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présente
‘’Claude Gueux’’

(1834)
nouvelle de Victor HUGO
(33 pages)
pour laquelle on trouve un résumé
puis successivement l’examen de :
l’intérêt de l’action (page 2)
l’intérêt littéraire (page 5)
l’intérêt documentaire (page 8)
l’intérêt psychologique (page 12)
l’intérêt philosophique (page 16)
la destinée de l’œuvre (page 19)

Bonne lecture !

Un pauvre ouvrier, nommé Claude Gueux, vivait à Paris en concubinage avec une femme dont il avait un enfant. Un hiver, le travail manqua. Il commit un petit délit pour qu'ils aient du pain et du feu. Il fut condamné à cinq ans de prison, et envoyé à la prison de Clairvaux. Il y devint rapidement le chef spirituel adoré de ses codétenus et détesté du directeur, M. D.. Comme il était un éternel affamé, un autre prisonnier, le jeune Albin, partage sa ration journalière de pain avec lui, et ils entretiennent une étroite amitié. Mais M. D. transfère Albin dans un autre quartier. Claude Gueux réclame plusieurs fois, en vain, le retour de son ami. Devant les refus non motivés du directeur, il le juge ; soumet la sentence de mort à l'ensemble des prisonniers réunis en une cour de cassation, et l’applique : il le tue à coups de hache. Puis il veut se suicider avec de «petits ciseaux», mais n'y parvient pas. Il est donc à son tour jugé et condamné à mort. Il accepte avec réticence de se pourvoir en cassation et, de reconnaissance, une sœur de charité lui donne une pièce de cinq francs. Le pourvoi ayant été rejeté, il est guillotiné.

Analyse
(la pagination est celle du Livre de poche)
Intérêt de l’action
Le texte est constitué d’un récit (27 pages) et de sa conclusion (6 pages) qui est le texte que Victor Hugo avait rédigé en 1832 dont il a été fait mention plus haut.

Le manuscrit s’ouvrait sur la phrase : «Voici des faits qui m’ont été rapportés par un témoin digne de foi». En effet, la nouvelle est née d’un fait divers authentique, rapporté par la “Gazette des tribunaux” du 19 mars 1832. Était authentique aussi le nom de l'ouvrier, Claude Gueux, nom qui ne s'invente pas, qui était prédestiné, chargé de sens.

Le 7 novembre 1831, Claude Gueux, voleur récidiviste emprisonné à Clairvaux, tua M. Delacelle, le directeur des ateliers, devant les autres détenus qui manifestèrent vivement leur joie. Son procès commença «le 16 mars 1832... devant la cour d'assises de Troyes» (page 63). Il fut condamné à mort et exécuté en juin de la même année. Dans la nouvelle sont données d’autres dates : «le 25 octobre 1831», Claude Gueux donna au directeur un délai «jusqu’au 4 novembre» (page 50). En fait, ce fut le 7 novembre.

Victor Hugo n’eut connaissance de ces événements que deux ans plus tard. Cette histoire d'une triste nudité le toucha, mais sa première réaction n'eut rien de romanesque : l'événement lui inspira d’abord le texte qui est devenu la conclusion.

Puis, pour servir sa démonstration, il raconta l’histoire de Claude Gueux, le parcours exemplaire d'un homme du peuple, doté de qualités naturelles que la société ne sait pas utiliser, que la pauvreté conduit au vol et à la prison, où l'inhumanité du traitement qu'il subit le fait aboutir au meurtre. Victor Hugo voulut faire entendre à nouveau la parole de Claude Gueux pour apporter un exemple frappant, qui donnerait du poids à son discours social. Il en fit un récit émouvant. L'écart est grand entre la matière romanesque et la réalité, et on peut le mesurer en confrontant les documents dont on dispose, et en particulier les comptes rendus de la “Gazette des tribunaux” avec le texte de Hugo. Mais il ne saurait être question de l'accuser d’avoir dénaturé des pièces, qui sont aujourd'hui incomplètes et contradictoires.

