Histoire des moines de tamié





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BRUNO-JEAN MARTIN

HISTOIRE DES MOINES DE TAMIÉ

ET DE QUELQUES AUTRES

Le Hénaff éditeur

Saint-Étienne - 1982
I.S.B.N. 2-86502-027-4

AVANT-PROPOS


« Le premier lieu où l’on rencontre ceux que l’on aime, c’est leur histoire ». Cette phrase de Lacordaire suffirait, s’il en était besoin, à justifier le présent livre, et son titre : « Histoire des moines de Tamié ». Quel serait l’intérêt de parler du lieu, des bâtiments, des possessions du monastère et de leur fluctuation dans l’histoire, en oubliant ceux qui ont habité ici, et ce qu’ils venaient y chercher ?

La tâche, cependant, n’est pas simple. Il est facile d’établir une carte des biens de Tamié, aisé de relever des plans. Mais l’état de la communauté, ses sentiments, son degré de ferveur ou de tiédeur, toutes ces notions trop souvent nous échappent. « La vraie vie est ailleurs ». Peut-être fuit-elle les historiens ; ne leur laisse-t-elle, pour les consoler, que quelques traces : un livre de comptes, une devise en marge d’un livre, une lettre dont on ignorera à tout jamais la réponse. Faut-il alors rétracter le titre même de cet ouvrage, l’inscrire au catalogue des vaines entreprises, et parler de Tamié en renonçant à tirer de l’ombre ceux qui, au jour le jour, étaient Tamié ?

La phrase de Lacordaire m’encourage ; une rencontre, par-delà le temps, de ceux que l’on aime, voilà bien comment se présente ce livre, et sa genèse.

Il y a bien longtemps que les moines de Tamié s’intéressent à ces frères qui les ont précédés, et qui leur sont à la fois si lointains et si proches. Le premier souci des moines de la Grâce-Dieu qui vinrent restaurer Tamié en 1861 fut de se rattacher au passé ; quatre ans plus tard, l’ouvrage d’Eugène Burnier faisait redécouvrir à la Savoie le nom de l’abbaye de saint Pierre de Tarentaise.

D


ès le début de son abbatiat, en 1923, Dom Alexis Presse se mit à fouiller le passé de son cher Tamié avec l’ardeur qu’il mettait en toutes choses. Sur ses encouragements, l’abbé Garin fit paraître en 1927 une nouvelle « Histoire de Tamié ». L’ouvrage, à vrai dire, recopiait sur [6] bien des points le précédent ; il se révéla vite insuffisant. Moins que la chronologie des abbatiats ou la généalogie des illustres familles, on aurait voulu en savoir davantage sur la vie du monastère et les sentiments de ses habitants... Par chance et aussi parce que Dom Alexis avait un « flair » et des talents tout particuliers pour retrouver les pièces d’archives, beaucoup de documents nouveaux furent, successivement, mis en lumière ; de petites feuilles couvertes d’une minuscule écriture s’ajoutaient à d’autres pour former de volumineux dossiers.

C’est ainsi que pendant cinquante années, le travail patient des archivistes de l’abbaye a préparé le présent ouvrage. Il doit beaucoup aux recherches du P. Anselme Dimier, pour qui rien de cistercien n’était étranger, et à l’inlassable travail du P. Louis La Bonnardière : Des années durant, il se rendit, chaque semaine, aux archives départementales, recopiant minutieusement les documents, se laissant enfermer, avec un quignon de pain, pour travailler encore durant le temps de midi, s’usant les yeux, par économie, derrière d’indescriptibles lunettes... Avec le renouveau de ces dernières années, le besoin d’une histoire tenant compte de toutes les données nouvelles se fit plus pressant : la communauté la souhaitait, les nombreux amis de Tamié, visiteurs ou retraitants, la réclamaient. Le P. Anthelme Arminjon se mit alors à l’ouvrage. C’est à lui que l’on doit non seulement le titre mais encore le « premier jet » de ce livre. En 1979, P. Anthelme étant parti pour le Zaïre, je fus chargé de la révision de son texte. Des circonstances imprévues, des renseignements inédits glanés à la Grande-Trappe et aux Archives Vaticanes ont fait que la simple révision a pris le plus souvent l’allure d’une refonte complète. Mais tel le mauvais maître dont parle l’Évangile, j’ai moissonné là où je n’avais pas semé.

