Installation : le lieu





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Installation : le lieu



Objectif : comprendre l’importance du lieu dans une installation contemporaine en mettant « l’art en situation »


  1. Une culture « partagée » : histoire de la construction du « palais des beaux-arts » 


L’institution :

Le musée de Nantes, en tant qu’institution, est né pendant la révolution française avec 14 autres musées de France dans un souci particulier : protéger les œuvres de la destruction et en faire un patrimoine commun à tous. Tout au long du XIXe siècle, la collection du musée s’agrandit. Dès 1860, on s’alarme de l’éparpillement et des mauvaises conditions de conservation des œuvres. En 1887, un rapport de l’inspection de l’enseignement du dessin et des musées décrit les mauvaises conditions d’exposition et de conservation : « les gravures sont déposées à la Bibliothèque municipale ; sur la collection de sculptures, d’ailleurs restreinte, 25 objets seulement peuvent être placés dans les salles ; 450 tableaux en moyenne peuvent y trouver place et sur ce nombre 200 sont hors de portée de la vision moyenne et exposés dans l’ombre ». (cf. Le musée des beaux-arts de Nantes, Histoire et Architecture – Dossier documentaire)
La construction du musée :

L’édifice est construit dans un contexte bien particulier : la fin du XIXe sous la IIIe République avec une mission d’éducation, une volonté politique, celle de montrer que le citoyen appartient à une culture commune. On édifie un « temple » voué à la culture et qui la célèbre .

1887  - Le maire de Nantes charge une commission et engage la municipalité vers un projet grandiose. Le jury du concours choisit un architecte parisien d’origine nantaise : Clément-Marie Josso. La construction du « palais des beaux-arts » de Nantes est sa plus grande réalisation.
Le bâtiment :

L’œuvre de Josso est dominée par le mariage de la tradition et de la modernité. Tradition par son inspiration antique : il fait référence aux palais de l’antiquité avec des emprunts architecturaux (fronton – statuaires allégoriques – colonnes – patio sorte de « cella » ou « naos », voire « saint des saints ») ; il s’inscrit aussi dans le mouvement des humanistes de la Renaissance où l’on voulait montrer sa richesse et sa culture (étage noble des palais florentins) ; il reprend le modèle classique avec symétrie et harmonie louis quatorzien (la cour carrée et la colonnade du Louvre). Modernité avec les matériaux du XIXe siècle où le mariage du fer et du verre est ici dominant. Il libère les murs en assurant une lumière zénithale. Il impose des galeries où seront exposées les œuvres par école. Il prévoit un atelier de restauration, des pièces de service et un astucieux système de chauffage pour ventiler et protéger les œuvres. Un escalier à large volée mène aux galeries. Après quelques modifications, le bâtiment est inauguré en 1900. « L’important édifice construit par M. Josso, d’une grande simplicité extérieure, semble réaliser le type parfait du musée tant par son appropriation exacte à sa destination qu’au point de vue de la ventilation, de l’hygiène et de l’éclairage des œuvres ». L’illustration - 28 avril 1900 – (cf. Le catalogue consacré à l’exposition « l’action restreinte, l’art moderne selon Mallarmé » – 2005)
Pistes pédagogiques :

Pourquoi ce lieu ? Pourquoi ici ? Quel est le rôle du patio ? Son lien avec l’architecture antique ? Le musée est-il perçu comme un « lieu sacré » pour les élèves ? L’art est-ce « sérieux » ? Quelles « images mentales » met-on derrière ?


  1. Le rapport au temps : les fonctions du patio.


Le gardien de la « mémoire » :

Le musée est avant tout « l’institution par excellence de la mémoire » (Jacques Boulet – article des cahiers du musée national d’art moderne – G. Pompidou – 1989). Le désir de pérennité y est une constante. La mémoire publique devient un moyen d’affirmer son pouvoir. Face à ce refus de l’éphémère, le patio a d’abord eu dans une grande partie du XXe siècle, la fonction de conservation de l’antique, du « beau ». On y expose et on y admire les sculptures. « Le musée devient de plus en plus mausolée ; il embaume, il nous montre que les combats finissent ici dans un vaste cimetière culturel où même les maudits trouvent leur place. » François Dagognet (article des cahiers du musée national d’art moderne – G. Pompidou – 1989)
L’épisode de la 2de guerre mondiale :

