Thèse de sciences de l’éducation





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Idolâtrie de l'histoire

Chapitre IV : Hommes d'église et hommes de foi


(...) L'infaillibité du parti

Le marxisme est par lui-même une synthèse : il combine les thèmes majeurs de la pensée progressiste. Il se réclame de la science qui garantit la victoire finale.

p117

(...) Il fait sienne l'aspiration éternelle à la justice, il annonce la revanche des malheureux. Il affirme qu'un déterminisme commande au déroulement du drame, mais cette nécessité est dialectique, elle implique la contradiction entre les régimes qui se succèdent, la rupture violente au passage d'un régime à un autre et la réconciliation finale entre les exigences apparemment contradictoires. Pessimiste au comptant, optimiste à long terme, il répand la foi romantique dans la fécondité des bouleversements.

(...) Cette synthèse a toujours été plus séduisante que rigoureuse. Ceux que n'éclaire pas la grâce ont toujours eu peine à admettre la compatibilité entre le caractère intelligible de la totalité historique et le matérialisme. On comprenait que la coïncidence finale de l'idéal et du réel, aussi longtemps que l'histoire elle-même passait pour le Progrès de l'Esprit. La matérialisme métaphysique, aussi bien que le matérialisme historique, rend étrange, sinon contradictoire, cette combinaison de nécessité et de progrès. Pourquoi cette ascension dans un monde livré aux forces naturelles ? Pourquoi l'histoire, dont la structure est commandée par les rapports de production, devrait-elle aboutir à une société sans classes ? Pourquoi la matière et l'économie nous apportent-elles la certitude que l'utopie s'accomplira ?

p118

(...) La prise du pouvoir par le parti (...) est l'incarnation de l'acte prométhéen par lequel les opprimés secouent leurs chaînes.

p120

(...) L'ouvrier des usines Ford est exploité, si l'exploitation est, par définition, liée à l'appropriation privée des instruments de production et des profits d'entreprises. L'ouvrier des usines Poutilov est "libéré" si, travaillant pour la collectivité, il cesse, par définition, d'être exploité. Mais "l'exploitation" de l'ouvrier américain n'exclut ni la libre élection des secrétaires de syndicats, ni la discussion des salaires, ni une rétribution élevée. La "libération" de l'ouvrier russe n'exclut ni le passeport intérieur, ni l'étatisation des syndicats, ni des salaires inférieurs à ceux des travailleurs occidentaux. Les dirigeants soviétiques n'ignorent pas que l'exploitation capitaliste n'implique ni la misère des travailleurs, ni la réduction de la part du revenu national qui leur revient.

p121

(...) Dans l'ère Jdanov-Staline, ce dernier tranchait les controverses relatives à l'hérédité, il formulait la théorie de l'art, se mêlait de linguistique et disait la vérité du passé et de l'avenir.

L'idéalisme révolutionnaire


(...) Pourquoi l'épreuve suprême, à la fois celle du marxisme et de l'Histoire, se situerait-elle au milieu du XX° siècle et se confondrait-elle avec l'expérience soviétique ?

Troisième partie

L'aliénation des intellectuels

Chapitre VII :Les intellectuels et leur patrie


p223

L'intelligentsia et la politique


Quand on observe les attitudes des intellectuels en politique, la première impression est qu'elles ressemblent à celles des non-intellectuels. Le même mélange de demi-savoir, de préjugés traditionnels, de préférences plus esthétiques que raisonnées se manifeste et dans les opinions des professeurs ou des écrivains et dans celle des commerçants ou des industriels.

(...) Les attitudes des intellectuels s'expliquent aussi par l'origine sociale de chacun.

p224

(...) La situation de l'intelligentsia se définit par une double relation, à l'Eglise et aux classes dirigeantes.

(...) L'Europe médiévale connaissait plutôt des clercs que des intellectuels. Les lettrés se rattachaient en grand nombre à des institutions ecclésiastiques, parmi lesquelles figuraient les universités. Même laïcs, les professeurs d'université n'entraient pas en compétition avec les serviteurs du pouvoir spirituel, établi et reconnu.

p225

(...) Les savants eurent à défendre, contre un savoir érigé en dogme, les droits de la libre recherche.

Le paradis des intellectuels


p229

(...) Le dernier article de Jean-Paul Sartre est un événement politique ou, du moins, est accueilli comme tel par un milieu étroit mais assuré de son importance. Les ambitions politiques des romanciers à succès se heurtent aux ambitions littéraires des hommes d'Etat.

p230

(...) Quelques-uns imaginent que les éditions d'Etat élargiraient le tirage de leurs livres et qu'un Pouvoir soviétique leur offrirait, sans compter, les instruments de travail sur lesquels lésine la République.

