Thèse de sciences de l’éducation





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La gaule romaine

Enseignement et classes sociales sous la Gaule romaine (Ier s. av. JC, V° s.)19


Avant l'occupation romaine, l'instruction, tout comme dans les premières civilisations antiques, est réservée aux fils de nobles et de chefs de tribu.

Cet enseignement   moral, religieux, juridique et historique   est dispensé par les druides d'une part   à la fois éducateurs, magistrats et prêtres   et les bardes d'autre part   poètes et chroniqueurs. Cet enseignement sera tout naturellement interdit par l'empereur Tibère au début du Ier siècle, lorsque Rome aura conquis la Gaule.

L'héritage grec


La Gaule conquise, Rome lui imposera bien sûr son système d'éducation, mais lequel système est lui-même, nous l'avons vu plus haut, fortement inspiré de celui de la Grèce. En conquérant la Grèce, Rome en a en effet hérité l'idée nouvelle selon laquelle l'instruction peut être non pas seulement utilitaire, serviteur du fonctionnement social, mais aussi "humaniste", c'est-à-dire plus large et plus complète de façon gratuite, pour le seul plaisir d'apprendre et de savoir.

Rome ne pourra pas s'empêcher malgré tout   mais dans une certaine mesure seulement   de trahir cette idée en détournant les disciplines grecques vers ce qui peut être utile ou en minorant le rôle de celles qui ne peuvent pas l'être20.

Rhétorique grecque et cursus élitiste


On peut noter au passage que dans cette société non encore touchée par les idées chrétiennes de fraternité et d'égalité, se pose malgré tout une première question touchant à l'inégalité socio-scolaire. Cette question, qui fait l'objet de débats politiques, est celle de l'enseignement ou non de la rhétorique grecque. Car cet enseignement de la rhétorique grecque nécessite en effet un cursus long, lequel n'est inévitablement accessible qu'aux seuls fils des fortunés patriciens21.

Ecole romaine et classes sociales


Dans tout l'Empire romain, se tisse un réseau d'écoles, fréquentées par les enfants issus des classes dirigeantes. Ces écoles sont financées d'abord par l'empereur lui-même à titre de mécène, puis, sous le Bas-Empire, par l'Etat. Le caractère aristocratique de ces écoles est toutefois tempéré par une certaine prise en compte du mérite individuel indépendant de l'origine sociale puisque certains élèves, qui n'ont pas eu la chance d'être issus de familles riches, peuvent se voir attribuer de véritables bourses, appelées "institutions alimentaires".

Ces établissements restent malgré tout bien moins répandues que chez les Hébreux (par exemple) puisque la Gaule ne compte des écoles municipales qu'à Besançon, Lyon et Toulouse et des centres culturels qu'à Marseille, Autun et Bordeaux22.

Les trois degrés de l'enseignement gallo-romain


Les écoles primaires, apparues dès le VII° s. av. JC. à la période étrusque, accueillent les enfants âgés de 7 à 11 ans et issus de milieux privilégiés, qui viennent y apprendre à lire, écrire et compter.

Les écoles secondaires, apparues au II° s. av. JC., apportent une formation grammaticale à une élite de garçons et de filles de 12 à 15 ans issus du premier degré (lesquels n'étaient déjà issus que des seuls milieux privilégiés).

Les écoles supérieures, enfin, apparues au Ier s. av. JC., enseignent la rhétorique à des adolescents de 15 à 20 ans promis aux plus hautes fonctions de l'Etat   avocats et cadres administratifs.

Le déclin de l'école gallo-romaine


Comme elle est un service public, l'école gallo-romaine ne survit pas à la chute de l'Empire. Elle subsistera pendant un certain temps sous forme d'enseignement privé, puis s'éteindra, au VI° siècle.

Le christianisme est alors en pleine expansion mais il se confronte aussi d'une part aux restes d'humanisme gréco-romain et d'autre part à l'éducation barbare. L'objectif premier de l'éducation chrétienne sera donc d'asseoir son influence, son idéologie, avant même que de réfléchir à ses contenus, méthodes ou questions d'accès social.

Le Moyen-Âge chrétien (VI°-XV° s.)

L'idée chrétienne de fraternité et d'égalité entre tous les hommes


Le Moyen-Age verra s'épanouir l'idéologie du christianisme, qui succède à celle des paganismes romain et grec.

Or, le christianisme est une religion monothéiste, issue de la religion hébraïque, monothéiste elle aussi. Ce monothéisme, nous l'avons vu plus haut, contient l'idée de filiation de tous les hommes par un même dieu, père de tous les hommes, et contient donc en même temps l'idée de fraternité entre tous les hommes. Dans sa "Lettre aux Galates" (III, 2), Paul dit : "Il n'y a plus ni de Grec ni de Juif ; il n'y a plus d'esclave ni d'homme libre ; il n'y a plus d'homme ni de femme ; car vous n'êtes qu'en Jésus-Christ." La religion chrétienne dicte aux hommes qu'ils sont tous frères et égaux, sans distinction de nationalité, de race, de classe sociale ou de sexe.

