Littérature québécoise





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Berthelot Brunet

Histoire de la littérature

canadienne-française



BeQ

Berthelot Brunet

(1901-1948)

Histoire de la littérature

canadienne-française

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 189 : version 1.01

Du même auteur, à la Bibliothèque :

Le mariage blanc d’Armandine

Les hypocrites

Berthelot Brunet a touché à presque tous les genres. Il a publié un recueil d’essais (Chacun sa vie, 1942), de contes (Le mariage blanc d’Armandine, 1943), un roman (Les hypocrites, 1945), et une Histoire de la littérature canadienne-française. Il a fait de la critique littéraire et a collaboré à maints journaux et revues.

Histoire de la littérature canadienne-française

Édition de référence :

Éditions de l’Arbre, Montréal, 1946.

Introduction


L’histoire de la littérature canadienne-française offre cette singularité que ses meilleurs écrivains se rencontrent à ses débuts et à la période contemporaine : le prologue et l’épilogue ont plus d’importance que le corps de l’ouvrage. S’ils comptent des noms remarquables, les âges intermédiaires, jugés dans l’ensemble, ne s’élèvent guère au-dessus d’une honorable médiocrité.

Non qu’aient été de grands écrivains les précurseurs comme Jacques Cartier, Marc Lescarbot ou Champlain. Que la langue du temps paraisse plus riche aux esprits qui jugent à la hâte ne nous doit donner le change. Libre à nous pourtant d’en goûter la naïveté et le pittoresque.

Et puis ces livres sont nos archives, le terrier de nos origines.

Pour son récit de 1609, Marc Lescarbot n’eut pas plus que ses confrères de l’époque le titre bref, et c’est un plaisir que de le citer :

Histoire de la Nouvelle-France, contenant les navigations, découvertes et habitations par les Français des Indes occidentales et Nouvelle-France, sous l’aveu et autorité de nos Rois très chrétiens, et les nouvelles fortunes d’iceux en l’exécution de ces choses depuis cent ans jusqu’à d’hui : en quoi est comprise l’histoire morale, naturelle et géographique de la dite province, avec les tableaux et figures d’icelles.

Dans son style, Lescarbot ne laisse pas de nous faire sentir qu’il vécut sous le règne du bon Roy Henry, et l’on découvre chez lui une verdeur de langage qui était alors monnaie commune.

On remarquera aussi comme un air de parenté avec nos formules juridiques et singulièrement nos actes notariés. C’est que, traditionnaliste, le Canadien français, et dans la paysannerie et dans quelques-unes de ses professions libérales, a gardé précieusement un parfum vieille France dont on trouverait moins de trace dans la France métropolitaine de notre temps.

Un phénomène presque semblable a pu s’observer aux États-Unis, où jusqu’en 1880, la prose, voire la poésie, retardaient sur la prose et la poésie anglaises.

Un Brunetière parlerait d’influence à retardement. Il y eut de cela. Pour être juste, souvenons-nous pourtant que le grand siècle eut aussi sa littérature à retardement, puisqu’en dépit de son incomparable originalité, il s’en tint à l’imitation des Anciens. Au surplus, Virgile lui-même suivait Homère pas à pas. Ces explications n’expliquent jamais rien.

Dirons-nous que les Relations des jésuites font partie de la littérature canadienne ? Assurément, ne serait-ce que pour cette raison que les martyrs ont payé assez cher ce qu’on appelle les lettres de naturalisation.

De style très simple et qui contraste avec la prose doucereuse de nos divers messagers missionnaires, ces relations ont exercé grande influence. N’eussent été les Relations, beaucoup des pamphlétaires mécréants du dix-huitième siècle n’auraient jamais écrit leurs diatribes, et il faut confesser sans fausse honte ni respect humain que le pittoresque des jésuites, fondé sur des observations forcément rapides mais justes, passe de loin le pittoresque un peu plaqué de Voltaire et des autres. Joignez que les Relations sont une leçon constante d’héroïsme : Corneille et Polyeucte étaient de ce temps. Elles comptent de fort belles pages, sans fioritures ni bavures. Ajoutez qu’en un siècle qu’on a qualifié un siècle d’éloquence, la pudeur empêchait d’élever la voix et, dans l’ordre spirituel, les actions d’éclat n’en prenaient que plus de valeur.

Ces Relations sont aussi en quelque sorte les lettres de noblesse de notre pays. C’est par elles et dans leurs récits que l’on voit à plein que le Canada français est un pays unique, terre de martyrs et d’une chaude et naturelle ferveur.

Que l’on passe maintenant à Marie de l’Incarnation. De cette grande Ursuline, on a dit qu’elle fut la Thérèse d’Amérique. C’est justement Bossuet qui l’affirmait et, dans l’espèce, il faut bien croire ce Bossuet qui, on le sait, ne prisait guère les mystiques.

