Avant propos aux Neuvièmes Rencontres de La Durance





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Sur les mythes mésopotamiens

Document n°8

Mille deux cents ans n’étaient pas passés, le pays s’était accru, les populations avaient augmenté, le pays s’agitait comme un taureau. Le dieu était gêné par leur vacarme, Enlil entendait leur clameur. Il dit aux grands dieux : « La clameur de l’humanité me pèse, je perds le sommeil à cause de leur vacarme. »

Récit d’Atra-hasis, version du XVIIe siècle av JC, tablette II i : 1-11

Document n°9

Dieu vit que la malice de l’homme sur la terre était grande et que tout l’objet des pensées de son cœur n’était pas toujours que le mal. Dieu se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre et il s’irrita en son cœur. Dieu dit : « Je supprimerai de la surface du sol les hommes que j’ai crées, depuis les hommes jusqu’aux bestiaux, jusqu’aux reptiles et jusqu’aux oiseux des cieux, car je me repens de les avoir faits »

Genèse, chapitre 6, verset 5-9

Document n°10

Dans le récit de l’Epopée de Gilgamesh, Outa-napishtim raconte ce qui se passe après que son bateau accoste au mont Nisir lors du reflux du Déluge : «Quand arriva le septième jour, je fis sortir une colombe et je la lâchai. La colombe partit et revint : aucun endroit où se poser ne lui étant apparu, elle avait fait demi-tour vers moi. Je fis sortir une hirondelle et je la lâchai. L’hirondelle partit et revint : aucun endroit où se poser ne lui étant apparu, elle avait fait demi-tour vers moi. Je fis sortir un corbeau et je le lâchai : le corbeau partit et vit le reflux des eaux. Il mangea, se baissa, remonta et ne fit pas demi-tour vers moi ». 

Récit d’Atra-hasis, version du XVIIe siècle av JC, tablette XI : 147-156

Document n°11

Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre de l’arche qu’il avait faite et lâcha le corbeau. Celui-ci sortit allant et revenant, jusqu’à ce que les eaux fussent séchées de dessus la terre. Puis il lâcha d’auprès lui la colombe pour voir si les eaux avaient diminué de la surface du sol. La colombe ne trouva pas d’endroit où reposer la plante de son pied et elle revint vers lui dans l’arche, car les eaux étaient sur la surface de toute la terre. Il étendit sa main, la prit et la ramena vers lui dans l’arche. Il attendit encore sept autres jours et recommença à lâcher la colombe hors de l’arche. La colombe vint à lui, au temps du soir, et voici qu’en s bouche, il y avait une feuille d’olivier toute fraîche. Alors, Noé sut que les eaux avaient diminué de dessus de la terre. Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, mais elle ne revient plus vers lui.

Genèse, chapitre 8, verset 6-12

Document n° 12

Un homme de la tribu de Lévi alla et prit une fille de Lévi. La femme devient enceinte : elle enfanta un fils. Elle le regarda : il était beau et elle le cacha pendant trois mois. Comme elle ne pouvait plus le tenir caché, elle prit une caisse de jonc et l’ayant enduite de bitume et de poix, elle y mit l’enfant et le déposa parmi les roseaux sur le bord du fleuve. La sœur de l’enfant se tenait à quelque distance pour savoir ce qui lui arriverait. La fille de Pharaon descendit au fleuve pour se baigner, et ses compagnes se promenaient le long du fleuve. Ayant aperçu l’enfant la caisse au milieu des roseaux, elle envoya sa servante pour la prendre. Elle l’ouvrit et vit l’enfant : c’était un petit garçon qui pleurait ; elle en eut pitié et elle dit : « C’est un enfant des Hébreux ». Alors, la sœur de l’enfant dit à la fille de Pharaon : « Veux-tu que j’aille te chercher une nourrice parmi les femmes des Hébreux pour allaiter cet enfant ? » « Va » lui dit la fille de Pharaon, et la jeune fille alla chercher la mère de l’enfant. La fille de Pharaon lui dit « Emporte cet enfant et allaite-le-moi. ». La femme prit l’enfant et l’allaita. Quand il eût grandi, elle l’amena à la fille de Pharaon et il fut pour elle comme un fils. Elle lui donna le nom de Moïse, car, dit –elle, « Je l’ai tiré des eaux. »