Il en découlera notamment l'idée d'une éducation qui ne distingue plus ni le sexe ni la classe sociale23.

Nous verrons toutefois que cette idée de fraternité et d'égalité entre tous les hommes restera longtemps virtuelle et que l'école pour tous ne commencera à se réaliser réellement que lorsque la Réforme protestante entendra imprégner chaque enfant des textes religieux, laquelle sera immédiatement imitée par l'Eglise catholique, menacée par l'expansion protestante.

L'éducation, au début du Moyen-Age, reste toutefois incitée par l'Eglise, qui rappelle aux parents leur responsabilité d'éducateurs, sous peine de voir "se fermer pour leur fils le royaume céleste"24. L'éducation n'a plus seulement une vocation utilitaire et professionnelle comme dans les premières sociétés antiques mais elle devient une fin en soi comme à Athènes et Rome et elle est préconisée par la morale comme chez les Hébreux.

La vocation et la clientèle des premières écoles chrétiennes25


D'abord menacé par les différents paganismes qui l'entourent (tels les Barbares) ou qui subsistent encore (tel l'héritage gréco-romain), le christianisme doit se préoccuper en toute priorité d'affirmer son implantation idéologique. La première finalité de l'école chrétienne sera donc la consolidation de cette assise idéologique du christianisme et elle devra former des professionnels de la religion pour constituer un clergé.

Trois types d'écoles apparaissent alors dans l'Occident barbare :

- Les disciples de Saint-Benoît (480-543) et du moine irlandais Saint-Colomban introduisent en Gaule barbare les écoles monastiques ou claustrales (à Marseille, Arles, Uzès, Lérins et Hyères notamment) destinées à former des moines.

- Les écoles "épiscopales" ou "cathédrales" sont des sortes de séminaires implantés en ville et chargés de former les prêtres.

- Le deuxième Concile de Vaison (529) prescrit à chaque prêtre d'organiser chez lui une école presbytériale ou paroissiale afin d'y préparer ses successeurs.

La vocation originelle de ces différentes écoles était de former exclusivement des professionnels de la religion. Mais il se trouve qu'à cette époque, les écoles antiques ont disparu (avec l'Empire romain). Or, les aristocrates continuent de vouloir faire donner une instruction à leurs fils. N'ayant pas le choix, ils scolarisent ces enfants dans les écoles chrétiennes qui contribuent ainsi, malgré leur vocation, à l'instruction de l'élite laïque, indépendamment de toute carrière religieuse26.

L'enseignement au début du Moyen-Age se réserve donc aux futurs Religieux et aux fils de nobles27.

La léthargie sous les invasions barbares


Les invasions barbares, du III° jusqu'au IX° siècles, ruineuses et insécurisantes, bloquent l'épanouissement de l'éducation, qui se résume au perfectionnement des moines et quelques "externes" laïcs au sein des monastères et à la formation des prêtres au sein des écoles épiscopales28.

Le froid et la faim, facteurs d'éducation


Le VII° siècle en Gaule voit les familles lourdement imposées fiscalement pour leurs enfants. Avortements, infanticides, abandons et ventes d'enfants se multiplient. De nombreux enfants, poussés par le froid et la faim, se réfugient dans les monastères, lesquels leur dispenseront une éducation29.

Charlemagne


Charlemagne (sacré en 800) fonde "l'Ecole du Palais" ou "Ecole palatine". Cette école, contrairement à ce que prétend la légende, n'accueille aucun fils de serf mais uniquement des filles et fils de la noblesse qui viennent s'y perfectionner auprès de maîtres internationaux prestigieux   comme par exemple Alcuin (735-804) de 782 à 790   après une instruction déjà poussée au sein des écoles épiscopales (séminaires) ou auprès de précepteurs privés30.

Charlemagne améliore par ailleurs l'éducation du clergé et encourage les monastères à fonder des écoles susceptibles d'accueillir à la fois des fils de riches et de "pauvres"31.

La paix du XI° siècle et les écoles de pauvres du XII°


Au XI° siècle, après la stagnation intellectuelle   et scolaire   causée par les dernières invasions   normande, hongroise et sarrasine   du X° siècle, la monarchie capétienne, le christianisme et le monopole de l'Eglise sur l'enseignement se consolident32.

Aussi l'Eglise entreprend-elle, grâce à ses richesses, d'ouvrir ses écoles aux pauvres. Les troisième et quatrième Conciles du Latran (1179-1215) instituent dans chaque cathédrale un bénéfice ecclésiastique permettant à un maître d'enseigner gratuitement à des enfants sans ressources33.

L'instruction pour tous est dispensée au sein d'écoles monastiques   d'évêques ou de chapitres   puis d'écoles communales. Cette école est payante pour les riches et gratuite pour les pauvres, ce qui constitue, notons-le, une première démarche d'égalité scolaire à l'encontre de la diversité d'origine sociale.

