Thèse de sciences de l’éducation





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Années soixante : naissance de la sociologie des inégalités d’éducation

Introduction


Pour ce qui concerne l'éducation, la sociologie s'est beaucoup intéressée depuis les années 60 à l'inégalité d'accès aux diplômes : les inégalités socio-scolaires sont un souci central pour les sociétés occidentales des années 60-90.

Les années 60 donnent le jour à de grandes enquêtes statistiques qui montrent les disparités d'accès à l'éducation.

De ces disparités, différents sociologues chercheront à dégager les causes, interprétations le plus souvent déterminées par (ou tout au moins corrélées avec) l'adhésion idéologique.

Aujourd'hui encore, "scientifiques sociaux" de gauche et de droite ne tombent pas d'accord sur la vérité en matière de phénomènes humains de réussites scolaire et sociale.

Les données

Les enquêtes dans le monde occidental pendant les années 60-70


Les années 60-70 voient se développer en Occident de vastes enquêtes quantitatives ayant pour but l'étude sociale du public scolaire.

De telles études sont réalisées, notamment, pour la France64, les États-Unis65, la Grande-Bretagne66, l'ensemble des pays de l'OCDE67 et les pays socialistes68.

Toutes ces études montrent la même chose : les élèves accédant aux plus hautes études ne sont pas représentatifs de la population globale.

Quelles sont donc les caractéristiques de ces élèves ?

Concentrons-nous, pour le savoir, sur les travaux réalisés en France.

Les précurseurs en France


Dès 1959, Christiane Peyre69 révèle l'inégalité socio-scolaire : 17 % des élèves du secondaire sont issus des 50 % d'ouvriers et de paysans, cependant que 10 % des élèves sont issus des 0,6 % de professions libérales, soit un rapport de 1 à 50.

Ce rapport est établi par comparaison de "taux de parité". On considère le "taux de parité" comme étant le rapport entre le pourcentage d'élèves issus d'une catégorie sociale donnée et la place qu'occupe cette catégorie sociale dans l'ensemble de la société. On a ainsi un taux de parité de 0,34 (17/50) pour les ouvriers et de 17 (10/0,6) pour les professions libérales. Le rapport entre 0,34 et 17 est de 50.

Ce rapport entre "taux de parité" reste toutefois grossier et approximatif. Destiné à exprimer l'intensité des inégalités socio-scolaires, il peut servir à comparer des données entre pays.

C'est ainsi qu'en 1960, pour ce qui concerne les étudiants, il existe en France un rapport de 1 à 84 entre taux de parité extrêmes (ouvriers/professions libérales) alors que ce rapport n'est que de 1 à 5 aux Etat-Unis et en Yougoslavie70. La France se révèle alors, pour ce cas, 16 fois plus inégalitaire que des voisins tant socialistes qu'ultra-libéraux !

Différents autres auteurs s'intéressent également à cette question de l'inégalité d'accès à l'école, dont notamment Alain Girard en 196271 ou Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron en 196472.

L'enquête de l'INED


Elle est menée de façon longitudinale, de 1962 à 1972, auprès de 17500 élèves sortant du CM2 et représentatifs de la population française.

Sept caractéristiques73, parmi les plus significatives, sont enregistrées : le sexe, l'âge, le niveau de réussite au CM2, la résidence, l'appartenance sociale, la demande des parents et l'avis du maître sur l'orientation.

Cette étude, notons-le, sera utilisée par des auteurs réputés tant égalitaristes   comme Baudelot et Establet en 197174   que libéraux   comme Raymond Boudon en 197375.

Que ressort-il de cette enquête ?

1°) Un niveau de réussite excellent plutôt que médiocre au CM2, ainsi qu'un âge dans cette classe inférieur plutôt que supérieur à 11 ans, sont corrélés76 avec la propension à devenir étudiant.

2°) Une résidence urbaine, plutôt que rurale, est corrélée avec la propension à devenir étudiant.

3°) L'appartenance sociale (plutôt cadres et profession libérales qu'artisans-commerçants et employés et encore qu'ouvriers) est corrélée avec la propension à devenir étudiant.

4°) L'accès à l'université est corrélé avec les choix d'orientation   ambitieux   des parents à chaque niveau du cursus.

Or, ces choix d'orientation sont corrélés plus fortement avec l'appartenance sociale qu'avec les résultats scolaires77. C'est ainsi que 94 % des cadres parents d'élèves "moyens" demandent l'entrée en sixième contre 36 % seulement des ouvriers.

5°) De la même façon, et toujours à niveau de réussite égal, l'instituteur accorde un avis favorable à l'entrée en sixième deux fois plus souvent à des fils de cadres que d'ouvriers.

Notons qu'il est tentant de penser ici, pour cette corrélation entre l'appartenance sociale et l'avis de l'instituteur, que la première détermine le second, c'est-à-dire que l'instituteur émet un avis en fonction de l'appartenance sociale.

Or, cela, pour aussi évident qu'il puisse paraître, n'est pas pour autant certain. Un instituteur, en effet, peut ne pas connaître   même inconsciemment   l'appartenance de ses élèves, pronostiquer pour deux d'entre eux   de même niveau scolaire   pour l'un la réussite, pour l'autre l'échec, émettre son avis en fonction de ce pronostic, et que cet avis, finalement, et malgré lui, se révèle corrélé avec l'appartenance sociale pour des raisons qui nous échappent.

Les enquêtes ultérieures


Le Ministère de l'éducation réalise entre 1972 et 1978 différentes enquêtes qui ne montrent rien de nouveau sinon que les inégalités s'adaptent à l'évolution du système éducatif. Après l'accès ou non en sixième, elles se mesurent maintenant au type de filière empruntée, puis à l'accès en classe de seconde, puis à l'obtention du baccalauréat, puis etc. Les élèves sont scolarisés de plus en plus longtemps, le moment de spécialisation professionnelle recule de plus en plus loin dans le cursus, mais les inégalités scolaires et sociales demeurent.
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