Sainte Thérèse d’Avila : Marie de l’Incarnation peut lui être comparée sans ridicule, seule Française qui souffre cette difficile comparaison. D’autant que par plus d’un trait, se ressemblent ces deux saintes femmes. Élevées au plus haut degré de l’oraison, elles n’en restaient pas moins de ce monde. Thérèse fondait monastère après monastère, sans s’embarrasser des plus temporelles difficultés, tandis que l’autre gardait des yeux ouverts et très fins pour regarder ce qui se passait dans cette terre étrange d’Amérique.

Et ensuite, toutes les deux tombaient en extase.

Il y a deux parts dans les écrits de Marie de l’Incarnation : des lettres de la plus pittoresque observation et ces écrits spirituels qui permettent de la classer parmi les maîtres de la littérature mystique.

Il va de soi que la sainte Ursuline ne prenait point le temps de polir son style et que parfois se glissent dans cette prose des obscurités que l’on rencontre du reste chez la plupart des grands mystiques.

Cependant la psychologie religieuse s’y montre d’un délié incomparable et les effusions avec les élévations éparses dans cette œuvre approchent, pour négligées de forme qu’elles soient, le plus sublime de la poésie.

Ne serait-ce que pour mémoire (une expression que forcément l’on rencontrera souvent dans cette petite histoire) l’on ne saurait omettre ici le nom du père Charlevoix, qui écrivit une Histoire et Description générale de la Nouvelle-France, avec le journal historique d’un voyage fait par ordre du roi dans l’Amérique septentrionale.

Faut-il le marquer, on ne saurait comparer le père Charlevoix au père Labat, ce dominicain qui, peu d’années avant le jésuite, écrivit sur les Antilles françaises où il était missionnaire : le père Labat est tout simplement un grand écrivain, et de bons juges estiment sa prose aussi nette et aussi fine que celle de Voltaire. Cette remarque pour indiquer que ces écrits de missionnaires n’ont le plus souvent qu’une valeur littéraire relative.

Cependant, sans se hâter, le père Charlevoix, ce musard débonnaire et fort aimable, nous parle d’histoire, de botanique, fait des récits, voire des contes, avec un laisser aller parfois exquis.

Parce que son ouvrage se montre une source insigne de notte histoire, n’allons pas l’abandonner uniquement aux érudits.

L’on ne saurait non plus se passer du baron La Hontan. Menteur du Béarn sans doute, ses médisances et ses calomnies ont si bonne et si belle humeur, et dans une langue point trop mauvaise et qui se sent d’une époque délicieuse entre toutes, que nous aurions mauvaise grâce de nous fâcher. L’histoire littéraire exclut le chauvinisme.

Si donc, dans toute cette période qu’on peut appeler les enfances de la littérature canadienne, nous n’avons pas d’écrivains nés chez nous (et non plus de saints ou de martyrs et guère de grands soldats) nous comptons quand même ces découvreurs, Cartier et Champlain, de pittoresques écrivains comme Lescarbot et une très grande mystique, Marie de l’Incarnation, qui aussi bien reste le plus grand spirituel de toute la littérature française.

Marquerons-nous maintenant que nos ancêtres chantaient des chansons ravissantes et qu’à la veillée, ils contaient des contes dont le bouquet n’est point évaporé ? Nous n’oserions et serait bien savant qui indiquerait le départ entre ce qui vient de France et ce qui nous est propre : les écrivains du temps, s’ils naissaient en France ne parlaient quant à eux que du Canada, ce qui les naturalise plus aisément que ces chansonniers anonymes. Du reste, ce n’est pas d’hier que l’on a observé que le folklore d’un pays ressemble plus ou moins au folklore d’un autre pays. La littérature populaire compte encore plus de plagiaires inconscients et d’imitateurs que la littérature officielle ou celle des écrivains proprement dits.

La remarque n’enlève rien au charme désuet et à la grâce des chansons qu’a recueillies par exemple Ernest Gagnon.

Vint la cession à l’Angleterre, le « dark age » de notre histoire nationale et de notre histoire littéraire. Ce n’est ni le lieu ni l’occasion de parler politique : on n’en comprend pas moins que nos pères avaient d’autres chats à fouetter qu’à rimer des vers galants ou qu’à composer des discours historiques.