Il faut préciser que ces écoles "ouvertes à tous" ne touchent absolument pas l'immense masse des serfs et des paysans : ni l'Etat ni l'Eglise, en effet, n'ont ni les moyens ni même l'idée de construire des écoles dans les campagnes. L'immense majorité de la population que constituent les serfs, les paysans et les artisans se contente pour toute éducation d'une formation professionnelle dispensée de père à fils ou de "maître" à "compagnon" et "apprenti" au sein de "corporations"34.

Le cursus scolaire au XII° siècle


Ces siècles montrent en matière de système scolaire un schéma un peu similaire à celui de la Chine ancienne, à savoir un cursus ouvert à tous en droit, long et sélectif.

Quel sont les grades de cette scolarité ?

On entre à quatorze ans à la faculté des Arts puis de théologie. Cette formation dite "d'escolier" est encouragée par l'octroi de différents privilèges comme une dispense de l'impôt ou la relevance d'une juridiction spéciale, par exemple.

On devient ensuite "bachelier", puis "licencié", puis "docteur", dans les filières soit de théologie, soit de médecine, soit de droit, ces filières conduisant à des postes professionnels précis.

Notons que si l'on peut devenir bachelier à l'ancienneté, il est de rigueur, en revanche, d'offrir à ses maîtres, en sus des épreuves de connaissances, de coûteux cadeaux, ce qui peut constituer une forme de ségrégation scolaire directement liée à l'origine sociale.

L'université35


C'est l'époque du Moyen-Age qui voit se créer l'université. A la fin du XII° siècle, se constituent des corporations enseignantes, qui généreront ces universités.

Les maîtres et étudiants y sont pour la plupart des clercs ordonnés ou tonsurés. Leur statut (nous l'avons déjà vu plus haut pour les "escoliers") leur confère certains privilèges comme celui dit "de l'immunité" (exemption de l'impôt) ou celui dit "du for" (jugement exclusif par des tribunaux ecclésiastiques). Les universités sont souvent à la fois ecclésiastiques et laïques comme par exemple celle de Paris.

Les universités sont payantes, par des taxes redevables à chaque nouveau grade. Mais on peut noter que l'université accueille des étudiants riches comme des étudiants pauvres36. Ces derniers sont hébergés gratuitement dans des "hospitia" charitables, des "collèges", lesquels deviendront ensuite par raison de commodité les locaux effectifs de l'université37 (les cours se déroulaient jusque-là au domicile-même des professeurs, dispersés dans le "Quartier Latin").

L'absence de débats portant sur la question de l'inégalité socio-scolaire


Les débats éducatifs au cours du Moyen-Age   Alcuin (735-804), Abélard (1079-1142), Saint-Bernard (1091-1153), Saint-Thomas d'Aquin (1225-1274) ou Grégoire Reisch (fin du XV° s.-1525)   ne portent pas sur les inégalités socio-scolaires mais exclusivement sur les contenus et méthodes38.

L’École pour tous de la Réforme protestante

Erasme et l'instruction comme fin en soi


Avant Luther, Erasme (1466-1536) se pose en partisan de l'instruction comme fin en soi. L'instruction, pour lui, participe au bonheur individuel : ne devient homme que celui qui "s'est exercité". Notons que cette posture se démarque de la fonction purement utilitaire, professionnelle, du système éducatif qui caractérisait les sociétés antiques.

Erasme est aussi partisan, à ce même titre, et notamment, d'une précocité de l'instruction, ce qu'il exprime dans son "Discours sur la nécessité de commencer dès la naissance l'éducation des enfants" (1524)39. Notons que cette promotion de l'instruction est indépendante de toute considération d'ordre religieux, notamment celle de mettre en contact chaque individu avec les textes sacrés, comme le voulurent les Hébreux, comme le voudront les Protestants.

La volonté protestante d'une instruction pour tous


Luther (1483-1546), qui fonde la Réforme protestante, se fait en même temps le partisan d'une instruction pour tous. Son motif est que chaque sujet doit s'imprégner lui-même des textes sacrés, à savoir la Bible. La "Réforme protestante", en effet, se réclame d'une religiosité plus profonde et plus personnelle que celle du catholicisme, et elle prône la connaissance individuelle, directe, des textes religieux. Or, cette imprégnation de tous par les textes suppose un minimum d'instruction, dont celle, capitale, de la lecture. La Réforme protestante pose la nécessité d'un combat contre l'ignorance, cette ignorance étant supposée constituer "l'ennemi de la vraie religion"40.

Notons que cette volonté protestante coïncide avec, est permise par la possibilité technique d'impression et de diffusion de livres, grâce à la mise au point de l'imprimerie par Gutenberg en 1440 et à l'utilisation du papier de chiffon. La multiplication des livres et l'élargissement du nombre potentiel de lecteurs autorisent l'ambition protestante41.

