Leçon inaugurale, Collège de France, 17 décembre 2015





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Patrick Boucheron, Ce que peut l’histoire

Leçon inaugurale, Collège de France, 17 décembre 2015

L'audio de la Leçon inaugurale est en ligne. La vidéo également.

http://www.college-de-france.fr/site/patrick-boucheron/inaugural-lecture-2015-12-17-18h00.htm

dans ce fichier en cours de rédaction
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Extraits publiés dans la presse (dont Rue 89)
+ notes personnelles (en premier jet. relecture à suivre)
+ Revue de presse autour de cette leçon inaugurale : http://clioweb.canalblog.com/tag/boucheron
Présentation sur le site du Collège
« Ce que peut l’histoire »

Cette leçon inaugurale présentera les ambitions et les enjeux d’une « Histoire des pouvoirs », mais aussi une réflexion d’ensemble sur les pouvoirs de l’histoire aujourd’hui. En abordant tour à tour l’histoire du Collège de France (et du genre même des « leçons inaugurales »), de l’invention par Michelet du concept de Renaissance et des transformations contemporaines de l’idée de Moyen Âge, on tâchera de se « donner » une période d’étude (XIIIe-XVIe siècle) qui, enjambant les frontières académiques, définit quelque chose comme un entre-temps. Il ne s’agit pas de lui conférer une consistance propre, pas davantage qu’on ne cherche à faire de « l’Europe occidentale » autre chose qu’une province de l’Ancien Monde. Il ne s’agit pas non plus de ramener l’histoire des pouvoirs à la chronique désespérante de la domination. Car le crépitement d’expériences politiques qui caractérise ce temps incertain (et notamment dans le monde urbain) ne se réduit pas à une étape dans la construction territoriale ou étatique, la rationalisation ou la modernisation. Il constitue un foyer d’inventivité qui, définissant des potentialités inabouties du devenir historique, peut aujourd’hui encore servir de ressources d’intelligibilité pour notre contemporanéité. C’est en ce sens qu’il faut comprendre « ce que peut l’histoire » : non pas l’affirmation hautaine de sa puissance, mais l’ouverture d’une possibilité ».

« Il y a un mois, je suis retourné place de la République ...