(...) Ceux qui se consacrent aux activités nobles   savants, philosophes, romanciers à petit tirage   jouissent de prestige et d'une liberté à peu près totale.

(...) La plupart des intellectuels qui s'intéressent à la politique sont amers parce qu'ils se sentent frustrés de ce qui leur revenait de droit.

p231

(...) L'écrivain, sans compétence, obtient une large audience, même quand il traite de ce qu'il se vante d'ignorer, phénomène inconcevable aux Etats-Unis, en Allemagne ou en Grande-Bretagne. La tradition des salons, sur lesquels règnent les femmes et les causeurs, survit en un siècle de technique.

p232

(...) Il est normal que le leader soit blâmé. La Grande-Bretagne n'a jamais été aimée au temps où elle dominait le monde. La diplomatie britannique a regagné quelque prestige depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, depuis le jour où elle ne prend plus les grandes décisions et se réserve le rôle critique.

L'enfer des intellectuels


p240

(...) Comme la polémique était menée par des journalistes ou écrivains, qui n'étaient pas moins intellectuels, au sens sociologique, que ceux qu'ils dénonçaient, il reste à préciser quels traits font d'un écrivain ou d'un professeur une méprisable "tête d'oeuf".

Peut-être ne sera-t-il pas mauvais d'emprunter cette définition à Louis Bromfield, un des plus intellectuels parmi les anti-intellectuels. "Une personne de fausses prétentions intellectuelles, souvent un professeur ou le protégé d'un professeur, fondamentalement superficiel. (...) Arrogant et dégoûté, plein de vanité et de mépris pour l'expérience des hommes plus sensés et plus capables. Essentiellement confus dans sa manière de penser, plongé dans un mélange de sentimentalité et d'évangélisme violent, Partisan doctrinaire du socialisme et du libéralisme d'Europe centrale, en opposition aux idées gréco-franco-américaines de démocratie et de libéralisme. Soumis à la philosophie morale démodée de Nietzsche, philsophie qui le conduit souvent à la prison et à la honte. Pédant plein de lui-même, porté à considérer une question sous tous les aspects au point de se vider le cerveau. Un coeur saignant mais anémique. (The freeman, 1er décembre 1952).

p243

(...) La brutalité et la vulgarité de certains aspects de la vie américaine ne sont rien auprès des camps de concentration de l'Allemagne hitlérienne ou de l'Union soviétique. La prospérité de l'économie permet d'atteindre les objectifs que la gauche européenne préconisait. Les experts du monde entier viennent chercher à Detroit le secret de la richesse. Au nom de quelles valeurs européennes se dresser contre la réalité américaine ?

Chapitre VIII

Les Intellectuels et leurs idéologies


p247

(...) Les idéologies politiques mêlent toujours, avec plus ou moins de bonheur, des propositions de fait et des jugements de valeur. (...) Elles ne tombent pas directement sous l'alternative du vrai et du faux.

Chapitre IX : Les Intellectuels en quête d'une religion


p274

(...) On maintes fois rapproché socialisme et religion, la diffusion du christianisme à travers le monde antique et celle du marxisme à notre époque. L'expression religion séculière est devenur banale.

(...) La doctrine découvre aux vrais communistes une interprétation globale de l'univers, elle leur insufle des sentiments proches de ceux croisés de tous les temps, elle fixe la hiérarchie des valeurs et détermine la conduite bonne. Elle remplit quelques-unes des fonctions, dans l'âme individuelle et dans l'âme collective, que le sociologue attribue d'ordinaire aux religions.

p275

(...) Opinion économique ou religion séculière.

Le communisme s'est développé à partir d'une doctrine économique et politique, à une époque où déclinaient la vitalité spirituelle et l'autorité des Eglises. Les ardeurs qui, en d'autres temps, auraient pu s'exprimer en croyances proprement religieuses, prirent pour objet l'action politique.

(...) On s'entretuait pour déterminer non plus quelle Eglise était investie de la mission d'interpréter les textes sacrés et d'administrer les sacrements, mais quel parti ou quelle méthode offrait la meilleur chance de répandre, dans cette vallée de larmes, le confort matériel pour tous.

p276

(...) Le prophétisme marxiste, nous l'avons vu, est conforme au schéma typique du prophétisme judéo-chrétien. Tout prophétisme porte condamnation de ce qui est, dessine une image de ce qui doit être et sera, choisit un individu ou un groupe pour franchir l'espace qui sépare le présent indigne de l'avenir rayonnant.

