Résumé : L’université de Toulouse, reconstituée en 1896, était la seule avec celle de Paris à comporter les cinq facultés grâce au rattachement de la faculté de théologie protestante de Montauban.





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Baillaud, savant et catholique


René Baillaud dans ses Souvenirs donne quelques indications sur son père et les fréquentations de cette figure de l’université de Toulouse. Baillaud, catholique, marié à une rouergate, recevait volontiers chez lui des ecclésiastiques à Toulouse et encore plus, semble-t-il, lors de ses vacances, dans sa maison aveyronnaise de Laissac. Pour autant, catholique et scientifique, il ne semble pas avoir été un « intellectuel catholique » soucieux de jeter des ponts entre la science et la religion, si l’on en juge par l’éducation religieuse, somme toute assez réduite, donnée à ses fils.

Une autre figure de la famille Baillaud éclaire la situation de l’université toulousaine à la fin du 19 siècle dans ses relations avec le fait religieux. Il s’agit de la sœur ainée Emma Baillaud. Perroud devait créer un lycée pour jeunes filles alors qu’il n’existait alors que des institutions privées. Après quelques péripéties, le lycée devait ouvrir le 8 janvier 1884 avec 46 élèves. Pour le diriger, Perroud avait fait appel à Emma Baillaud, sœur ainée de Benjamin Baillaud, qui était alors inspectrice des écoles maternelles de la Haute-Garonne. Perroud la présente ainsi : « Femme d’une haute moralité, d’une rare conscience, voulant bien ce qu’elle voulait, pieuse sans être bigote, (souligné par A.A.), elle inspirait confiance aux familles en écartant des préventions que l’on accumulait contre nous.. [..] L’abbé Albouy, curé de Saint Sernin, - que je comparais à un inquisiteur pour son humeur combative – disait d’elle : « c’est l’aiguille qui fait passer le mauvais fil » (Perroud, cité par Rascol, pp. 211-213). Les possibilités de recrutement d’enseignantes étant limitées, il fut fait appel aux professeurs du lycée de garçons, mais aussi aux professeurs de la faculté de lettres de telle sorte que Jean Jaurès y enseigna la morale.

D’après R. Baillaud (p.8), on trouve ainsi dans le dossier administratif de sa tante « Mlle Baïhaut jouit à Toulouse d’une réelle considération. Le parti hostile au lycée est même obligé de rendre justice à sa qualité supérieure et ne peut expliquer le succès de l’établissement que par la présence de Mlle Baïhaut (sic) à la tête de cette maison » (mai 1887). Baillaud rapporte également une notation de Perroud très significative de l’idée de la laïcité que devait partager ces catholiques : « Grâce à l’autorité morale de Mlle Baillaud et à la confiance qu’elle inspire aux familles, le lycée de Toulouse est accepté même dans les milieux qui à l’origine se montraient les moins sympathiques, et sans que l’esprit de la maison ait cessé d’être très laïque au bon sens du mot » (Perroud, juin 1895). Dans cette conception, la neutralité de l’enseignement public n’en excluait pas les catholiques et l’enseignement religieux pouvait même y entrer. C’est René Baillaud encore qui dans ses souvenirs rapporte que Perroud, président du jury d’agrégation, plaça au premier rang Mlle Ory et l’incita à venir enseigner au lycée de Toulouse. Plus tard, Mlle Ory devait ouvrir un internat à Rennes accueillant 61 personnes et y introduisit une instruction religieuse provoquant une campagne anti-cléricale contre elle comme cela avait été le cas à Toulouse lorsqu’une aumônerie avait été organisée au lycée Saint Sernin par Emma Baillaud. Après la guerre, Mlle Ory défendit les Davidées, un groupe d’institutrices catholiques, fondé en 1916, dont le titre est inspiré par le livre de René Bazin, Davidée Birote. On retrouve ici la question de la place des catholiques dans l’enseignement public et la division des « laïques » entre ceux qui l’admettent et ceux qui voient dans les Davidées « une véritable société secrète dont le but est de réintroduire, à l’école publique, l’enseignement confessionnel et d’être, parmi les enseignants, le Cheval de Troie de la Hiérarchie »13

