L’invention de l’histoire des femmes et du Genre, animé par Françoise Thébaud avec Cécile Dauphin, Eric fassin, Yannick Ripa, Violaine Sébillotte





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L’invention de l’histoire des femmes et du Genre, animé par Françoise Thébaud avec Cécile Dauphin, Eric fassin, Yannick Ripa, Violaine Sébillotte.

Conférence du 15 octobre 2004.
Jusque dans les années 1980, seules quelques figures emblématiques étaient traitées en histoire, figures le plus souvent négatives : on peut citer pour exemple Marie-Antoinette, les Médicis… Cette situation était favorisée par un problème de sources : les sources « classiques » de l’histoire n’accordaient qu’une très faible place aux femmes. Or, ce problème a été pour partie résolu par les nouvelles pratiques de la recherche historique. L’intérêt s’est ainsi porté sur les femmes (non pas la femme), en analysant l’histoire privée. Des champs d’étude ont même pu être ouverts par l’histoire des femmes, comme le rapport au corps ou à l’intime par exemple, tout comme le travail sur les marges. Ce nouveau champ d’étude a permis par exemple de mettre en évidence la place des femmes dans le monde du travail, dès avant la Première Guerre mondiale, ce conflit ayant surtout accru la lisibilité de la présence des femmes.
L’origine de l’institutionnalisation de l’histoire du Genre est à trouver aux Etats-Unis. Mais le Genre émerge d’abord avec Simone de Beauvoir et Levy Strauss ; les gender studies se développant avec la dyade nature-culture.

Qu’est-ce que le genre ? C’est une remise en cause de la naturalisation des sexes. Le genre n’est donc pas synonyme de sexe. Il rejette le postulat d’un comportement sexué dicté par la nature, évite donc les présupposés naturalistes en se dégageant du sexe biologique.
Que cela signifie-t-il concrètement sur des objets de recherche ?

Violaine Sébillotte, historienne antiquiste, souligne que le recours au genre permet un profond renouvellement de l’historiographie. Pour l’Antiquité, il n’existe pas a priori de sources parlant des femmes. Il faut donc interroger les sources par le questionnement du genre, examiner la construction sociale autour des identités sexuelles. C’est ce que fait par exemple Sophie Lalane autour des récits grecs où elle met en lumière l’apprentissage de l’identité sociale du genre. Par l’analyse des identités sexuées véhiculées par ces récits (enquête de vocabulaire avec établissement d’un corpus des statuts), elle remet en cause le critère du sexe comme césure fondamentale. Est en effet mise en évidence une complexification du féminin et du masculin avec des hiérarchies mouvantes. Cette démarche permet, par exemple, d’avancer sur des récits fondateurs comme celui construit autour d’Iphigénie. Cette jeune fille est sacrifiée pour la patrie. Jusqu’alors, c’était une lecture « naturaliste » qui prédominait expliquant le choix féminin symbolique du sacrifié en raison des menstrues. Or, en interrogeant le genre et les identités sexuées construites, on peut fournir une nouvelle réponse. Si c’est un exemple féminin qui est mis en exergue, c’est parce que les filles demeurent socialement attachées au père, elles peuvent donc plus « efficacement » incarner le sacrifice pour la cité des pères (patrie).

Cet exemple démontre ainsi que le Genre est un moyen de renouvellement pour l’ensemble du champs historique. En se dégageant du sexe biologique, il permet de pointer l’articulation entre histoire des hommes et histoire des femmes.
Trois points sont à dégager au sujet de l’apport du Genre :

  • il permet une remise en cause de la naturalisation des sexes.

  • Il permet d’éviter l’identification immédiate entre sexe et sexualité.

  • Il est une démarche qui permet d’éviter des présupposés — naturalistes notamment — et de se dégager des assignations présupposées.


Il faut donc parler du Genre, au singulier, et non pas des genres, considérant qu’il existerait comme en grammaire un genre masculin et un genre féminin prédéterminé.

Dans la violence en temps de guerre, animé par Fabrice Virgili, avec Raphaëlle Branche, Luc Capdevilla et Dominique Godineau.

Conférence du 15 octobre 2004.
Problématique : quelle est la place des femmes en temps de guerre ? Où sont-elles et qui sont-elles lors des batailles ? Quelles victimes sont-elles ? Qu’en est-il des violences sexuelles et sexuées dans la guerre ?
XIXème siècle : on peut trouver des traces iconographiques de femmes engagées dans les troupes révolutionnaires, image utilisée fréquemment dans les ouvrages scolaires. Certaines sont présentées comme combattantes, d’autres accompagnent les hommes à la guerre. En France, quelques femmes servaient dans les armées d’Ancien Régime, mais également dans les armées de la Révolution française. Quelques-unes ont été élues comme officiers ou sous-officiers. Mais elles sont alors exaltées comme des guerriers et non comme des guerrières. Elles deviennent ainsi « mâles » en faisant la guerre. Il faut par ailleurs faire la différence entre une situation normalisée (où les femmes sont quasi absentes des troupes) et les temps de rupture et d’exception. L’engagement de femmes au combat est marginal et faire la guerre prive de la condition féminine : elles doivent être vierges ou privées de sexualité.