Une démarche de Luther auprès des pouvoirs publics


Luther s'adresse directement aux responsables politiques de son pays, l'Allemagne. En 1524, il rédige un texte dont le titre ne saurait être plus explicite42 : "Aux magistrats de toutes les villes d'Allemagne afin qu'elles édifient et entretiennent des écoles chrétiennes"43.

Ce texte s'adresse aux magistrats et sénateurs allemands et leur vante les bienfaits de l'éducation en soi : "La prospérité d'une cité ne dépend pas seulement de ses richesses naturelles, de la solidité de ses murs, de l'élégance de ses maisons, de l'abondance des armes de ses arsenaux ; le salut et la force d'une cité résident surtout dans la bonne éducation qui lui donne des citoyens instruits, raisonnables, honnêtes, bien élevés."

Luther pose la nécessité sociale d'une éducation pour tous : "Que si chaque année on emploie tant d'argent pour acheter des machines de guerre, pour construire des routes, pour établir des ponts et en vue de mille autres objets d'utilité publique, pourquoi n'en emploierait-on pas bien davantage ou tout au moins autant pour nourrir des maîtres d'école, des hommes actifs et intelligents, capables d'élever et d'instruire notre jeunesse ? Quand il n'y aurait ni âme, ni ciel, ni enfer, encore serait-il nécessaire d'avoir des écoles pour les choses d'ici-bas... Il nous faut en tous lieux des écoles pour nos filles et nos garçons, afin que l'homme devienne capable d'exercer convenablement sa profession et la femme de diriger son ménage et d'élever chrétiennement ses enfants."

Luther pense que cette école pour tous doit être organisée par l'Etat et il s'adresse aux hommes politiques : "C'est à vous, Seigneurs, de prendre cette oeuvre en main, car, si l'on remet ce soin aux parents, nous périrons cent fois avant que la chose se fasse."44

Notons que les propos de Luther n'invoquent pas des motifs directement religieux mais des effets présumés positifs de l'instruction sur les comportements individuels des citoyens : l'instruction rendrait les hommes plus "raisonnables" et plus "honnêtes", ce qui permettrait donc une société plus paisible. On peut imaginer que Luther n'a pas sacrifié au fond de lui à ses motifs religieux mais utilise des arguments d'ordre social et sécuritaire pour séduire les pouvoirs publics.

L'objectif premier de Luther est que tout enfant d'Allemagne puisse aller à l'école au moins une ou deux heures par jour. Mais il ne se contente pas de revendiquer ; il agit, et organise, avec Mélanchton, les Ecoles de Saxe et de Thuringe. Ensuite, son oeuvre sera poursuivie au-dehors45.
Si l'Allemagne pense que c'est l'Etat qui doit organiser son instruction pour tous, en revanche, en Angleterre, ce sont l'Eglise et des organisations privées qui créeront les premières "Publics Schools".46
Les autres auteurs du XVI° siècle ayant traité d'éducation   Rabelais (Vers 1494-1553), Melanchton (1497-1560), Ramus (ou Pierre de La Ramée) (1515-1572), les Jésuites ou Montaigne (1533-1592)   ne se sont pas intéressés à la question de l'égalité scolaire mais uniquement à celles des contenus et des méthodes47.

La marche vers l'école pour tous est enclenchée


L'idée d'une école pour tous, introduite par les Hébreux dans l'Antiquité et quelque peu éclipsée le temps du Moyen-Age, est donc remise à l'ordre du jour et entreprise par la Réforme protestante. Cette idée, présente dans les idéologies catholique, humaniste, socialiste et républicaine, ne s'arrêtera plus jusqu'à nos jours.

Dans un premier temps d'abord, à partir du XVII° siècle, le protestantisme investissant l'est et le midi de la France, cette idée d'école pour tous, nous le verrons, sera promptement reprise par l'Eglise catholique, sévèrement concurrencée et voyant dans la démocratisation scolaire le seul moyen de contrer son ennemi48.

La réponse catholique

Education et classes sociales aux XVII° et XVIII° siècles


L'éducation, telle qu'on l'entend aujourd'hui, reste encore limitée à un petit nombre d'enfants issus de l'aristocratie.

L'enseignement élémentaire


Toutefois, et pour ce qui concerne l'enseignement élémentaire, des "écoles de charité" sont ouvertes au peuple. Elles sont organisées par l'Eglise, rattachées aux paroisses, gratuites et financées par les communes ou quelque bienfaiteur. Elles ont pour mission la formation religieuse et morale et la préparation d'enfants de choeur et de choristes. On y apprend quelques connaissances rudimentaires. On compte dans certaines campagnes moins d'une de ces écoles pour vingt villages, mais les villes en sont mieux pourvues.

Une volonté chrétienne d'éducation de tous


En 1684, Jean-Baptiste de la Salle fonde l'institution des "Frères de la Doctrine chrétienne", qui veut créer des écoles pour les classes laborieuses, lesquelles écoles ne scolariseront toutefois à la date de 1790 que trente-cinq mille élèves en France. Il est à noter que La Salle fonde dans le même temps des séminaires de formation des maîtres à Reims et Paris, assortis d'écoles d'application, et ainsi qu'une école professionnelle de commerce et d'industrie dans la région de Rouen.

