Discours normatifs et discours descriptifs





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http://www.academie-francaise.fr/Immortels/discours_reponses/levi-strauss3.html
fin du développement.


D'après les deux dérives que définit Benda, Paul Nizan (Les Chiens de garde) répond que ce qui dérange le plus, c’est le collaborateur du Prince. À noter que récemment Serge Halimi a repris l'expression dans Les nouveaux chiens de Garde. Des femmes oh les vaches oh les pies ! feront la même chose dans les années 90 avec Les chiennes de garde. Aujourd'hui on dirait les « intellocrates », intellectuels au servie du pouvoir.

Dans la définition de l’intellectuel, on n’a donc que des définitions engagées.
L’intellectuel est quelqu’un (en général un homme) qui va, en s’appuyant sur sa compétence reconnue dans un champ d’activité savant ou artistique, en raison de la notoriété qu’il y a acquise, intervenir dans le débat public avec une petite chance que son intervention soit audible et visible par le plus grand nombre. Sirinelli et Ory précisent que cette définition oublie les médias. Il n’y a pas le « J’Accuse » de Zola sans un moyen de communication de grande diffusion, ici la presse à un sous ! On le voit aujourd'hui avec la présence des intellectuels-experts dans les médias. Le discours d’un intellectuel doit également être compréhensible, c’est-à-dire vulgarisé, pour grand public ; il peut être polémique ; il doit proposer des solutions, il doit ouvrir une fenêtre d’espoir sur un monde meilleur (« les lendemains ne chanteront pas mais ne pleureront pas toujours ») « il faut qu’il propose un horizon d’attente » avec des mesures applicables (policy windows). Il faut des solutions dont l’applicabilité est suggérée, envisageable (exemple du « Je vous ai compris »)
Les intellectuels et les experts se trouvent entre deux feux ou pire «  le cul entre deux chaises ». En sciences sociales, il faut reconnaître le discours pratique du discours théorique, tâche rendue plus difficile par le spectateur engagé de Raymond Aron. Il faut séparer le discours de l’engagement du discours du dégagement.

Car le savant des sciences sociales prouve par les mots et non par les éprouvettes de même le discours est l’arme du praticien de la politique et non la baïonnette du moins dans l’espace pacifié de la démocratie C’est le bon côté de la démocratie. Celle-ci se définit par un espace public, qui est un espace virtuel dans lequel les débats se font avec des mots (et outrepasser cette règle est dangereux : Amar viré de la télé après avoir proposé des gants de boxe pour un débat politique entre Le Pen et Tapie sur antenne 2).

Le problème est l’impossibilité non quand même pas l’extrême difficulté de délimiter le discours engagé du discours dégagé. Luc Ferry a écrit un livre, Réussir sa vie, lors de la réforme de l’éducation sous le gouvernement Raffarin, ce qui constitue soi-disant un discours personnel ni expert, ni savant mais de l’expertise de la vie . Alors que, Lettre à tous ceux qui aiment l’école est un discours pratique. Quand Luc Ferry intervient dans le débat actuel sur l’écologie (suite à son livre, Le Nouvel Ordre Ecologique), il adopte une position difficile à établir. On ne sait pas aujourd’hui s'il est invité sur un plateau de télévision pour son discours pratique, engagé ou scientifique, s'il est alors un intellectuel, un expert ou un praticien. Il y a trois types de textes : savant, engagé et expert. Or la plupart du temps on retrouve les 3 quand on a à faire à un intellectuel. Par exemple, Durkheim parlant du suicide, cherche à décrire et analyser pour comprendre, mais mais ne se coupe pas de la prévision.

C’est notre problème majeur : dans tous les cas, le discours a des effets pratiques. Le discours savant serait donc le seul à être coupé de la possibilité de prévenir, de prévoir, et devrait seulement décrire sans suggestion d’action ; alors que le discours pratique viserait à convaincre (donc pas une analyse neutre au sens de Weber, objective au sens de Durkheim ou objectiviste au sens de Bourdieu) et seulement décrire dans le but d’agir. Le discours d’acteur a pour caractéristique qu’en se prononçant, il est déjà en train d’agir : il ne cherche pas à expliciter mais à convaincre.

Pour Descartes, dans la science, il y a aussi de la persuasion, la conviction (Discours de la méthode).

Il y a donc trois types de discours : le théorique, le pratique et au milieu celui de l'expert ou de l'intellectuel.
Comment va-t-on arriver à différencier un discours de praticien d'un discours d'acteur?

