Les contrôleurs et commissaires de marine en Nouvelle-France





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Les contrôleurs et commissaires de marine en Nouvelle-France

entre 1663 et 1774,

article à paraître dans le numéro de la revue « French colonial history »,

octobre 2007.

Par Céline Melisson

« … Ce qui est de plus important et de plus considérable pour les habitants de Kebec, Montreal et autres qui sont sur ce fleuve de St Laurent est de combattre les Iroquois et les détruire car ils empêchent que les français ne s’étendent dans les terres et n’augmentent les défrichements », explique Louis XIV dès janvier 1663 dans un mémoire aux quelques agents coloniaux qui se trouvent en Nouvelle-Francei.

La Nouvelle-France est, entre 1663 et 1774, la colonie la plus vaste de l’empire français. Au maximum de son extension, elle réunit des territoires comme le Canada, l'Acadie, la Baie d'Hudson, Terre-Neuve, la Louisiane. La frontière occidentale de ces colonies est alors ouverte sur tout l'ouest du continent, sans délimitation précise. Dans cette colonie, la Louisiane est le pays le plus au sud, le Canada occupe la position centrale autour de son axe le Saint Laurent et l’Acadie (nonobstant Plaisance, c’est-à-dire l’actuelle Terre-Neuve) est située la plus à l’est.

Ces différentes régions ont d’abord été gérées par des compagnies de commerce qui devaient développer le peuplement en contrepartie d’avantages commerciaux, octroyés par le roi. Elles ont mis en place le système des engagés par exemple, puis ont été remplacées, par ordre du roi, par l’organisation qui prévaut à cette époque dans les autres provinces françaises. Le gouvernement est alors bicéphale : il possède à sa tête un gouverneur en charge des affaires extérieures et militaires de la colonie, généralement un homme appartenant à la noblesse d’épée. Pour l’aider en théorie, mais, dans les faits, pour limiter ses ambitions et ses actions, un intendant de police, de justice et de finances complète « l’édifice ». Ce dernier appartient en majorité à la noblesse de robe, comme l’a montré Jean-Claude Dubé dans une étude précédenteii. C’est le service de l’intendant et un des différents bureaux sous ses ordres qui vont nous intéresser plus particulièrement dans cet article.

Outre le domaine de l’occident qui concerne l’administration des territoires exploités au profit du Roi et la perception de certains droits comme le castor, les eaux-de-vie ou le tabac, l’intendant a aussi sous ses ordres le grand voyer et ses commis qui entretiennent la construction et la réfection des routes, des ponts, l’alignement des maisons de ville, l’entretien des pavés… Enfin, derniers bureaux, mais les plus importants, ceux de la Marine et du subdélégué de l’intendant à Montréal c’est-à-dire le commissaire de la marine, qui se chargent des entrepôts du roi, de la garde des vivres, munitions et autres marchandises, propriété de l’Etat. Une vingtaine d’hommes, commissaires et contrôleurs de marine, ont ainsi débarqué en Nouvelle-France en passant par le Saint-Laurent, cette « rivière qui marche ». La majorité d’entre eux se sont installés à Québec, le principal port sur le Saint Laurent, le siège de l’administration coloniale mais aussi le lieu de résidence de l’intendance, leur supérieur direct. L’autre partie s’est fixée à Montréal, qui à partir de 1632 commence à croître et où le commissaire de marine est alors subdélégué de l’intendant, la distance est en effet trop importante pour régler les problèmes quotidiens.

Quelle a été l’utilisation de ces fleuves (Saint-Laurent, rivière des Outaouais et rivière des iroquois) dans la gestion de la colonie canadienne ? Comment les contrôleurs et commissaires de marine en poste entre 1663 et 1774 ont-ils profité de cette vaste voie de pénétration au cœur de l’empire français d’Amérique ?