L'étranger voit se développer ce même type d'enseignement charitable : "l'Ecole de charité paroissiale" en Angleterre, une Ecole des pauvres due au piétiste Francke en Allemagne.

L'enseignement secondaire


Pour ce qui concerne l'éducation secondaire, celle-ci reste limitée à un petit nombre de privilégiés et fondée sur une culture humaniste (au sens étroitement littéraire) et latine.

Les Collèges jésuites


En 1534 est créé l'Ordre des Jésuites, pour renforcer la papauté et défendre la foi catholique contre les résurgences païennes et l'explosion protestante. L'Ordre devient essentiellement enseignant et suit les exhortations du Concile de Trente (1545-1563) pour la formation de la jeunesse. En 1650, existent déjà 372 collèges.

Ces collèges sont assaillis par la bourgeoisie, libérale et d'affaire, qui, accédant à la puissance, estime indispensable une formation large et de haut niveau. Les élèves y apprennent et parlent couramment le latin, qui est alors la langue internationale et d'affaires. Les compétences acquises dans ces collèges vont pouvoir permettre à ses élèves, bourgeois notamment, d'accéder aux plus hautes charges : médecine, barreau, magistrature et chancellerie.

La querelle du latin


La culture de l'enseignement secondaire est de plus en plus critiquée, ce pour deux motifs : d'une part l'humanisme étroit, littéraire, se coupe de la réalité et des avancées scientifiques et techniques (Descartes, ainsi que Bacon, 1561-1626, dans la "Restauration des sciences"), d'autre part, le latin interdit l'accès au savoir pour le peuple (Coménius, 1592-1671). De fait, on assiste peu à peu à un délaissement du latin au profit de la langue maternelle, délaissement exercé par les "Oratoriens", rivaux des Jésuites au début du XVII° siècle, puis par les "Jansénistes" dans leurs Petites "Ecoles de Port-Royal" au milieu du XVII° siècle (mais fermées en 1661). La langue française est également promue par La Chalotais ("Essai d'Education nationale") et Diderot.
L'enseignement supérieur ne s'ouvre évidemment pas plus que le secondaire aux fils de pauvres.

La naissance de l'enseignement professionnel


Au XVIII° siècle, se multiplient les industries et manufactures, qui utilisent une main d'oeuvre infantile bon marché, ce qui conduira Locke, en Angleterre, à exiger la création d'Ecoles de travail pour les enfants pauvres dans chaque paroisse - premier "enseignement professionnel".

La Renaissance : l'instruction populaire catholique comme instrument contre-réformiste49


L'enseignement primaire se conçoit, notamment, comme un instrument de prosélytisme dans un pays déchiré par les conflits religieux.

Luther, qui veut que la Bible atteigne chaque homme, est le promoteur d'une instruction pour tous. Le protestantisme investit l'est et le midi de la France. Il concurrence le catholicisme50. Aussi, le Concile de Trente (1545-1563) décide-t-il de créer dans chaque église "une petite écoles dont le maître, précepteur ou régent choisi par l'évêque, enseignera gratuitement aux enfants la lecture, l'écriture, la grammaire, le chant, le calcul."51

Permanence du contre-réformisme sous Louis XIV et obligation scolaire


En 1598, l'Edit de Nantes permet aux protestants d'ouvrir des écoles publiques.

En 1661, à son évènement, Louis XIV réprime le protestantisme. De fait, en 1685, l'Edit de Nantes est révoqué. Mais comme les écoles protestantes subsistent de façon clandestine, Louis XIV, en 1698, institue l'obligation scolaire jusqu'à quatorze ans, dont l'objectif essentiel est de convertir les enfants de protestants52.

L'enseignement gratuit des enfants pauvres


Sous Louis XIV, deux ordres religieux se consacrent à un enseignement gratuit des enfants pauvres : la Congrégation des Frères de Saint-Charles, fondé en 1666 à Lyon par Ch. Demia (1636-1695) et l'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes créé en 1680 à Reims par J.B. de La Salle (1651-1719).53

XVII° siècle : l'École pour les pauvres de Jean-Baptiste de la Salle

Jean-Baptiste de La Salle et l'Institut des Frères des Écoles chrétiennes54


Pour Jean-Baptiste de La Salle, Chanoine de l'Eglise Métropolitaine de Reims, l'éducation et l'instruction doivent être données aussi aux classes populaires.

Cette idée était populaire en Allemagne   protestante  , déjà, mais pas en France   catholique.

Cette idée rencontra une vive opposition de la part de la bourgeoisie et de la noblesse mais aussi de philosophes, comme Rousseau et Voltaire, qui pensaient que "les connaissances du peuple ne devaient pas s'étendre plus loin que leurs occupation55 (voir, plus loin, la question de l'accès par le peuple à l'enseignement secondaire).

JB de La Salle fonda en 1680 la "congrégation séculière laïque des Frères des Ecoles chrétiennes."

