Sport et Genre aux xixe-xxe siècles Le sport féminin au masculin





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date de publication08.11.2017
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Sport et Genre aux XIXe-XXe siècles

  • Le sport féminin au masculin



De nombreuses journées d’études, colloques et expositions ont eu l’initiative de recherches sur l’histoire du sport féminin. Il s’agissait surtout de redonner aux femmes une visibilité dans une histoire qui les avaient passablement négligées et d’aborder la question des relations entre les sexes à travers la domination que les hommes ont historiquement imposé aux femmes.

Cette histoire ne se limite donc pas aux discours et aux institutions, mais elle s’enrichit d’une réflexion sur les valeurs et les représentations.
L’histoire des femmes n’est pas seulement appréhendée comme celle de leur marginalisation. Leurs luttes, leurs résistances, leurs conflits internes, leurs formes d’excellence deviennent objets de recherches, de même que l’histoire des masculinités en sport ne se réduit pas à l’affirmation des symboles de virilité.
Le sport et les femmes,  c’est d’abord une histoire qui remonte à la nuit de temps. Au cours des siècles, les normes sociales ont permis la pratique sportive à quelques femmes en écartant ou en excluant l’immense majorité. Ce poids d’ordre social dominé par l’homme dans la sphère d’existence personnelle de la femme est un thème constant. Pour la majorité des femmes, la société leur a défini un rôle les excluant de la scène sportive.
La Crète reconnaissait aux femmes le droit au sport violent, en plus de coudre, tisser, moudre le grain, elles conduisent des chars et participent avec les hommes aux jeux tauromachiques. L’attitude de la Grèce sera différente, seules les divinités se disputent les prouesses physiques, cavalières, amazones, chasseresses et « sprinteuses », les autres femmes athéniennes restent confinées dans la maison aux tâches d’éducation des enfants.
Mais envers et contre tout le sport est initialement une affaire d’hommes. L’histoire du sport a largement contribué à présenter le sport comme une activité masculine voire machiste accroché à l’image prégnante de virilité, de force et puissance. Penser la féminité est aussi une affaire d’hommes. Les femmes simples spectatrices sont restées longtemps sur la touche, à l’écart d’un univers construit par et pour les hommes.


Dès qu’il s’agit d’histoire politique, sociale, d’histoire de l’art et des sports, les femmes n’apparaissent pas. Si elles apparaissent, elles le sont comme victimes d’ostracisme, mais les raisons pour lesquelles elles sont exclues, c’est à dire la distribution du pouvoir et la hiérarchie des genres, ne semble pas mériter beaucoup d’attention.
Les femmes sont privées de leur propre histoire ! l’histoire, c’est son histoire à lui, pas à elle. Elles sont par nature des êtres sans histoire dont les conditions de vie ne changent jamais . Ceci est particulièrement vrai pour l’histoire du sport un domaine où les idoles sont surtout masculines.
Même Coubertin rénovateur des JO modernes à Athènes en 1896 écrira et cela a le mérite d’être franc, «  le véritable héros olympique est à mes yeux l’adulte mâle individuel », interpellé sur l’opportunité d’ouvrir ce rassemblement aux femmes il eut l’audace de dire :« Une olympiade femelle serait inintéressante, inesthétique et incorrecte. Les JO doivent être réservés aux hommes, le rôle des femmes devraient être avant tout - comme dans les concours antiques- de couronner le vainqueur »
Pourtant en 1900 aux JO de Paris, la 9ème Olympiade voit pour la première fois une épreuve féminine : le simple dame en tennis, en 1904 elles seront admises au tir à l’arc, puis en 1912 à la natation, en 1924 au 1er concours de fleuret individuel et en 1928 contre Coubertin et le CIO, les femmes seront admises sur les stades en athlétisme lors de rendez-vous olympiques.
Vieux débat que celui de l’opposition entre nature et culture. Le sport féminin vient de ce dualisme.
« Féminisme sportif » ou « sport au féminin » : philosophie de l’égalité pour les femmes ,le sport  étant activité humaine où les hommes ont jusqu’ici excellé. Nous vivons dans un monde où le sport symbolise et exprime la référence masculine.
Malgré les changements dans les relations entre les sexes, de leur droits, les femmes sont dans de nombreux domaines et dans le sport comme «  le deuxième sexe ».

Mais les femmes ont-elles intérêt à jouer les mêmes jeux que les hommes ? Il est malgré tout important de ne pas concevoir l’histoire du sport féminin en terme d’opposition au sport masculin. Le sport féminin émerge-t-il vraiment d’un passé si difficile ? S’engage-t-il dans un futur plus prometteur ?