Remarque du thésard : la sociologie bourdieusienne est en ce sens un prophétisme : elle condamne implicitement ce qui est, et suggère implicitement ce qui devrait être. Ce qui la différencie du marxisme ou du bolchevisme militant, c'est son implicité. Tout est suggéré, par l'insistance sur des points prétendument "objectifs" mais qui en appellent aux bons sentiments du lecteur (lequel, généralement, partage les a priori idéologiques de l'auteur et ne se formalise donc pas du caractère non scientifique du texte).

(...) La société sans classes qui comportera progrès social sans révolution politique est comparable au royaume de mille ans, rêvé par les millénaristes.

Remarque du th. : il y a une contradiction dans le progressisme. Si le paradis est censé s'accomplir obligatoirement un jour, alors il n'est même pas nécessaire de militer pour le progrès. Réciproquement, s'il est absolument nécessaire de lutter pour le progrès, alors c'est que le paradis social n'a rien de naturel, et il est alors permis de douter de sa probabilité d'accomplissement, donc de la nécessité de lutter pour lui. La clef de cet apparent paradoxe est peut-être que les classes et les inégalités existent depuis toujours et demeureront toujours, pour certaines raisons (sociologiques, cognitives, biologiques), et que l'idée de progrès et le rêve de paradis sont un besoin naturel qui existe depuis toujours et existera toujours, pour d'autres raisons (psychologiques, existentialistes, religieuses), indépendantes des premières. Ainsi, réalité inégalitaire et progrès égalitaire cohabiteraient éternellement comme un couple ennemi et complémentaire, vieux comme l'humanité.

(...) Le malheur du prolétariat prouve que la vocation et le parti communiste devient l'Eglise à laquelle s'opposent les bourgeois-païens qui se refusent à entendre la bonne nouvelle.

p277

(...) On renforce verbalement le caractère prolétarien du sauveur collectif et du parti qui représente ce dernier. Il faut et il suffit que le parti soit proclamé avant-garde du prolétariat, quelle que soit la part que prennent les ouvriers d'industries, en chair et en os, à la direction et à l'action du parti. Celui-ci se rapproche d'une église, dépositaire du message de salut. Quiconque y pénètre, d'un coup reçoit le baptême : c'est l'Eglise qui exprime la volonté essentielle du prolétariat ; les non-prolétaires, qui lui obéissent, participent de cette essence, les vrais prolétaires, qui se refusent à la suivre, n'appartiennent plus à la classe élue.

(...) Pour que le système d'interprétation communiste ne soit jamais en défaut, la délégation du prolétariat au parti ne doit souffrir ni exceptions ni réserves. Ce décret, à son tour, oblige à nier des faits incontestables, à substituer aux conflits réels et multiples la lutte stylisée d'êtres collectifs, définis par leur fonction dans un destin à l'avance écrit.

Remarque du th. : L'idéologie marxiste rêve d'une société sans classe, où tous les hommes seraient égaux. Il va de soi que cette égalisation serait facilitée par le fait que les enfants naissent identiques, vierges et que leurs différences ne proviennent que de l'éducation et de l'école. Cette hypothèse faciliterait, flatterait le rêve égalitaire. Est-elle fondée ? On sait aujourd'hui qu'un enfant peut avoir du mal à mémoriser une règle de grammaire ou une table de multiplication parce que son génotype commande une fabrication insuffisante d'acétylcholine. Cet handicap dans la mémorisation des connaissances exercera une influence incontestable sur sa réussité scolaire et son statut social. Ceci est un fait, non une opinion ou une rêve. Il faut croire que la finalité idéologique justifie la dénégation des faits incontestables, puisqu'un Bourdieu a tout de même réussi à bâtir une théorie de l'inégalité sociale en faisant complètement abstraction de toute donnée biologique   ce qui prêterait à sourire si la théorie restait sans conséquence.

Sous-remarque : quelles conséquences nocives de la théorie bourdieusienne pourrait-on lui reprocher ? Intuitivement, et pour aller vite : de distiller des rêves d'égalité peut-être illusoires ; d'attiser des colères peut-être mal adressées ; de freiner la connaissance ; de faire souffrir inutilement certains élèves par du "forcing" ou par une volonté d'uniformisation.

p278

(...) Les sociaux-démocrates ont renoncé à cette scholastique, ils ne cherchent pas à concilier les faits et les prévisions d'hier, à faire entrer la richesse innombrable des sociétés humaines dans quelques cadres conceptuels, mais, du même coup, ils perdent le prestige du système, de la certitude, de l'avenir dévoilé. Les communistes, au contraire, prétendent à rattacher chaque épisode de leur mouvement au cours total de l'histoire, l'histoire elle-même à une philosophie de la nature ; ils n'ignorent rien, ils ne se trompent jamais, et l'art de la dialectique permet d'accorder n'importe quel aspect de la réalité soviétique avec une doctrine ployable en tous sens.