Les "statuts" de "l'Institut des Frères des Ecoles chrétiennes" précisent que les membres doivent faire le voeu, notamment, "d'enseigner gratuitement les enfants (...) en leur inculquant les maximes chrétiennes et en leur donnant l'éducation qui convient".

Le XVII° siècle


Les principaux auteurs ayant traité d'éducation (François Bacon (1561-1626), Radke (ou Ratichius) (1571-1635), Comenius (1592-1670), Nicole (1625-1695), Malebranche (1638-1715), Locke (1632-1704), Fénelon (1635-1719) ou L'Abbé Fleury (1640-1723)) s'en tiennent, pour leur part, à des questions de contenus et de méthodes.56

La sécularisation de l'École57


Le phénomène de sécularisation de l'école semble étranger à la question de l'égalité socio-scolaire.

Il ne lui est pourtant pas entièrement étranger. Le phénomène de sécularisation de l'école, en effet, agit sur les instances de pouvoir sur l'école.

Avant la sécularisation, le pouvoir sur l'école est catholique, donc religieux. Les motifs de transformation de l'école sont d'ordre moral, religieux.

Après la sécularisation, le pouvoir sur l'école devient celui de l'Etat, de la collectivité, de la société. Il n'est plus directement religieux mais n'en demeure pas moins idéologique.

Si la volonté d'égalité scolaire se poursuit de l'Eglise jusqu'à l'Etat, c'est que les motifs de cette égalisation doivent être à la fois contenus dans la religion catholique et dans l'idéologie monarchique puis républicaine.

Il nous donc semblé intéressant de relater ici ce mouvement de sécularisation de l'école, ne serait-ce que pour noter la permanence de l'idée d'égalité socio-scolaire par-delà les changements de pouvoir, de religion, d'idéologie.

Le mouvement de sécularisation


S'entame, à l'aube du XVII° s. un mouvement de sécularisation qui ne s'arrêtera plus.

Les débuts de la sécularisation à l'aube du XVI° s.


En 1598-1600, des statuts promulgués par le roi et prétendant imposer discipline aux maîtres consacre la sécularisation des buts de l'éducation : "La bonne éducation de la jeunesse (...) éclaire et polit les esprits encore neufs et, de stériles qu'ils étaient, les rend propres aux emplois publics et capables de les bien remplir."58

Poursuite de la sécularisation au XVIII° s.


Plusieurs mesures, prises au cours du XVIII° s., visent à séculariser, étatiser l'enseignement. C'est ainsi que, pour l'enseignement primaire, un intendant de l'Etat intervient au côté de l'évêque dans la vie des écoles. En 1719, par ailleurs, l'Etat institue la gratuité des collèges universitaires de Paris.59

De la disparition des Jésuites à l'idée d'un ministère de l'Instruction publique.


L'expulsion des Jésuites de France en 1762 et leur dissolution par le pape Clément XIV en 1773 laisse un vide qui conduit les pédagogues à réfléchir sur l'organisation de l'enseignement, à songer à l'idée d'un conseil général réunissant tous les établissements (Turgot), menant elle-même à l'idée nouvelle "d'éducation nationale", qui se concrétisera dans les projets des Révolutionnaires.60

La situation ­scolaire sous l'Ancien Régime61

Les trois degrés de l'enseignement sous l'Ancien Régime.

Les "petites écoles populaires"


Les petites écoles ecclésiastiques gratuites, éparses au Moyen-Age, connaissent un certain essor sous la Réforme et la Contre-Réforme, justement stimulé par la concurrence entre le catholicisme et le protestantisme.

Ces "petites écoles", qui scolarisent le peuple, ne débouchent pas sur l'enseignement secondaire des collèges mais constituent une filière propre et cloisonnée, un enseignement non sanctionné par aucun diplôme et ne débouchant ni sur aucune profession ni sur aucun cursus ultérieur.

L'enseignement y est essentiellement religieux et la fréquentation irrégulière. Les maîtres y vivent de la rétribution scolaire et d'un métier d'appoint.

Le XVIII° s. verra toutefois se laïciser ces petites écoles et s'ouvrir à elles quelque filières techniques (surtout après 1750).

Comment mesurer le taux général de scolarisation du peuple français à cette époque ? Pour le savoir, le recteur L. Maggiolo, à la fin du XIX° s., se fia aux proportions de signatures dûment écrites figurant dans les actes de mariage : celles-ci se montent à 21 % en 1686 et à 37 % en 1786, c'est-à-dire neuf millions d'habitant sur les vingt-cinq millions de l'époque.

Par ailleurs, et toujours d'après Maggiolo, les filles sont deux moins scolarisées que les garçons.

L'enseignement secondaire, cantonné dans les collèges


Les "petits collèges" des facultés des arts ne proposent que les classes élémentaires, les "collèges de plein exercice" des études complètes. Les enfants y sont scolarisés à neuf ans en classe de sixième jusqu'au baccalauréat à 18 ans, puis la licence.