  • D’ un point de vue historique



Apparition du sport en France précède la création du Racing Club de France 1882 et celle de l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques en 1889 ! Dès 1850 on pratiquait l’escrime, équitation, vélocipède, le law-tennis, le golf et le polo et l’automobile, cela restent des loisirs mondains pour péréniser le culte de la prouesse, de l’exploit et du risque. Ce sont des cercles restreints ! A ce moment6là le sport est un moyen de mettre en scène le chic et l ‘apparat des femmes.
Le mot sport ne pénètre la langue française que vers 1820 et ne sera défini par le dictionnaire de l’Académie française qu’en 1878.
Tout le XIX ème siècle montre la féminité vécue comme une fatalité douloureuse, une condition d’infériorité radicale, ce discours comme allant de soi !
Rappelons que le code Napoléon déclare la femme mineure et coupable à vie de la faute originelle, sans parler de forces maléfiques. Le corps de la femme sera donc un corps assujetti aux pouvoirs légiférants religieux, médicaux, philosophiques des hommes. Cet ordre social repose sur la répression de cette turbulence du corps féminin en lui imposant normes et objectifs esthétiques en l’éduquant à la réserve et à la pudeur.
Les femmes vont représenter un corps utile, reproductif et un corps soumis au pouvoir masculin, la maternité étant le seul sens auquel elle puisse prétendre. Elle sera mère ou madone ou « vase sacré » identifiable à ses hanches et ses seins copieux !
Femme est une aberration identitaire coincée entre des attentes paradoxales et contradictoires : elle ne peut pas être !! Séductrice et génitrice : le pur fantasme masculin !
Le sport sera on va le voir un indice de l’émancipation de la femme et une conquête de haute lutte sur un terrain d’homme ! La femme sportive est une rebelle, une pionnière en développant des vertus masculines qu’on lui a interdites ! Le muscle, symbole de la puissance entre de fait dans une apparente contradiction avec la loi du désir masculin d’un corps fragile oisif et captif.
Le sport féminin va stigmatiser cet écart virilisant comme une atteinte au bon ordre social. Peur d’une femme trop forte, libre et performante, capable de concurrencer les hommes.


Vers 1880, l’exemple du « corset » « agent redresseur » qui remonte à la plus haute antiquité et accessoire vestimentaire, épisode de l’émancipation féminine au début du siècle nous renseigne sur l’évolution de cette question entre beauté et santé.
En fait ce corset est au centre d’une lutte d’intérêt portant sur la santé de la femme, notamment la mère. : condamnation car obstacle à la natalité (France revancharde après défaite de 1870) et condamnation médicale liée à la physiologie respiration. Début du siècle l’image de la femme est celle de la ménagère, génitrice, son éducation est vouée à la grâce, à la plastique, au rythme.
En 1882, la loi Jules Ferry introduit la gymnastique par les exercices militaires pour les garçons et pour les filles travaux d’aiguille ! De 1882 à 1939, l’éducation physique sportive est séparée et sous influence médicale.

Lorsque l’enseignement de la gymnastique est rendu obligatoire par la loi du 27 janvier 1880, rien n’est dit sur les filles ! pas de cours pour elles.
« La vérité , c’est que la femme a des fonctions physiologiques à subir qui sont incompatibles avec le travail » ou encore « la vie physique de la fillette doit de différencier de celle du jeune garçon » On s’attachera à développer chez elle la légèreté, la souplesse et l’adresse ».
Enseignement séparé qui établit une éducation physique, une distinction entre les sexes, la préparation physique des femmes est orientée vers leur rôle de mère.

L’accès des femmes aux pratiques sportives est donc une conquête contre les interdits de tous ordres. Et avec des méthodes adaptées, mais les convictions sont enracinées : la femme est faible, fragile on doit la protégée !
Autre exemple significatif 


  • La parution d’un Livre édité par Berger Levrault en 1911 écrit par Edmond Desbonnet, reflet d’une époque, celle du XIX ème siècle et révélateur d’une condition de la femme, d’un rapport particulier de la femme à son corps ce livre s’intitule « la culture physique au féminin avant 1914 « pour devenir belle et le rester ».


