Marx, engels, lenine, trotsky, staline, mao, kroutchev, gromyko, souslov, brejnev, sekou toure, castro, ulbricht, kadar, brecht, jdanov, boumedienne





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MARX, ENGELS, LENINE, TROTSKY, STALINE, MAO, KROUTCHEV, GROMYKO, SOUSLOV, BREJNEV, SEKOU TOURE, CASTRO, ULBRICHT, KADAR, BRECHT, JDANOV, BOUMEDIENNE

et alii

CHEZ LES PROLOS

PROLETAIRE
Travailleur appartenant à la classe sociale ne possédant pas les moyens de production et qui doit pour vivre vendre sa force de travail pour laquelle il perçoit un salaire et par laquelle il crée de la plus-value.

Le même système capitaliste qui exploite la force de travail de l’ouvrier attente à la liberté du travailleur. Et la personnalité du prolétaire est diminuée, comme sa subsistance.

Aliénation
Privation de libertés, de droits humains essentiels éprouvée par une personne ou par un groupe social sous la pression de facteurs permanents (Hegel) ou historiques (Marx) qui l’asservissent à la nature ou à une classe dominante.

L’aliénation religieuse est le reflet imaginaire dans les cerveaux humains des forces extérieures (d’abord de la nature, puis de la société) qui écrasent les hommes. C’est parce que l’existence sociale de l’homme est une existence malade que la conscience humaine élabore des rêves compensatoires qui anesthésient ses souffrances : la religion est ainsi l’opium du peuple.


Lire Marx

« Il faut lire Marsséinguelss », ordonnaient les cadres.

Eux, ils ne connaissaient que Marx - Karl Marx -, nom qu’ils prononçaient en hésitant, à voix basse, du bout des lèvres, comme à regret, à cause des consonnes germaniques et fort désagréables, k, rl, rx, parce que, pour les faire entendre, ils devaient se racler la gorge. Karl résonnait comme Kaiser et Marx comme « marchieren au pas de l’oie », ce qu’ils avaient vu les nazis faire quand, vainqueurs, ces derniers défilaient sur le Champ de Mars entre 1940 et 1944. Bien sûr, ils n’ignoraient pas qu’ils étaient marxistes, que leur devoir était sinon de l’être (ce qui leur semblait difficile : être des prolos était plus simple) du moins de dire en public qu’ils l’étaient (ce qu’ils disaient volontiers). Ils savaient que l’adjectif et le nom marxiste qui les désignaient étaient dérivés du nom Marx. On (id est les haut placés du Parti, qui siégeaient depuis des décennies au Comité Central et dont le chef avait blanchi sous le harnais des congrès) le leur assénait. Il fallait qu'ils en soient persuadés, qu’ils le répètent, que ça se grave dans leur cervelle.

Bien sûr, à marxistes, qui leur déplaisait, ils préféraient communistes, qui sonnait bien. Marx était un boche ou un demi boche, qui, s’il avait vécu à leur époque, aurait occupé la France avec les armées d’Hitler et aurait fait fusiller les leurs, alors que communiste dérivait du nom commune, qu’ils vénéraient, parce qu’ils dirigeaient depuis la Libération la commune où ils habitaient (celle de B*, sur le territoire de laquelle se trouvait la Cité), qu’ils avaient entendu raconter par leur père ou leur grand-père la résistance héroïque de la Commune de Paris, en 1870-71 contre les armées boches, et que leur rêve était que les hommes, après avoir surmonté leur égoïsme, mettraient un jour dans le même pot commun tout ce qu’ils possédaient, sauf leur propre femme.  

Un jour, ils avaient vu, posé sur le bureau du secrétaire de la cellule (il vivait dans une villa à deux étages, confortable, avec chauffage central, construite sur un grand terrain dominant la rivière, aux marges bourgeoises de la Cité), un énorme bouquin, relié en rouge, sur la couverture duquel était écrit en grosses lettres « Le Capital ». Ils avaient évalué le nombre de pages à plus de 1000. Lire autant de pages relevait de 1’exploit surhumain, comme conquérir l’Everest ou aller sur la Lune à pied, et au-dessus de leurs forces. Il fallait être au moins instituteur pour lire ça ou bien être gratte-papier à la Mutualité agricole. Eux, ils n’avaient pas le certificat. Le Capital, ce n’était pas pour eux.

