langue tsigane s’honora des travaux fort sérieux de l’archiduc Joseph, cousin de l’empereur François-Joseph » 96, Revue-de-synthese.eu/doc/RS_2002_085-110.pdf
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