Comme tant d’autres, avec tant d’autres, incrédules et tristes. Le soleil de novembre jetait une clarté presque insolente, scandaleuse dans sa souveraine indifférence à la peine des hommes. Depuis janvier 2015, comme une houle battant la falaise, le temps passait sur le socle de pierres blanches qui fait un piédestal à la statue de Marianne.
Le temps passait, les nuits et les jours, la pluie, le vent, qui délavait les dessins d’enfants, éparpillait les objets, effaçait les slogans, estompant leur colère. Et l’on se disait: c’est cela, un monument, qui brandit haut dans le ciel une mémoire active, vivante, fragile; ce n’est que cela, une ville, cette manière de rendre le passé habitable et de conjoindre sous nos pas ses fragments épars; c’est tout cela l’histoire, pourvu qu’elle sache accueillir du même front les lenteurs apaisantes de la durée et la brusquerie des événements.
Parmi les fleurs, les bougies et les papiers collés, j’ai vu une page arrachée à un cahier d’écolier. Quelqu’un, à l’encre bleue, d’une écriture sagement appliquée, y avait recopié une citation de Victor Hugo * . Depuis la veille au soir, déjà, la toile bruissait de ce nom propre, en plusieurs langues et divers alphabets. Au même moment, un collectif de grapheurs retrouvait dans une vieille locution latine la rage d’espérer, ramenant à la noire lumière d’aujourd’hui la devise parisienne qu’on gravait pour la première fois sur un jeton en 1581.
« Et que ceux qui se flattent de leur désespérance en tenant boutique de nos désarrois, ceux qui s’agitent et s’enivrent aux vapeurs faciles de l’idée de déclin, ceux qui méprisent l’Ecole au nom des illusions qu’ils s’en font, tous ceux qui, finalement, répugnent à l’existence même d’une intelligence collective, que ceux-là se souviennent de ces jours. Car la littérature y fut aussi, pour beaucoup, une ressource d’énergie, de consolation et de mobilisation ».
Je rentrais chez moi et me plongeais dans les grands livres illustrés à la reliure rouge qui m’accompagnent depuis l’enfance. À chacun de mes anniversaires, mon grand-père m’offrait un volume de cette édition ancienne et populaire des œuvres complètes de Victor Hugo. J’y retrouvai, en entier, la chose vue place de la République. C’est au troisième livre des «Misérables», au premier chapitre intitulé «Paris étudié dans son atome», ode au gamin de la capitale qui raille et qui règne. On y lit ceci :
* « Tenter, braver, persister, persévérer, être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête voilà l’exemple dont les peuples ont besoin » (…)
Ce qui tient bon, ce qui tient tête, c’est pour Hugo la ville dans ses formes matérielles, dans l’insistance ténue et sonore de ses lieux mêmes, et l’on reconnaît ici cette vieille idée humaniste, toujours démentie par l’expérience, jamais vraiment récusée pourtant, qui consiste à croire qu’un assaut de beauté et de grandeur saura braver la méchanceté du monde.
Mais ces formes urbaines ne sont rien sans l’énergie sociale qui les anime, les énonce et les transforme. Elles persévèrent, pourvu qu’elles ne se figent jamais. Elles persistent dès lors qu’elles n’insistent pas. Elles demeurent en mouvement, si l’on veut bien prêter l’oreille à la familière étrangeté de cette expression, « demeurer en mouvement » qui dit tout à la fois ce qui nous habite, nous élance et nous éloigne. Car si « Paris représente le monde », tel était le titre la première leçon que Jules Michelet prononçait au Collège de France le lundi 23 avril 1838, c’est parce que je lis ses derniers mots, « tous les peuples y affluent pour y puiser les éléments de leur civilisation, c’est le grand carrefour où vient aboutir la route des nations ».
P. Boucheron, «Paris représente le monde: Jules Michelet, 23 avril 1838», dans Moyen Âge et Renaissance au Collège de France, P. Toubert et M. Zink dir. Paris Fayard, 2009


Les peuples, les nations, le carrefour des civilisations, mesdames messieurs, rassurez-vous je ne vous infligerai pas ici ce discours du XIXe que la solennité des lieux et la gravité des temps risque toujours d’inspirer à qui entre dans ces murs. le geste inaugural de Michelet est si puissant que toute prétention à le répéter ou même simplement à s’en autoriser ne serait que singerie, soit indifféremment puérilité ou sénilité. Or nous sommes dans l’âge adulte, et par conséquent fatigués du prophétisme.
13eme minute - Que peut l’histoire aujourd’hui ? Que doit-elle tenter pour persister et rester fidèle à elle-même ? Telle est la question, grave sans doute que je souhaite poser aujourd’hui en ces lieux et devant vous. S’y entend peut-être en écho le cri de Spinoza, cette manière d’ontologie qui se dit dans les termes de l’éthique : « nul ne sait ce que peut un corps ». Pouvoir ? Qu’est-ce à dire ici ? Il ne s’agira pas de réclamer de manière solennelle et martiale quelque chose pour l’histoire. Rétive à sa puissance, elle ne se rend maîtresse de rien. Pas davantage on ne revendiquera quoi que ce soit pour les historiens. Qu’ils se chagrinent parfois de s’éloigner de l’oreille des puissants ne nous importe guère. Il faudra plutôt ce que peut l’histoire, ce qu’elle peut vraiment, ce qu’elle peut encore, entendez à la fois ce qui lui est possible, et ce qu’elle est en puissance.