Exode, chapitre 2, verset 1-10

Document n°13

Sargon, le roi puissant, le roi d’Akkad, je le suis. Ma mère était une prêtresse, mon père, je ne le connaissais pas… Ma mère, la prêtresse, me conçut en secret, elle m’enfanta. Elle me mit dans une corbeille de roseau avec de l’asphalte, elle ferma le couvercle. Elle me jeta dans la rivière qui ne m’engloutit pas. Le fleuve me porta et m’emmena vers Akki, le puiseur d’eau. Akki, le puiseur d’eau, me sortit comme il trempait son vase. Akki, le puiseur d’eau, me prit comme son fils et m’éleva. Il me plaça comme son jardinier. Durant mon jardinage, Ishtar m’aima.

Thomas Römer, Moïse, Gallimard, 2002

BIBLRAPHIE

  • Sous la direction de JOANNES Francis, Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Robert Laffont, 2001

  • Sous la direction de BORDREUIL Pierre, BRIQUEL-CHATONNET Françoise, MICHEL Cécile, Les débuts de l’histoire, Ed. de La Martinière, mars 2008

  • MARGUERON Jean Claude, PFIRSCH Luc, Le Proche-Orient et l’Égypte antiques, Hachette, 2005

  • GARELLI Paul, LEMAIRE André, Le Proche Orient asiatique, en 2 tomes, Nouvelle Clio, PUF, 2004

  • BOTTERO Jean, Mésopotamie, L’écriture, la raison et les dieux, coll. Folio Histoire, Gallimard, 1997

  • BOTTERO Jean, Au commencement étaient les dieux, coll. Pluriel, Hachette Littératures, 2008

  • BOTTERO Jean, La plus vieille religion. En Mésopotamie, Folio histoire, Gallimard, mai 2004

  • BOTTERO Jean, Initiation à l’Orient ancien, Points Histoire, Seuil, 1992

  • PARROT André, Sumer, L’Univers des formes, Grandes civilisations, Gallimard, 2006

  • KRAMER Samuel Noah, L’Histoire commence à Sumer, Ed Arthaud, 1975

  • L’épopée de Gilgamesh

  • BOTTERO Jean, Entretiens avec MONSACRE Hélène, Babylone et la Bible, Ed Belles Lettres, 1994

  • BOTTERO Jean, VERNANT, HERRENSCHMIDT L’Orient ancien et nous, Hachette Pluriel, 1998

  • ROAF Michael, Atlas de la Mésopotamie et du Proche Orient ancien, Turnhout Brepols, 1991

  • MAC CALL Henrietta, Mythes de la Mésopotamie, coll. Points Sagesses, Ed Seuil, 1994


Enseigner les civilisations : L’Orient au IIIe millénaire avant J.-C.

Patrick Parodi

Professeur agrégé, Lycée Joliot-Curie, Aubagne

Annexe 1

Des éléments d’histoire mésopotamienne postérieurs au IIIe millénaire

1 le temps des dynasties amorites (2003 - 1753)

Cette période dure à peu près deux siècles durant lesquels, des souverains de la famille amorite, sont en compétition et tentent de recréer l’Empire disparu. On voit alors des capitales successives prendre le dessus et un lent transfert du centre politique et économique vers le Nord mésopotamien. Cette période reste capitale, car elle voit le déclin définitif de Sumer même si la région reste un lieu de prestige et le triomphe de la langue sémitique.

Le pouvoir revient à Ishi-Erra, le gouverneur qui avait fait défection contre l’Empire : celui-ci s’est construit une base solide en créant une principauté à Isin, puis s’empare de Nippur ce qui lui assure la domination du sud du pays. Isin devient vite la capitale économique en détournant à son profit les relations commerciales avec la Mésopotamie, l’Elam et le golfe qui se concentraient jusqu’à là sur Ur. La domination d’Isin apparaît évidente jusqu’à Iddin-Dagan qui règne de 1974 à 1954 av. J.-C., mais les premiers signes de fragilité sont plus évidents sous les règnes suivants : Ishme-Dagan (1953-1935) et Lipit-Ishtar (1934-1924) : Isin ne parvient pas à s’imposer dans le nord mais se retrouve concurrencée dans le sud par la cité de Larsa, en pleine expansion. La Mésopotamie se trouve en réalité divisée en de multiples principautés et le royaume d’Isin se limité en fait au territoire de la cité avant de disparaître, absorbé en 1793 par Larsa.