L’on se contenta de faire du journalisme, comme les étudiants de naguère qui avaient échoué au notariat ou au barreau. Il sied de citer par exemple la Gazette littéraire que fondèrent à Montréal deux Français, Mesplet et Jantard. Il va de soi que ces Français d’une époque encyclopédique préféraient se borner à la littérature. Mais, lorsqu’un écrivain affirme qu’il ne s’occupera que de littérature, c’est toujours une défaite. Comme la plupart de leurs confrères, Mesplet et Jantard s’intéressaient à la littérature, lorsqu’il n’y avait rien d’autre sur le menu.

Mal leur en prit lorsqu’ils s’avisèrent d’envahir le domaine théologique. Ils auraient paru sans doute modérés, eussent-ils écrit en France, en Hollande ou en Angleterre (et du reste les temps changeaient déjà... mais moquer la religion dans le pays où la foi demeurait la plus vivace !) Si bien que Montgolfier, supérieur de Saint-Sulpice, mit en garde contre « son insolence » les professionnels qui lisaient la Gazette.

Ce fut ensuite le gouverneur Haldimand qui se fâcha : toujours pour « arrêter le cours de leur insolence », il fit emprisonner Mesplet et Jantard. Il en coûtait cher à cette époque lointaine de se montrer anti-anglais.

Rappelons, toujours pour mémoire, le Magasin de Québec, le Spectateur et l’Aurore des Canadas (quel joli titre !) : ils publiaient des poésies et des morceaux littéraires dont il n’est pas surprenant qu’il ne reste rien.

Plus digne de remarque nous semble le Courrier de Québec, l’organe des Chouayens, autrement dit les partisans nantis ou à nantir de l’Angleterre : c’est là, si l’on peut dire, le vénérable ancêtre de toutes les feuilles qui, aux différentes périodes de notre histoire, ont tenté avec gaucherie ou insolence un rapprochement entre les deux races.

Non point que le Courrier s’en soit toujours pris aux Canadiens français : à l’occasion, comme firent leurs héritiers, il les défendit contre les attaques trop brutales des publications anglaises.

Quoiqu’il en soit, il n’exerçait guère d’influence que sur ceux qui voulaient arriver envers et contre tous.

Notons que ce journal publia les premiers chapitres de l’Histoire du Canada de Jacques Labrie, précurseur, si l’on veut, avec le père Charlevoix, de notre Garneau.

La sœur jumelle du journalisme politique, l’éloquence parlementaire, tiendrait à avoir sa place dans ce chapitre : dans les manuels, l’éloquence politique comme l’éloquence religieuse garde encore sa place : l’éloquence politique et l’éloquence religieuse y ont-elles encore droit ?

Disons cependant que Pierre Bédard, Charles de Lotbinière, Jean-Antoine Panet, Joseph Papineau, le père de l’autre, du Grand, furent célèbres en leur temps : le Canadien français a sans doute toujours été orateur, mais nous ne croyons pas que ce soit une raison suffisante pour qu’on fasse plus que citer quelques noms, et sans autres commentaires. Du reste, l’éloquence a fait un tel mal à notre poésie et à notre prose qu’il est temps de l’oublier.

Comme il en fut toujours dans notre monde du livre et jusqu’à une époque fort récente, c’était alors, en ces années d’enfance, la poésie qui tenait le haut du pavé : plus tard, on lui adjoindra la critique, et l’on peut dire que jusqu’en 1900 ou 1910, notre littérature compte surtout des poètes et des critiques, exclusion faite, bien entendu, de nos innombrables orateurs.

La poésie : ne blasphémons pas ! Contentons-nous d’affirmer que Joseph Quesnel et Joseph Marmet furent les poètes lauréats du dix-neuvième siècle canadien qui préludait. Ils étaient nés en France tous deux, ce qui ne leur donnait pas plus de talent qu’aux nombreux journalistes de France qui vinrent coloniser plus tard nos salles de rédaction.

Pas plus que Joseph Quesnel, Mermet n’a même le talent de Jacques Delisle ou l’éloquence de Jean-Baptiste Rousseau : si les Français de l’Empire scandaient de méchants alexandrins, qu’est-ce à dire de cette colonie lointaine ?

D’autant que ces braves gens furent poètes de circonstance, grands-oncles par ceci de tous nos Fréchette, de tous nos Delvida Poirier et de tous nos Chapman.

Nos ancêtres étaient plus indulgents que nous et ils firent à Mermet une sorte de célébrité parce qu’il chanta en vers pompeux la victoire de Châteauguay, ce qui lui valut plus tard une invitation à dîner de M. de Salaberry. Poète classique qui connaît les usages, Mermet paya son écot d’une épître dont on nous saura gré d’offrir quelques vers :

...chez lui, j’ai connu cette pure amitié

Qu’en tout autre pays on ne voit qu’à moitié.

Héros et citoyen, tendre époux et bon maître,

Il est père de tous, sans vouloir le paraître...

(Confessez que le lapsus est ravissant.)