Pour bien marquer que l’histoire lui a été rapportée, qu’il ne peut prétendre connaître les pensées ni les sentiments des personnages, qu’il doit les déduire de l’extérieur, et signaler objectivement qu’il les reconstitue, il précisa, dès sa deuxième phrase : «Je dis les choses comme elles sont, laissant le lecteur ramasser les moralités à mesure que les faits les sèment sur leur chemin.» (37) et il multiplia des mentions prudentes telles que :

- «Il paraît que...» (pages 45, 65)

- «Les témoins qui ont déposé de ces faits plus tard...» (page 46)

- «Il parla à ce qu’il paraît...» (page 54)

- «ses camarades... comme ils l’ont déclaré depuis» (page 56).

- «Le bourreau “le repoussa doucement”, dit une relation.» (page 72)

À «je l’ai jugé et je l’ai condamné à mort» (page 54), il spécifia en note : «Textuel».
De la rapide narration des événements qui ont conduit à l’emprisonnement (page 37), on passe à un portrait du héros (page 38) et, tout de suite, est décrit, assez longuement, le directeur des ateliers (pages 39-41). L’opposition entre les deux hommes est bien marquée, et se profile un conflit entre deux autorités (page 42) : «l’autorité sans titre de Claude Gueux» et «l’autorité officielle du directeur» (page 45).

Mais cette rivalité pourrait demeurer dans un état d’équilibre si le héros n’avait une faille, sa grande faim (page 43), qui entraîne la proposition d’Albin de partager son pain avec lui (page 44), la formation d’un couple. Ainsi, une cible est offerte au sadisme du directeur, qui l’exerce, le mécanisme des événements étant alors enclenché.

Voilà qu’Albin n’est plus dans l’atelier (page 46), la cause de cette absence n’étant pas connue et le restant, puisque le directeur se contente d’un «Parce que» (page 48) en réponse aux questions angoissées de Claude Gueux.

Se déroule un long affrontement spirituel entre le prisonnier et le directeur, au cours duquel la montée vers le drame, la marche à la mort, est inexorable. Avec un grand sens du «suspense», Hugo maintient le mystère, la tension :

- «Toute la prison attendait avec anxiété quel serait le résultat de cette lutte entre une ténacité et une résolution» (page 49)

- une fois Claude armé de sa hache, pour les autres prisonniers, «l’affaire était terrible, droite et simple.» (page 52)

- «C’est l’avant-quart» (page 57) : comme c’est le «coup que quelques horloges sonnent quelques minutes avant l’heure, la demie, le quart» (Littré), comme le directeur doit passer sous peu, la tension est à son comble.

Le prisonnier ne cesse de délivrer des oracles dont l’importance est soulignée par la mise en italiques :

- «Je juge quelqu’un.» (page 50).

- «Je crains qu’il n’arrive bientôt quelque malheur à ce bon M.D.» (page 50).

- «Ce soir je couperai ces barreaux-ci avec ces ciseaux-là.» (page 52).

- «une hache...pour tuer ce soir le directeur des ateliers.» (page 52), puis «une hache pour tuer M. D. ce soir.» (page 53).

- «Je vous préviens que je vais le tuer.» (page 54).

Hugo souligne l'ambiguïté de ces déclarations : on ne sait si ce sont des prières ou des menaces. En fait, ce sont les deux : Claude Gueux va jusqu'à supplier M.D. de lui rendre Albin ; mais, du fond de sa misère, il sait mesurer l'injustice de celui qui refuse d'entendre sa prière.