Ce livre qui vient après « l’art de créer le pur-sang humain » de Rouhet en 1905, je passe sur la table des matières qui donne le ton de l’ensemble. L’argumentation est suggestive : la mission de la femme est de plaire, d’acquérir, d’augmenter sa beauté, arme redoutable, autour de ce postulat : la beauté gouverne le monde, pour lui la beauté s’acquiert par la culture physique (distinct du sport) ! pas de beauté sans santé.
Régénération de la race et la défense de la patrie, on se rappelle la défaite de la France contre l’Allemagne, toute la IIIème république est portée par l’idée de revanche. D’ailleurs la gymnastique devient obligatoire dès 1880, sous influence militaire mais aussi sous contrôle des savants, hygiénistes et des médecins. Il s’agit de refaire une race forte, cri d’alarme la France est en baisse, 25 millions d’habitants de moins que l’Allemagne, il faut donc de bonnes mères qui donneront des hommes forts et valides !
La femme doit rester belle pour choisir l’étalon qui la rendra mère d’un être supérieur ! Aux mères de se mettre en forme à tous le sens du terme pour régénérer la race. La femme reste mère pour participer à l’évolution d’une race qui défend la nation, on mesure au passage toute l’idéologie que contient ce discours. Même après la grande guerre de 1914 le discours ne changera pas. Le régime de Vichy a renforcé cette conception de la femme génitrice. Le sport est donc à cette époque réservé à une élite, une poignée de femmes y participent 
Période significative (jusqu’en 1860) du changement avec le concept de la femme fragile, incarnant la vraie féminité se renforce dans les principaux secteurs de la société. Des femmes commencent à récuser ce modèle et les idées reçues sur l’éducation. L’apparition des moyens de transport, la vie accélérée des villes facilitent les déplacements qui imposent des tenues simplifiées et adaptées.
C’est l’activité physique qui sera l’adversaire inéluctable du corset, les femmes s’y intéressent de plus en plus. (1925, Education physique obligatoire dans les établissements secondaires pour les filles) le costume devient sportif : tennis, Exemple : Suzanne Lenglen qui gagne Wimbledon en 1920, elle le gagnera 4 fois de suite, bondit devant les balles, monte au filet et les rattrape à la volée, mobilité exceptionnelle facilité par sa tenue ( jupe plissée qu’elle fait raccourcir à chaque tournoi audace).

Mais aussi la baignade, l’automobile, les sports d’hiver à Chamonix et de chasse, mais surtout la bicyclette : une révolution  qui a beaucoup compté dans cette émancipation, popularité et essor entre 1910 et 1920, avec première compétition et Tour de France en 1903, femme pas étrangère à cette engouement. (polémique des femmes en pantalon sur leur vélocipède, serrant une selle entre leur cuisse).
Inconcevable rencontre de la femme et la bicyclette dans les années 1880 ( la faculté de médecine, je cite :« tressauta d’horreur » le vélo « une machine à stérilité » !

1ère course de femme à vélocipède en novembre 1888 à Bordeaux ! Invention et industrialisation qui reçoivent le concours de l’affiche, qui connaît son âge d’or au tournant du XXème siècle, impact sur les murs de la cité , l’affiche qui met son art au service de la bicyclette, essor auprès du grand public par le langage populaire ! C’est l’image de la femme (alors qu’elle lui est interdite ) qui servira les visées des constructeurs, marchands et publicitaires, propagandiste « passive » en faveur de la bicyclette.
Mais seule une infime minorité socialement privilégiée connaît le plaisir des loisirs liés au sport. La femme des années 20 est mince, d’allure sportive et

marche à grands pas ! Style garçonne, on pense à Mademoiselle Chanel et à l’évolution du corps devenu matière souple, malléable et transformable.

Ainsi se perpétue à partir des années 20 quatre représentations type de la femme sportive :
femme-enfant ou femme-mère : elle doit recevoir une éducation physique méthodique et raisonnée, renforce certaine partie du corps

femme-objet : la séductrice, la grâce, la souplesse car son utilité sociale provient de l’image qu ‘elle projette

femme-garçonne : cherche à imiter les hommes, elles nagent, jouent au football, courent, sautent !
L’événement qui défraye la chronique en 1903 à Paris « la course des midinettes » ouvrières de confection qui se lanceront le 25 octobre du Jardin des Tuileries à Nanterre ! Elles seront + de 2000 à rallier Paris /Nanterre 1er signal du muscle féminin. Elles se firent difficilement un chemin parmi les nombreux spectateurs venus voir ces «jeunes trottins ou antiques coursières »

C’est Jeanne Cheminel, modiste qui remporta la course des 12 kms en 1h10mn


Le sport toujours interdit aux femmes : pas les qualités physiques, on a jugé dépravation morale et exhibitionnisme mal vu par la morale !
Mais des femmes vont vers la fin du XIXème siècle commencer à récuser ces modèles et les idées reçues sur l’éducation féminine se révoltant contre la mode vestimentaire en exigeant leurs droits politiques et administratifs. Les femmes vont s’attaquer aux interdits rigides notamment leur infériorité physique
Cette dynamique en faveur du sport féminin est le fait de jeunes femmes modestes.