De l’observatoire de Toulouse à l’observatoire de Paris


Karine Bouissière (2001) a bien mis en évidence l’attrait des chaires parisiennes pour les plus ambitieux des universitaires toulousains. Baillaud, même s’il s’était remarquablement intégré dans les réseaux toulousains et s’il s’est dépensé pour développer l’observatoire de Toulouse, réalisant l’exploit de construire un télescope au Pic du Midi, ne manquait pas de s’intéresser aux postes offerts à Paris où son fils Jules qu’il avait associé à ses travaux depuis la petite enfance, avait été nommé aide-astronome en 1904. L'amiral Mouchez directeur de l’observatoire de Paris avait obtenu en 1878 un poste de sous-directeur confié à Maurice Loewy puis à A. Gaillot quand Loewy fut nommé directeur en 1897. A la retraite de Gaillot en 1903, le poste disparut. Loewy devait mourir le 15 octobre 1907, en pleine séance du Conseil des Observatoires. Baillod qui avait convoité le poste de sous directeur en 1903, fut élu finalement à la direction de l’Observatoire de Paris en 190814. Mais ce ne fut pas sans mal et, en fait, grâce à l’appui sans faille du recteur Perroud. Jérôme Lamy qui consacre de très intéressants développements à la neutralité politique et religieuse de Baillaud, a retrouvé la longue lettre adressé par le recteur Perroud au directeur de l’enseignement supérieur (Lamy p. 719) Il y reconnait que Baillaud est « catholique et catholique pratiquant, mais de là à être un « clérical militant », il y a loin  et Perroud de réfuter les accusateurs qui le font passer pour « un clérical actif » et un « marguillier de sa paroisse » et d’ajouter « S’il ne cache pas ses croyances religieuses, il ne les étale pas non plus ». Perroud insiste au contraire sur la discipline républicaine manifestée par Baillaud lors de la mise en œuvre des lois laïques de 1881/2. Finalement Perroud se porte garant qu’il a toujours vu « Baillaud se comporter en bon et loyal serviteur de la République » (Lamy, p.).

Il est important de mentionner ici que l’observatoire de Paris avait joué un rôle dans l’affaire Dreyfus. Beaucoup de mathématiciens de la fin du 19 – à l’exception d’Hermite – se sont engagés dans ou autour de la ligue des droits de l’homme en faveur de la révision du procès d’abord puis dans la recherche de preuves de l’innocence de Dreyfus. Ce fut le cas de Jules Tannery, le beau-frère de Baillaud, mais aussi d’Henri Poincaré. Lors du procès en révision, Poincaré fut chargé d’expertiser les documents de Bertillon et pour cela il avait eu recours aux instruments de mesure de l’Observatoire de Parise. Sachant que la direction de l’Observatoire était assurée par Maurice Loewy, un astronome d’origine juive austro-hongroise, converti, semble-t-il, largement pour échapper à l’antisémitisme, on peut imaginer que sa succession ait été une question sensible.

Pour les historiens de l’observatoire, l’avantage décisif dont bénéficia Baillaud fut surtout la personnalité de son concurrent Guillaume Bigourdan. Guillaume Bigourdan était arrivé à Toulouse en 1873. Il poursuit ses études à la faculté des sciences de l'Université de Toulouse. Il passe une licence de physique en 1874 et une licence de mathématiques en 1876. Pour financer ses études, il est professeur dans un pensionnat. Remarqué par le directeur de l’observatoire de Toulouse, Tisserand, qui venait de l’observatoire de Paris, il y obtient un poste d’aide-astronome en 1877. En 1878, Tisserand quitte l'Observatoire de Toulouse pour prendre un poste de professeur à l'Université de Paris. En 1879, Guillaume Bigourdan quitte Toulouse et va travailler à l'Observatoire de Paris à la demande de Tisserand. En 1885, à 34 ans, il épouse Sophie Mouchez, fille aînée de l'amiral Mouchez alors directeur de l'observatoire de Paris. En 1907, sa candidature a contre elle qu’il ne sort pas d’une grande école et qu’il est un catholique très pratiquant15.

Cette présentation accrédite la thèse d’un « ostracisme anticatholique » que Baillaud aurait contourné grâce à différents appuis dont celui de Perroud. Mais une autre lecture est possible, elle renvoie à un compromis « toulousain » en matière de laïcité qui finalement marqua la loi elle-même. Nous avons déjà mentionné la conception singulière qu’avait Perroud de la laïcité si loin d’un anticléricalisme toulousain. Il ne craignait pas de l’affirmer publiquement comme en témoigne son vote lors du congrès de la ligue de l’enseignement tenu à Toulouse en 1899 en présence et avec une intervention de Georges Leygues16, ministre de l’instruction publique. A cette occasion la ligue adopta une motion prônant le monopole public de l’enseignement. Le congrès se prononça à l’unanimité pour, mais une seule voix discordante osa se faire entendre et ce fut celle de Perroud. Il est remarquable qu’il ait été, malgré tout, maintenu à la tête de l’académie pendant 9 ans. Les anecdotes rapportées par son fils, la trajectoire de celui-ci qui devait être porté en 1945 à la tête du SGEN nouvellement créé dans le Doubs donnent à penser que la retenue, la neutralité dont parle Perroud n’étaient pas de simples arguments de circonstances mais correspondaient aux convictions de Baillaud et pour notre part, nous ne décelons pas d’ironie dans la péroraison de Paul Sabatier lors de ses obsèques dans laquelle il rapportait qu’«il s’est endormi dans les espérances éternelles que sa foi chrétienne n’avait jamais cessé d’envisager » (Baillaud, 1936).
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