Austin (Quand dire c’est faire, 1965) émet la théorie des énoncés performatifs : il y a des discours qui sont des actions d'où le problème il distingue le discours performatif perlocutoire et le discours performatif illocutoire.
On pourrait se dire que les discours pratiques sont toujours des énoncés performatifs (cf. Austin, Quand dire c’est faire / How to do things with words). Les énoncés performatifs ce sont les énoncés qui sont des actions.

Il nous dit que l’opposition entre la parole et l’action, le fait d’opposer la compétition par les mots (démocratie pluraliste ou délibérative) à la compétition par les armes (sociétés non démocratiques), cette opposition classique qui consiste à dire que les mots s’opposent aux armes, à la guerre, à la barbarie, ça ne marche pas.

Dans l’espace public démocratique, la seule manière d’agir est de parler (programmes, promesses, professions de foi) : les paroles deviennent les actes. Austin parle alors d’énoncé performatif (il invente donc un nouveau concept linguistique) : un acte de parole, un énoncé qui agit. Cet énoncé a soit une action immédiate au moment où il est prononcé, soit une action différée. Dans le premier cas, on parle de discours illocutoire ; dans le deuxième, de discours perlocutoire (la situation se voit modifier ultérieurement). Lorsqu’on prononce « je le jure » dans un tribunal, c’est à la fois illocutoire car on jure au moment où on le dit, mais aussi perlocutoire car cela engage pour ce que l’on va dire. Idem pour le cas du mariage où les époux s'engagent avec un effet immédiat et des conséquences ultérieures.
Cette théorie est intéressante. Pourquoi?

Ceci pourrait être la méthode infaillible : on serait toujours quand c'est un discours engagé/pratique. Car dès que le discours engage, il devient un discours performatif. D'où si on a un discours performatif, on sait que l'on est en face d'un praticien.

Par exemple : le fait qu’un rapport soit remis au PDR peut ainsi déjà constituer une action politique, en étant déjà un discours soit illocutoire (rapport symbolique non suivi d'effets) ou perlocutoire (suivi de changements).
Donc en résumé : Quand le discours est un acte de discours, c’est le discours du praticien, celui qui agit. Le discours du théoricien n’agit pas, ne sert à rien. Ainsi, le discours savant serait un discours qui prend modèle sur les sciences de la vie, qui passerait son temps à décrire objectivement (vocabulaire durkheimien), un discours objectiviste (vocabulaire qu'utiliserait Bourdieu), un discours neutre (Weber). Donc un discours qui explique le vocabulaire (Durkheim), qui comprend le vocabulaire (weber), qui met à jour, dévoile pour Bourdieu). Notamment dévoiler à ceux qui les connaissent que sous la forme de l’intériorisation. La violence est symbolique, est douce car elle est considérée comme justifiée, légitime voire naturelle par celles et ceux qui la subissent.

Pareto lui dit qu’il n’est pas toujours bon de dévoiler tous les mécanismes à la population ; il fait confiance à la Main Invisible (économique et politique). Le savant se contenterait de dévoiler en particulier à ceux qui ne les connaissent pas autrement que par le fait des les avoir intériorisés.

Le savant serait celui qui ne peut pas changer le monde, celui qui ne peut pas changer la société, réformer les consciences et la politique. Le savant s’interdit d’avoir un avis politiquement orienté qu’il exprimerait autrement que quand il adopte sa position de citoyen. S’il outrepasse cette règle, le savant se transforme en prophète, en politique, en homme d’action (weber). La théorie du savant est aussi développée par Sartre dans Position (s'il expose sa position il se transforme ne autre chose). Le savant n’a pas le droit de développer publiquement une opinion au risque d’être un dévoyé, de ne plus faire son travail. Le savant d'enseigner, mais il n’a pas le droit de « performer », d’avoir un discours qui agisse. Sinon il deviendrait un gourou ; il ne doit pas avoir des adeptes. Les seuls vrais savants seraient ceux qui exprimeraient les sciences de la vie… et encore !