HISTORIQUEMENT / Des dates repères pour les femmes !




1798- Jeanne Garnerin, 1ère femme à sauter en parachute (à partir d’une montgolfière) elle trace la voie à Elisa Garnerin (sa nièce) qui entre 1815 et 1836 établit les 1ers records du parachutisme féminin.
1808- le 14 juillet Marie Paradis atteint le sommet du Mont Blanc, elle était serveuse dans une auberge de Chamonix. La première alpiniste française Henriette d’Angeville gravit les pentes du Mt Blanc à l’age de 44 ans en 1838 et réussit 25 ascensions classées.
1892- 1ère association cycliste de femmes, parmi les grandes cyclistes françaises, on peut citer Renée Dubatz qui pulvérise en 1884 avec 35kms 936 le record de l’heure féminin.
1909- Marie Marvingt gagne le concours de ski des Vosges, elle partage ses exploits entre le ski et l’aviation dont elle détiendra le record de durée en 1910.
1912 –Fondation de Fémina sport

1915 – Académie, grand club féminin

1916 – Fédération sportive féminine de France qui regroupe différents clubs

1917 – Les femmes jouent au football en France
1926 – Suzanne Lenglen fut la 1ère femme à passer professionnelle

la même année Gertrude Ederlé traverse la manche en 14h31mn, la première à le faire en crawl, elle établit le records de cette épreuve toute catégorie, améliorant les performances des 5 hommes qui l’ont précédée.
1920/1930

«  Pour les jeunes filles le sport reste envisagé avec réserve et les compétitions doivent se disputer sous la surveillance de chaperons en nombre respectable en des lieux clos de murs à l’abri des regards.
1934-l’aviatrice Hélène Boucher enlève le record du monde de vitesse toutes catégories
1937Jacques Mortane, 1er journaliste à rédiger une histoire du sport féminin, qui fit la part belle aux alpinistes et aux aviatrices
1943 – Circulaire fait une différence entre l’enseignement féminin et masculin ; au niveau de la programmation des activités moins d’initiation sportive pour les filles en volume horaire (remplacé par les danses folkloriques)

1945 – droit de vote des femmes

1974 – droit à l’avortement

1987 – concours unique masculin-féminin pour le CAPEPS

Dès 1900, on peut dire que  « le sport a fait pour l’émancipation féminine bien plus que certains discours entortillés ou certains volumes soporifiques »

Citation de Montherlant ! rapport sport et littérature mais aussi la lutte des femmes pour le sport !
« Je vis dans les stades des jeunes filles entraînées athlétiquement … Quelle révélation ! »
A ce stade de notre parcours, je voudrais vous parlez d’une femme tout à fait exceptionnelle ! Je voudrais vous parlez d’Alice Milliat, une sportive et une dirigeante hors norme.
Elle fut le porte-parole du sport féminin, c’est une femme qui au début du XIXème siècle se bat avec obstination pour lutter contre l’indifférence ou l’hostilité manifestée à l’égards du sport féminin.
Pour cela, il existe un document étonnant et bouleversant le film d’André Drevon

« Alice Milliat, La conquête du sport féminin »

