Thèse de sciences de l’éducation





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ROUVILLOIS Frédéric, L'invention du progrès, aux origines de la pensée totalitaire (1680-1730)


éditions Kimé, collection philosophie-épistémologie, 250 F. "Progrès : nom masculin, du latin progressus "action d'avancer", de progredi "aller en avant" évolution de l'humanité (vers un terme idéal)" C'est ainsi que le Robert définit le progrès, un mot très fort, donc, chargé d'optimisme auquel parfois, on n'hésite pas à mettre une majuscule. Le progrès est donc le signe d'un avenir meilleur. Or, comme le précise d'entrée de jeu Frédéric Rouvillois, maître de conférences à l'Université de Rouen, dans son ouvrage L'Invention du progrès, "un fait, ou même une série de faits positifs, ne permettent pas d'affirmer que le fait suivant le sera également". Le point de départ d'une analyse approfondie de la notion de progrès.

REVEL Jean-François, 2000, La Grande Parade. Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Paris, Plon ; entretien accordé au Magazine Littéraire n° 387, mai 2000, pp. 36-41 ;


(Propos recueillis par Bernard Fauconnier)

Présentation de l’ouvrage : une identité de nature entre la barbarie nazie et l’idéalisme communiste


La thèse de cet essai vigoureux rejoint les analyses que développe aussi l’historien allemand Ernst Nolte dans La guerre civile européenne (éd. Des Syrtes) : il existe une identité d’origine et de nature entre les deux grands totalitarismes qui ont endeuillé le XX° siècle, le communisme léniniste et stalinien et le nazisme. Nés d’une volonté commune de soumettre le réel à des modèles mitonnés dans la bouillonnante marmite des pensées utopistes, ces rêves appliqués d’une société parfaite, s’ils se distinguent par leurs intentions avouées, aboutissent aux mêmes résultats : déportations, exterminations, contrôle obsessionnel des esprits et des corps. Tout l’effort de Revel est de montrer que cette identité de causes et d’effets demeure un sujet tabou, une évidence contestée par ce qui reste en France et ailleurs d’esprits naïfs ou encore réticents à faire le deuil de leurs illusions.

Présence et permanence du danger totalitaire de gauche


La cible de l’auteur, c’est une certaine gauche empêtrée dans des réflexes identitaires quasi pavloviens, longtemps arbitre des élégances en matière d’exterminations de masse, et qui s’obstine, au nom de la « pureté d’intention » des régimes communistes, à en atténuer, sinon à en cautionner, les abominations à coups de palinodies douteuses. Dix ans après la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS, on pourrait croire ces délires passés de mode. Erreur, nous dit Revel : le ventre est encore fécond, et le mal vient de loin, des littératures utopistes du XIX° siècle notamment, qui proposent des systèmes clef en main fondés sur la coercition, l’élimination des opposants, la destruction de la mémoire, au nom des « bonnes intentions », celles-là mêmes dont l’enfer est pavé. Pendant 250 pages, on applaudit l’artiste, dont l’intelligence aiguë et les talents de polémiste, servis par une rhétorique scintillante et féroce, ne sont plus à vanter. La démonstration est implacable, souvent irréfutable, dès lors que Revel fait dialoguer les textes et s’entrechoquer les faits. Ceux qui finissaient par admettre que Staline n’était pas meilleur garçon que Hitler, mais qui conservaient des doutes sur Lénine, auront matière à quelques corrections historiques. Surtout, l’auteur, fidèle à ses positions, pose la question qui fait mal, même si elle semble tardive : pourquoi le communisme, aussi criminogène sinon plus que le nazisme, bénéficie-t-il, aujourd’hui encore, d’une indulgence qui ressemble fort à un révisionnisme autorisé ?

(...) Les cent dernières pages de La Grande parade, où Jean-François Revel se mue en grognard sourcilleux du libéralisme intégral, sont au coeur d’un débat qui doit avoir lieu au coeur même de ce mystère.

Présentation de l’auteur : antitotalitaire depuis trente ans


p.36

Depuis Ni Dieu ni Jésus, paru il y a juste trente ans, Jean-François Revel reste difèle à son credo anti-totalitaire. Ce philosophe de formation, qui fut professeur puis journaliste, et qui compte parmi les esprits influents et écoutés de ce temps, se définit volontiers comme un homme de gauche déçu. Déçu notamment par la « tentation totalitaire » de cette gauche qu’il dénonçait déjà il a vingt-cinq ans dans un ouvrage portant ce titre, et qui fit date. (...) Dans so dernier livre, La Grande parade, où son brio de polémiste étincelle de mille feux, il radicalise encore son propos, dénonçant les utopies et leurs conséquences comme le grand mal des temps modernes.

Entretien et propos de l’auteur : l’utopie, construction intellectuelle a priori


« (...) L’utopie, c’est la construction a priori, antérieurement à toute application à la réalité, d’un modèle complètement achevé, et appliqué dans ses moindres détails, d’une société parfaite. Toutes les utopies que nous connaissons, chez Platon, Campanella, Fourier, construisent une société totalitaire dès l’élaboration du modèle intellectuel.