Or voilà, il faut bien appliquer les concepts à des exemples précis. Alors le savant devient aussi un praticien en quelque sorte (il adopte un discours performatif).
Le progrès scientifique est un fragment, le plus important il est vrai, de ce processus d'intellectualisation auquel nous sommes soumis depuis des millénaires et à l'égard duquel certaines personnes adoptent de nos jours une position étrangement négative.
Rationalisation et désenchantement les deux marques du discours scientifique

Essayons d'abord de voir clairement ce que signifie en pratique cette rationalisation intellectualiste que tous devons à la science et à la technique scientifique. Signifierait elle par hasard que tous ceux qui sont assis dans cette salle possèdent sur leurs conditions de vie une connaissance 'supérieure à celle qu'un Indien ou un Hottentot peut avoir des siennes ? Cela est peu probable. Celui d'entre nous qui prend le tramway n'a aucune notion du mécanisme qui permet à la voiture de se mettre en marche   à moins d'être un physicien de métier. Nous n'avons d'ailleurs pas besoin de le savoir. Il nous suffit de pouvoir « compter » sur le tramway et d'orienter en conséquence notre comportement; mais nous ne savons pas comment on construit une telle machine en état de rouler. Le sauvage au contraire connaît incomparablement mieux ses outils. Lorsqu'aujourd'hui nous dépensons une somme d'argent, je parierais que chacun ou presque de mes collègues économistes, s'ils sont présents dans cette salle, donnerait une réponse différente à la question : comment se fait il qu'avec la même somme d'argent on peut acheter une quantité de choses tantôt considérable tantôt minime? Mais le sauvage sait parfaitement comment s'y prendre pour se procurer sa nourriture quotidienne et il sait quelles sont les institutions qui l'y aident. L'intellectualisation et la rationalisation croissantes ne signifient donc nullement une connaissance générale croissante des conditions dans lesquelles nous vivons. Elles signifient bien plutôt que nous savons ou que nous croyons qu'à chaque instant nous pourrions, pourvu seulement que nous le voulions, nous prouver qu'il n'existe en principe aucune puissance mystérieuse et imprévisible qui interfère dans le cours de la vie; bref que nous pouvons maîtriser toute chose par la prévision. Mais cela revient à désenchanter le monde. Il ne s'agit plus pour nous, comme pour le sauvage qui croit à l'existence de ces puissances, de faire appel à des moyens magiques en vue de maîtriser les esprits ou de les implorer mais de recourir à la technique et à la prévision. Telle est la signification essentielle de l'intellectualisation.

D'où une nouvelle question : ce processus de désenchantement réalisé au cours des millénaires de la civilisation occidentale et, plus généralement, ce « progrès » auquel participe la science comme élément et comme moteur, ont-ils une signification qui dépasse cette pure pratique et cette pure technique? Ce problème a été exposé avec la plus grande vigueur dans l'œuvre de Léon Tolstoï. Il y est arrivé par -une voie qui lui est propre. L'ensemble de ses méditations se cristallisa de plus en plus autour du thème suivant : la mort est-elle ou non un événement qui a un sens? Sa réponse est que pour l'homme civilisé [Kulturmensch] elle n'en a pas. Et elle ne peut pas en avoir, parce que la vie individuelle du civilisé est plongée dans le « progrès » et dans l'infini et que, selon son sens immanent, une telle vie ne devrait pas avoir de fin. En effet, il y a toujours possibilité d’un nouveau progrès pour celui qui vit dans le progrès; aucun de ceux qui meurent ne parvient jamais au sommet puisque celui-ci est situé dans l'infini. Abraham ou les paysans d'autrefois sont morts « vieux et comblés par la vie » parce qu'ils étaient installés dans le cycle organique de la vie, parce que celle-ci leur avait apporté au déclin de leurs jours tout le sens qu'elle pouvait leur offrir et parce qu'il ne subsistait aucune énigme qu'ils auraient encore voulu résoudre. Ils pouvaient donc se dire « satisfaits » de la vie. L'homme civilisé au contraire, placé dans le mouvement d'une civilisation qui s'enrichit continuellement de pensées, de savoirs et de problèmes, peut se sentir « las » de la vie et non pas « comblé » par elle. En effet il ne peut jamais saisir qu'une infime partie de tout ce que la vie de l'esprit produit sans cesse de nouveau, il ne peut saisir que du provisoire et jamais du définitif. C'est pourquoi la mort est à ses yeux un événement qui n'a pas de sens. Et parce que la mort n'a pas de sens, la vie du civilisé comme telle n'en a pas non plus, puisque du fait de sa « progressivité » dénuée de signification elle fait également de la vie un événement sans signification. Dans les dernières oeuvres de Tolstoï on trouve partout cette pensée qui donne le ton à son art »
Max Weber Wissenschaft als Beruf, Le métier et la vocation de savant, 1919 trad.française Le savant et le politique (1919) Une édition électronique réalisée à partir du livre de Max Weber (1919), Le savant et le politique. Paris : Union Générale d’Éditions, 1963, 186 pages. Collection : Le Monde en 10-18.préface de Raymond Aron p.30-31 http://classiques.uqac.ca/classiques/Weber/savant_politique/Le_savant.html
Le discours des acteurs est un discours de la cuisine politique : y compris au sein des représentants politiques de la démocratie, ils écrivent leur mémoire par exemple, ils sont toujours en train de faire de la politique. Quand un homme politique exprime son rapport au monde, c’est toujours à des fins politiques.