La présence des femmes à la guerre, qui existe jusqu’à la fin du XIX° siècle, se retrouve en Europe comme en Amérique, au Brésil par exemple, où leur présence doit aider à éviter les désertions.
Parfois combattantes, elles sont souvent blanchisseuses et cantinières (seules autorisées légalement en France au XIX° siècle). Mais le service militaire obligatoire entraîne l’exclusion des femmes des casernes. Les prostituées suivent toutefois les troupes. On trouve ainsi des bordels militaires de campagne durant la Première Guerre mondiale par exemple, leur existence relevant alors pour l’armée d’une question sanitaire.


« Femmes scribes en Mésopotamie », Brigitte Lion.

Conférence du 16 octobre 2004.

Dans le Proche-Orient ancien, la parole des femmes existe mais cela est peu connu. Le développement des Genders Studies a permis de fournir un nouvel éclairage sur cette question.

Cette analyse a pour cadre l’étude de la naissance de l’écriture à la fin du quatrième millénaire avant notre ère. Des tablettes d’argile ont été conservées, fournissant une masse documentaire considérable.

Des récits existent bien au sujet de l’existence d’écoles mais l’archéologie n’en a pas fourni la preuve. De fait, se pose le problème de l’argile qui se recycle très bien, ce qui expliquerait que les tablettes utilisées dans ces écoles ont été recyclées. Cependant, des cursus scolaires ont pu être reconstruits malgré ces difficultés, prouvant que le nombre de personnes sachant écrire à cette époque est plus important que ce que l’on a pu penser jusqu’à aujourd’hui, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes.
Quelle est la place des femmes dans ce domaine ? L’art scribal est placé sous le patronage d’une déesse jusqu’au milieu du second millénaire. On sait que la fille de Sargon d’Akkad est, sous le règne de son père, grande prêtresse de Nana dans la ville d’Our. Première poétesse, on lui prête la composition de plusieurs hymnes et un disque en albâtre la représente.

Mais elle n’est pas la seule femme à produire des textes. Une inscription en sumérien, laissée par une femme appartenant à la famille royale, est encore copiée 5 ou 6 siècles plus tard. Il est légitime de s’interroger sur la nature du rapport que cette personne entretenait avec l’écrit : elle a pu dicter ses œuvres, ou s’approprier l’œuvre de quelqu’un d’autre. Mais ce sont des remarques qui valent tout autant pour les hommes des familles royales auxquels on prête plus facilement des œuvres écrites.
Au XXIème siècle avec notre ère, plusieurs productions écrites émanent de femmes : une lamentation sur la mort du roi, qui est peut-être due à sa veuve ; des hymnes à un roi, chants d’amour très charnels ressemblant au Cantique des Cantiques.

Des lettres émanant de femmes ont également été mise à jour : la fille d’un roi d’Ouroute, prêtresse, rédige une lettre destinée au nouveau roi qui a remplacé son père afin de récupérer sa prêtrise. Cette œuvre a été recopiée par uelque’un qui se dit femme scribe.

Les femmes scribes :

Que savons-nous des femmes scribes ? Toujours au XXIème siècle avant notre ère, un texte de comptabilité fait état des salaires versés aux hommes et aux femmes, parmi lesquelles se trouve une scribe.

Au début du 2nd millénaire, on retrouve de nombreuses citations de femmes scribes. Dans un palais du XVIIIème siècle avant notre ère, on a retrouvé 20 000 tablettes qui constituent les archives du roi. Quelques mentions de femmes scribes y sont faites. Dans la ville de Sipas, près de Babylone, des archives des maisons relatent l’existence de femmes consacrées au dieu soleil, auxquelles on interdit mariage et maternité. Elles semblent vivre en communauté mais dans un espace clos. Ce sont des filles riches, largement dotées (des terres leur sont données, contrairement aux filles que l’on marie, car les terres risqueraient alors de sortir de la famille paternelle). Dans ce milieu, on trouve des femmes scribes qui écrivent au moins pour les femmes consacrées, des contrats, des comptes-rendus de procès…

Par ailleurs, on trouve à la fin des documents officiels, la liste des témoins. Mais les idéogrammes n’ont pas de genre et les signatures sont en langue sumérienne, donc sous forme d’idéogrammes. Jusqu’à récemment, on considérait d’emblée que les idéogrammes désignant des scribes ne pouvaient émaner que d’hommes. C’est cette idée qui est actuellement remise en cause par certains historiens, d’autant que l’on sait depuis longtemps déjà que des femmes pouvaient être instruites.

Déjà en 1913, un premier texte scolaire écrit par une femme a été publié. Quatre autres ont été mis à jour, mais issus de fouilles clandestines, ils n’ont pu être précisément localisés. Ces textes montrent que les filles apprenaient la même chose que les garçons : dessiner des signes (liste de clous, syllabes, noms), recopier des listes de mots et des listes d’agencement de signes en sumérien, copier des proverbes en sumérien et faire du calcul mathématique. Elles suivaient donc un cursus classique, étaient dotées du même bagage culturel que les hommes lettrés, signe d’appartenance à une même élite culturelle.

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