L'enseignement des collèges des congrégations est gratuit. Celui des collèges universitaires le devient également en 1719.

D'après le rapport d'A.F. Villemain, établi en 1843, 73000 élèves y auraient été scolarisés en 1789, ce qui représente, pour une population de vingt-cinq millions d'habitants, O,3 % de cette population (l'enseignement primaire en touchant, lui, 37 %).

La question de l'accès par le peuple à cet enseignement secondaire jusque là cantonné dans les collèges scolarisant l'élite va se poser au cours du XVIII° s. (voir plus loin).

L'enseignement supérieur


Des universités se créent à Douai, Pont-à-Mousson, Reims, Pau, Strasbourg, Dijon et Nancy, pour former un total de vingt-deux établissements avant 1789.

Sont créées également la plupart des "grandes écoles" actuelles.

L'enseignement technique


Il se développe, supplantant peu à peu l'apprentissage corporatif ou compagnonnique "sur le tas", et se destine principalement à la formation des artisans, généralement fils d'artisans.

Notons qu'il s'agit là d'une catégorie sociale non "favorisée", certes, mais non plus parmi les plus "défavorisées".

Le débat sur la démocratisation de l’École au XVIII° siècle

La question éthique, au XVIII° s., de l'accès par le peuple à l'enseignement secondaire62


Cette question se pose, notamment, pour des auteurs tels que Rousseau (1712-1778), Voltaire (1694-1778), Diderot (1713-1784), Montesquieu (1689-1755), Turgot (1721-1781) ou Rolland d'Erceville (1734-1794).

Elle ne semble pas se poser en revanche pour Rollin (1661-1741), Helvetius (1715-1771), Condillac (1715-1780), Jean Bernard Basedow (1723-1768), Kant (1724-1804) ou Pestalozzi (1746-1827) qui se préoccupent, eux, plutôt, encore, des contenus et méthodes.

L'opposition à une instruction populaire


S'opposent à l'accès par le peuple à l'enseignement secondaire Rousseau et Voltaire. Pour Rousseau, "le pauvre n'a pas besoin d'éducation ; celle de son état est forcée, il n'en saurait avoir d'autre."

Pour Voltaire, "ce n'est pas le manoeuvre qu'il faut instruire, c'est le bon bourgeois, l'habitant des villes."
Quels présupposés éthiques peuvent sous-tendre et quelles craintes peuvent motiver de telles postures ?

On peut envisager plusieurs cas de figure :
1°) Il est considéré a priori que l'instruction apporte du bonheur et qu'elle peut donc être une fin en soi pour l'homme, indépendamment de son statut social.

Il est considéré par ailleurs qu'il existe deux sortes d'hommes : les pauvres, jugés "inférieurs" et indignes, et les riches, jugés "supérieurs" et dignes.

En conséquence de quoi, l'instruction doit être un privilège réservée aux seuls riches.

On peut peut-être qualifier cette posture de "ségrégationniste".
Notons que la posture (B) qui qualifie la première posture (A) de ségrégationniste est sous-tendue, elle, par la considération qu'il n'existe pas d'hommes de dignités différentes (a contrario de A) mais qui considère toutefois pareillement que l'instruction est un gage de bonheur et peut être une fin en soi pour l'homme.
2°) Il n'est pas considéré, cette fois, qu'il existe des hommes de différentes dignités.

Mais il n'est pas considéré non plus que l'instruction apporte du bonheur à l'homme et donc puisse être une fin en soi.

Il est considéré que l'utilité de l'instruction est d'enseigner une profession dont la société a besoin et d'inculquer une morale qui soude cette société.

En conséquence de quoi, une instruction secondaire ouverte aux pauvres est susceptible de désorganiser la société.
Notons que cette posture, si elle peut sembler ségrégationniste par l'apparence ou par l'application, ne l'est pas par l'intention.
3°) Il n'est toujours pas considéré qu'il existe des hommes de différentes dignités.

Il n'est toujours pas considéré que l'instruction apporte du bonheur à l'homme et puisse être une fin en soi, mais plus encore, il est considéré que cette instruction peut procurer du malheur à qui en est trop pourvu relativement à son statut social. Pourquoi ? Parce que les postes professionnels offerts par la société restent sensiblement toujours les mêmes et ne peuvent se plier, se hausser au niveau d'instruction brutalement accru des candidats. Les pauvres, massivement instruits, se verront rester pauvres   parce que la société aura besoin toujours d'autant de manoeuvres   alors que ces mêmes pauvres étaient persuadés que l'instruction   et les sacrifices qu'ils ont consenti pour elle   les rendrait riches.

En conséquence de quoi, l'instruction secondaire est susceptible d'apporter, plus que du bonheur, du malheur aux pauvres.
On le voit, la posture d'opposition à une instruction du peuple n'est pas forcément motivée par une éthique ségrégationniste, comme il est communément cru et répété dans notre société profondément imprégnée du souci quasiment indiscutable d'une instruction pour tous.