Passé l'heure des prières, vient donc celle de la hache, qu’il cache dans son pantalon, d’où ce dialogue presque comique avec le détenu Faillette qui «demanda ce que diable il cachait dans son pantalon. Claude dit : C'est une hache pour tuer monsieur D. ce soir. Il ajouta : Est-ce que cela se voit? - Un peu, dit Faillette.» (page 53). Est-il d'ailleurs bien prudent de cacher en un tel endroit une hache, petite certes, mais «fort tranchante»? Et qui est un outil efficace pour tuer quelqu'un : «trois coups de hache... assénés dans la même entaille, lui avaient ouvert le crâne... Le directeur était mort.» (page 59)

Mais le drame doit encore atteindre une autre dimension, le justicier étant décidé à se soustraire à la justice de la société en se suicidant. Criant : «À l’autre maintenant !» (car, agissant selon une justice impartiale, il envisage son cas personnel objectivement, comme s’il s’agissait d’une autre personne), il s’enfonce dans la poitrine «les petits ciseaux de sa “femme”», mais sans parvenir à se tuer, car ils sont trop petits pour atteindre le cœur : «Cœur de damné, je ne te trouverai donc pas !» (page 60)

Une accélération du déroulement conduit de l’évanouissement de Claude Gueux à son réveil auprès de «bonnes soeurs de charité» et du «juge d’instruction qui instrumentait» (page 60). Une autre accélération propulse au procès (page 63). La défense qu’il assure seul est développée, mais est déjà indiqué le verdict : il est condamné à mort. (page 69).

Survient la péripétie de son refus d’un «pourvoi» en cassation qu’il accepte par complaisance pour «une des soeurs» qui lui donne «cinq francs» (page 70), la pièce jouant un rôle au moment de l’exécution : «Il pria ceux qui lui lièrent les mains de mettre dans sa main droite la pièce de cinq francs» (page 71), et il la donne au prêtre en lui disant : «Pour les pauvres» (page 72). Mais l’action même de «la hideuse mécanique» (page 72) est escamotée, et n’apparaît que son résultat : «cette noble et intelligente tête était tombée» (page 72).
Cette relation d'un drame individuel qui est une inévitable descente aux enfers, le déroulement d’un destin terrible, l’écrivain la construisit sur toute une série d’oppositions :

- entre la vie avant la prison et la vie en prison : avant la prison, Claude Gueux connaît l'amour d'une femme et d'un enfant, et l'absence de pain ; en prison, il connaît le partage du pain, condition et conséquence de l'amitié d'un jeune homme ;

- entre le «Parce que» (page 48) qui est la réponse du directeur à Claude Gueux qui lui demandait pourquoi il le séparait d'Albin, et le «Parce que» (page 60) qui est sa réponse lorsqu'on lui demande pourquoi il a tué le directeur ;

- entre le procès qui est fait à M. D. (étrange procès, inversion parodique d'un authentique procès où le bourreau est aussi juge, procureur et avocat) et le procès qui est fait ensuite à Claude Gueux.
Le récit avance en juxtaposant faits ou paroles mémorables, avec parfois l'allure syncopée des recueils d'apophtegmes. Il est marqué par les interventions d’un narrateur, qu'on a bien du mal à distinguer de l'auteur, qui se manifeste d’abord par un «je», puis par un «nous», de nouveau un «je», passe par un «on», enfin s’en tient au «nous» tout à fait solennel et traditionnel. Ce «nous» accélère le récit : «Poursuivons» (page 38) - «Abrégeons.» (page 63). Il commente les faits : «Nous sommes forcé de dire que le chagrin de cette séparation n’altéra en rien la voracité en quelque sorte maladive du prisonnier» (page 48) - «les ciseaux... avaient mal fait leur devoir... Il n’y avait de mortelles pour lui que les blessures qu’il avait faites à M. D.» (page 60). Il manifeste son émotion : «trois coups de hache, chose affreuse à dire» (page 59) - «Mouvement sublime, selon nous» (page 66). Il esquisse déjà la réflexion : «Lequel des deux était la victime de l’autre?» (page 60).
Cette réflexion se déploie dans la conclusion qui, la moralité suivant la fable, survient sans être typographiquement séparée du récit. Victor Hugo révèle que ce texte a été composé en 1832 car il indique que les événements ont eu lieu «il y a un an à peine» (page 78), ce qu’il n’a pas corrigé en publiant “Claude Gueux” en 1834.
Ce texte, qui tient plutôt du pamphlet que de l’exposé, est assez désordonné :