Après les archivistes de l’abbaye, il me faut remercier tous ceux qui, sur tel ou tel point, ont bien mérité de « l’Histoire des moines de Tamié », M. l’abbé Hudry, et, avec lui, tous les historiens savoyards, dont les remarques furent précieuses ; Christian Regat, d’Annecy, qui a admirablement étudié l’abbatiat d’Arsène de Jougla ; le P. Lucien, de la Grande-Trappe, qui m’a communiqué tant de renseignements sur les rapports de Dom de Somont et de Rancé ; le P. Jean Coste, archiviste de la Société de Marie, qui m’a introduit et patiemment guidé dans le dédale des Archives Vaticanes.

J’ai préféré, pour la période récente, passer la plume aux moines de Tamié, témoins directs de cette histoire : le chapitre sur Dom Alexis Presse doit beaucoup au P. André Fracheboud, et celui sur les abbatiats récents jusqu’à Dom François de Sales, au P. Jean-Marie Escot. La communauté s’est chargée elle-même de la rédaction du dernier chapitre : le lecteur ne sera pas étonné que l’on y passe de [7] l’impersonnel au « nous » et se réjouira, au contraire, d’entendre les moines s’expliquer directement sur cette période, si décisive à tous égards.

Cette impressionnante liste de collaborateurs explique pourquoi je tenais à présenter cette histoire comme oeuvre de l’amitié. Elle unit les premiers moines de Tamié à ceux d’aujourd’hui ; elle relie tous ceux qui ont contribué à ce livre à tous ceux qui le liront, pour qui le nom de Tamié est évocateur de silence et de paix. Et lorsque l’histoire se tait, la prière - cette autre forme de l’amitié ne peut-elle prendre la place ?

À Tamié,

en la fête de la Dédicace
de Saint-Jean de Latran,
9 novembre 1981
B.J.M.

TAMIÉ AVANT TAMIÉ
L’histoire des moines de Tamié et de quelques autres s’inaugura en l’an 1132. Sans doute avait-elle commencé bien avant. Elle avait laissé un nom : Tamié, dont il faudrait peut-être expliquer l’origine.

Le mot viendrait du citoyen gallo-romain Tamidius, son ancien propriétaire, pensent les uns1 ; d’autres le font venir de deux mots latins signifiants « au milieu » (stans medium)2 : peut-être la frontière des deux comtés de Genevois et de Savoie. Mais « au milieu » c’est également un idéal proposé à ses habitants ; la fameuse « discrétion » bénédictine...

Quant aux moines qui allaient occuper ce site, ils avaient déjà derrière eux un long passé. Dès les premiers siècles du Christianisme, il n’avait pas manqué d’hommes et de femmes pour vouloir suivre jusqu’au bout les conseils du Christ : « Si tu veux être parfait... vends tout ce que tu as et suis-moi ». Ainsi ce paysan aisé de la vallée du Nil, Antoine, qui se retira vers 270 dans le désert de la Thébaïde, après avoir entendu cet appel du Seigneur : de nombreux disciples suivirent son exemple. Un contemporain, Pacôme, organisa une sorte de vie collective des ascètes du désert : de là, l’institution monastique ne cessa de se répandre dans le monde chrétien.

Tout cet héritage des «Pères » du désert, saint Benoît le recueillit voici 1500 ans.

[9] Né en Ombrie vers 480 et fondateur de l’abbaye du Mont-Cassin, entre Rome et Naples, Benoît eut pour dessein de créer une « école du service du Seigneur »3 (4). Pour cela il écrivit une Règle, imprégnée d’un idéal de sagesse et de discrétion ; devenu comme une méthode éprouvée pour appliquer l’Évangile à la vie quotidienne, ce vieux texte, toujours jeune, est encore aujourd’hui à la base de la vie monastique occidentale.