Cette posture "anti-démocratique" peut aussi être motivée par un souci de cohésion sociale ou même par humanisme.
Diderot lui-même reconnait qu'"un paysan qui sait lire et écrire est plus malaisé à opprimer qu'un autre" et pose, lui, la condition que "c'est au législateur de faire en sorte que la profession soit assez tranquille et estimée pour n'être pas abandonnée."

L'adhésion à une instruction populaire


Montesquieu exprime, lui, l'opinion la plus répandue à l'époque63 : "Il faut que le petit peuple soit éclairé (...) et contenu par la gravité de certains personnages."

Notons que cette idée, qui nous apparait aujourd'hui comme évidente :

- n'est pas argumentée ;

- est la parole d'un bourgeois qui décide ce de qui est bon pour le peuple.
Pour Turgot et Rolland d'Erceville, administrateurs et hommes politiques, une instruction de masse serait   argument non pas éthique mais utilitaire   (et contrairement à ce que pensaient ses opposants) un moyen justement de maintenir l'ordre social mais aussi d'accroître la productivité du travail.

Points restant à étudier :


Il resterait à étudier les point suivants :

1789 : la Révolution Française, égalitaire et fraternelle :


- La Révolution Française

- Les Lumières, le positivisme : le savoir et le bonheur

- L'égalité sociale

- Rousseau et l'égalité sociale

- Pestalozzi

- L'oeuvre de la Révolution

- La naissance des "Grandes écoles"

XIX° siècle : Marx, le socialisme et la volonté d’égalité sociale et scolaire


- Karl Marx, le bonheur, l'égalité, le nécessaire et l'inévitable

- Remarques sur le bonheur et l'égalité

- L'égalité sociale apparait comme un gage de bonheur pour l'humanité.

- Remarques sur le nécessaire et l'inévitable

- Une ambiguité demeure sur le fait que l'égalité sociale devra être accomplie grâce à la révolte et au combat des opprimés ou si cette égalité s'accomplira d'elle-même, quoiqu'on fasse.

1881 : L’école gratuite et obligatoire de Jules Ferry


- Jules Ferry, le bonheur, la justice sociale et l'école obligatoire

- Le personnage et le contexte. L'appartenance et l'idéal maçonnique. L'égalité comme bonheur.

- La généralisation de l'école comme vecteur de justice sociale.

- Remarques d'ordre économique

- Remarque : l'échec scolaire créé par l'école obligatoire

L'URSS, application politique des idées égalitaires socialistes


- La révolution soviétique

- Le bonheur et le savoir

- Le bonheur et l'égalité

- Les tentatives égalitaires

- Les résultats

Les enquêtes et les politiques d’égalité socio-scolaire dans l'Occident des années 60


- Le souci d'égalité scolaire et les grandes enquêtes des années 60

- Les tentatives de remède

- L'état actuel de l'inégalité socio-scolaire et les ambitions égalitaires pour l'an 2000

Conclusion


Sur le plan de la distribution sociale, trois conceptions globales de l'éducation se sont distinguées dans l'histoire connue de l'homme :

- Une éducation réservée à une caste d'élite : c'est le cas de l'Egypte ancienne, de l'Inde ancienne, de la Perse, de Sparte, d'Athènes et de Rome.

- Une éducation ouverte à tous mais sans souci de systématisation : c'est le cas de la Chine ancienne.

- Une éducation qui veut toucher, imprégner, tous les enfants sans exception : c'est le cas des Hébreux, puis   par filiation idéologique - du christianisme, du protestantisme, de l'humanisme et du socialisme. Cette conception est corrélée avec les idéaux d'universalisme et de fraternalisme, issus eux-mêmes du monothéisme et de l'idée selon laquelle tous les hommes ont été créés par un même dieu.
Quelles réflexions peut nous inspirer cette récapitulation historique des inégalités d'éducation ?

Le souci d'égalité d'éducation a-t-il toujours été ?

Non. Il s'agit d'un phénomène relativement récent, né chez les Hébreux, puis transmis au christianisme, au protestantisme du XV° s., à l'humanisme du XVII° s. et au socialisme des XIX° et XX° s. Les civilisations romaine, athénienne, égyptienne ou indienne anciennes n'avaient pas ce même souci. L'organisation de leur société en castes et la destination exclusive du savoir à une élite ne soulevait pas pour eux de problème éthique.

Ce phénomène, donc relativement récent, d'un souci d'égalité d'éducation constitue-t-il un phénomène nouveau et définitif chez l'homme   au même titre que l'invention de l'outil, du feu ou de la sépulture ?

On peut se permettre d'en douter. Car le souci d'une instruction pour tous a existé avant les Hébreux : en Chine ancienne, puis il a disparu. On semble donc être en présence d'un phénomène qui est susceptible de naître en des lieu et époque donnés puis de disparaître. Rien ne semble donc pouvoir prouver, par exemple, et a priori, que ce souci d'égalité d'éducation, demeure éternel dans notre Occident.
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