Thèse de sciences de l’éducation





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Les civilisations antiques

L'Inde ancienne


Dans l'Inde ancienne (les 4 millénaires précédant JC.), le degré d'éducation dépend de l'appartenance   héréditaire   de caste : aucune éducation pour les "soudras" et pour les filles, instruction élémentaire pour les classes moyennes, haute et longue éducation pour les "brahmanes" (prêtres)2.

La Chine classique


La société de la Chine classique (II° millénaire av. JC) se répartit en différentes classes, dont la suprême est celle des "mandarins", élite intellectuelle et administrative. Mais des écoles ouvertes à tous permettent à chaque sujet d'accéder   au terme d'un long cursus sélectif   à cette classe des mandarins3.

Aux environs de la naissance de Jésus-Christ, on peut même assister à de véritables plaidoyers de la part des chefs politiques en faveur de l'école pour tous :

Sous l'Empereur Wen (167 av. JC.), l'éducation se propose pour unique objet de "promouvoir tous les sujets (...) à la dignité d'honnêtes gens, qui était naguère le privilège des nobles seuls"4 ;

Sous l'empereur Wou (220 ap. JC.), "Tong Tchong-chou" estime que l'éducation produit d'excellentes moeurs et que des écoles pour le peuple doivent être établies dans les chef-lieux et les bourgades5.

L'Ancienne Egypte


L'Egypte ancienne (IV° mill. av. JC.) inaugure un type de système d'éducation dit de type "scribe". Ce système supplante celui des "guerriers nobles" et va se propager auprès des Mésopotamiens, des Hébreux, des Minoens et des Mycéniens. Il ne sera supplanté lui-même que par notre système moderne d'enseignement, inauguré par les Hébreux, Athènes et Rome6.

Pourquoi et comment apparaît le "scribe" ? L'économie et l'administration de L'Egypte ancienne prennent une telle ampleur que leur gestion nécessite l'usage d'une écriture. L'écriture naît. Celui qui détient la compétence d'écrire est appelé "scribe" et sa tâche ressemble à celle d'un comptable ou d'un administrateur. Les scribes sont formés dans des écoles spécifiques, qui ne dispensent pas une instruction seulement utilitaire mais aussi "humaniste"7.

L'instruction, dans l'Egypte ancienne, ne concerne que les professions de scribe d'une part et d'architectes, de prêtres et de médecins, professions transmises de père en fils, d'autre part8.

La nouvelle classe des scribes se distingue des classes populaires des paysans et des artisans, sans se confondre pour autant avec celles des prêtres et des chefs politiques. Cette classe, cependant, s'avère rapidement constituer une classe "supérieure" sur le plan social et politique. Elle participe en l'occurrence, plus ou moins directement, à l'exercice du pouvoir9.

De fait, cette "caste" des scribes devient enviée, et de même, par conséquent, que le seul moyen pour un non-scribe de devenir scribe : l'instruction. S'instruire devient un enjeu de pouvoir social. Des textes des scribes Akhtoy (IX° ou X° dynasties, 2260-2240) et Amenemope (Ramsès, 1298-1232) nous rapportent la nécessité vitale pour un fils de scribe de faire des études, aussi dures fussent-elles, afin de devenir scribe à son tour et échapper au sort commun10.

La Perse


Dans la Perse du VI° siècle avant JC., une éducation militaire et morale est dispensée, dans des maisons communes, à tous les garçons issus de la noblesse11.

Sparte


Sparte était constituée de vingt-cinq mille spartiates écrasant trois-cent-cinquante mille Messéniens   Hilotes et Périèques   conquis, asservis et privés de tout droit. L'éducation est de fait strictement militaire et réservée aux seuls spartiates12.

Athènes


Athènes se divise en deux castes : les esclaves et les citoyens.

Les esclaves, pour leur part, effectuent la plus grande part du travail manuel   lequel est méprisé dans la cité grecque   et sont privés de toute instruction. Il nous semble rester à vérifier que, dans la pratique, aucun esclave   notamment parmi les domestiques proches de leurs maîtres   n'ait eu du tout accès à l'instruction.

Les citoyens, en revanche, non seulement ont accès à l'instruction mais de plus sont tenus par une loi de s'y soumettre, laquelle loi les engage à donner à leurs fils une instruction "suffisante". Cette instruction est dispensée dans des établissements scolaires de l'âge de sept ans jusqu'à seize ans.

Notons que si cette loi éradiquera l'illétrisme parmi la caste des citoyens, en revanche, elle ne gommera pas les inégalités sociales au sein de cette caste. Car les citoyens les plus pauvres   que sont les artisans   se contentent du minimum obligatoire (c'est-à-dire de sept à seize ans) puis s'orientent vers une formation professionnelle d'artisan, cependant que les citoyens les plus riches, eux, peuvent se permettre d'offrir à leurs fils des écoles de "rhéteurs" et de "sophistes" (à partir des IV° et V° siècles), qui leur permettent d'accéder aux carrières politiques et juridiques13.

Cette inégalité socio-scolaire de la cité d'Athènes (interdiction d'accès aux esclaves et inégalités d'accès au sein même de la caste des citoyens) ne semble pas soulever de débats politiques mais semble plutôt comme aller de soi. La question des INSOSCO n'est pas discutée par les philosophes. Les débats concernant l'éducation et qui opposent les intellectuels   comme Platon (427-353), Xénophon (445-355), Isocrate (436-338) ou Aristote (385-322)   ne concernent que les contenus et méthodes14.