Prophétisme et scolastique joints suscitent des sentiments analogues aux sentiments religieux : foi dans le prolétariat et dans l'Histoire, charité pour ceux qui aujourd'hui souffrent et demain seront triomphants, espérance que l'avenir apportera l'avènement de la société sans classes, ces vertus théologales n'apparaissent-elles pas dans le militant d'une grande cause ?

(...) Aujourd'hui, et pour longtemps, la foi communiste justifie tous les moyens, l'espérance communiste interdit d'accepter qu'il y ait plusieurs chemins vers le royaume de Dieu, la charité communiste ne laisse même pas aux ennemis le droit de mourir avec honneur.

Psychologie de secte plutôt que d'Eglise universelle. Le militant est convaincu d'appartenir au petit nombre des élus chargés du salut commun.

Militants et sympathisants


p280

(...) Celui qui sympathisait avec le national-socialisme de 1933 ne croyait pas toujours au racisme, il déplorait les excès de l'antisémitisme, il affirmait la nécessité d'un pouvoir fort pour rétablir l'unité de la nation, surmonter les querelles partisanes, mener une politique extérieure dynamique. Cette adhésion réticente ne caractérise pas les seuls hommes du seuil ou les compagnons de route, elle n'est pas inconnue parmi ceux qui appartiennent au parti, parfois même au cercle intérieur du parti.

De la religion civile au stalinisme


p287

(...) Athées avec joie, hostiles à la vie religieuse, des intellectuels de gauche ont voulu répandre l'incroyance comme les missionnaires répandent la croyance, convaincus qu'ils libéraient les hommes, en tuant les dieux et en abattant les autels. D'autres s'inquiétaient de l'irrémédiable déclin du christianisme et imaginaient des dogmes acceptables à la raison, susceptibles de rétablir l'unité spirituelle. Le bolchevisme participe de ces deux intentions : l'ardeur combattante des sans-Dieu l'anime ; il a élaboré une orthodoxie, prétendument conforme à l'enseignement de la science. En Russie, ce sont les intellectuels qui accordent la suprême investiture. Le communisme est la première religion d'intellectuels qui ait réussi.

p288

(...) La mort de Dieu laisse un vide dans l'âme humaine, les besoins du coeur subsistent qu'un nouveau christianisme devra satisfaire. Seuls les intellectuels sont capables d'inventer, peut-être même de prêcher, un substitut des dogmes anciens qui soit acceptable aux savants.

Enfin, les fonctions sociales que remplissait l'Eglise subsistent elles aussi. Sur quoi sera fondée la morale commune ? Comment sera sauvegardée ou restaurée, entre les membres de la collectivité, l'unité de croyance, faute de laquelle la civilisation elle-même est en péril ?

On sait comment Auguste Comte crut répondre, en son système, à ce défi historique. Les lois établies par la science révèlent un ordre cosmique, un ordre permanent des collectivités humaines, un ordre du devenir enfin. Le dogme est scientifique et pourtant il offre à l'esprit des vérités définitives et au coeur un objet d'amour. La société de l'avenir sera totale, non totalitaire. Elle intègrera toutes les ressources de la nature humaine, équilibrera la puissance par l'opinion, la force par la charité, rendra le passé présent, ouvrira la carrière du Progrès sans bouleversement, accomplira l'Humanité.

p289

(...) Entre la religion nationale ou païenne, dont un philosophe de l'âge des Lumières ne pouvait tenir la restauration pour possible ou souhaitable, et la religion universelle de salut qui inspire l'indifférence aux grandeurs temporelles, la religion civile éviterait le fanatisme sans affaiblir le dévouement de l'individu au Souverain, ni porter dans le corps social un principe de division.

MATHIEZ A., 1904, contribution à l'histoire religieuse de la Révolution, Alcan, Paris.

p291

(...) Au communisme s'applique la formule de Michelet : "La Révolution n'adopta aucune Eglise. Pourquoi ? C'est qu'elle était une église elle-même." Comme la religion civile, il sanctifie les devoirs de l'individu à l'égard du parti, de l'Etat socialiste, de l'avenir humain.

(...) Il met la science au pas, mais au nom de la science. Il renverse le sens du rationalisme occidental, mais il continue de s'en réclamer.

A quoi tient le succès ? Le prophétisme marxiste transfigure un schéma d'évolution en une histoire sacrée, dont la société sans classe marquera l'aboutissement.

Remarque du th. : A quoi tient le succès du bourdieusisme ? Il est plein de bons sentiments, que partage le lecteur. Il se révolte, il s'indigne implicitement contre l'injustice, contre le mal. Cela séduit le coeur du lecteur. Même si l'origine sociale n'explique pas à elle seule le devenir ; même si "l'habitus" est un mythe.