Les meilleures institutions, par malheur, se sclérosent. Parce qu’il désirait revenir à la pureté de la vie monastique et à l’observance primitive de la Règle de saint Benoît, loin des commentaires dont on l’avait alourdie, un abbé bénédictin, Robert de Molesme, fonda en 1098 Cîteaux. Cette réforme s’étendit comme un incendie, grâce à un jeune homme venu rejoindre les premiers cisterciens : Bernard. Devenu abbé d’une des premières fondations, Clairvaux, cet homme frêle et maladif imprima de telle sorte sa marque sur son temps que l’on a pu appeler son siècle « le siècle de saint Bernard ». A sa mort, en 1153, il avait fondé soixante-cinq monastères ; son oeuvre était immense, son activité politique, capitale. L’Ordre cistercien, si mince à son arrivée, comptait désormais trois cent quarante trois abbayes. S’il n’avait pas été le seul à oeuvrer à cette tâche, il lui avait donné, par son rayonnement, une impulsion telle, qu’il fallait le considérer comme le second fondateur.

L’époque était favorable aux réformateurs monastiques. D’autres formes de vie religieuse avaient vu le jour : la Chartreuse, Grandmont, Fontevrault. Aucune pourtant ne connut le rayonnement, l’étendue, le prestige de la famille cistercienne. C’est dans ce contexte que se place la fondation de Tamié.

1

LA FONDATION

Au point de départ...

« Dieu dans sa bonté propageait et gouvernait alors l’ordre cistercien ; Amédée, comte de Maurienne et marquis d’Italie pria Dom Pierre, archevêque de Tarentaise, de chercher dans son comté, pour cet ordre, un lieu de culte »4.

Ainsi commence la notice de fondation du monastère, le plus ancien document de notre histoire. Il met en scène ses protagonistes : le comte de Savoie Amédée III et l’archevêque Pierre 1er de Tarentaise. Le comte savait bien qu’établir un foyer de vie monastique, c’était prendre : « le chemin le plus direct qui mène à la civilisation »5. Quant à l’archevêque, moine, puis abbé de la Ferté en Bourgogne (la première fondation de Cîteaux) il s’était fait connaître dans la région lors de son passage au cours de deux voyages en Italie. « Intercepté » par les habitants de Moûtiers en quête d’évêque, il fut installé en 1124. Si attaché à son ordre qu’il en garda, devenu évêque, l’habit et les coutumes, on comprend qu’il se soit empressé de trouver un lieu pour la nouvelle fondation. Il le découvrit « en un endroit appelé Tamié (Stamedium), favorable à l’établissement d’une maison cistercienne »6 c’est-à-dire un vallon suffisamment écarté, et où l’on puisse trouver de l’eau et du bois pour la construction.

La route de Milan à Genève ne passait pas, alors, par le col, mais utilisait le replat, faisant un détour par St-Sigismond, Thénesol, Marthod, Ugine. Contrairement à ce que l’on a souvent dit, il ne [12] semble pas, alors, que Tamié ait été fondé pour servir d’étape sur un chemin fréquenté. Un lieu « apte à l’établissement d’une maison cistercienne » ne pouvait être, à une date si proche des origines de l’ordre, qu’un site isolé. Mais cet isolement dura peu : cinquante ans après la fondation, Geoffroy d’Hautecombe trouvait l’emplacement mal choisi, sur un passage fréquenté7. L’existence de l’abbaye, la sécurité qu’elle apportait, avaient suffi pour que se développe la route du col. Ainsi, dans ce site contradictoire, s’inscrivait déjà le destin de Tamié, à l’écart sur la montagne, et pourtant sur la route des hommes.

L’archevêque Pierre demanda aux seigneurs du lieu - les vassaux du comte et ses propres diocésains - l’autorisation de s’établir sur ces terres en friche ; l’abbaye de Bonnevaux, en Dauphiné, fournirait une petite colonie de religieux, moines de choeur et frères convers, et la vie monastique pourrait commencer. Tout ce beau monde fut convoqué pour le 16 février 1132, et c’est ce dont témoigne la notice de fondation.

