Thèse de sciences de l’éducation





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II. Sociologie de l’éducation

A) Histoire de la sociologie des inégalités d’éducation

Avant la sociologie des inégalités d’éducation

Court rappel de l'histoire de l’idée d’égalité d’éducation

L'éducation utilitaire des sociétés antiques


Dans les premières sociétés antiques, l'éducation ne constitue pas une fin en soi, que devrait poursuivre tout individu. Une instruction est dispensée à ceux dont la profession, la fonction sociale, le nécessite : prêtres, comptables, administrateurs. L'instruction pour elle-même, à vocation non utilitaire, purement gratuite, n'est dispensée qu'aux fils de l'élite politique. Mais cette "instruction gratuite" n'est-elle pas non plus   indirectement   nécessaire à la fonction sociale de chef ?

"L'école pour tous" des Hébreux


"L'instruction pour tous" est inventée par les Hébreux. L'an 64 voit décréter la création d'écoles gratuites dans toutes les villes. Les motivations semblent être multiples :

- La morale religieuse exige que tous les individus puissent accéder aux textes religieux et, donc, savoir lire ;

- Le monothéisme comprend l'idée de création de tous les hommes par un même père, donc de fraternité entre les hommes, donc d'égalité entre les hommes. L'idée d'égalité entre les hommes semble être liée à celle de la création de tous les hommes par un même dieu.
Le Moyen-Age ressemble aux sociétés antiques : l'Instruction ne se destine qu'à ceux dont la fonction sociale le nécessite, ainsi qu'aux fils de dirigeants.

"L'école pour tous" de la Réforme protestante


L'idée d'instruction pour tous revient avec la Réforme protestante, qui exige de chaque sujet qu'il s'imprègne lui-même des textes religieux, donc qu'il sache lire. Luther sollicite ardemment les responsables politiques de son pays pour y faire construire une école dans chaque ville. Pour Luther, l'ignorance est le seul véritable ennemi de la religion et l'Etat lui-même doit prendre en charge l'éducation de tous les citoyens.

"L'école pour tous" de l'Eglise catholique comme contre-offensive


L'Eglise catholique, menacée par la propagation du protestantisme, se voit contrainte d'adopter à son tour l'idée d'école pour tous, école dont la fonction première est de maintenir le peuple dans le camp catholique. Ainsi, des "écoles de charité", ouvertes au peuple, sont créées dans chaque ville. "L'Ordre des Jésuites" (1534) a pour mission, de renforcer et canaliser, pour sa part, l'Instruction   secondaire   des élites. Jean-Baptiste de la Salle et ses "Frères de la Doctrine chrétienne" (1684) est l'un des partisans d'une éducation pour tous.

La sécularisation de "l'école pour tous" au XVIII° siècle


Le siècle des Lumières et la Révolution française voient confirmer l'école pour tous comme une institution, organisée par l'Etat. Le catholicisme perd de son rayonnement et laisse place à de nouvelles valeurs et croyances comme, notamment, la Raison, la Nature, la Vérité, la Vertu, la Science, la Technique ou le Progrès.

"L'école pour tous" est-elle bonne ? Le débat philosophique


L'idée d'école pour tous ne fait pas l'unanimité.

Des philosophes comme Voltaire (1694-1778) et Rousseau (1712-1778) n'y sont guère favorables. Rousseau et Voltaire sont souvent présentés, à ce sujet, comme des ségrégationnistes primaires, qui éprouvent quelque mépris à l'égard des travailleurs manuels. En réalité, il pourrait sembler que Rousseau et Voltaire se demandent si des savoirs supérieurs aux seules nécessités professionnelles est un gage de bonheur, à la fois pour l'individu et pour la société   ce qui est une vraie question philosophique et non un parti-pris idéologique.

Des hommes comme Turgot (1721-1781) ou Rolland d'Erceville (1734-1794), favorables à l'école pour tous, invoquent, eux, le maintien de l'ordre social ainsi que l'accroissement de la productivité du travail comme principales conséquences (et principaux avantages) de l'instruction de masse.

L'accomplissement de "l'école pour tous"


Le XIX° siècle voit croître les effectifs scolaires sous le coup de différentes lois : une loi de Guizot, en 1833, sous la Monarchie de Juillet, oblige chaque commune à financer au moins une école ; puis, une autre loi, en 1867, au moins une école de fille. Jules Ferry et Paul Bert parachèvent l'oeuvre en instaurant la gratuité (16 juin 1881) et l'obligation de scolarité (28 mars 1882) pour tous les enfants. L'égalité scolaire qui est réalisée est quantitative : tous les enfants sans exception vont à l'école. On ne s'intéresse pas aux différences de réussite de ces enfant.

Du souci d'obligation scolaire à celui d'égalité de réussite


Au XX° siècle, tous les enfants sont scolarisés. Une première idée de l'égalité scolaire est accomplie.

Des lois qui prolongent la durée obligatoire de scolarité (16 ans en 1959) ainsi qu'un bond démographique provoquent dans les écoles un afflux important d'élèves : la population scolaire passera de 6 500 000 en 1945 à 13 550 000 en 1979. Aussi, à l'aube des années 60 et dans la plupart des pays occidentaux, de grandes études commencent-elles à identifier et analyser cette masse d'élèves : c'est la naissance de la "sociologie de l'éducation" comme discipline propre.

Ces études révèlent rapidement que les devenirs d'écoliers sont corrélés avec leur origine sociale. L'immémorial souci d'égalité scolaire fait alors naître la "sociologie des inégalités d'éducation", qui analyse les inégalités de chances scolaires et recherche les moyens d'y parer. L'idée "d'égalité scolaire" n'est plus maintenant de scolariser tous les enfants mais de garantir à ces enfants les mêmes chances de réussite scolaire, professionnelle et sociale, quelle que soit leur origine sociale.
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