Et maintenant, au moment de dire mon immense gratitude pour l’honneur que vous m’avez fait en m’élisant sur cette chaire des pouvoirs en Europe occidentale du XIIIe au XVIe, permettez-moi un aveu : j’ai lu vos leçons inaugurales, et celles de vos prédécesseurs, jusqu’à vos plus lointains devanciers, je les ai lues par devoir, désir de bien faire ou simplement pour tromper mon attente. Car j’ai longtemps attendu pour comprendre ce qu’on attendait de moi. Je ne cherchais pas l’inspiration, je m’assurais seulement que j’aurais la patience, l’audace peut-être, l’humilité pour ne pas manquer la parole qui m’attendait. Et voilà qu’aujourd’hui reviennent en cortège toutes les émotions qui s’expriment en pareille circonstance.


Ce sont l’effroi, mêlé d’une joie féroce, le fait d’être irréductiblement seul, et se sentir pourtant si nombreux. Le désir presque animal de fuir au loin pour ne pas y être et en même temps les mots qui cognent à vos tempes pour vous ramener au désir de s’assembler. La fierté bien entendu qui tantôt vous soulève et tantôt vous écrase. La honte aussi face à un privilège tellement extravagant. L’évidence presque comique du sentiment d’indignité ; le passé si lourd qu’il pèse comme un couvercle. Tout cela a été dit cent fois, et pourtant tout cela est strictement vrai, à commencer par la réticence à commencer.

16 - Ne pas prendre la parole, mais se préparer à devenir celui d’où vient le discours, en se laissant envelopper par lui.. Je lis et je relis ces pages inoubliables de « L’ordre du discours » de Michel Foucault, comprenant que cet ordre est d’autant plus impérieux qu’il n’a pas à énoncer ses commandements. Je lis et les relis fiévreusement car j’y vois une alerte toujours brûlante qui permet de se prémunir contre la violence du dire. De ne pas se laisser griser par sa puissance injuste.
Mais qu’y a-t-il de si périlleux dans le fait que les gens parlent et que les discours indéfiniment prolifèrent ? Où donc est le danger ? Telle est la seule question qui vaille aujourd’hui, tant elle appelle une réponse qui risque de nous surprendre, de nous heurter, de nous déplaire. Car les grands périls sont en même temps ceux qui s’annoncent bruyamment par eux-mêmes et ceux plus inaperçus que l’on risque de précipiter en voulant les prévenir. http://1libertaire.free.fr/Foucault64.html
La leçon sur la leçon de Pierre Bourdieu peut se lire comme la glose douloureuse de ce passage. Ni cynisme, ni pulsion suicidaire, le sociologue pensait qu’en brisant le charme de l’autorité académique, il n’affaiblissait en rien son régime de vérité, mais bien au contraire le fondait en raison. Car il croyait aux vertus libératrices de ce qui est sans doute le moins illégitime des pouvoirs symboliques, celui de la science, spécialement lorsqu’elle prend la forme d’une histoire des pouvoirs symboliques. S’il disait cela ici même, c’est aussi surtout parce qu’il ne concevait pas d’hommage plus digne adressée à une institution entièrement à la liberté que de prendre avec elle quelques libertés.
http://pierrebourdieuunhommage.blogspot.fr/2011/08/en-ligne-pierre-bourdieu-autour-de_26.html


Où donc est le danger ?

Une bonne partie de l’œuvre de Roger Chartier se situe là, ce lieu de rencontre où il reconnaît ce qu’il appelle dans sa leçon inaugurale la crainte contradictoire qui a habité l’Europe moderne et qui nous tourmente encore. d’un côté l’effroi devant la prolifération incontrôlée des écrits, l’amas des livres inutiles, le désordre du discours. D’un autre, la peur de la perte, du manque, de l’oubli. Nous sommes au cœur de la tourmente. Qui ne voit qu’elle prend aujourd’hui deux formes assourdissantes ? Celle des bavardages incessants et celle du grand silence apeuré. Nous ne pourrons les affronter que par une conjuration de patience, de travail, d’invention, de courage, d’amitié. Une conjuration de l’intelligence qui trouve sa forme dans l’ordre des livres dont je veux défendre la cause. Lire c’est s’exercer à la gratitude. Celle que je ressens pour Roger Chartier est si profonde et sincère qu’elle ne peut se dire qu’avec les mots que je viens d’employer. Il faut ajouter la bienveillance sans laquelle l’intelligence n’est qu’une vilaine manie et celui de générosité qui caractérise sa manière de dire et de faire.