D'ailleurs, à ce sujet, le bourdieusisme commet deux types d'erreurs, le premier d'ordre scientifique   il s'appuie sur des a priori faux  , le second d'ordre éthique   il n'est pas certain que la sélection scolaire soit vécue comme injuste par les gens.

Au sujet de l'inégalité, Bourdieu se tromperait donc à la fois sur ses causes et sur ses conséquences.

p292

(...) De la lutte des classes sort la société sans classes. Le marché parfait, comme la ruse hégélienne de la Raison, utilise l'égoïsme des individus en vue du plus grand bien pour tous. Mais il y a une différence décisive : le libéral tient pour permanente l'imperfection des hommes, il se résigne à un régime où le bien sera le résultat d'actions innombrables et jamais l'objet d'un choix conscient.

(...) Le sauveur collectif ne subit plus l'histoire, il la crée, il édifie le socialisme, il forge l'avenir. Cette transfiguration du parti en Messie reste une aberration de secte aussi longtemps que le parti végète et milite dans l'opposition, impuissant, irréconciliable.

p293

Cléricalisme séculier.


(...) Les intellectuels de France ont les premiers entrepris la quête d'une religion de remplacement : aujourd'hui, leurs collègues de l'Europe prolétarienne fondent la légitimité de l'absolutisme soviétique comme les légistes, jadis, fondaient celle de l'absolutisme royal, ils interprétèrent les écritures sacrées et les déclarations des congrès ou du secrétaire général dans le style des théologiens. L'intelligentsia de gauche commença par la revendication de la liberté, elle finit par se plier à la discipline du parti et de l'Etat.

L'idéologie est-elle effectivement devenue l'équivalent d'une religion ? Une fois de plus, on hésite entre le oui et le non. Le chef de l'Etat se confond avec le chef de l'Eglise, dans la tradition byzantine et dans le régime soviétique. L'idéologie, de même que nagère la foi transcendante, détermine cela qui, par-dessus tout, importe ; elle justifie l'autorité et promet, non à l'individu mais aux être collectifs, une juste rétribution dans l'au-delà historique, c'est-à-dire dans l'avenir.

p294

(...) Le communisme est donc moins une religion, dont le christianisme continue d'offrir le modèle aux Occidentaux, qu'un tentative politique pour en trouver un substitut dans une idéologie érigée en orthodoxie d'Etat. Orthodoxie qui nourrit encore des prétentions, abandonnées par l'Eglise catholique. Les théologiens avouent sans ambages que la Révélation ne contient pas de science astronomique ou physique, ou contient une science tout élémentaire, exprimée en termes accessibles aux esprits des peuples, à l'époque du Christ. Le physicien n'apprend rien dans la Bible, sur les particules nucléaires, il n'en apprend pas davantage dans les textes sacrés du matérialisme dialectique.

La foi chrétienne peut être dite totale, en ce sens qu'elle inspire l'existence entière ; elle a été totalitaire quand elle a méconnu l'autonomie des activités profanes. La fois communiste devient totalitaire dès qu'elle se veut totale, car elle ne crée l'illusion de la totalité qu'en imposant des vérités officielles, en soumettant aux consignes du Pouvoir des activités dont l'essence exige l'autonomie.

Remarque du th. : Le rejet, la critique ou l'interdiction de la biologie en sciences de l'éducation semble relever de cette tendance totalitaire marxiste. Le dogme (qui prétend pourtant promouvoir la science et la connaisance) interdit certaine forme du savoir, dont l'autonomie, la liberté lui échappent. Il est aisé de modeler idéologiquement la psychologie, la sociologie, la linguistique, l'histoire ou la philosophie, pour en faire de bonnes, de vertueuses disciplines. Cela est impossible en biologie : la "bonne façon de penser" n'a pas de prise sur les faits concrets, matériels, tangibles. (Notons avec ironie que le dogme prétendument "matérialiste" excommunie celle des sciences humaines la plus matérialiste. C'est que le religieux, le mystique, a pris le pas sur la matière, et que cette matière à présent le gêne). Un vrai athée, un vrai matérialiste doit se faire aujourd'hui le promoteur de la biologie, contre l'obscurantisme mystique, crypto-religieux, de la "bonne façon faire de la science".

(...) On conçoit que des poètes soient animés par la foi communiste, comme d'autres par la foi chrétienne, que des physiciens ou des ingénieurs désirent passionnément servir le prolétariat. Encore faut-il que conviction et dévouement soient authentiques et non pas dictés du dehors par les bureaucrates préposés à la culture. Encore faut-il que ceux-ci laissent l'artiste trouver spontanément sa forme et le chercheur sa vérité. Le réalisme socialiste ou le matérialisme dialectique ne rassemblent pas une collectivité dans une croyance ou un savoir unanimement vécus. La pseudo-unité est obtenue en subordonnant le sens spécifique de chaque univers spirituel à la fonction sociale qu'on lui assigne, en érigeant des propositions, équivoques ou fausses, en fondement d'une doctrine prétendument scientifique et philosophique à la fois.