« Il faut lire Marx, ordonnaient les cadres, mais à la lumière du phare Staline, dont la pensée éclaire définitivement les oeuvres communistes ».

Le secrétaire de la cellule, qui était un instruit, avait lu Le Capital de la première à la dernière page, éclairé par Staline. A chaque réunion, il en citait une phrase commençant par « comme l’a écrit Karl Marx dans Le Capital et comme l’a confirmé le Phare de l’humanité, etc., feu le camarade Staline, que nous avons tous pleuré et que nous continuons à pleurer ».

Les cadres veillaient à ce qu’ils s’instruisissent et ne restassent pas des demeurés. Quoi de plus beau, quoi de plus émouvant, quoi de plus satisfaisant pour la bonne conscience des hauts placés du Parti, qui étaient tous des instruits, que de savoir leurs militants, attablés le soir dans leur cuisine, dans la pénombre, l’index posé sur les lignes imprimées, essayant de lire des résumés des oeuvres de Marx, Lénine, Staline à la lueur de la lampe à pétrole ! Pour que les militants qu’épouvantaient les mille pages ou plus du Capital lisent Marx à la lumière de Staline, le Parti éditait des brochures d'une vingtaine de pages, pas plus, faciles à apprendre par cœur et à réciter à tout propos, qui résumaient son oeuvre et stalinisaient sa pensée. Ils avaient eu ces brochures entre les mains. Lire Marx, ils avaient donc essayé. Les cadres étant sourcilleux, ils n'ont pas pu faire autrement. Mais, même en français, le sens leur échappait, les lignes d'écriture sautaient sous leur index. Parvenus à la marge de droite, ils ne souvenaient plus de ce qu'ils avaient déchiffré au début de la ligne. S'ils avaient lu la même brochure en boche de Bochie, le résultat aurait été identique.
« Selon Marx, l’aliénation fondamentale réside dans les rapports de production : la division du travail et l’appropriation individuelle des moyens collectifs de production provoquent une situation infra-humaine où l’homme est exploité par l’homme ».
Dans cette phrase, tous les mots faisaient énigme. C’est comme s’ils lisaient des devinettes du type : qu’est-ce qu’on jette blanc et qui retombe jaune ? (réponse : un œuf) ou des charades du type : mon premier... , mon second..., mon tout... qu’est-ce que c’est ? Bien sûr, ils savaient d’expérience ce qu’étaient les aliénés grâce aux asiles où les fous, qu’ils soient dangereux ou non, étaient enfermés. A la Cité, vivait Zillou, qui menaçait de tuer à coups de hache son père et sa mère. Un jour, sept ou huit infirmiers, vêtus de blouses blanches, se sont jetés sur lui, ont réussi à l’attraper (il se débattait, criait, gesticulait) et lui ont lié les bras et les jambes avec de grosses cordes avant de le transporter dans un panier à salade jusqu’à l’asile proche où il a été enfermé avec d’autres aliénés. Ils ne comprenaient pas pourquoi Marx ne voulait pas que l’aliénation ne réside pas dans les asiles, où était sa place. Est-ce parce qu’elle était fondamentale et pas propre à Zillou ? C’était plein de mystères. Pourtant, Zillou était un sous-homme qui tenait plus des bêtes sauvages que des chats et des chiens ou des cochons d’Inde domestiques. Allait-il se faire exploiter à l’asile ? Ou bien, était-il aliéné parce qu’il exploitait son père et sa mère, en vivant des revenus de leur travail.