Cette dernière est une cité modeste jusqu’au IIIe millénaire, puis joue un rôle international surtout avec Gungunum (1932-1906 av. J.-C.) : ce dernier conduit des expéditions contre l’Elam, s’empare d’Ur, développe les réseaux économiques et multiplie les constructions. C’est surtout au XIXe siècle que la cité devient dominante malgré les coalitions éphémères de ses concurrentes. Cette puissance reste cependant aléatoire puisque sous le règne de Nûr-Adad (1865-1850), les difficultés sont réelles (attaques, détournement des eaux des canaux, famines) et ne parvient pas à s’imposer à la cite d’Uruk, distante d’une quarantaine de kilomètres.

Sous son dernier souverain, Rîm-Sîn (1822-1763), la cité atteint son apogée en mettant à bas une coalition de cités (Isin, Uruk, Babylone), mais une nouvelle confrontation avec Babylone aboutit à sa défaite et à son intégration aux possessions du roi de Babylone, Hammurabi.

Pendant cette époque, on peut remarquer d’autres acteurs au rôle secondaire, mais qui témoignent de l’éclatement politique de la Mésopotamie :

- Uruk qui conserve un rôle secondaire, mais parvient à tenir tête à Larsa en s’alliant avec Babylone ;

- Eshunna dans la vallée de la Diyala qui est absorbé par Babylone en 1753 av. J.-C. ;

- Assur qui tire sa richesse du développement du commerce avec la Cappadoce : sous le règne d’Ilushumma, des remparts sont bâtis et des expéditions menées jusqu’en pays de Sumer, expéditions sans grande conséquence, mais qui témoignent de l’importance prise par la cité ;

- l’éphémère royaume de la vallée du Khabur, d’Assyrie et de la moyenne vallée de l’Euphrate, regroupant des cités comme Mari, Assur, Ekallatum sous le règne de Shamshi-Adad Ier (1814- 1782).

2 Hammurabi Ier et l’Empire de Babylone (1792 - 1595)

Il est difficile de connaître les origines de Babylone puisque les fouilles ne donnent que peu d’indications en ce sens ; les mentions apparaissent sous la 3ème dynastie d’Ur où la ville est dotée d’un ensi et participe à l’approvisionnement du sanctuaire de Nippur.

Elle semble prendre de l’importance avec le prince amorite Sumuabum (1894-1881) qui érige la cité en principauté indépendante qui domine quelques villes voisines de l’Euphrate. L’extension est poursuivie par ses successeurs.

Sous le cinquième souverain Sînmuballit (1812-1793), la principauté lutte contre la suprématie de Larsa : malgré son échec, Babylone ne se retrouve pas en situation désastreuse et reste une menace.

En 1792, le roi Hammurabi succède à son père à la tête de la principauté de Babylone alors que celle-ci se trouve confrontée à des voisins puissants : Larsa au sud, Eshunna à l’est et le royaume de Shamshi Adad au nord. Hammurabi mène alors une politique progressive de conquête : d’abord vers le sud dès 1786 où il s’empare de Larsa, d’Isin et d’Uruk et absorbe des villes voisines comme Emûtbal et Rapiqum en 1782. Pendant dix ans, il consolide son royaume avant de reprendre son extension : en 1762, il met à bas une coalition tournée contre lui et en 1761, se retrouve maître de Sumer et d’Akkad. Puis, il s’empare de Mari, d’Eshunna (les deux villes sont rasées) et de l’Assyrie.

À son éviction en 1750, le royaume de Babylone correspond à l’espace naturel de la Mésopotamie : son succès est lié sans aucun doute à son habileté guerrière, mais aussi à la faiblesse de ses ennemis, souvent divisés.

Ce premier royaume de Babylone reste cependant éphémère : le fils d’Hammurabi, Samsuiluna (1749-1712) profite de la maladie de son père pour s’emparer du trône et parvient à maintenir les frontières en état malgré la hausse du danger cassite et la crise intérieure.

Les Cassite sont des montagnards du Zagros qui s’abattent sur le royaume de Babylone en 1740 : le roi Samsuiluna les repousse comme le fait Abî-Eshuh en 1708. Cependant, des Cassites, de plus en plus nombreux, s’installent dans le royaume facilitant ainsi les invasions futures. Par ailleurs, la Mésopotamie perd son rôle exclusif de lien entre le golfe et la Méditerranée, ce qui entraîne une crise économique et sociale et le creusement d’inégalités avec la constitution d’une aristocratie foncière.

