Thèse de sciences de l’éducation





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TODOROV Tzvetan, 2000, Entretien sur le caractère pernicieux de l’idéal communiste, accordé à Télérama n° 2660, 3 janvier, pp. 44-46 ;


2000, Mémoire du mal, tentation du bien, Paris, Laffont (360 p., 149) ;

Le communisme est le moins étudié et le moins éclairci des deux totalitarismes


p.45

« Le totalitarisme nazi est l’événement sur lequel la bibliothèque du XX° siècle est la plus abondante, celui qui est le plus clairement condamné par tous, à l’exception de quelques nostalgiques réels du nazisme, qui, à mon sens, méritent à peine qu’on les mentionne. Avec le communisme, la situation est beaucoup plus ambiguë, or c’est pourtant l’événement central de l’histoire du XX° siècle. Non pas parce que, comme le défend l’historien allemand Ernst Nolte, le nazisme ne serait qu’une réaction au communisme, mais parce que c’est, des deux, le mouvement qui a duré le plus longtemps, qui s’est réellement étendu à l’ensemble du monde, et qui est, enfin, sur le plan idéologique, le plus complexe. Ce qui explique pourquoi nous avons encore tant de difficulté à en faire le bilan.

1ère remarque : essayer de faire preuve de clémence à l’égard des militants communistes


On peut ici faire deux remarques. D’abord, devant les horreurs et les atrocités commises par le communisme, il importe sûrement et pourtant (d’essayer) de faire preuve de clémence à l’égard de ses militants. Pour deux raisons d’ordres différents : d’abord, la barbarie causée par le communisme, à la différence du nazisme, n’est pas explicitement promise par son programme, ce qui constitue une « circonstance atténuante » pour ses militants ; ensuite, parce que ce n’est pas une haine contre les militants communistes qui contribuera à éclaircir le phénomène et donc à éviter son retour possible ou ses résurgences actuelles (comme la « gauche de la gauche », égalitaire et anti-libérale, au « coeur pur » et aux « mains blanches »). On peut avoir une haine humaniste contre le communisme, mais il faut (essayer de) regarder avec clémence (et curiosité) ses militants.

2nde remarque : le long chemin jusqu’à l’analyse des vices intrinsèques du bel idéal communiste


Ensuite, l’analyse du communisme, et plus exactement de la capacité associée de séduction et de destruction d’un idéal, sera certainement longue et difficile. Elle puisera ses racines dans l’anthropologie cognitive, pour montrer comment l’individu, le sympathisant, peut être trompé par des apparences. Elles puisera dans l’étude de la nature humaine, pour montrer la force de « l’instinct » égalitaire et solidariste, contre les effets pervers de leur institutionnalisation. Il y a aussi dans le communisme, dans la « lutte des classes », une haine de l’autre, une intolérance, attisée par l’envie et la jalousie, elles-mêmes étant aveuglées par une illusion projective de l’idée de « bonheur des riches ». Il faudra mêler économie et psychologie pour montrer comment une théorie qui est bonne sur le papier échoue dans la réalité (parce que l’assistance ou la sécurité économique se transforme en irresponsabilité individuelle, parce que la responsabilité administrative se transforme en tyrannie individuelle (voir V. Havel), parce que l’égalisation des revenus se transforme en marasme économique et en paupérisation de tous, etc.). C’est dire si les chemins seront longs pour mettre à jour l’ensemble des mécanismes qui font que le plus idéal humain est capable de se transformer en pire catastrophe humanitaire.

Le communisme est plus trompeur que le nazisme


Le communisme a été une promesse qui a séduit l’imaginaire de millions et de millions d’individus, et sur ce point il faut prendre acte d’une différence de taille entre les deux totalitarismes : il y a une tromperie dans le communisme qu’il n’y a pas dans le nazisme. Autrement dit, il est possible d’être abusé par le projet communiste ; il est plus difficile d’être trompé par la propagande nazie, qui dit davantage la vérité du régime. C’est pourquoi beaucoup de communistes repentis ont pu devenir les plus farouches des anticommunistes   un repentir rarissime chez les anciens nazis  , et c’est ce qui fait que, à juste titre, les anciens communistes garderont un capital de sympathie que l’on ne peut accorder à d’anciens nazis.
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