Nous n'avons pas, en Occident, à chercher l'équivalent du matérialisme historique, comme si une philosophie pouvait et devait fixer aux sciences naturelles leurs principes, leurs concepts, les grandes lignes de leurs résultats.

Remarque du th. : Peut-on sur ce point rester aussi optimiste que Raymond Aron au sujet de la liberté de recherche en sciences humaines dans notre pays ?

Nous devons préserver jalousement l'indépendance des Républiques de savants ou de lettrés que compromet, de l'autre côté du rideau de fer, le souci obsessionnel du service social ou de la fin révolutionnaire.

p298

(...) Probablement l'intellectuel a-t-il plus de peine que l'homme du commun à se libérer de cette idéologie qui est son oeuvre comme l'Etat qui se réclame d'elle. Le Pouvoir soviétique règne au nom d'une doctrine, élaborée par un intellectuel dont la vie se passa dans les bibliothèques, commentée par d'innombrables professeurs depuis un siècle. En régime communiste, les intellectuels, sophistes plutôt que philosophes, sont rois. Les juges d'instruction qui décèlent les déviations, les écrivains contraints au réalisme socaliste, les ingénieurs et les managers, tenus d'exécuter les plans, de comprendre les ordres équivoques du Pouvoir, tous doivent être dialecticiens. Le secrétaire général du parti, maître de la vie et de la mort de millions d'hommes, est, lui, aussi, un intellectuel ; au déclin d'une existence triomphante, il offre aux fidèles une théorie du capitalisme et u socialisme, comme si un livre marquait l'accomplissement le plus haut. Les empereurs furent souvent des poètes ou des penseurs : pour la première fois, l'empereur règne en tant que dialecticien, interprète de la doctrine et de l'histoire.

Tous ceux qui, dans une démocratie parlementaire, barrent aux intellectuels l'ascension vers les sommets, les capitalistes, les banquiers, les élus, ont disparu. Au XVIII° siècle, les intellectuels dénonçaient la concentration d'énormes richesses par les institutions de l'Eglise, ils acceptaient sans scrupules la protection de riches marchands ou de fermiers généraux. Ils s'en prenaient aux inégalités de statut personnel et plaidaient la cause de la bourgeoisie montante. Avant la Grande Révolution, l'intellectuel de gauche n'en avait ni au commerce, ni à la concurrence, ni à la fortune bien gagnée mais aux biens hérités ou accaparés et aux discriminations de naissance. A chaque époque, il s'est posé en adversaire des puissants, hostile tour à tour à l'Eglise, à la noblesse, à la bourgeoisie. Aux bureaucrates-dialecticiens, il témoigne d'une soudaine indulgence, comme s'il se reconnaissait en eux.

p300

(...) Marx appelait la religion l'opium du peuple. Qu'elle le veuille ou non, l'Eglise consolide l'injustice établie. Elle aide les hommes à supporter et à oublier leurs maux, au lieu de les guérir. Obsédé par le souci de l'au-delà, le croyant est indifférent à l'organisation de la Cité.

L'idéologie marxiste, dès qu'un Etat l'a érigée en orthodoxie, tombe sous le coup de la même critique : elle aussi enseigne aux masses l'obéissance et confirme l'autorité des gouvernants. Il y a plus : jamais le christianisme n'a accordé de blanc-seing aux gouvernants. Même les Eglises de rite oriental se réservaient le droit de blâmer le souverain indigne. Le tsar, chef de l'Eglise, ne disait pas le dogme. Le secrétaire général du parti se réserve la liberté de récrire, au gré d'un présent changeant, l'histoire du parti communiste qui constitue l'essentiel du dogme stalinien. Le concept de société sans classes se vide de signification, à mesure que le régime issu de la Révolution se stabilise en un despotisme bureaucratique sans originalité. La justification par l'au-delà historique se dégrade, dans les procès, en comédie de langage : "l'autre monde" est moins l'avenir que la réalité présente, transfigurée par les mots à l'aide desquels on la désigne.

On dira que la religion communiste, à notre époque, a une tout autre signification que la religion chrétienne. L'opium chrétien rend le peupl passif, l'opium communiste l'incite à la révolte. A n'en pas douter, l'idéologie marxiste-léniniste a contribué à la formation sinon au recrutement des révolutionnaires. Lénine et ses compagnons ont moins obéi à une doctrine qu'un à un instinct politique, au goût de l'action et à la volonté de puissance. Le prophétisme marxiste n'en a pas moins orienté leur existence, éveillé un espoir infini. Qu'importaient des millions de cadavres auprès de la société sans classes !