Le communisme n’a pas été dévoyé ; il est totalitaire par essence


La seule utopie qui ait été réellement appliquée, c’est le communisme. On dit souvent que si le communisme a échoué du point de vue économique, s’il a supprimé des libertés, exterminé des dizaines de millions d’êtres humains, c’est parce qu’il a été dévoyé dans son principe. Ce n’est pas vrai. Quand vous lisez les utopistes, vous constatez qu’ils prévoient une société totalitaire sur le papier dès sa conception même. (...) Les socialistes scientifiques étaient convaincus que seul le marxisme était à même d’apporter une explication scientifique au développement de l’Histoire et à tous les aspects de la culture. (...) L’idée de construire une société fondée sur des connaissances scientifiques que l’on se borne à appliquer explique ce dogmatisme des utopies. À partir de cette vérité absolue connue de quelques-uns, on va appliquer le modèle aux citoyens, en leur imposant les plus petits détails de leur existence.

La « vérité » absolue


p.37

(...) Le modèle socialiste et marxiste ne s’appuie pas sur une transcendance du type distinction entre monde sensible et monde supra-sensible de Platon, (...) mais il s’appuie quand même sur l’idée d’une vérité absolue. Il y a une science absolue et complète, et en fonction de cette certitude scientifique absolue, on modèle la société. (...) On trouve, dans les temps modernes, les premiers signes de ce phénomène chez Jean-Jacques Rousseau, qui n’a pas écrit d’utopie à proprement parler, mais qui considère la civilisation comme corruptrice, dégénérée, et qui rêve d’en revenir à un modèle de pureté dans lequel il conviendrait de contrôler le détail de la vie des citoyens, comme leur culture et leur distraction.

De la conviction de faire le bonheur des gens à leur extermination


p.38

(...) C’est pourquoi on se sent le droit d’imposer par la violence une telle société, si c’est pour le bien de celui à qui on l’impose, d’éliminer ceux qui résistent ; et comme le modèle est inapplicable, on a l’impression que tout le monde résiste, ne fût-ce que passivement, d’où les déportations, les liquidations, etc. C’est bien de cela qu’il faut parler, quand on parle d’utopie.

L’oppression totalitaire est contenue dans le texte utopique originel


p.39

(...) Un livre, Le phénomène socialiste, de Igor Chafarevitch, montre comment un certain nombre de modèles « socialistes » ont été appliqués, en Egypte ancienne notamment. Mais il analyse tous les grands textes des utopistes en soulignant que c’est dès la conception théorique que se met en place le phénomène d’oppression destiné à sauver ceux à qui il s’applique. Autrement dit, l’idée que le communisme ne s’est transformé en totalitarisme exterminateur qu’en raison de difficultés ou de l’hostilité de ses ennemis est fausse : l’oppression était au départ. Confer la théorie marxiste de la dictature du prolétariat.

Le totalitarisme égalitariste, non conscient d’être intrinsèquement mauvais, extermine par principe pervers


(...) Ce qui caractérise le totalitarisme, c’est de massacrer sa propre population sans aucune raison. On ne peut s’imaginer que l’échec du système vient de ce qu’il intrinsèquement mauvais, on pense qu’il se heurte à des réactions de gens inassimilables. On élimine les éléments qui sont des obstacles. (...) Dans la conception marxiste, ce sont des caractéristiques de classe : les paysans qui résistent à la collectivisation, les membres de l’élite des régimes antérieurs. Le massacre de Katyn s’explique ainsi : c’étaient des officiers. On avait aussi donné l’ordre d’exécuter les professeurs, les avocats, tous ceux qui, dans la société nouvelle, pouvaient transmettre des valeurs de la société antérieure.

L’utopie politique est plus tyrannique que la religieuse


p.40

(...) Le modèle religieux se réalise dans un au-delà, ici c’est dans ce bas-monde. Dans le modèle religieux, on ne vérifie l’exactitude de ses croyances qu’après la mort, si on les vérifie. Dans l’utopie politique, c’est sur terre. Ce qui fait qu’en somme, le modèle politique utopique est encore plus tyrannique que le modèle religieux.

L’utopie politique, absente de nombreux penseurs


(...) Vous ne trouvez cela [l’utopie politique] ni chez Aristote, ni chez les jurisconsultes du XVI° siècle, ni chez Montaigne, ni même chez les philosophes du XVIII°, à part Rousseau. Aux XVII° et XVIII° siècles, L’Utopie de Thomas More passait pour un aimable amusement de l’esprit.

La révolution, emblème de l’utopie politique


(...) Le mode de pensée utopique a retrouvé toute sa force au moment de la Révolution française. C’est l’idée même de révolution : une société n’est pas amendable, et on ne peut améliorer le sort de l’espèce humaine que si on applique le principe de la table rase. Il faut tout démolir et tout reconstruire, en trois ans ou six mois. Et comme un tel projet se heurte à l’inertie du réel, vous avez la terreur.

Comment un résidu d’utopie égalitaire détruit l’école française actuelle


p.41

(...) L’Etat est bien sûr nécessaire. L’Etat démocratique, l’Etat de droit. Mais même dans un Etat démocratique comme le nôtre, vous pouvez avoir des segments d’utopie résiduelle. Je pense par exemple à l’Institut National de Pédagogie, qui impose depuis trente ans des méthodes aberrantes, qui ne cessent de faire chuter le niveau, mais ces gens-là sont persuadés que c’est très bon. Après avoir cassé l’enseignement primaire, puis secondaire, puis universitaire, ils s’en prennent maintenant aux grandes écoles.
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