Ces différentes questions vont fournir les axes directeurs de notre étude sur les fleuves et la colonie en Nouvelle-France entre 1663 (date de la mise en place du gouvernement de Louis XIV) et 1774 (date de la mort de Louis XV), à travers l’exemple des contrôleurs et commissaires de marine en poste.
Louis XIV donne dans ses différents mémoires, envoyés à ses officiers coloniaux, les axes prioritaires de l’administration au Canada. La première mission est celle dont nous avons déjà parlé : la résistance aux principaux ennemis du continent c’est-à-dire les Iroquois mais aussi les Anglais et le Saint-Laurent a ici un rôle bien précis. Toute l’administration coloniale est tournée vers cette opposition et l’intendant s’associe même au gouverneur pour faciliter la pacification des troupes amérindiennes. Les Iroquois sont considérés comme un des ennemis les plus sérieux. Leurs attaques ravagent la colonie balbutiante, notamment en 1689 avec le massacre des habitants de Lachineiii. Mais le fleuve Saint-Laurent, qui est pour les français une voie de pénétration et d’installation dans la colonie, forme une frontière pour les nations amérindiennes qui vivent dans des bassins hydrographiques différents. Les rivières secondaires sont beaucoup plus dangereuses et surtout celle menant, par exemple, aux terres iroquoises. Dès 1642, le fort Sorel est érigé à l’embouchure et sur la rive droite de la rivière Richelieu nommé aussi la rivière des Iroquois. Sur cette rivière, comme le relate le Journal des Jésuites trois forts vont être construits
CHAPITRE QUATRE



Le dessein que l'on avoit à cette premiere campagne, estoit de faire bastir sur le chemin, quelques forts, que l'on a jugez absolument necessaires, tant pour assurer le passage, et la liberté du commerce, que pour servir de magasins aux troupes, et de retraites aux soldats malades et aux blessez.

Pour cet effet on a choisi trois postes avantageux. Le premier, nommé Richelieu, à l'embouchure de la riviere des Iroquois. Le second, nommé saint louis, dix-sept lieues plus haut, au pied d'vn courant d'eau, que l'on appelle le Sault de Richelieu. De ce troisième environ trois lieues plus haut que ce courant,.

nommé Sainte Therese, on peut aller commodément jusqu'au lac de Champlain, sans rencontrer aucuns rapides, qui puissent arrester les bateaux.

Ce lac, aprés soixante lieues de longueur, aboutit enfin aux terres des Iroquois Annieronnons. C'est là que l'on a dessein de bastir encore dés le Printemps prochain , un quatriéme fort, qui dominera dans ces contrées, et d'où l'on pourra faire des sorties continuelles sur les ennemis, s'ils ne se rendent à la raison.

Relations des jésuites, Québec, Côté, 1858, 6 volumes (Réédition Editions du jour, Montréal, 1972).

Le commissaire de marine est plus impliqué dans l’aspect militaire que le contrôleur de marine. Ce commissaire de marine a rang directement derrière l’intendant dès les années 1680 et lui sert aussi de subdélégué dans le gouvernement de Montréal, assurant parfois l’intérim de l’intendant comme c’est le cas en 1711-1712 avec le commissaire François Clairambault dit d’Aigremont pendant l’intendance de Raudot. Il est aussi admis aux conseils de guerre pendant ce laps de temps et possède une voix consultative. Mathieu Gaillard, commissaire de marine dans les années 1687 participe ainsi à l’expédition de Denonville contre les Iroquois. Son rôle va même bien au-delà puisqu’il est signataire de l'acte de possession de Niagara en juillet 1687. Ce rôle qui dépasse le cadre habituel est peut-être plus une question de personnalité. François Clairambault d’Aigremont est loué par l’intendant Patoulet dès les années 1684 : il écrit que son travail est fait "avec une application et une sagesse extraordinaire jointe à une fidélité éprouvée". A sa mort, le gouverneur général Beauharnois écrit au ministre que ce commissaire de marine est "universellement regrettée, son désintéressement a esté si grand qu’il n’y a pas de quoi l'enterreriv". Mathieu Gaillard est lui aussi un homme apprécié de tous, chacun loue la probité, l’exactitude et la fidélité dans les rapports adressés au roi et à son ministre.