Au camp Léonidas, aux champs, Cincinnatus,

Thémistocle au conseil, à table, Lucullus...

(Il est vrai que Philippe de Gaspé nous assure que les dîners de nos pères étaient savoureux et plantureux...)

Sans avoir les défauts de la Grèce et de Rome,

Il reumt en lui les vertus du grand homme...

Puisque nous sommes en veine de citations, et aussi bien ces citations peuvent-elles nous montrer à plein d’où nous sommes partis et le chemin parcouru, ne laissons passer l’occasion de rappeler Généreux Labadie, un maître d’école de Verchères, qui ne trouvait point de mécène et qui rageait de rester inconnu : le temps n’était pas arrivé où une sinécure d’État récompensait les moindres poétereaux.

Mais donnons la parole à Généreux Labadie, qui s’adresse à Joseph Quesnel : quand souffre la vanité d’un auteur, il n’accepte jamais de souffrir seul, et il faut à tout prix qu’un autre soit dédaigné autant que lui.

Labadie écrit donc :

Quand je vois des talents restés sans récompense,

J’approuve ton dépit et ton impatience...

Mais enfin tu fais voir le germe d’un talent

Que doit encourager tout bon gouvernement...

(N’est-ce point sublime ?)

Quelle honte, en effet, au pays où nous sommes

De voir le peu de cas que l’on fait des grands hommes.

Les grands hommes, c’étaient Joseph Quesnel et Généreux Labadie qui, hélas, attendent encore leurs statues dans les squares de la banlieue : qu’on se contente de noter que Généreux Labadie briguait déjà le prix David.

Avouons que nos écrivains contemporains sont moins avides et surtout moins grossiers.

Les décades qui suivirent, l’on n’eut guère le temps de taquiner la muse : tout était aux luttes politiques, démocratiques et nationales. S’ils ne pouvaient pas toujours quitter leur collège pour aller entendre Louis-Joseph Papineau et ses collègues, les écoliers n’avaient guère le goût de rimer leurs premières odes : ils auraient plutôt prêté l’oreille aux harangues des grands tribuns qu’une radio qu’on n’avait pas encore inventée ne pouvait leur transmettre.

Et, puisque l’éloquence fut la poésie de ce temps ingrat, citons au moins quelques noms.

À coup sûr, Louis-Joseph Papineau n’aurait pas connu la gloire qui fut la sienne, s’il n’avait été éloquent, et il fallait bien qu’il le fît pour arracher les applaudissements et l’amour d’un peuple amoureux d’éloquence.

Cependant, pour user de son style, confessons que les morceaux que l’on rapporte de lui sont une lave bien refroidie. Nourri pourtant de Voltaire, il manque terriblement de simplicité, et sa phrase est aussi longue qu’est courte celle de Candide : Papineau se plaisait sans doute à la Henriade.

Fut-il romantique ? Il vivait à l’époque du romantisme, mais l’on peut dire qu’il se montra plutôt pré-romantique. Les livres arrivaient tellement en retard chez nous !

N’en est-il pas toujours ainsi, ou guère s’en faut ? Les orateurs ne saisissent que l’éloquence écrite d’une époque révolue. L’orateur le plus avancé retarde toujours, comme une grosse horloge.

LaFontaine, qui fut d’abord disciple de Papineau, se montre beaucoup moins emphatique. Disons que LaFontaine était le Poincaré de ce Briand.

Chez ces orateurs, il va de soi que l’on peut trouver sans trop chercher les tirades, les mots et les phrases historiques à souhait : il y a des apostrophes de LaFontaine qui, à juste titre, sont demeurées classiques et que tous les écoliers savent par cœur.

Surtout qu’on n’aille pas oublier que le récit comme les discours de ces luttes pour le gouvernement responsable restent en quelque sorte nos « bulletins de la Grande armée » : ajoutons sans vergogne que les combats de notre petit peuple avaient une autre pureté que les batailles de Napoléon.

Il est permis d’inscrire ici, à cette période héroïque, le nom d’Étienne Parent, le précurseur de notre économie politique : Parent fut mêlé intimement aux événements de l’époque.

Il aurait été un journaliste juste milieu et centre gauche, si les campagnes ardues du temps et la poudre de la guerre ne l’avaient forcé souvent à la polémique.

En des âges plus calmes, c’eût été un excellent écrivain académique au surplus : par malheur, la langue du temps, je veux dire la langue du Canada français, faute de contact intime avec les véritables écrivains contemporains, s’appauvrissait de plus en plus, et Panet n’est pas un écrivain fort agréable.

L’économie devait attendre Édouard Montpetit pour prendre ce style honnête, ce style malin parfois, d’une malice, que nous connaissons.
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