De fait, la cohésion de l’Empire ne se maintient pas avec des troubles et des révoltes en pays sumérien, notamment à Larsa. Les régions périphériques entrent en dissidence : les régions en bordure du golfe Persique, puis sous le règne d’Ammisaduqa (1646-1626), le pays d’Hana qui fait perdre le lien direct avec la Syrie et le Taurus, et enfin le pays assyrien. En 1595, le roi hittite Mursili 1er mène un raid décisif qui provoque la chute de Babylone dont les dimensions étaient alors plus que réduites.

3 Karduniash ou le royaume cassite de Mésopotamie (1595- 1208)

Mursili 1er ne fonde rien de durable en Mésopotamie et le pouvoir en Babylonie passe entre les mains d’une dynastie cassite dans des circonstances peu connues, peut-être avec le roi Aggum II. Cette dynastie tente de s’ancrer dans la tradition suméro-akkadienne : adoption de la langue akkadienne, absence de textes en langue cassite, etc. Aggum II s’empare du sud de la Mésopotamie qui prend le nom de Karduniash, c'est-à-dire la Babylonie. Sa domination pouvait être alors étendue jusqu’à la vallée de la Diyala et Eshunna. On connaît l’œuvre des successeurs d’Aggum II : reconstructions et constructions de temples, fondation d’une capitale Dur-Kurigalsu. Cependant, il est difficile d’évaluer l’importance de ce royaume cassite.

Durant cette période, émerge la puissance assyrienne. Les débuts sont peu connus, mais il semble que la naissance de cette puissance date du règne d’Assur-Uballit 1er (1375-1347) qui prend le titre de Grand Roi provoquant des relations conflictuelles et difficiles avec la Babylonie.

Sous les souverains Adad-Nirari 1er (1307-1275) et Salmanasar 1er, la puissance assyrienne s’affirme : domination du Mitanni, lutte contre les populations du Zagros et du Kurdistan, guerres contre la Babylonie, elle-même aux prises aux attaques des Elamites.

Mais, le règne de Tukulti-Ninurta (1244-1208) marque l’apogée des guerres et de la puissance assyrienne. Des actions brutales lui permettent de dominer la région : tributs et régime de terreur contre les tribus du Zagros, incorporation des régions du nord, prise de la Babylonie en 1234, raids militaires dans les régions méridionales. De fait, le royaume comprend l’Assyrie, la Babylonie et l’arc montagneux qui l’entoure.

Cependant, cette domination est de courte durée : renaissance du royaume cassite en Babylonie, assassinat du roi en Assyrie en 1208. L’Empire rentre alors dans une longue période de déclin.

4 La Mésopotamie entre dominations assyrienne et chaldéenne (1208 - 539)

La Mésopotamie reste alors l’objet de plusieurs dominations parallèles :

- celle de l’Elam : dès le XIIIe siècle, les Elamites sont de plus en plus présents et en 1160, l’Elam s’empare de Babylone. Même si cette prise est de courte durée, la monarchie cassite est affaiblie et est définitivement exclue du jeu politique par les Elamites qui progressent vers le nord jusqu’aux marges de l’Assyrie ;

- celle du pays de la Mer : c’est la dénomination de l’ancien pays de Sumer où domine la 2ème dynastie d’Isin. En 1130, le souverain Ninurta s’empare de Babylone et son fils Nabuchodonosor 1er vainc les Elamites par deux fois. Mais, la défaite face aux Assyriens qui prennent alors Babylone marque l’affaiblissement de la dynastie qui disparaît en 1024 avec la mort de son dernier souverain, Nabû-shum-libur. Jusqu’en 1006, le pays est entre les mains d’une famille cassite, puis entre les mains d’une tribu vivant entre Euphrate et Tigre jusqu’en 986. L’instabilité politique devient alors chronique.

Ces dominations restent cependant fragiles en raison de la modification de la carte ethnique du pays : des peuples nouveaux s’installent et expliquent cette instabilité : les Araméens qui fondent des royaumes sur le haut Euphrate encerclant l’Assyrie, les Sutéens qui attaquent les cités, les Gambuléens dans les régions du Zagros et les Chaldéens, en Babylonie, très influents, installés progressivement dans le Pays de la Mer, région marécageuse constituant un refuge.