Remarque du th. : J'ai dit que le bourdieusisme était moins dangereux que le stalinisme ou le polpotisme sanguinaires, qui ont exterminé des dizaines de millions d'hommes. Mais c'est peut-être aller vite en besogne. Car la sociologie bourdieusienne contient en elle les idées selon lesquelles les inégalités sont injustes, et peuvent et doivent être réduites, et même dans l'idéal éliminées. Cela reste une théorie, écrite sur du papier. Mais qu'une révolution advienne et qu'un régime ultra-égalitaire brandisse cette théorie et mette en oeuvre des moyens supposés efficaces, et voilà que déjà se profilent à l'horizon des promesses de cadavres. La sociologie idéologique de Bourdieu est donc inoffensive tant qu'elle reste une théorie universitaire abstraite, mais en potentialité elle n'en est pas moins véritablement dangereuse pour l'homme, un peu comme tous ces textes abstraits du XIX° siècle qui ont préparé, permis ou cautionné les barbarie staliniennes et nazies. Et ne nous laissons pas endormir par les bons sentiments d'une théorie : l'enfer est pavé de bonnes intentions et ce sont justement les plus beaux idéaux qui mènent à la fosse commune   ceci pour d'autres raisons que nous n'aurions pas la place d'expliciter ici.

p301

Même durcie et stérilisée par le dogmatisme, l'idéologie marxiste continue d'exercer une fonction révolutionnaire dans les pays d'Asie ou d'Afrique. Elle favorise l'encadrement des masses, elle cimente l'unité des intellectuels, guettés par la dispersion des sectes. Instrument d'action, elle demeure efficace. Ailleurs, en France par exemple, il en va tout autrement. Le culte de la Révolution, les interrogations pathétiques à l'Histoire y jalonnent un itinéraire de fuite. La nostalgie de l'Apocalypse n'inspire pas l'impatience de réformes mais l'acceptation du réel, doublée du refus verbal, point d'honneur du prétendu non-conformisme.

On ne nie pas qu'en France même, des millions d'hommes croient à un événement aussi terrible qu'une catastrophe, aussi exhaltante qu'une fête, qui bouleverserait leur destin. L'argument, qui émeut tant de chrétiens progressistes   comment arracher aux malheureux l'espoir qui donne un sens à leur vie ?   demeurerait sans force sur un esprit comme celui de Simone Weil qui ne concevait pas que la foi pût entraîner le sacrifice de la vérité. On respecte les croyants, on combat les erreurs.

La religion stalinienne mobilise les masses en vue de la prise du pouvoir et de l'industrialisation accélérée, elle sanctifie la discipline des combattants, des bâtisseurs, elle renvoie à la Révolution, puis à un avenir qui s'éloigne au fur et à mesure qu'on avance vers lui, le moment où le peuple recueillera le fruit de sa longue patience.

Le régime communiste qui, en Chine, a mis fin à un siècle de troubles, est certainement plus efficace, peut-être plus soucieux du sort des hommes que ceux qui l'ont précédé. On regrette vainement que les mêmes réformes n'aient pas été réalisées à moindres frais, sans l'embrigadement du peuple entier, sans les liquidations massives. Pourtant, même en ce cas, on ne peut pas ne pas se déclarer hostile à la religion séculière.

Qui ne croit pas en Dieu ne se sent pas hostile aux religions de salut qui proclament des vérités éternelles : l'homme n'épuise pas sa destination dans sa destinée sociale : la hiérarchie du commandement et de la richesse ne reflète pas celle des valeurs ; l'échec, dans la Cité, est parfois le chemin des plus hautes réussites, une mystérieuse fraternité unit les hommes, en dépit de la lutte de tous contre tous.

p302

Qui ne croit pas au prophétisme marxiste soit dénoncer la religion séculière, même si celle-ci provoque, ici et là, des changements souhaitables. Superstition, elle encourage tour à tour la violence et la passivité, le dévouement aussi et l'héroïsme, mais finalement le scepticisme, mêlé au fanatisme, la guerre contre les incroyants, alors même que la foi s'est peu à peu vidée de sa substance. Elle empêchera l'amitié des hommes en-deçà ou au-delà de la politique, jusqu'au jour où, disqualifiée par l'embourgeoisement des cadres et le relatif contentement des masses, elle se dégradera en idéologie coutumière et n'éveillera plus d'espoir ni d'horreur.