Remercier ses protecteurs, présenter ses intentions, telles étaient les deux tâches principales que se donnaient déjà les premiers lecteurs royaux au XVIe. La manière dont les formes du discours antique d’apparat parvinrent jusqu’à eux constitue en elle-même une illustration de l’élan humaniste dont le Collège ne cesse depuis lors de réactualiser l’ambition, l’énergie et la nécessité.
19 - A la rentrée 1534, Barthélemy Masson dit Latomus, nommé à la chaire d’éloquence latine, prononce sa leçon. C’était au collège Ste Barbe, le Collège créé en 1530 n’ayant pas encore de locaux. Guillaume Budé l’avait d’abord voulue comme une encyclopédie vivante bâtie sur la pierre vive de la parole des maîtres. Budé recommanda Latomus au roi. Né à Aarlon, Latomus enseigna à Trèves, Cologne, à Louvain où il fit la connaissance d’Erasme. Sa leçon de 1534 est la première à avoir été conservée.


Latomus y confesse la crainte de décevoir, réclamant de ses amis qu’ils l’aident à ne pas fléchir sous le poids des responsabilités. Aussi mentirai-je si je prétendais qu’aucune timidité ne m’envahit. Il y avait de quoi. La tâche qui l’attendait consistait à rien de moins qu’à sortir l’humanité des ténèbres. Il raconte l’histoire de la Renaissance telle qu’alors elle s’invente et s’exalte. Il y eut d’abord Athènes et Rome qui florissaient non seulement par l’éclat de leur génie mais par la gloire de leur empire. Sur cette grande félicité s’abattit la tempête scythe, ennemi des Lettres, hideuse et dévastatrice de tout. Il s’en suivit un ravage immédiat non seulement des vertus privées dans le cœur des hommes mais aussi [un effondrement] de l’empire et de la domination. Voici donc les hommes plongés dans l’obscurité du MA, in tenebris qui est aussi une éclipse de la puissance. Dans la nuit théologique, certains savants avancent à tâtons, tels des voyageurs sans boussole, ils s’enfoncent dans les ornières des marais. A l’Ouest vint une clarté soudaine : il y a huit cent ans. C’était au temps de Charlemagne, et c’est à nouveau l’empire. Dans le feu pâle de cette renaissance, se devine ce qui pourrait être l’Europe occidentale. Un mince ruisseau de science se détourna de ses sources italiennes, presque taries d’ailleurs, coula vers la France et de là se répandit bientôt dans les régions voisines. Feu de paille, faux départ, les ténèbres l’emportent à nouveau, à peine striés par quelques brefs éclairs de renaissances intermittentes. Il n’empêche. A de nombreux endroits, les hommes vivaient de façon farouche et affreuse, mais ce n’est plus le cas à présent, s’enflamme Latomus. Aujourd’hui, tout est rétabli, restauré, purifié, fortifié pour la plus grande gloire de l’Etat.


On reconnaît dans ce discours la grande rhétorique de la séparation des temps qui, d’un même mouvement, produit des deux périodes qu’elle écarte, Moyen-Age et Renaissance. On comprend aussi combien la légende de fondation du Collège est intimement liée à ce geste même. Aussi pourra-t-on trouver sacrilège d’enjamber dans ces murs la coupure voulue par les humanistes. C’est qu’il y a peu d’institutions qui mêlent aussi inextricablement que celle-ci « Souvenirs, fictions et croyances » pour reprendre l’intitulé du premier cours que j’y donnerai cette année. En mettant ce puissant imaginaire à l’épreuve d’une histoire des pouvoirs, on devine la chronique beaucoup plus heurtée d’une fondation fragile et hésitante. Point de commencement ici, mais une suite incertaine de recommencements, s’attardant jusque dans les années 1560.
Rien assurément qui n’ai la netteté acidulée des grands tableaux d’histoire de la Restauration. Ainsi cette composition peinte par Guillaume Guillon Lethière en 1824 accueillant les nouveaux professeurs dans la salle d’Assemblée par un mensonge historique effronté : on y voit l’imposante stature du roi fondateur François 1er bien entouré, puisque Léonard de Vinci lui-même l’honore de sa présence (11 ans après sa mort en 1519).

