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Pour compléter la lecture analytique de La Ballade des pendus


A) BIOGRAPHIE SUCCINCTE DE FRANÇOIS VILLON :

On dispose finalement de peu de renseignements concernant la vie de cet écrivain, premier grand poète de la littérature française au sortir du moyen âge. Villon est né à Paris en 1431, sans doute dans un milieu modeste ; sa mère vivait encore en 1461 mais l’on ne sait rien de précis concernant son père. Son patronyme authentique est incertain ; peut-être « Montcorbier » ou « Moultcorbier ». On sait seulement que l’enfant fut recueilli par un chanoine aisé, répétiteur de droit canonique, Guillaume de Villon, qui lui donnera son nom ; François l’appellera son « plus que père » dans leTestament.

Le jeune homme entreprend des études de clerc ; il est reçu bachelier en 1449 et maître ès arts en 1452 ; il fréquente durant cette période le quartier latin et se mêle au milieu plus ou moins interlope qui vit d’expédients. Sans doute est-il en contact avec les fameux « Coquillards », bande organisée de malandrins qui a de nombreuses ramifications dans une France qui, à cette époque, sort à peine de la Guerre de Cent ans. Victor Hugo, dans son célèbre roman Notre-Dame de Paris, a donné une image très flamboyante de la « Cour des Miracles ».

Le juin 1455, un prêtre, Philippe de Sermoises, est tué lors d’une rixe et François va se faire soigner une méchante estafilade à la lèvre ; le poète est obligé de fuir Paris. Mais des lettres de rémission émanant du roi l’autorisent à revenir au début de l’année suivante car il a pu invoquer la légitime défense et se disculper.

Durant les années suivantes, il compose divers textes facétieux et parodiques (tel le Lais). On sait également qu’il est plus ou moins impliqué dans divers « mauvais coups » (comme le cambriolage de la sacristie de la chapelle du Collège de Navarre).

En 1457, il se trouve à Blois, protégé un temps par le prince et poète Charles d’Orléans avec lequel il ne tarde pas à se brouiller. En 1461, l’évêque Thibaut d’Aussigny le fait emprisonner dans la geôle du château épiscopal de Meung-surLoire, on ne sait pour quel motif. Fort heureusement pour lui, il bénéficie d’une amnistie du roi Louis XI, de passage dans la région. Villon commence à écrire Le Testament, son œuvre majeure.

De retour à Paris, le voici emprisonné au Châtelet pour un vol anodin ; mais on reconnaît en lui l’auteur du cambriolage du Collège de Navarre et, durant les trois années qui suivent, il sera obligé de rembourser à crédit le montant de sa part, soit 120 écus…

Mais un soir, avec plusieurs compagnons, il se moque des employés d’un notaire, maître Ferrebouc, qui travaillent encore malgré l’heure ; une rixe s’ensuit et maître Ferrebouc est tué ; Villon a-t-il vraiment participé à cette bagarre ? Quoi qu’il en soit, on l’emprisonne une nouvelle fois au châtelet et on le condamne à mort, sans doute en raison de son passé de mauvais garçon.

Dans l’attente de son exécution, Villon composera deux poèmes restés célèbres : La Ballade des pendus et Le Quatrain.

Cependant, il a fait appel ; le 5 janvier 1463, le premier jugement est cassé, mais Villon est condamné au bannissement pour une durée de dix ans. On ne sait pas ce qu’il est devenu après cette date ; les rigueurs de l’hiver ont-elles eu raison du poète ? A-t-il été assassiné sur ordre de ses ennemis ou par d’anciens complices ? Les légendes, comme celle que colporte Rabelais, racontent qu’il aurait terminé sa vie en dirigeant une troupe d’acteurs en province.

Son œuvre est publiée pour la première fois en 1489.

B) PETITE HISTOIRE DE LA PENDAISON

1) LA PENDAISON AU MOYEN ÂGE ; LE GIBET DE MONTFAUCON :

Au moyen âge, la pendaison constitue le mode de mise à mort habituel pour les criminels. Le condamné est « pendu la hart au col », « la hart » étant la corde dans le langage du temps. Cette peine est normalement réservée aux roturiers, car, selon la tradition, les nobles, hommes d’épée, doivent périr par le fer, le cou tranché. Cela dit, il peut arriver qu’un aristocrate ayant commis un crime impardonnable, contre l’État ou contre son Roi, soit pendu. Ainsi, Saint Louis (Louis IX) avait créé l’effroi parmi les aristocrates en faisant pendre des nobles coupables de félonie.

Aux portes de Paris, sous Philippe le Bel, on installa un gibet demeuré célèbre, le gibet de Montfaucon. C’était le lieu principal des exécutions et les suppliciés y restaient en place jusqu’à ce que leurs os tombent. Cette construction était une véritable bâtisse de plusieurs étages où des poutres transversales accueillaient les pendus successifs ; cette charogne attirait évidemment les corvidés (pies, corbeaux, corneilles, freux et choucas) comme le suggère le poème de Villon.