« Le produit de l’activité humaine est séparé de son producteur et accaparé par une minorité : la substance humaine est absorbée par les choses produites, au lieu de revenir à l’homme. Des formes abstraites, l’argent, la marchandise, le capital s’érigent en idoles, deviennent étrangères à l’homme et l’écrasent de leur puissance absorbante... »
Pour nettoyer le carrelage de leur salle de bains, ils utilisaient des éponges. Ils savaient la puissance absorbante de ces produits miracle, que des pêcheurs remontaient du fond des mers au péril de leur vie, mais ils ne parvenaient pas à concevoir que des éponges si légères (ça ne pesait rien) puissent écraser l’homme. Y avait-il des éponges de plomb ?

Arrivés au bout de la deuxième phrase, ils renonçaient, remettant à plus tard la lecture, qu'ils ne reprenaient jamais.

Pour justifier leur renoncement (les séances consacrées à l’autocritique étaient alors nombreuses), ils arguaient que Marx était un philosophe, qu'ils n’avaient même pas obtenu leur certificat, qu’il fallait être allé pendant plusieurs années au cours complémentaire pour savoir que des éponges absorbantes écrasaient les hommes - peut-être ces hommes étaient les pêcheurs imprudents qui ne remontaient pas assez vite du fond des océans -, qu'ils n'avaient rien à f... des asiles d’aliénés et de Zillou qui terrorisait tous les enfants de la Cité avec ses couteaux et ses haches, que soigner des aliénés, c'était bon pour les bourgeois de P* qui avaient fait des études au lycée, que c'était ardu, qu'ils allaient devenir chèvres à se bourrer le crâne de mots inutiles, jugeant que ça ne mettait pas de pain sur la table.

Au Capital ou aux Oeuvres complètes, reliées d'un beau cuir rouge (qui auraient fait bien dans leur bibliothèque, s'ils en avaient eu une) des Phares de l’humanité, Lénine ou de Staline, ils préféraient les illustrés qui avaient pour titre Kit Carson, Blek le Roc ou Les Pieds Nickelés et qu’ils lisaient chez le coiffeur Roquecave, en attendant leur tour. Kit Carson tirait sur les Indiens. Blek le Roc luttait à mains nues contre les ours. Filochard, Ribouldingue, Croquignol, qui volaient les riches, leur parlaient plus que Prolétariat, Lutte des Classes, Plus-Value, Dictature, Exploitation de l'Homme par l'Homme, Capitalisme, Valeur Marchande et d'Usage, Superstructure. Ce qui les réjouissait, c'était les images, plus nombreuses que les phrases, et qu'ils comprenaient tout de suite sans même avoir besoin de les déchiffrer. Les images ne leur donnaient pas mal à la tête, alors que les mots étaient plus lourds qu’une migraine de dix jours, surtout les difficiles, comme Dame Aliénation, Damoiselle Dialectique ou Messire Matérialisme, qui s'enchaînaient l'un l'autre dans chacune des lignes des résumés.


Nationalisée

En 1937, TOUT avait changé, parce que, à partir de 1937, rien n’était plus comme avant. Pourtant, en dépit de l’énormité de la chose, jamais n’était précisé ce à quoi référait ce tout, qui, quand ils disaient tout, restait indéfini. C’est que, en 1937, le gouvernement du Front Populaire avait nationalisé les compagnies de chemins de fer et, les fusionnant dans une même société, avait créé leur SNCF chérie. Les meneurs des grandes grèves de 1923, injustement licenciés par des patrons monstrueusement cupides, avaient été réintégrés dans la nouvelle société. Un ordre nouveau commençait. C’était l'événement fondateur. Ils y accordaient autant d'importance que les chrétiens à Pâques, les nationalistes au baptême de Clovis en 496, les royalistes à l'accession au pouvoir d'Hugues Capet en 987, les républicains à la prise de la Bastille. Le mérite, croyaient-ils, en revenait à Marx, à Engels, à Lénine et surtout à Staline, bref aux seuls communistes.

Il était inutile de leur représenter qu'il n'y avait pas de communiste dans le gouvernement du Front Populaire, mais uniquement des socialos et des radicos, et que, en conséquence, les communistes n'avaient pas pris part à la décision. Pour eux, c’était, ce serait, ce ne pouvait être que les communistes, pas ces traîtres à la classe ouvrière qu'étaient les socialos, encore moins les radicos. De cela, ils ne démordaient pas. Même s’ils avaient été torturés par les fachos, ils auraient avoué que la nationalisation avait été imposée par les communistes et les seuls communistes. Aux faits de l’histoire ils opposaient leur foi.