Outre le travail de militaire, la charge de commissaire de marine comprend aussi des domaines de plus en plus étendus comme la charge des galères, les fortifications du pays ou encore la surveillance des forts installés aux frontières. François Clairambault dit d’Aigremont est ainsi envoyé en 1707 en mission d’inspection dans les postes de l’intérieur :  « Le sieur Daigremont se dispose apartir au printemps pour aller visiter tous les postes avant de Canada suivants les ordres qu’il a reçu v». Pendant ce voyage qui l’entraîne jusqu’à Détroit et Michilimakinak, le roi demande que le commissaire d’Aigremont surveille « les abus dans la traite d’eau de vie chez les Sauvagesvi ». A la fin du régime français, l’intendant Bigot envoie son homme de confiance le commissaire Landriève des Bordes pour faire la visite et la surveillance des forts des pays d’en Haut jusqu’au fort Duquesne puisqu’il est responsable des fortifications du pays. Ces missions de surveillance sont donc importantes dans le quotidien des commissaires de marine et l’utilisation des fleuves dans la gestion de la colonie est ici, primordiale.
Pour les Anglais, le Saint-Laurent est surtout la brèche leur permettant d’attaquer la colonie française en son cœur. Les français sont à l’affût du moindre mouvement des troupes adverses et ils ont beaucoup misé sur leur système de forts, comme le fort Niagara, installés sur le fleuve pour verrouiller les entrées. Ce principe montre pourtant ses failles car les anglais en 1690 lancent une attaque par mer en remontant par le fleuve et sur terre. Les Anglais tentent de prendre Québec ; ils organisent l’assaut avec une flotte de trente navires ou davantage, envoyés de la Nouvelle-Angleterre sous les ordres de Sir William Phipps. Mais c’est un échec devant Québec après deux jours de bombardement. Frontenac et ses troupes y auraient résisté vaillamment, ne répondant que par le bruit des canons et des baïonnettes…
La deuxième priorité de Louis XIV, celle à laquelle vont devoir travailler commissaires et contrôleurs de marine, est d’étendre la colonie en enrichissant sa métropole selon l’Exclusif colonial en place à cette époque. Après l’intendant Talon et les nombreuses entreprises lancées dès les années 1660 pour développer quelques industries : il établit une brasserie, soutient la construction navale ainsi que le commerce avec les Antilles ; les différents intendants du régime français se tournent aussi vers les explorations et la recherche de richesses minières par exemple.