On comprend à le voir combien il est difficile aux historiens de la Renaissance de sortir de l’étouffant huis clos d’Amboise où Léonard, spectre increvable n’en finit pas d’agoniser dans les bras du roi. Ils savent bien pourtant que ce qui trouve refuge à Paris est un rêve humaniste européen commencé à Alcala, Louvain, Oxford, Rome, mais aussi Milan, comme ils savent que les théologiens de la Sorbonne menés par Noël Bédier, leur doyen, n’étaient pas les infâmes obscurantistes que l’on dit.


24 - Rien n’y fait. Michelet est passé par là, la Renaissance existe puisqu’il l’a réinventée. Elle n’existe pas autrement qu’en tant que création poétique. Mais en ce sens elle est irrécusable. Il est très rare que l’histoire en tant que littérature atteigne ce point d’invulnérabilité. Mais lorsqu’elle y parvient, l’histoire en tant que discours savant et engagé ne peut plus rien contre elle. Personne ne fera que Michelet n’ait pas relancé jusqu’à nous la Renaissance et personne ne pourra même s’affranchir des termes par lesquels il la fait exister.
Encore doit-on pouvoir les décrire avec précision. Avant de trouver l’Italie pour patrie, et le siècle pour intrigue, l’éternelle Renaissance fut d’abord sous sa plume l’infatigable mouvement de l’esprit qui ne cesse de courtiser l’autorité du passé en cherchant des âges d’or derrière lui. Ce qui est on le sait bien un trait général que les modernes prêtent libéralement à la période médiévale.

Mais de quel Moyen-Age parle-t-on ?

Celui dont Michelet brossait les contours lors de sa leçon de 1838 reliait d’un même élan la scolastique du XIIe à l’humanisme du XVIe, d’Abélard à Pierre de la Ramée se déploie la grande aventure du libre examen. L’histoire de la philosophie médiévale ne démentirait guère aujourd’hui une telle chronologie, pas plus qu’elle ne contesterait la puissance émancipatrice de la raison scolastique. Lorsqu’il est nommé en 1551 sur la chaire de mathématiques et de philosophie grecque, Pierre de la Ramée dit Ramus naît dans une humble famille de laboureurs près de Noyon, arrive à Paris comme domestique d’un écolier du collège de Navarre, devient ce lutteur indomptable qui s’attaque au corpus aristotélicien. « Ramus, en enseignant la jeunesse, était un homme d’Etat » écrira de lui Etienne Pasquier qui fut son auditeur admiratif. Sa leçon du 24 août 1551 fut publiée, précédée d’une dédicace au cardinal de Lorraine qui précisait « qu’elle fut prononcée au milieu d’une si grande affluence de monde que plusieurs personnes à demi asphyxiées ont dû être emportées hors de la salle, et que l’orateur lui-même pris d’un accès de toux a failli être suffoqué ». Vous comprenez mieux sans doute pourquoi l’intitulé même de la chaire que je défends ici se tient à distance respectueuse de ces deux périodes, Moyen-Age et Renaissance. Leur tradition est si illustre au Collège de France qu’elle oblige inévitablement ceux qui s’y conforment à reprendre à leur compte le puissant récit qu’ils enclenchent.

Pierre de la Ramée (1515-1572)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_de_La_Ramée
25 - annonce du cours à venir en janvier les lundis de 11 à 12 heures

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