« L’an 1132 de l’Incarnation du Seigneur, par la grâce de Dieu et son immense bonté, monseigneur Pierre archevêque de Tarentaise avisa dans son diocèse un endroit appelé Tamié et qui lui parut propre à l’établissement de moines cisterciens. Il en demanda la cession à ses propriétaires, Pierre, Guillaume et Aymard de Chevron... ensuite il [13] convoqua là Dom Jean, abbé de Bonnevaux en Dauphiné, et les trois frères de Chevron : Pierre et son épouse, Guillaume, son épouse et leur fils Guillaume... donnèrent à Dieu, à sainte Marie, à Jean abbé de Bonnevaux et aux frères qui y serviraient Dieu... tout ce qu’ils possédaient à Tamié. »8.

Comme l’écrivait le P. Dimier, c’est « une assemblée de saints qui présida à l’installation des moines. »9. Saint Pierre 1er de Tarentaise, saint Jean abbé de Bonnevaux puis évêque de Valence, saint Amédée de Clermont, seigneur d’Hauterives, qui mourut moine de Bonnevaux, et le dernier témoin de la liste, F. Pierre, qui resta à la tête de la nouvelle maison, premier abbé de Tamié et futur archevêque de Tarentaise.

Saint Pierre de Tarentaise

L’abbé fondateur mérite que l’on s’attarde un peu sur lui. Il était né en 1102, sans doute à St-Maurice-l’Exil, près de Vienne. A 20 ans, il entrait à l’abbaye toute proche de Bonnevaux. Sous la conduite de l’abbé Jean il se forma à la vie cistercienne, jusqu’au jour où il fut désigné pour prendre la tête de l’essaim de frères qui partaient fonder Tamié... De l’abbaye de Bonnevaux, témoin des premières années de vie monastique de Pierre de Tarentaise, il ne reste pas pierre sur pierre, hormis une grande croix, et l’inscription :

«Ici fût Bonnevaux, la mère des saints... ».

On imagine sans peine les travaux et les soucis de la fondation et de la construction de Tamié. Tout était à faire. Cependant l’archevêque et le comte n’oubliaient pas l’abbaye dans leurs libéralités. Elles permirent de faire face aux besoins les plus pressants et de constituer les premiers domaines, - les granges - que les frères pouvaient exploiter. Et voila notre abbé, «par monts et par vaux », partant visiter ses frères au travail... « Il se rendait à pied jusque dans les cabanes les plus éloignées, et grimpait à quatre pattes jusqu’aux plus lointains alpages »10, nous dit naïvement son biographe et ami, Geoffroy d’Hautecombe. Cependant, pendant les dix années que notre saint Pierre passa à Tamié, sa vie fut d’abord la vie du moine, vie de solitude et de prière; Geoffroy rapporte que pendant que la communauté reposait, Pierre avait coutume de passer la nuit en oraison, au chevet de l’église, sur le petit tertre qui a conservé le nom de « crêt St-Pierre ».

C’est au cours de ces années que se plaça peut-être la visite de saint Bernard à Tamié, sans doute au cours d’un voyage en Italie, en 1135. Un petit oratoire, au sommet du col, marquerait le souvenir de la rencontre des deux saints.

Saint Bernard ne fut pas le seul voyageur. Tant d’hospitalité, tant d’activité charitable firent remarquer le saint abbé, de sorte que, le [14] siège de Tarentaise étant devenu vacant, l’on pensa naturellement à lui comme archevêque. Il fallut faire violence à son humilité ; le peuple et le clergé de Tarentaise le réquisitionnèrent, « l’angarièrent », nous dit Geoffroy11. Il accepta enfin. Ne pouvait-il pas garder le meilleur de la vie du moine, l’amour de Dieu et des pauvres, la «passion de l’Église »... Et puis il restait tout près de Tamié : c’est lui qui procéda, le 20 octobre 1150, à la dédicace de l’église : la construction avait duré 18 ans.