Texte de Weber. Libre variation sur le texte de Weber où la marchande vend des salades et non des choux à l’étudiant et non à sa mère ce que le professeur de l’étudiant américain ne saurait faire, s’il est un savant car dans ce cas il ne fait pas de foin et pas de vagues et parfois se retrouve dans les choux.

« Le jeune Américain apprend beaucoup moins de choses que le jeune Allemand. Cependant, malgré un nombre incroyable d'examens, il n'est pas encore devenu, à cause de l'esprit qui règne dans l'université américaine, la pure bête à examens qu'est l'étudiant allemand. En effet, la bureaucratie qui fait du diplôme une condition préalable, une sorte de billet d'entrée dans le royaume de la prébende des emplois, n'est encore qu'à ses débuts outre-Atlantique. Le jeune Américain ne respecte rien ni personne, ni tradition ni situation professionnelle, mais il s'incline devant la prouesse personnelle d'un quelconque individu. Cela, il l'appelle « démocratie ». Aussi caricaturale que puisse paraître la réalité américaine lorsqu'on la compare à la signification vraie du mot démocratie, c'est ce sens qu'il lui donne et cela seul est important pour le moment. Il se fait de son professeur une idée simple : celui-ci lui vend des connaissances et des méthodes pour l'argent de son père, exactement comme la marchande de légumes vend des choux à sa mère. Rien d'autre. Si le professeur est par exemple un champion de football, on n'hésitera pas, il est vrai, à le considérer comme un chef dans ce domaine précis. Mais s'il ne l'est pas (ou s'il n'est pas quelque chose de similaire dans un autre sport), il n'est qu'un professeur et rien de plus. Il ne viendrait jamais à l'idée du jeune Américain que son professeur pourrait lui vendre des « conceptions du monde » ou des règles valables pour la conduite de la vie. Bien sur, nous rejetons une pareille conception, ainsi formulée. Cependant on peut se demander si cette façon de voir, qu'à dessein j'ai grossie quelque peu, ne contient pas un grain de vérité.