Les premières expéditions débutent déjà sous l’intendance de Talon qui envoie le commissaire de marine Daumont de Saint Lusson repérer le continent. Le 3 septembre 1670 il est nommé commissaire subdélégué "pour la recherche de la mine de cuivre au pays des Outaouais, Nez percés, Illinois et autres nations découvertes et à découvrir en l'Amérique Septentrionale du côté du lac Supérieur ou mer Douce, mais sa mission la plus importante est de s'enquérir « soigneusement s'il y a par lacs et rivières quelque communication avec la mer du sud, qui sépare ce continent de la Chinevii ". Le fleuve Saint-Laurent est bien connu depuis Champlain mais on se demande toujours si un autre fleuve ne donne pas directement vers cette contrée si riche. Il part accompagné de Nicolas Perrot qui lui sert d’interprète et poursuit pendant l’été 1671 l'établissement d'une voie de communication entre Québec, Pentagouet (Maine) et Port Royal en Acadie. A son retour en 1671, Talon écrit "qu’il est revenu le 11 novembre 1671 mais qu’il est si abattu de son voyage et si affaibli par la faim qu'il a souffert que je doute qu'il puisse aller en France ou je serois bien aise qu'il passa pour avoir l'honneur de vous informer lui-même de ce qu'il a vu dans les rivières de Pemcuit det Kinibikiviii".
Pour étendre la colonie le long du fleuve, il faut aussi repérer les lieux. C’est, par exemple, un contrôleur de marine, nommé par la suite grand voyer au bout de dix ans qui s’en occupe dès 1734. Jean Eustache Lanouillier de Boisclerc passe plusieurs mois au portage des Chats, sur la rivière Outaouais, à prélever des échantillons de gisements de plomb et, en 1740, il part avec Jacques Simonet d’Abergemont des forges du Saint-Maurice à la recherche de minerai de fer à la Pointe-du-Lac. En fait, il est surveillant officieux pour le compte de Hocquart, l’intendant de l’époque, aux forges du Saint-Maurice. À la suite de ses nombreuses expéditions à travers la colonie, Lanoullier prépare des rapports qui établissaient si les terres qu’ils traversent sont propices à la culture. En 1739, on l’envoie au fort Saint-Frédéric délimiter 90 concessions en vue d’établissements ultérieurs. La charge de commissaire tout comme celle de l’intendant, est très diverse et les conditions de la colonie doivent jouer encore plus. Chaque officier doit être capable de remplir au mieux les missions royales : qu’elles soient lointaines et touchent à l’installation d’habitations ou qu’elles soient géographiquement proches et qu’elles aient trait à la comptabilité des magasins du roi.
Le fleuve Saint Laurent, qui charrie la plupart des richesses de l’époque est un enjeu pour les différents groupes vivant au Canada tout comme le commerce des pelleteries car le « fleuve regorge de marsouins blancs, de loups marins mais aussi de morue, de Saumon, de Hareng, de maquereau et autres poissons propres à être salé en France ou aux Isles d’Amérique, ce que l’on peut dire sans exagération être un bien inépuisableix ». De nombreux colons possèdent ainsi une gabare, sorte de canot permettant de pêcher, en plus de leur habitation. Le fleuve leur permet de ne pas être trop démuni face aux aléas climatiques et autres difficultés ayant des conséquences sur l’agriculture. Les règlements de pêche comme les différentes ordonnances sont parfois éditées par des commissaires de marine lors de l’absence de l’intendant. Certains sont même fait en faveur de ces mêmes officiers de marine comme cette : « Ordonnance du gouverneur de la Jonquière et de l'intendant Bigot qui, à la requête du sieur Bréard, contrôleur de la marine, propriétaire du poste appelé Saint-Modet et dépendances, sur la côte de Labrador, fait défense aux nommés Bouvier, pêcheur, et Louis LeBalais, son associé, et à tous autres de troubler de quelque manière que ce soit les établissements de pêche que fait faire le dit Bréard dans l'étendue de son poste; ordonné à Bouvier, LeBalais et à tous autres de déguerpir à la première notification qui leur en sera faite à peine contre les contrevenants de tous dépens, dommages et intérêts envers le dit Bréard, et en outre de confiscation à son profit des bâtiments, agrès et ustensiles de pêche qui seront trouvés en contravention, le 20 avril 1751x. Mais ce commerce, grâce aux richesses du fleuve n’est pas si anodin et rare que cela. Le Saint-Laurent, que les officiers de marine connaissent bien, est même un moyen d’organiser en complément de leur « maigre solde », un commerce de marchandises en provenance des ports français. La moitié de ces fonctionnaires profitent de leur connaissance des circuits commerciaux et de leur poste pour intervenir dans de nombreuses affaires commerciales. Celles-ci vont de la création des sociétés de commerce, à l’achat de denrées vendues par la suite au roi, en passant par la célèbre « Affaire du Canada »xi. Au moment de la conquête anglaise, il est apparu tout un réseau de fonctionnaires travaillant en association avec des négociants et ayant mis sur pied un système commercial particulièrement lucratif. Jacques-Michel Bréard est un contrôleur de marine ayant participé à la création d’une compagnie de commerce transatlantique (mise sur pied avec l’intendant Bigot et une société juive de Bordeaux, les Gradis).  Les associés se partagent les profits et arment quelques navires de moindre tonnage pour le commerce avec les Antilles. Gaultier de Comporté, qui est commissaire de marine à titre provisoire en 1685 puis prévôt de la maréchaussée, est un des membres fondateurs de la Compagnie du Nord. Grâce à son mariage avec la sœur d’un des négociants les plus riches du Canada, Charles Bazire, il possède les réseaux familiaux et professionnels indispensables à la vente des fourruresxii. Etendre la colonie pour les officiers de marine oui, en s’enrichissant le plus possible car être au service du roi ne veut pas dire s’oublier soi-même. Elisabeth Bégon, fille d’un fonctionnaire de Montréal et veuve d’un gouverneur particulier de Trois-Rivières, explique très bien cette idée lorsqu’elle écrit à son gendre Honoré Michel de la Rouvillière commissaire de marine au Canada entre 1730 et 1747. « Monsieur de la Filière m’a dit qu’on l’avait assuré qu’il [Bigot] devait gagner, cette année, deux cent mille livres [un journalier gagne environ deux livres par jour à cette époque] sur les fournitures qu’il a faites de farine. […] Si tu n’as pas l’esprit de gagner quelque chose où tu es, tu mériterais d’être battu, car on ne se fait plus de mystère aujourd’hui de ce métier et on regarde comme bêtes ceux qui n’ont point de commerce en tête. Je crains que cela ne t’occupe pas assez. Il est vrai qu’il convient en quelque façon beaucoup mieux de s’occuper de son devoir, mais il faut faire en sorte de travailler à l’un et à l’autrexiii ».
La dernière priorité et non la moindre à laquelle toute l’administration de la marine doit travailler, c’est l’augmentation du nombre de colons installés au Canada. Sur trente mille français ayant franchi l’Atlantique, seulement quatorze mille se sont installés sur les rives du Saint-Laurent à la fin du régime français contre trois mille en 1663. La gestion des engagés, l’installation des Filles du roi ne font pas directement parti des prérogatives des commissaires et contrôleurs de marine. Ils ont cependant en charge l’installation des troupes de la marine, le règlements des différents qu’ils ont parfois avec la population mais aussi le bon fonctionnement des ports et arsenaux. A ce titre, ils doivent superviser les mouvements des navires qui « charrient » les migrants, gérer leur arrivée dans la colonie voire s’occuper des naufrages dans la baie du Saint-Laurent. En 1712, Clairambault d’Aigremont est chargé par Bégon de récupérer les épaves de la flotte anglaise perdue dans le Saint Laurent, aucune gratification ni argent à la clé mais la reconnaissance de son supérieur qui écrit au roi "les lumières et les veues du S d'Aigrmeont luy sont d'un grand secours".