En 1937, la nouvelle ère avait commencé et s'ils en avaient eu le pouvoir, ils auraient changé de comput, pour célébrer la geste. Si tel avait été le cas, nous serions en l'an 62.

Désormais tout était possible, même le soleil à minuit. Le Parti avait fait le plus dur, en coulant les fondations ; il ne restait qu'à bâtir du neuf. Le bonheur allait suivre nécessairement. En réalité, pour rendre compte de la vision qu'ils se faisaient de cet ordre nouveau, les métaphores ferroviaires sont plus éloquentes que celles du bâtiment. Pour eux, la société était la voie ferrée, le marxisme (à condition qu’il fût repensé par Staline) les rails qui permettaient d'aller tout droit, au cordeau, sans dévier de la ligne, fût-ce d’un iota, les nationalisations la locomotive, le Parti le charbon qui faisait avancer le train. Le peuple prenait place dans les wagons, de 3e ou de seconde, peu importe. Il suffisait de remplir la chaudière de charbon, le train avançait à belle allure sans rencontrer le moindre obstacle, et, en peu de temps, le peuple voyageur qui était parti de rien arrivait heureux et béat au terminus du socialisme triomphant.

Les moyens de production et d'échange nationalisés, la SNCF n'appartenait plus à quelques capitalistes, à qui était imputé le pêché de cupidité, obsédés par le seul profit, insoucieux d'autrui, incapables de s'apitoyer sur les malheurs des hommes, pressés d'empocher des dividendes. La collectivité en était la seule et unique propriétaire. Bien que ce terme collectivité désignât quelque chose de vague et d’informe, derrière quoi on ne savait qui se cachait, ils étaient persuadés que tout ça était bon, juste, bien intentionné, parfait et que les énormes profits tirés du dur labeur des cheminots étaient investis à bon escient, c'est-à-dire dans le social.

De fait, la SNCF avait acquis des maisons et des immeubles où elle logeait ceux qu'elle appelait ses agents, leur faisant payer des loyers si modiques qu’au fil des ans, avec l’inflation, ils en étaient devenus symboliques. Elle avait créé des magasins généraux, baptisés économats, où ils habillaient leurs enfants, chaussaient leur épouse, équipaient leur maison, deux fois moins cher qu'ailleurs. Chaque année, à chaque membre de la famille, elle distribuait gratuitement dix permis de circuler. Dans les Alpes, dans les Pyrénées, en Bretagne, dans le Massif central, dans les Vosges, elle avait acheté des châteaux qu’elle avait fait aménager en centres aérés où elle accueillait leurs enfants (enfin, le tiers état vivait dans les palais de la noblesse), rémunérant des moniteurs et des monitrices pour les distraire et où leurs enfants passaient enfin de vraies vacances, au bon air, loin de la Cité. Elle gérait des dispensaires, des centres sociaux, des maisons de cure, des centres aérés, des stades, des piscines. Elle les abonnait d'office à La Vie du Rail, dont ils ne lisaient pas les articles (trop longs et trop compliqués), mais regardaient les photos. Elle leur offrait du mâchefer, résidu de la combustion du charbon, qu'ils mélangeaient à de la chaux et versaient dans des formes de bois pour fabriquer des parpaings qu’ils substituaient, quand ils construisaient un mur, aux briques trop chères.

En bref, elle les logeait, elle les habillait, elle les équipait, elle les soignait, elle les chaussait, elle élevait leurs enfants. Grâce à ce social-là, ils fusionnaient en une communauté, qui aurait été parfaite si les chefs, au lieu de ces affreux bourgeois de droite, avaient été les mêmes membres des bureaux politiques du Parti et du Syndicat.