Il donne au patio du musée une autre destinée. 1943, Nantes est bombardée. 1463 personnes sont tuées le 16 et 23 septembre. La mairie fait installer une chapelle ardente ; « ils les ont mis dans le musée des Beaux-Arts, aux pieds des statues et des tableaux, allongés à même le sol dans la tenue et la posture où la mort les a saisis » - Georges Douard, les civils sous l’occupation, Nantes dans la guerre, Ed Hérault – 1993 p. 211 cité par M. Chavanne dans le catalogue Svayambh d’Anish Kapoor (2007)
Au cœur de la vie du musée :

Si le patio retrouve sa fonction et son aspect en 1945, en 1953, Luc Benoist conservateur des œuvres signale que l’on déplace ces sculptures dans le hall car « ces œuvres du XIXe (ont) un style naturaliste et académique qui n’est pas à la mode » cité par M. Chavanne dans le catalogue de Svayambh d’Anish Kapoor (2007). Depuis cette époque, le patio devient le lieu de vie du musée ; il accueille les grandes expositions temporaires. Henri-Claude Cousseau (dans la Lettre de la direction des musées de France n°17 de Décembre 1991) parle de « jardin d’hiver », de « lieu extrêmement théâtral » dont on a accentué l’effet en supprimant la frise fait de rinceaux couleur vert pâle et peignant en blanc où la lumière « résonne ».
Pistes pédagogiques :

Rechercher les « traces » de la vie du patio – idée du palimpseste

S’interroger sur ce qu’il avait avant et comment le lieu garde ses traces en « mémoire » ? Quelle mémoire ? Que veut-on transmettre ? Quel rapport à l’histoire ? (seconde guerre mondiale – traite négrière..)


  1. L’installation dans ce lieu : un évènement et un dialogue 


Depuis 2007, l’installation a fait son apparition au musée des beaux-arts de façon habituelle. Le musée demande à l’artiste de s’imprégner du musée, de son architecture, de son histoire. Elle envahit le musée, elle « dérange » la vie du musée, elle « agresse le visiteur », elle s’impose à lui.
Anish Kapoor fut un des premiers. En 2006, il vint à Nantes et passa beaucoup de temps à se promener et à s’imprégner de l’atmosphère du musée. Son œuvre est une « allégorie de la mémoire ». Son wagon qui s’écrase contre les arches du patio, sa cire qui laissera une marque indélébile au musée rajoute au palimpseste déjà créé. François Morellet choisit de faire dialoguer la collection du musée en mettant les œuvres en perspective dans son installation blanche et froide. Ernesto Neto, ami d’une famille de descendants négriers, cherche à faire cohabiter l’histoire de la traite avec les autres cultures (judéo-chrétienne avec la référence au Léviathan, et Thot le dieu des scribes et des savants).
Ce dialogue du lieu et de l’œuvre donne l’image d’une culture qui n’est plus locale, nationale mais désormais.. universelle, mondiale. Kapoor, Neto sont les représentants de cette culture mondialisée. Kapoor né en 1954 en Inde est un plasticien britannique, installé à Londres, il est imprégné à la fois de la culture occidentale et indienne. La monumentalité de l’œuvre renvoie à la monumentalité du lieu. Il fait jouer la tragédie humaine, une œuvre ici à la fois spirituelle et matérielle. (voir la signification du titre dans la partie 3). Ernesto Neto est brésilien. Il est lui aussi très imprégné de culture occidentale, portugaise avec son mélange indien d’Amazonie mais ouvert sur les modes nord-américains. Ernesto Neto a cherché à relier cette histoire tragique de la traite à sa propre culture brésilienne.
Wagon pour Kapoor, bateaux pour Neto.. les liens s’intensifient grâce à la culture, ils sont comme « véhiculés » par le musée.
Pistes pédagogiques :

Comment s’exprime la personnalisation du musée et de son « invité » : l’installation ? Quel dialogue est alors engagé ? Avec qui ? Quels en sont les différents points de vue ?
N.B Ces points sont également développés dans les fiches réalisées par Anne Ribstein chargée de mission en lettres et Viviane Brenot, chargée de mission en arts plastiques.
Véronique GUERIN – Professeur Histoire –Géographie

Enseignante chargée de mission au musée des beaux-arts de Nantes

Septembre 2009

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