Ces officiers de marine ont aussi en charge les Compagnies franches de la marine, levées en 1683. C’est un corps d'infanterie, responsable de la défense de toutes les colonies françaises en Amérique du Nord. En 1757, on comptait 40 compagnies au Canada sur lesquels devaient veiller les commissaires et contrôleurs de marine : le paiement, l’habillement ou encore la solde des troupes. Avec la croissance de ces dernières dans le pays, cette charge prend plus d’importance car le roi demande que ces soldats restent dans la colonie comme cela avait été le cas avec le régiment de Carignan-Salières. Ils ont donc la responsabilité de retenir ces troupes dans le pays pour en faire des habitants. Il convient ainsi de leur montrer comme l’écrit Champigny au secrétaire d’Etat à la marine que « Les habitants qui se sont attachés à la culture des terres et qui ont tombé dans de bons endroits, vivent assez commodément, trouvant des avantages que ceux de France n’ont point, qui sont d’être tous placés sur le bord de la rivière…. ».

« Le Saint-Laurent dépasse le simple axe géographique de l’empire français d’Amérique », écrit Jacques Mathieu dans son ouvrage La Nouvelle-Francexiv car le réseau hydrographique et en particulier l’axe du Saint-Laurent a façonné l’empreinte de la France en Amérique du nord. Plus qu’une voie de colonisation et de commerce, ce fleuve en particulier, mais les fleuves des colonies en général, ont été les principaux outils de travail des officiers de marine en poste à cette époque. Il leur a permis de respecter au mieux les ordres royaux de défense, d’exploration mais aussi d’extension de la colonie. Enfin, il les a aussi aidés à s’enrichir et à poursuivre leur cursus honorum en France ou dans une autre colonie. A la lueur de leur rapport, les fleuves sont devenus un quotidien pour ces serviteurs de l’Etat. ¨


i COL C11 A 2, Mémoire de ce qui est à faire au Canada, 22 janvier 1663

ii Dubé Jean-Claude, Les Intendants de Nouvelle-France 1663-1760, Montréal, Fides, 1984, xxx- 327 p

iii Selon les archéologues du musée des civilisations canadien, de nombreuses sources archéologiques permettent de remettent en cause ce massacre. En effet, certains habitants, tués par les indiens dans ce village, ont été retrouvés à quelques lieux de Lachine, plusieurs années après, grâce à différentes sources comme les registres paroissiaux.

iv Col C11A, Mémoire de Beauharnois au ministre, décembre 1758.

v Résumé d’une lettre de d’Aigremont, COL C11A 27, 14 novembre 1707

vi Mémoire du roi à MM. de Vaudreuil et Raudot, COL C11G 1/fol.71-96, 30 juin 1707.

vii Correspondance de Talon, RAPQ, 1930–31 : 159, 165 et passim

viii Correspondance de Talon, RAPQ, 1930–31 : 159, 165 et passim

ix COL C11 A, Mémoire de Talon au roi, 1665

x Site Horizons Nouveaux, http://www.archivescanadafrance.org

xi L’Affaire du Canada condamne des officiers, appartenant à toutes les couches de l’administration royale pour des abus commis pendant la conquête anglaise. Pierre-Georges Roy écrit dans ses Toutes petites choses du régime français un article sur « ceux qui furent jetés à la Bastille » et « ceux qui ne le furent pas ». P.-G. Roy, Toutes petites choses du régime français, Québec, Editions Garneau, 1944, 301 p. Il estime que 23 personnes ont été condamnées et emprisonnées et qu’une trentaine d’autres ont été soupçonnées. C’est un des exemples qui permet de faire remonter à la surface les ententes délictueuses entre les membres les plus en vue de la colonie. C’est aussi une source d’archives inépuisable grâce aux compte-rendus de fortune qui ont été faits et aux conséquences sociales qui ont suivi.

xii J. Monet, « Philippe Gaultier de Comporté », Dictionnaire biographique du Canada, op. cit., volume III.

xiii Cité dans Dickinson John A et Brian Young, Brève histoire socio-économique du Québec, Sillery, Septentrion, 1992, p. 49.

xiv Mathieu Jacques, La Nouvelle-France. Les Français en Amérique du Nord XVIe – XVIIIe siècle, Paris, Editions Belin et Presses de l’Université Laval, 1991, p. 90.

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