Résumé : L’université de Toulouse, reconstituée en 1896, était la seule avec celle de Paris à comporter les cinq facultés grâce au rattachement de la faculté de théologie protestante de Montauban.





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Paul Sabatier, un cas d’ostracisme anticatholique


Mais pour évaluer la singularité de cette situation de scientifiques catholiques de la faculté des sciences, il convient de rappeler la trajectoire de Paul Sabatier lui-même. Paul Sabatier (1854-1941), né à Carcassonne, fit ses études au lycée de Carcassonne, puis prépara les concours d’entrée à Polytechnique et à l'École normale supérieure à Toulouse. Reçu aux deux concours, il choisit l’école normale où il entra en 1874.A la sortie de l’école, en 1877 il enseigna un an à Nîmes avant de devenir, en 1878, préparateur de Marcelin Berthelot17 au Collège de France. Il obtint son doctorat de sciences en 1880 et enseigna la physique à Bordeaux jusqu’en 1882 où il obtint un poste à la Faculté des sciences de Toulouse dont Baillaud était doyen. En 1884, il obtint une chaire de chimie qu’il devait conserver jusqu’à sa retraite en 1930. En 1897, il mit au point, avec Jean-Baptiste Senderens, le procédé d'hydrogénation catalytique des huiles, ce qui lui a permis de réaliser la synthèse de nombreux hydrocarbures. En 1912, il obtint le prix Nobel de chimie (partagé avec un autre chimiste français Victor Grignard). Dans son discours de réception il mentionne son coauteur pas moins de six fois et dans notre cadre, il est opportun de s’intéresser à cette collaboration. En effet, le chanoine Jean Baptiste Senderens né en 1856 avait commencé auprès de Filhol18 prédécesseur de Sabatier à la chaire de chimie de la faculté de sciences, des recherches qui l’avait conduit à publier ses premières notes aux comptes rendus de l’académie des sciences en 1881, l’année où il avait inauguré l’enseignement de la chimie à l’école supérieure des sciences de l’institut catholique de Toulouse (créé en 1877, au départ avec une faculté libre de droit). Aux dix ans de collaboration avec Filhol devaient succéder une collaboration aussi longue avec Sabatier « mais si intime qu’on ne saurait, sans présomption et sans injustice, essayer de distinguer la part de chacun » (Palfray, p.4). Le bilan est éloquent « 34 notes aux comptes rendus de l’académie des sciences, 11 mémoires au bulletin de la société chimique de France, 2 mémoires d’ensemble aux annales de chimie et de physique. Le tout couronné par l’académie des sciences par le prix Jecker décerné en 1905 conjointement aux inventeurs du procédé ‘Sabatier – Senderens’. Mais après 1905/6 on ne trouve plus que quelques travaux en commun, chacun s’orientant vers de nouveaux domaines de recherche19.. Il ne semble pas que la loi de séparation ait joué quelque rôle dans cette dissociation des programmes de recherches mais plutôt un problème classique de reconnaissance des mérites respectifs des travaux communs. En 1912, Grignard partagea avec Paul Sabatier le prix Nobel de Chimie. Le jour même de l'annonce de cette distinction, en réponse aux félicitations d'un de ses amis lyonnais, Grignard répond qu'il craint la frustration de Barbier, son collaborateur et coauteur. « A vrai dire et entre nous, j'aurais préféré, quitte à attendre encore un peu, voir partager le prix entre Sabatier et Senderens et le partager ensuite moi-même avec Barbier… » .. D’après le chanoine Palfray, «  une phrase, pour le moins malencontreuse de Sabatier, dans une conférence faite à la société chimique de Berlin, antérieurement à l’attribution du Prix Nobel, semblait mettre Senderens au rang d’élève, de simple exécutant comme les autres. [..] Qu’un certain froid ait, par la suite régné entre eux, nul ne s’en étonnera. Mais un jour vint où ils se rencontrèrent face à face, à l’Académie, croyons-nous. Sabatier tendit la main, que Senderens reçut avec un large sourire » (Palfray, p.10). Cette version est corroborée par la notice consacrée par Mary Jo Nye (2004) au 150e anniversaire de la naissance de Paul Sabatier “Indeed, in a letter to the Berlin Chemical Society in 1911, Sabatier apologised for referring to Senderens in a recent lecture as his student”

La trajectoire de Sabatier repose la question d’un éventuel « ostracisme anticatholique ». La version « officielle » de sa carrière affirme que « repoussant toutes les offres d'installation à Paris, (il) obligea l'Académie des Sciences, qui ne recevait que des Parisiens, à créer un fauteuil spécial pour lui »20. Faut-il imaginer qu’ayant suivi de près les péripéties de la candidature Baillaud et portant lui aussi l’étiquette « catholique », il ait préféré s’abstenir de passer par les mêmes arcanes ? Ou tout simplement, voulut-il prendre une revanche sur les « disgrâces » qu’il avait subies pendant sa carrière. Dans la plaquette d’hommage publiée pour le 100 anniversaire de Paul Sabatier, le professeur Cathala (directeur de l’Institut du génie chimique) rapporte, en effet, que Paul Sabatier s’était d’abord senti « disgracié par Marcellin Berthelot ». Il entendait par là d’abord le fait qu’il ait été envoyé à Bordeaux au sortir de l’école normale alors que son rang et ses mérites de ses travaux auprès de Marcellin Berthelot auraient dû lui valoir une place dans les cercles parisiens de la recherchee. En tous les cas, si l’on compare sa trajectoire avec celle de son cadet à Normale, Émile Borel (1871-1956), lui aussi admissible simultanément à Polytechnique et Normale) on constate qu’avant même d'avoir soutenu sa thèse, il fut nommé à 22 ans maître de conférences à Lille, puis à 26 ans à l'École Normale Supérieure. Il était le fils du pasteur de Saint Affrique.

Mary Jo Nye a consacré un chapitre de sa thèse à cette question et elle y fait état de “the perception of Sabatier that he suffered in the advancement of his career because of republican and anti-clerical sentiments directed against his practice of Catholicism and his conservative political views”21. En tous les cas, il faut admettre que la coexistence avec des mairies de Toulouse dominés par les francs-maçons comme l’a montré en détail Paul Pistre (Pistre, 2002), n’en fut pas vraiment entravée, permettant à Paul Sabatier de créer les instituts de Chimie, d'Électrotechnique, et d'Agriculture qui devaient donner naissance aux écoles d’ingénieurs de Toulouse.
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