(...) L'athéisme, fût-il assuré de lui-même, n'implique ni ne justifie le dogmatisme idéologique. La séparation de l'Eglise et de l'Etat, origine de la grandeur singulière de l'Occident, n'exige pas une foi unanime dans la nature double de l'homme. Elle n'exige même pas qu'une majorité des citoyens continuent de croire à la Révélation. Elle survit, au siècle de l'incroyance, pourvu que l'Etat lui-même ne se donne ni pour l'incarnation d'une idée ni pour le témoin de la vérité.

Peut-être un prophétisme est-il l'âme de toute action. Il met en accusation le monde et affirme la dignité de l'esprit dans le refus et dans l'attente. Lorsque des gouvernants, fiers d'une révolution heureuse, accaparent un prophétisme pour fonder leur pouvoir et confondre leurs ennemis, la religion séculière naît, condamnée dès l'origine à se stériliser en orthodoxie ou à se dissoudre en indifférence.

(...) Comment les docteurs de la loi soviétique pourraient-ils entretenir la ferveur ? Si la réalité satisfait les vivants, le temps des indignations et de rêves est passé. Si elle les déçoit, comment sera-t-elle reconnue comme le chemin vers le royaume millénaire ?

La religion séculière résistera, plus ou moins longtemps, à la contradiction qui la ronge. Elle ne représente rien de plus, en Occident, qu'une étape fatale vers la fin de l'Espoir.

Destin des intellectuels


p312

(...) Asservie par sa victoire à un parti-Eglise, à une idéologie durcie en dogme, l'intelligentsia de gauche est vouée à la révolte ou au reniement.

Conclusion  : Fin de l'âge idéologique ?


p320

(...) La théorie, encore aujourd'hui courante, de la lutte de classes est faussée par une assimilation illégitime : la rivalité entre bourgeoisie et prolétariat diffère essentiellement de la rivalité entre aristocratie et bourgeoisie.

On avait transfiguré en exploit prométhéen l'effondrement de la monarchie française et les péripéties sanglantes de la République, livrée aux factions et à la terreur. Hegel crut voir passer l'esprit du monde passer à cheval, incarné dans un officier de fortune que le dieu des batailles avait couronné. Marx, puis Lénine se firent des rêves sur les Jacobins, minorité active qui agite la pâte populaire, ordre missionnaire au service de la révolution socialiste. On n'en doutait pas, le prolétariat achèverait l'oeuvre de la bourgeoisie.

Les idéologues du prolétariat sont des bourgeois. La bourgeoisie, qu'elle se réclamât de Montesquieu, de Voltaire ou de Jean-Jacques Rousseau, opposait légitimement à l'Ancien Régime, à la vision catholique du monde, sa propre idée de l'existence des hommes sur cette terre et de l'ordre politique. Le prolétariat n'a jamais eu de conception du monde, opposée à celle de la bourgeoisie ; il y a eu une idéologie de ce que devrait être ou faire le prolétariat, idéologie dont l'emprise historique étaut d'autant plus grande que le nombre des ouvriers d'industrie était plus petit. Le parti soit-disant prolétarien, dans les pays ou il l'a emporté, a eu comme troupes les paysans plus que les travailleurs des premières usines, pour chefs des intellectuels qu'exaspérait la hiérarchie traditionnelle ou l'humiliation nationale.

Remarque du th. : il y a là une vraie question concernant l'égalitarisme : l'égalité est-elle voulue par les classes populaires ou par des intellectuels aisés (ignorant tout de la joie et du bonheur populaires) pensant au nom du prolétariat ? Consacrer dans la thèse un chapitre sur les "fondements éthique de l'égalité", en faisant l'inventaire des arguments en faveur de l'égalité et des réserves que l'on pourrait émettre à son égard.

p321

(...) Révoltés contre l'injustice, les hommes de coeur se raccrochaient à l'idée que le capitalisme, mauvais en soi, serait détruit par ses contradictions et que les victimes l'emporteraient sur les privilégiés. Marx réalisa la synthèse géniale de la métaphysique hégélienne de l'histoire, de l'interprétation jacobine de la révolution, de la théorie pessimiste, de l'économie de marché, développée par des auteurs anglais.

(...) Economie de marché et planification totale sont des modèles que ne reproduit aucune économie réelle, non les étapes successives de l'évolution. Il n'y a pas de lien nécessaire entre les phases du développement industriel et la prédominance d'un modèle ou d'un autre. Les économies attardées se rapprochent davantage du modèle de la planification que les économies avancées. Les régimes mixtes ne sont pas des monstres, incapables de vivre, ou des formes de transition vers un type pur, mais l'état normal.

p334

(...) Appelons de nos voeux la venue des sceptiques s'ils doivent éteindre le fanatisme. »
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