Mes chers étudiants! Vous venez à nos cours en exigeant de nous, qui sommes vos professeurs, des qualités de chef sans jamais songer au préalable que sur cent professeurs, quatre-vingt dix-neuf n'ont pas et ne doivent pas avoir la prétention d'être des champions de football de la vie ni non plus des « chefs » dans les affaires qui concernent la conduite de notre vie. Il ne faut tout de même pas oublier que la valeur d'un être humain ne dépend pas fatalement des qualités de chef qu'il peut ou ne peut pas posséder En tout cas, les dispositions qui font d'un homme un savant éminent et un professeur d'université ne sont certainement pas les mêmes que celles qui pourraient faire de lui un chef dans le domaine de la conduite pratique de la vie, et spécialement dans le domaine pratique. Qu'un homme possède cette. dernière qualité, cela relève du pur hasard. Si chaque professeur qui occupe une chaire avait le sentiment d'être placé devant l'impudente exigence de montrer qu'il est un chef, cela deviendrait très inquiétant. Et la chose deviendrait encore plus inquiétante si on laissait chaque professeur d'université juge de la possibilité de jouer ce rôle dans l'amphithéâtre. En effet, les individus qui se prennent volontiers pour des chefs sont le plus souvent les moins aptes à cette fonction : la salle où le professeur est devant son pupitre n'est en tout cas jamais l'endroit où il pourrait faire preuve d'une telle aptitude. Le professeur qui se sent la vocation de conseiller la jeunesse et qui jouit de sa confiance doit s'acquitter de ce rôle dans le contact personnel d'homme à homme. S'il se sent appelé participer aux luttes entre les conceptions du monde et les opinions des partis, il lui est loisible de le faire hors de la salle de cours, sur la place publique, c'est-à-dire dans la presse, dans les réunions publiques, dans les associations, bref partout où il le voudra. Il est en effet par trop commode de montrer son courage de partisan en un endroit où les assistants, et peut-être les opposants, sont condamnés au silence. » Weber toujours sur le savant http://classiques.uqac.ca/classiques/Weber/savant_politique/Le_savant.html p. 26
« Weber compare le prof de sciences politiques/expert de l'étudiant américain à la marchande de légumes de l'étudiant américain et l’étudiant américain à un consommateur. Est-ce que le professeur est un vendeur de salades (acteur), un intermédiaire entre le producteur et le consommateur qui touche un bénéfice à la vente car c’est son métier, un enquêteur/auditeur sur le marketing qui fait une étude pour les marchands de primeurs de la halle à côté pour leur expliquer comment cette marchande ambulante de rue gagne sa vie et comment améliorer leurs bénéfices en s’inspirant des ses techniques de vente (un expert qui fait du benchmarking), un membre d’une association de consommateurs qui veut comparer les prix et la qualité et les conditions de travail des vendeurs de fruits et légumes pour dénoncer sur la place publique (celle du marché par exemple) i.e. dans l’espace public, leur cherté ou le dumping de la qualité ou la contrefaçon ou le fait qu’elle risque à tout moment la pneumonie ou la pleurésie ou l’agression (intellectuel, militant) ou enfin un savant qui étudie le petit commerce et les conditions du marché en recherchant les effets de la main invisible de la pluie, du grand beau temps ou de la crise boursière sur le marché de la salade et sur les attitudes des consommateurs pour sa thèse ou son mémoire de 4eme année(savant). Le jeune Américain donne le sens suivant à la démocratie : la prouesse personnelle.
Le professeur est celui qui vend des conceptions du monde ou des règles valables pour la conduite de la vie sinon il ne vaut rien (valeur d’usage, d’échange, symbolique) c’est-à-dire :

  • il ne sert à rien de se fatiguer à écouter ce qu’il a à raconter vu son statut dans la société ni champion ni capitaliste, c’est un nul la preuve par l’exemple regardez ces chaussures et son costume rapé (valeur d’usage)

  • son savoir ne compte pour rien (ce sont des médailles même pas en chocolat tant elles sont amères et purgatives pour ses illusions de jeune conquérant (valeur symbolique)

  • ses développement absconds ne l’aideront pas à capitaliser un savoir profitable à ses ambitions d’avenir à devenir président de la République ou directeur de banque (valeur d’échange)

Ce n’est donc pas un savant mais une vedette des médias ou un directeur de conscience, un coach ou un moniteur dont il a besoin
Cela rajoute un nouveau questionnement : le rapport du public au professeur/intellectuel/acteur, entre la réception et la production du discours? Ce rapport nous l’avons lu essentiellement comme dépendant de la personne qui produit le discours et la manière dont cette personne est perçue par ceux qui l’écoutent. On cherche la nature du discours en fonction de la nature des émetteurs, du « label », par le statut de leur producteur et les canaux de leur diffusion.
Lorsqu'au cours d'un exposé universitaire on se propose d'étudier par exemple la « démocratie », on procède à l'examen de ses diverses formes, on analyse le fonctionnement propre à chacune d'elles et on examine les conséquences qui résultent de l'une et de l'autre dans la vie; on leur oppose ensuite les formes non démocratiques de l'ordre politique et l'on essayera de pousser son analyse jusqu'au moment où l'auditeur sera lui-même en mesure de trouver le point à partir duquel il pourra prendre position en fonction de ses propres idéaux fondamentaux. Mais le véritable professeur se gardera bien d'imposer à son auditoire, du haut de la chaire, une quelconque prise de position, que ce soit ouvertement ou par suggestion - car la manière la plus déloyale est évidemment celle qui consiste à a laisser parler les faits ».