Plaçou

Pour les pauvres métayers ou les enfants de petits paysans sans terre, sans bien, sans autre instruction que l'opiniâtreté au labeur, cadets de familles nombreuses ayant épousé des filles de leur milieu, sans dot, condamnées à mener jusqu'à leur mort une existence de ménagères laborieuses, entrer à la SNCF (ils disaient PO), c'était échapper à l'aveugle nécessité, éviter les aléas de la culture, être assurés de toucher à la fin de chaque semaine ou de la quinzaine la paie tant attendue, toujours identique, quels qu'aient été la récolte ou le travail fourni. Ils avaient leur plaçou, si ardemment désiré et pour l'obtention duquel ils avaient dû faire des courbettes à ces messieurs cravatés et costumés, les députés, maires, sénateurs, conseillers généraux et sous-préfets, bureaucrates de la direction du personnel et élus de tout acabit, les assurant de leurs suffrages ou de ceux de leur famille et de la fidélité sans faille qu'un serf doit à son Seigneur et Maître. Il leur en avait coûté des humiliations, ce plaçou ! L’ayant obtenu, ils étaient prêts à tout, sauf à le voir évoluer. De même, en 1789, les plus hostiles à tout changement n'étaient pas les vieilles familles nobles, mais les plus récentes, les anoblies de fraîche date, qui n'avaient pas eu le temps de jouir de leurs privilèges.

C’est qu’ils jouissaient (du moins ils en avaient l'impression) de petits avantages - ces « acquis » qui font saliver, soit qu’ils les condamnent, soit qu’ils les exaltent, journaleux, bureaucrates, syndicalistes - qu'ils entendaient défendre bec et ongles, contre vents et marées, jusqu'à leur dernier souffle, comme un chien son os, ce que les nantis de tous les Neuilly Auteuil Passy de France ne peuvent pas comprendre, tant ces avantages leur semblent dérisoires et à peine moins minces que les reliefs de repas que les maîtres jettent à leurs chiens. Ils y tenaient. C'était leur vie, toute leur vie, qu’ils avaient organisée autour. Les 3 x 8, les jours de récupération, le travail de nuit, les congés, les jours fériés ouvrés convertis en congés supplémentaires, les horaires souples, l'absence de coupure (faire huit heures d'affilée), tout ça laissait du temps libre. Faire une heure neuf heures permettait d’exercer une seconde activité rémunérée, non déclarée, le matin de sept heures à midi. Tous travaillaient au noir, soit chez des artisans, peu regardants, soit à leur compte, prenant clandestinement des chantiers, ici ou là, se faisant payer en liquide, embauchant à leur tour des collègues. Quand ils n'étaient pas cheminots, ils étaient plombiers, électriciens, maçons, manoeuvres, plâtriers, carreleurs. L’un avait aménagé dans son garage un atelier d'ébénisterie, avec machines et tout ce qu'il fallait, où il fabriquait des meubles pour les habitants de la Cité, travaillant la nuit, les jours fériés, les dimanches. Un autre était coiffeur à domicile et coupait à la tondeuse les cheveux des enfants de ses collègues : cinq, six, dix, vingt en une matinée. C'était deux ou trois fois moins cher que dans un salon de coiffure. Un troisième achetait du cuir et fabriquait des godasses, solides, à bouts ferrés, qui faisaient de l'usage, inusables, et qu'il vendait à ses collègues. D'autres possédaient des terres qu'ils continuaient à cultiver. Congés et repos étaient consacrés à nourrir le bétail. Ou bien ils vendangeaient, cueillaient les pommes, ramassaient les fraises, moissonnaient. Ou bien ils chassaient, ils ne manquaient pas l’ouverture de la pêche, ils allaient aux champignons et comme ils étaient bons chasseurs et meilleurs braconniers, bons pêcheurs, bons cueilleurs (connaissant tous les coins à cèpes du département), ils vendaient la plus grande partie de leur chasse, de leur pêche, de leur cueillette. Pris dans ce tourbillon, ils ne savaient plus quelle était leur activité principale et quelle la secondaire. Ils ne gagnaient guère plus à la SNCF qu'à faire le maçon.
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