Selon la tradition, l’idée de construire ce gibet imposant reviendrait1 à Enguerrand de Marigny, Chambellan du roi et administrateur des finances ; sous le règne de Louis X le Hutin, Marigny fut traduit en justice2 et condamné à être pendu le 30 avril 1315 ; son corps demeura exposé durant deux ans avant qu’un procès ne vienne le réhabiliter en 1317

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2) Au tout début de la Renaissance, Montfaucon est encore en activité. Le poète Clément Marot (1497-1544) a consacré une épigramme (poème d'un petit nombre de vers, de ton satirique et terminé en général par un trait piquant) à la mise à mort de Jacques de BEAUNE, seigneur de Samblançay (ou Semblançay), premier des trésoriers et généraux des finances du roi, condamné, tout comme Marigny, après un procès des plus discutables.

3) Au moment du Romantisme, période durant laquelle le moyen âge et le fantastique macabre sont des thèmes à la mode, la légende noire du gibet de Montfaucon retrouve toute sa vigueur.

Gravure de Gustave Doré (1832-1883).

sur le gibet

Victor Hugo clôt son roman Notre-Dame de Paris par une évocation dramatique du gibet de Montfaucon.

MARIAGE DE QUASIMODO

Nous venons de dire que Quasimodo avait disparu de Notre-Dame le jour de la mort de l'égyptienne et de l'archidiacre. On ne le revit plus en effet, on ne sut ce qu'il était devenu.

Dans la nuit qui suivit le supplice de la Esmeralda, les gens des basses oeuvres avaient détaché son corps du gibet et l'avaient porté, selon l'usage, dans la cave de Montfaucon.

Montfaucon était, comme dit Sauval, « le plus ancien et le plus superbe gibet du royaume ». Entre les faubourgs du Temple et de Saint-Martin, à environ cent soixante toises des murailles de Paris, à quelques portées d'arbalète de la Courtille, on voyait au sommet d'une éminence douce, insensible, assez élevée pour être aperçue de quelques lieues à la ronde, un édifice de forme étrange, qui ressemblait assez à un cromlech celtique, et où il se faisait aussi des sacrifices. Qu'on se figure, au couronnement d'une butte de plâtre, un gros parallélépipède de maçonnerie, haut de quinze pieds, large de trente, long de quarante, avec une porte, une rampe extérieure et une plate-forme ; sur cette plate-forme seize énormes piliers de pierre brute, debout, hauts de trente pieds, disposés en colonnade autour de trois des quatre côtés du massif qui les supporte, liés entre eux à leur sommet par de fortes poutres où pendent des chaînes d'intervalle en intervalle ; à toutes ces chaînes, des squelettes ; aux alentours dans la plaine, une croix de pierre et deux gibets de second ordre qui semblent pousser de bouture autour de la fourche centrale ; au-dessus de tout cela, dans le ciel, un vol perpétuel de corbeaux. Voilà Montfaucon.

À la fin du quinzième siècle, le formidable gibet, qui datait de 1328, était déjà fort décrépit. Les poutres étaient vermoulues, les chaînes rouillées, les piliers verts de moisissure. Les assises de pierre de taille étaient toutes refendues à leur jointure, et l'herbe poussait sur cette plate-forme où les pieds ne touchaient pas. C'était un horrible profil sur le ciel que celui de ce monument ; la nuit surtout, quand il y avait un peu de lune sur ces crânes blancs, ou quand la bise du soir froissait chaînes et squelettes et remuait tout cela dans l'ombre. Il suffisait de ce gibet présent là pour faire de tous les environs des lieux sinistres. Le massif de pierre qui servait de base à l'odieux édifice était creux. On y avait pratiqué une vaste cave, fermée d'une vieille grille de fer détraquée, où l'on jetait non seulement les débris humains qui se détachaient des chaînes de Montfaucon, mais les corps de tous les malheureux exécutés aux autres gibets permanents de Paris. Dans ce profond charnier où tant de poussières humaines et tant de crimes ont pourri ensemble, bien des grands du monde, bien des innocents sont venus successivement apporter leurs os, depuis Enguerrand de Marigni, qui étrenna Montfaucon et qui était un juste, jusqu'à l'amiral de Coligni, qui en fit la clôture et qui était un juste.

Quant à la mystérieuse disparition de Quasimodo, voici tout ce que nous avons pu découvrir.