L’auteur demande d’emblée que soit «résolu le grand problème du peuple au dix-neuvième siècle», que soient réglées les deux questions «de l’éducation», «de la pénalité» (page 73). Il mentionne bien que l’histoire qu’il a racontée est en fait allégorique, exemplaire, se veut exemplaire : «Voyez Claude Gueux. Cerveau bien fait, cœur bien fait, sans nul doute. Mais le sort le met dans une société si mal faite qu'il finit par voler. La société le met dans une prison si mal faite qu'il finit par tuer. / Qui est réellement coupable? Est-ce lui? Est-ce nous?» (page 73). Il annonce qu’il «essaiera de dire bientôt peut-être de quelle façon il les comprend» (annonce-t-il ainsi “Les misérables”? en tout cas, il en suit déjà la logique narrative).

Mais il s’engage alors dans une digression de plusieurs pages qui est une dénonciation virulente des débats des «Chambres».

Il revient cependant au sujet de la peine de mort en évoquant d’autres méfaits réels de la justice commis en 1831, non sans retomber encore dans un accès de pamphlétaire. Et il clame : «Le gros du peuple souffre», est voué au «crime» et au «vice», au «bagne» et au «lupanar», est victime d’une «maladie» (page 79). Il établit une échelle entre des châtiments : «la flétrissure» (la marque au «fer rouge») qui a été supprimée, «le bagne» et «la peine de mort» qu’il faudrait supprimer aussi.

Il revient à la nécessité des «écoles», faisant cependant un autre détour par une démonstration du «type bestial» (page 83) qu’auraient les bagnards. Enfin, il clame qu’il faudrait apprendre au peuple à lire pour qu’il lise «l’écriture sainte» (page 84). Une autre digression survient alors (qu’il signale : «Et ici un mot d’explication» [page 84]), sur l’éternité de la misère du peuple. Enfin, il reprend son antienne : la nécessité de la diffusion de l’évangile, et rattrape finalement son sujet en évoquant l’inutilité future de la peine de mort.

La conclusion n’est donc pas vraiment la conclusion de la nouvelle qui aurait pu se suffire.
Intérêt littéraire
Dans ce texte, Victor Hugo se voulut simple, déclarant d'ailleurs : «Je dis les choses comme elles sont» (page 37).

Cependant, il a été écrit au XIXe siècle, et son lexique présente des mots qui ont besoin d’explications :

- «une fille» (page 37) : le mot s'employait «par opposition à une femme mariée» (Littré). Le mot n'a pas ici le sens de «prostituée» car Claude Gueux apprendra seulement en prison que sa concubine est devenue «fille publique».

- «ramasser les moralités» (page 37) : «recueillir, rassembler, les sens moraux présentés par un fait ou par un récit.

- «galetas» (page 37) : logement aménagé sous les combles, immédiatement sous le toit, très exposé aux variations climatiques, et loué à bas prix.

- «cabanon» (page 38) : «petite chambre d'un religieux ou d'une religieuse» (Littré).

- «un homme bref» (page 39) est un homme qui parle peu, avec autorité, voire avec sécheresse.

- «toujours à courte bride sur son autorité» (page 39) est une expression qui, par analogie avec la conduite à tenir avec un cheval, signifie «qui exige une obéissance immédiate et sans discussion».

- «calorique» (page 40) : capacité à produire de la chaleur.

- «briquet» (page 41) : «petite pièce d'acier dont on se sert pour tirer du feu d'un caillou» (Littré).

- «empire» (pages 42, 64) :«autorité», «influence».

- «organisation» (page 43) : «manière d'être d'un individu, au physique ou au moral» (Littré).

- «livrée» (page 47) : tenue distinctive que portent toutes les personnes soumises à une même autorité, en particulier, les domestiques d'une même maison.

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