Alice Millat est née en 1884, décédée en 1957



Personne en France ne connaît cette « Passionaria » du sport féminin. Elle est, je crois encore aujourd’hui inconnue de tous, des historiens, des universitaires et comme Géo-Charles déformée par l’oubli !
Elle est à elle seule une merveille pour son combat en faveur du sport féminin dès la fin de la guerre 14-18 qui va révéler le rôle social culturel des femmes dans un contexte dramatique ! Elle va faire trembler l’édifice sportif particulièrement opposé à la participation des femmes dans le sport ! notamment le CIO, Coubertin et autres dirigeants !
Dès son arrivée à Paris, elle va s’engager au sein de «  Femina sport » crée en 1912, club multi-sport féminin pionnier, dont elle va devenir la présidente active et audacieuse. En 1916 fut également créer son rival « Academia Sport », la 1ère rencontre d’athlétisme aura lieu en 1915 !
Ces clubs vont se regrouper et fonder en 1917 la 1ère fédération des Sociétés féminines sportives de France dirigée par Alice Milliat, qui fut une excellente rameuse ! Des réunions sportives féminines inter usines avaient lieu en Angleterre et en France.
Infatigable propagandiste elle demande au CIO en 1919 d’inclure des épreuves féminines au programme des JO d’Anvers, elle s’est heurtée à l’opposition irréductible de plusieurs dirigeants notamment à celle de Coubertin violemment opposé au sport féminin.
Elle ne s’en laisse pas compter et décide alors de créer un Comité qui institue pour 1921 et organise à MonteCarlo « les premiers jeux mondiaux féminins », faute de stade et de piste, les épreuves vont se dérouler sur le terrain du tir au pigeon, avec 5 nations dans 15 disciplines. Y participaient la Grande-Bretagne, la Suisse, l’Italie, la Norvège et la France.
Cela ne suffit pas à Alice Milliat qui renouvelle l’expérience, en 1922 toujours à Monte-Carlo, avec 7 nations dont la GB sortira victorieuse en remportant 12 des 15 épreuves. Mais le CIO refuse l’idée de l’arrivée des femmes au RV des JO !
Elle imagine l’impensable et lance le défi d’août 1922 avec l’organisation des Jeux « olympiques » féminins à Paris au stade Perching en présence d’un nombreux public. Citation de A.Milliat en mars 1922
L’élan est désormais donné et rien ne l’arrêtera, elle organisera en 1926 une deuxième édition des JO féminins à Göteborg en Suède, toujours pas reconnus par le CIO ! 10 nations y prennent part et les résultats démontrent l’étendue des progrès !
Mais les détracteurs seront contraints d’admettre que l’athlétisme féminin est une réalité, ils seront contraints de désigner une commission spéciale chargée de coopérer avec la fédé d’Alice Milliat, un premier pas qui s’accomplit en 1928 aux JO d’Amsterdam où 21 nations délèguent une équipe féminine ( sauf l’Angleterre qui s’oppose à la main mise du CIO ) les femmes participeront seulement à 5 épreuves : le 100m, le 800m, le saut en hauteur, le disque et le relais 4 x100.

Mais une fois de plus Alice Milliat ne s’estime pas satisfaite et considère que le programme est trop restrictif et pour cette raison, en 1930 à Prague, elle met sur pied des championnats du monde !
En 1935, souffrante et violemment attaquée à l’occasion d’une loterie mise en place pour l’achat d’un terrain d’entraînement, elle quitte définitivement la scène sportive, écoeurée par l’ingratitude dont a été payée son dévouement et sa fougue !
Elle disparaît abandonné de tous, on ne parlera plus jamais d’elle !
Significatif d’un état d’esprit et d’une conquête où la reconnaissance, l’oubli se chargent de vous construire un silence éternel.

CONCLUSION




Le sport féminin a été plus un mythe qu’une réalité. Pour la majorité des femmes la société, nous venons de le voir, leur a défini un rôle les excluant de la scène sportive. En fait la société a inventé un grand nombre de contes et légendes pour consolider cette exclusion
Pendant tout le XXème siècle, le sport a suscité une quantité d’analyses judicieuses. Il a été étudié dans ses rapports avec l’éthique, l’économie, la politique, le racisme et le sexisme. L’un des problèmes les plus importants et les plus controversés a trait à l’égalité pour les femmes.
Or ce concept du sport dominé par l’homme est dépassé dans bien des secteurs du monde sportif. Aujourd’hui, le sport féminin se développe et cela pourrait avoir des conséquences sur la façon dont il sera conduit et perçu dans l’avenir.
On peut alors imaginer, voire « rêver » le sport comme instrument apte à détruire les constructions fausses, affaires de mœurs, de représentation, de culture, d’organisation sociale et politique.
Le sport peut aider au développement de l’indépendance, il peut aider à corriger et améliorer nos profils de sexualité. Peut-on qualifier sexuellement le sport ? Existe-t-il une musique féminine parce que des femme jouent d’un instrument ?
Le sport n’appartient pas à un sexe et l’esprit sportif n’a ni âge, ni frontière ! Plus qu’une société le sport est une communauté, si la vertu et la valeur c’est être le meilleur, si le sport parle de notre être personnel, qu’il fabrique notre histoire et notre liberté par rapport au monde, alors les femmes sont à même par cette expérience d’en éprouver les limites aux frontières du réel !

Dans ce cas la femme athlète est aussi une « passeuse » d’humanité.


Elisabeth Chambon

Conservateur du musée

Juin 2005

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