Pour quelles raisons, au fond, devons-nous nous en abstenir? je présume qu'un certain nombre de mes honorables collègues seront d'avis qu'il est en général impossible de mettre en pratique cette réserve personnelle, et que même si la chose 'Était possible, ce serait une marotte que de prendre pareilles précautions. Dame! on ne peut démontrer scientifiquement à personne en quoi consiste son devoir de professeur d'université. On ne peut jamais exiger de lui que la probité intellectuelle, ce qui veut dire l'obligation clé reconnaître que d'une part l'établissement des faits, la détermination des réalités mathématiques et logiques ou la constatation des structures intrinsèques des valeurs culturelles, et d'autre part la réponse aux questions concernant la valeur de la -culture et de ses contenus particuliers ou encore celles concernant la manière dont il faudrait agir dans la cité et au sein des groupements politiques, constituent deux sortes de problèmes totalement hétérogènes. Si l'on me demandait maintenant pourquoi cette dernière série clé questions doit être exclue d'un amphithéâtre, je répondrai que le prophète et le démagogue n'ont pas leur place dans une chaire universitaire. Il est dit au prophète aussi bien qu'au démagogue : « Va dans la rue et parle en publie », ce qui veut dire là où l'on peut te critiquer. Dans un amphithéâtre au contraire on fait face à son auditoire d'une tout autre manière : le professeur y a la parole, mais les étudiants sont condamnés au silence. Les circonstances veulent que les étudiants soient obligés de suivre les cours d'un professeur en vue de Leur future carrière et qu'aucune personne présente dans la salle de cours ne puisse critiquer le maître. Aussi un professeur est-il inexcusable de profiter de cette situation pour essayer de marquer ses élèves de ses propres conceptions politiques au lieu de leur être utile, comme il en a le devoir, par l'apport de ses connaissances et de son expérience scientifique. Il peut certes arriver que tel ou tel professeur ne réussisse qu'imparfaitement à faire taire ses préférences. Dans ce cas il s'expose à la critique la plus sévère dans le for de sa propre conscience. Mais une telle défaillance ne prouve absolument rien, car il existe bien d'autres défaillances, par exemple les erreurs matérielles qui ne prouvent non plus rien contre l'obligation de rechercher la vérité. Au surplus c'est justement au nom de l'intérêt de la science que je condamne cette façon de procéder. je suis prêt à vous fournir la preuve au moyen des œuvres de nos historiens que, chaque fois qu'un homme de science fait intervenir son propre jugement de valeur, il n'y a plus compréhension intégrale des faits. Mais cette démonstration déborderait le cadre du thème qui nous occupe ce soir et exigerait de trop longues discussions ». http://classiques.uqac.ca/classiques/Weber/savant_politique/Le_savant.html p. 20-21.
Weber nous montre qu’il faut comprendre quel est le statut pas uniquement du producteur mais du public ou des publics à qui il est destiné, ainsi que du lien particulier qui les unit lien de savoir, de pouvoir, de séduction qui définit les registres de lecture du discours démonstratif, didactique persuasif, de conviction
Lire Michel (pas Jean-Pierre) Foucault « Le poster de l’ennemi public n° 1 »Le matin, n° 6, 7 mars 1979, p. 11 (sur le livre autobiographique de Jacques Mesrine, J. L’instinct de mort, Paris, Jean-Claude Lattès, 1979) repris in Dits et Ecrits : tome III, texte n° 199,

« Sur l’ « Ennemi public n°1 » commentaire sur le livre de Jacques Mesrine L’instinct de mort », Paris, Lattès 1979

voir aussi sur la mort de Mesrine devenu ennemi public numéro 1 tome 2 des œuvres Richet/Mesrine/ Cassel Bruno Bertherat, « Cadavre à la « une » La télévision et la mort de Jacques Mesrine, ennemi public n° 1 (1979) » Le Temps des Médias 2003- 1 (n° 1)| p. 119 à 138, http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=TDM_001_0119

L'instinct de mort sortie, le 22 octobre 2008, L'Ennemi public n°1 en mars 2009 ou novembre 2008 Les dessous d’un tournage http://www.france-mail-forum.de/fmf42/cult/42douin.htm


RESTE A TRAITER.

III Comment en faire une science? Voir texte de Freud.
A. Les méthodes scientifiques sont elles applicable à la politique?

1. Qu’est-ce qu’un raisonnement scientifique ?

2. Peut-on transposer les méthodes des sciences de la vie et à quel prix ?
B. Comment faire une sociologie des idées/ idéologies de la politique et une théorie et à quoi ça sert ?

1. Quelle sociologie pour le politique

2. Sociologie et théorie politique des phénomènes aux idées et aux théories
METHODOLOGIE DE LECTURE D'UN TEXTE
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