Mais, la période est marquée par la puissance assyrienne. L’empire assyrien, dès le Xe siècle, connaît une forte expansion territoriale vers la Syrie, la Haute Mésopotamie (territoires entre Tigre et Euphrate) et assoit sa domination jusqu’en Phénicie par exemple. Très rapidement, il entre en conflit avec Babylone à plusieurs reprises, qui s’affaiblit progressivement d’autant plus que les attaques des Chaldéens et des Araméens sont nombreuses. La situation est alors confuse et souvent peu connue : en 729, Babylone tombe entre les mains de l’Assyrie et le roi assyrien Tiglat-Pileser III s’empare du trône.

La domination assyrienne est affaiblie par les intrigues de palais nombreuses : en ayant étendu ses possessions territoriales, émerge le concept de pouvoir universel qui rend le roi distant par rapport à son peuple et de fait, favorise intrigues et complots. C’est ainsi qu’en 722, Sargon s’empare du trône assyrien et fonde une dynastie dite des Sargonides. Cette dynastie se marque par la présence d’hommes forts : Sargon II (722-707), Sennachérib (705-681), Assarhaddon (681-669) et Assourbanipal (669-630). Ceux-ci multiplient alors les conquêtes : la Samarie en 721, le lac de Van et d’Urmiah, reprise de Babylone en 710 et qui est détruite en 689 après une nouvelle révolte, dévastation de Juda, mais échec devant Jérusalem en 685, destruction de Sidon en 677, luttes contre le pays d’Elam, guerres contre l’Égypte. Cette domination assyrienne est violente en Mésopotamie : Babylone passe par des phases d’indépendance sous la direction élamite ou chaldéenne et celle de dominations assyrienne, souvent violente, parfois plus douce quand la cité est gérée par un proche du roi assyrien.

Sous les trois successeurs d’Assourbanipal, de 630 à 610, l’empire s’effondre rapidement : renaissance de Babylone en 626 sous l’action de Nabopolassar, un Chaldéen du Pays de la Mer, intervention des Mèdes ce qui provoque la destruction de Ninive en 612 et la fin de la puissance assyrienne.

Nabopolassar (626-605) assoit rapidement sa domination en s’appuyant sur le sud mésopotamien et surtout, envoie son fils Nabuchodonosor s’emparer du Levant grâce à sa victoire à Karkemish en 605 et renforcer la présence en Palestine face à des Égyptiens conquérants.

Nabuchodonosor (604-562) fut le roi le plus glorieux de la dynastie : son règne n’est pas particulièrement belliqueux, mais se marque par des interventions annuelles en Syrie et Palestine. Ainsi, en 597, il s’empare de Jérusalem, en déporte une partie de la population et la famille royale, mais doit s’emparer de la ville en 587 après une révolte judéenne et un siège de deux ans et déporte une partie de la population. Les résistances sont brisées uniquement en 582 par une dernière vague de déportations.

Tyr est longuement assiégée avant d’être prise en 584. Les Égyptiens sont battus à Gaza en 568.

La succession de Nabuchodonosor est confuse et fragilise l’Empire menacé par les Médes

Appelé au pouvoir, Nabonide (556-539) est le dernier souverain de la Mésopotamie indépendante. Ce dernier se caractérise par une attitude religieuse : il voue un culte plus important à Sîn, dieu-soleil, qu’à Marduk ce qui lui attire l’hostilité du clergé et de la population. Il quitte alors la Mésopotamie et s’installe dix ans dans l’oasis de Taima dans le Hedjaz arabique jusqu’en 541, date à laquelle il retourne à Babylone où le pouvoir était exercé par son fils, Balthazar.

Pendant cette période, émerge une nouvelle puissance : les Perses. Ceux-ci se sont révoltés contre les Mèdes en 550 et s’emparent de leurs possessions sous la direction de Cyrus qui s’empare aussi d’une partie de l’Anatolie, défait le roi Crésus de Lydie, de territoires en Asie centrale et la vallée de l’Indus. En septembre 539, Cyrus se présente devant la Babylonie, bénéficie de la trahison de quelques gouverneurs de Nabonide et du clergé qui lui ouvre les portes de la capitale en octobre 539 : Nabonide est fait prisonnier et son fils tué. La Mésopotamie perdait ainsi son indépendance millénaire en étant intégrée dans un Empire vaste dont elle n’est pas le cœur.
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