Notons au passage que les Grecs appellent l'école "scholè", ce qui signifie "loisir", "récréation".

Rome


Les structures sociale et scolaire de Rome sont très semblables à celles d'Athènes : l'instruction reste interdite à la caste des esclaves et se distribue aux citoyens de façon différente selon le rang social. Cette l'éducation est dispensée plutôt en préceptorat sous la République (jusqu'au II° siècle) et plutôt en écoles (municipales puis d'Etat) sous l'Empire.

De même qu'à Athènes, la question des INSOSCO ne semble pas se poser dans les débats politiques et philosophiques.

Les débats éducatifs en effet   Cicéron (-106,-43), Sénèque (-4,+65), Quintilien (30,100), Saint-Basile (330,370) ou Saint-Augustin (354,430)   ne portent que sur les contenus et méthodes.

Les INSOSCO ne semblent pas plus constituer un problème social, une source de souffrance humaine, pour la cité de Rome que pour celle d'Athènes.

Notons que les Romains appellent leur école "ludus litterarum", ce qui signifie "jeu littéraire"15.

L'inauguration de "l'école pour tous" par les Hébreux


Les Hébreux connaissent tout d'abord un système d'éducation de type "scribe", lesquels scribes sont formés dans une "maison d'instruction" (en Hébreux : "bê (y)t midh'rasch").

Puis il semblerait que la forte religiosité des Hébreux ainsi que le monothéisme qu'ils inaugurent fassent naître l'idée d'égalité scolaire, au sens d'une instruction pour tous.

Pourquoi ?

La forte religiosité des Hébreux leur dictait que tout sujet soit imprégné des textes religieux. Aussi fallait-il pour cela que ces textes fussent enseignés à chaque enfant ou, mieux, que ces enfants eussent appris à lire pour s'imprégner directement des textes. Après la destruction du Temple (date ?), les rabbis déclarèrent qu'il était de la responsabilité de la communauté de faire acquérir à chacun une bonne instruction16, laquelle instruction serait essentiellement religieuse et morale.

Quel est le lien entre le monothéisme et "l'école pour tous" ? Le monothéisme comprend l'idée d'une filiation de tous les hommes par le même dieu. De là, aux yeux de ce type de religion, tous les hommes sont frères. Cette idée de fraternité entre tous les hommes   qui perdurera jusqu'aux idéologies chrétiennes, maçonniques et socialistes   exclut toute idée de caste d'esclaves ou de différences de qualité entre les sujets (autres que des différences structement sociales).

Dès lors, la nécessité religieuse d'un accès de tous aux textes sacrés se trouve tout naturellement encouragée par l'idée monothéiste de fraternité. Ces deux faits, ces deux exigences   l'une d'imprégnation des textes sacrés par tous, l'autre de fraternité entre tous les hommes   concourent au même projet politique d'une école qui doit scolariser tous les citoyens sans exception et dans laquelle on apprendrait les fondements religieux, qui sont le ciment de la société.

C'est ainsi qu'en l'an 64 est décrétée la création d'écoles gratuites dans toutes les villes17.

Quels en sont les structures et contenus ? Avant la Grande Guerre (date ?), Samuel le Petit et R. Joshua Ben Hananiah tracèrent un cursus en trois degrés : à cinq ans, l'enfant apprend la Bible, à dix ans la Loi orale, puis enfin l'adolescent de quinze ans apprend à se forger une interprétation personnelle des textes appris.

La diffusion de l'instruction ne s'arrête pas aux seuls enfants : des rabbis, professeurs et dirigeants s'emploient à instruire aussi les adultes   hommes d'affaires, agriculteurs et artisans   par le biais d'assemblées publiques, de conférences matinales (avant le travail) ou de sabbats précédant les fêtes18.

De l'Inde ancienne aux Hébreux


Les sociétés antiques avant celle des Hébreux n'instruisent que les sujets dont la profession, l'utilité sociale, exige expressément une instruction : chefs politiques, prêtres, administrateurs, comptables, médecins, architectes.

Certaines de ces sociétés sont constituées de castes héréditaires (l'Inde) cependant que d'autres laissent le libre champ au mérite individuel et à une certaine mobilité sociale (la Chine).

Rome et Athènes, toutefois, inaugurent une société dans laquelle l'instruction doit toucher tous les citoyens sans exception, étant entendu bien sûr que ces sociétés reposent sur une caste d'esclaves privés de toute instruction qui accomplissent l'essentiel des tâches manuelles.

Dans toutes ces civilisations, la question de l'égalité scolaire non plus que celle de l'égalité sociale ne se posent pas.

Il faudra attendre les Hébreux pour que naisse l'idée d'égalité scolaire, entendue comme instruction obligatoire pour tous les sujets sans exception.

Il nous semble important de retenir que cette idée d'égalité scolaire est issue, par delà ce qui caractérise son époque :

- de la nécessité d'imprégnation de tous les sujets à un même système de valeurs morales (pour les Hébreux les textes religieux en l'occurrence) ;

- de l'idée selon laquelle tous les hommes seraient frères parce qu'issus du même dieu.
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