Deux ans environ ou dix-huit mois après les événements qui terminent cette histoire, quand on vint rechercher dans la cave de Montfaucon le cadavre d'Olivier le Daim, qui avait été pendu deux jours auparavant, et à qui Charles VIII accordait la grâce d'être enterré à Saint-Laurent en meilleure compagnie, on trouva parmi toutes ces carcasses hideuses deux squelettes dont l'un tenait l'autre singulièrement embrassé. L'un de ces deux squelettes, qui était celui d'une femme, avait encore quelques lambeaux de robe d'une étoffe qui avait été blanche, et on voyait autour de son cou un collier de grains d'adrézarach avec un petit sachet de soie, orné de verroterie verte, qui était ouvert et vide. Ces objets avaient si peu de valeur que le bourreau sans doute n'en avait pas voulu. L'autre, qui tenait celui-ci étroitement embrassé, était un squelette d'homme. On remarqua qu'il avait la colonne vertébrale déviée, la tête dans les omoplates, et une jambe plus courte que l'autre. Il n'avait d'ailleurs aucune rupture de vertèbre à la nuque, et il était évident qu'il n'avait pas été pendu. L'homme auquel il avait appartenu était donc venu là, et il y était mort. Quand on voulut le détacher du squelette qu'il embrassait, il tomba en poussière.

Retenons également que le texte de François Villon inspirera un poème à Arthur Rimbaud, « Bal des pendus » (devoir scolaire :ballade adressée au roi Lois XI pour obtenir la grâce de François Villon)

«  Bal des pendus »

Au gibet noir, manchot aimable,
Dansent, dansent les paladins,
Les maigres paladins du diable,
Les squelettes de Saladins.

Messire Belzébuth tire par la cravate
Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel,
Et, leur claquant au front un revers de savate,
Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël !

Et les pantins choqués enlacent leurs bras grêles
Comme des orgues noirs, les poitrines à jour
Que serraient autrefois les gentes damoiselles
Se heurtent longuement dans un hideux amour.

Hurrah ! les gais danseurs, qui n'avez plus de panse !
On peut cabrioler, les tréteaux sont si longs !
Hop ! qu'on ne sache plus si c'est bataille ou danse !
Belzébuth enragé racle ses violons !

Ô durs talons, jamais on n'use sa sandale !
Presque tous ont quitté la chemise de peau ;
Le reste est peu gênant et se voit sans scandale.
Sur les crânes, la neige applique un blanc chapeau :

Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées,
Un morceau de chair tremble à leur maigre menton :
On dirait, tournoyant dans les sombres mêlées,
Des preux, raides, heurtant armures de carton.

Hurrah ! la bise siffle au grand bal des squelettes !
Le gibet noir mugit comme un orgue de fer !
Les loups vont répondant des forêts violettes :
A l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer...

Holà, secouez-moi ces capitans funèbres
Qui défilent, sournois, de leurs gros doigts cassés
Un chapelet d'amour sur leurs pâles vertèbres :
Ce n'est pas un moustier ici, les trépassés !

Oh ! voilà qu'au milieu de la danse macabre
Bondit dans le ciel rouge un grand squelette fou
Emporté par l'élan, comme un cheval se cabre :
Et, se sentant encor la corde raide au cou,

Crispe ses petits doigts sur son fémur qui craque
Avec des cris pareils à des ricanements,
Et, comme un baladin rentre dans la baraque,
Rebondit dans le bal au chant des ossements.

Au gibet noir, manchot aimable,
Dansent, dansent les paladins,
Les maigres paladins du diable,
Les squelettes de Saladins.

C ) LES DANSES MACABRES

Autre thème très évocateur auquel on peut rattacher le poème de François Villon, celui des danses macabres (voir ce lien J http://www.lamortdanslart.com/index.html). Les XIVème et XVème siècles connaissent les épidémies de peste, la guerre et les famines. Résultat, l’Europe voit sa population diminuer de moitié. L’obsession de la Mort, impitoyable et immanente, traverse toute la société.

C’est dans ce contexte peu réjouissant que les danses macabres ont vu le jour. Elles s’articulent sur une tradition de textes, de poèmes, traitant de la mort comme « le Dit des trois vifs et des trois morts »  ou le «  Vado Mori. » Au XVème siècle, époque à laquelle appartient François Villon, les murs des cimetières, des églises et des cloîtres s’ornent d’étranges fresques où les vivants semblent inexorablement entraînés par des cadavres hideux dans une farandole. Les danses macabres personnifient la mort et lui donnent un aspect allégorique qui n’est pas tellement éloigné du fantastique. L’intrusion de l’au-delà dans notre réel s’y manifeste pour que le chrétien ne s’illusionne pas sur son devenir, comme tout être vivant, il est mortel et doit donc penser à son salut. Dans son Essai sur l'histoire de la mort en Occident, du Moyen Age à nos jours, l’historien Philippe Ariès affirme que cette thématique du macabre qui s’exprime au XIVe et XVe siècles a été instrumentalisée par l'Eglise pour susciter une peur de la damnation.

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Italie, danse macabre de Clusone, Bergame (Bergamo)


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