Son épiscopat, comme son abbatiat, pourrait se résumer en trois mots : simplicité, charité, paix. Le chroniqueur cistercien Hélinand de Froidmont ne prétendait-il pas transmettre l’essentiel de la vie de notre évêque en écrivant : « De 1102 à 1174, sous le comte Amédée, vécut saint Pierre qui aima les pauvres et partagea avec eux son pain »12. De fait, cette simplicité avec les petits, cette grande charité envers les pauvres sont les traits caractéristiques de notre saint. Geoffroy d’Hautecombe rapporte que sur la route de Rome qu’ils parcouraient ensemble, Pierre partageait si largement avec les pauvres de rencontre le contenu de sa musette, qu’une fois celle-ci vide, il prélevait encore sur la portion de son compagnon de voyage, qui n’osait refuser, sans trouver toujours la chose à son goût !

Une rue de Moûtiers porte encore le nom d’une institution charitable - le Pain de Mai - qu’il fonda sur ses revenus d’archevêque ; il s’agissait d’une distribution de soupe à tout venant, faite les vingt-huit premiers jours du mois de mai, au moment de la difficile soudure entre la récolte passée souvent épuisée, et la nouvelle encore à venir.

Quant à son oeuvre de paix, toute la chronologie de son épiscopat est l’énumération de ses missions pacifiques. D’abord entre le Pape Alexandre III et l’empereur d’Allemagne Frédéric 1er Barberousse, qui, pour régner plus sûrement à Rome, y avait placé un antipape, Victor IV. Sur ce point, Pierre travailla activement à rallier la chrétienté au pape légitime. Si grand était son ascendant que l’empereur n’osa sévir contre lui : « Si je malmène les hommes, disait-il, ils le méritent ; mais comment faire la guerre à Dieu ? » Un jour, en tournée de propagande pour cette juste cause, Pierre s’arrêta chez les moines de Bithaine en Franche-Comté. Pour le contrer, l’archevêque de Besançon, Herbert, partisan de l’empereur et de l’antipape, s’annonça lui aussi. Craignant pour la paix de son « Béthanie » (dont Bithaine est le nom déformé) l’abbé de ce monastère tenta d’éloigner Pierre, qui, amusé, feignit de croire que c’est la place qui lui manquerait : « un tout petit coin me suffira »13.

Pierre apaisa encore par-ci par-là bien d’autres querelles mineures ; ainsi entre moines et chanoines en litige sur le droit de pêcher les truites du lac de Joux : les chanoines furent autorisés à [15] pêcher au filet un jour et une nuit par semaine, et à la ligne tant qu’ils voudraient...14.

Ce sont deux saints cependant que Pierre eut le plus de mal à mettre d’accord : le Bx Humbert, comte de Savoie, avec l’évêque de Belley saint Anthelme.

Notons enfin ses efforts pour réformer le clergé de son diocèse et les chanoines de son chapitre ! Nous en trouvons l’expression dans le seul écrit qui nous soit resté du saint, le partage des biens entre l’archevêque et le chapitre, qui est presque son testament (il fut rédigé quatre ans avant sa mort).

« Dès que, malgré mon indignité, je fus mis en possession du siège de Tarentaise, j’ai longuement, intensément réfléchi en moi-même, cherchant comment instituer dans cette église de Tarentaise un clergé selon l’idéal de la primitive église dont il est écrit : la foule des croyants n’avait qu’un coeur et qu’une âme, et personne n’appelait quoique ce soit son bien propre ; mais tout leur était commun et l’on partageait selon les besoins... »15.

Après avoir été envoyé par le Pape en Normandie, pour tenter de réconcilier roi de France et roi d’Angleterre, ses forces le trahirent au cours d’une dernière mission : Pierre mourut chez les cisterciens de [16] Bellevaux en Franche-Comté, le 14 septembre 1174, « gardant comme en toutes circonstances le sourire »16. Il eut encore la force d’en faire la grâce aux moines qui l’entouraient dans son agonie.

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