Discours 14 juillet 2015





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Aujourd'hui, dans la fierté, et le sentiment partagé d'appartenir à la même Nation, à une grande Histoire comme à une communauté de destin, nous célébrons ensemble notre Fête Nationale, rattachée à la symbolique de la prise de la Bastille et à la chute de l'arbitraire royal. Pourtant, nous savons que cet événement, que ce monument magnifique qui représente l'intervention du peuple dans le cours de son Histoire, et qui eut par la suite des répercussions planétaires, n'avait mobilisé, en fait, que quelques milliers d'insurgés qui craignaient de voir fondre sur eux la répression royale. Une "dragonnade «des bataillons Suisses et Allemands, qui ne vint pas. Que leur coup de force ne permit de libérer qu'une poignée de détenus, et qu'il s'acheva de piètre façon, par le massacre du Gouverneur de Launay et de sa garnison qui s'était rendue. Mais ce jour-là, chacun comprit que rien ne serait plus, désormais, comme auparavant.

Sans doute avons-nous un peu minimisé le formidable acte fondateur de la République, ce sommet de la provocation et de la défiance, qui avait précédé cette équipée improvisée des artisans du Faubourg Saint-Antoine, gardes françaises et milices bourgeoises vers la Bastille, lorsque l'astronome Bailly, Député de Paris, venait d'annoncer, le 17 juin, que le Tiers se déclarait désormais "Assemblée Nationale". Ou l'envolée de Mounier, trois jours plus tard, lors du Serment du Jeu de Paume...Car ces premiers actes de résistance émanaient des représentants du Tiers, et non du peuple, lui-même.

Peut-être devrions-nous également commémorer le port de la cocarde tricolore - qui intercale la couleur du Roi - le blanc - entre le bleu et le rouge des couleurs de Paris, et le symbole populaire d'une révolution

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accomplie par la municipalité Parisienne, le 17 juillet. Mais l'acte de soumission du Roi, et le temps d'apaisement qu'il inaugurait, ne révélait pas le caractère violent qui sied à une véritable Révolution!...

Encore, la proclamation de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen par Mirabeau, le 26 Août - monument philosophique et politique fondateur de la République, eut-elle mérité quelque inclinaison durable...Elle qui allait inspirer la plupart des mouvements émancipateurs et démocratiques, de par le monde, durant plus de deux siècles. Et que son "animateur" présentait ainsi: « Vous allez établir un régime social qui se trouvait, il y a peu d'années, au-dessus de vos espérances; vos lois deviendront celles de l'Europe, si elles sont dignes de vous; car telle est l'influence des grands Etats, et surtout de l'Empire français, que chaque progrès dans leur constitution, dans leurs lois, dans leur groupement, agrandit la raison et la perfectibilité humaines ».

Comment occulter cette nuit du 4 août, où - d’un coup - tous les privilèges sont abolis ?..

De même que la fête de la Fédération Nationale, du 14 juillet 1790, premier anniversaire de la prise de la Bastille, fut en réalité l'avènement d'une Nation, rangée toute entière derrière l'idéal Républicain...le temps suprême où les principes philosophiques et les Droits naturels énoncés par la Déclaration des Droits de l'Homme, un temps considérés comme supérieurs à la volonté de la Nation, se rangeaient désormais en savant équilibre, après l'intérêt commun de tout un peuple en communion dans un même destin national. L'esprit du Champ de Mars, celui de la volonté de concorde nationale, dont même la pluie battante n'entama par l'élan révolutionnaire, participe encore à cette

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affirmation, extraordinaire pour l'époque, que " Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit». Ce jour béni du ciel, où le Roi a prêté serment à la Nation et à la Loi du peuple...

Tout autant, comment contester que la République Française naquit effectivement le 3 septembre 1791, lorsque la Constitution, traduction des aspirations des citoyens, et ordonnancement de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen...Liberté, égalité, propriété...fut définitivement votée.

A moins que le drame consommé dans la décapitation de Louis XVI, et réclamée par Robespierre "qui abhorre la peine de mort", mais qui l'exige, "parce qu'il faut que la Patrie vive", ne soit l'acte de baptême définitif de la Révolution, dans le sang de son Roi!.

Tant d'actes fondateurs d'une ère nouvelle, de temps prodigieusement fertiles d'idées, et de foisonnement de génie, eussent également mérité notre recueillement et notre gratitude, au fil des siècles...et de revendiquer le point de départ de la Grande Révolution Française, comme la paternité de notre République. Tous ces événements majeurs participent de la même démarche, celle de l’affirmation – lente – déterminée – irrévocable – du gouvernement du peuple par le peuple.

Mais l'acte révolutionnaire par excellence, celui de l'insurrection qui frappe les esprits, celui du soulèvement d'un peuple contre le donjon sinistre de l'arbitraire royal, de l'anti-liberté, mais surtout du despotisme, est resté le plus fort dans les consciences.

Dans ce long et douloureux enfantement de la République Française, peuplé de tâtonnements dans le cheminement des idées et des

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institutions, hésitant entre l'ordre établi et le grand bouleversement vers l'inconnu, marqué par les affrontements incessants entre Girondins et Montagnards, finalement envoyés tour à tour à la guillotine, il y eut encore et surtout ce sursaut, superbe, de l'Union Nationale, pour défendre la France, autant que la liberté balbutiante qui y avait germé. Pour sauver ces droits nouveaux que l'on pouvait lui confisquer dans la désunion. Mais qu'il était impossible de lui retirer, tant que le peuple serait rassemblé. Et qu'il fallait défendre par les armes. A Valmy, ou au cri de "Vive la Nation", et au chant de la Marseillaise - après une aussi furieuse que vaine canonnade - les meilleures armées de l'Ancien Régime européen, reculèrent pour la première fois devant la ferveur des jeunes soldats de la Révolution. Valmy, ou les "sans culottes" en haillons, arrêtent la plus grande armée du monde : celle de l'infanterie Prussienne. Valmy, qui n'a même pas vu la tactique de retrait prévue par Dumouriez et Kellermann, se développer!. Valmy, LA victoire de la Révolution. Celle de tout un peuple prêt à mourir, pourvu que ce soit libre.

Mais encore la victoire de Jemmapes, le 6 novembre 1792, qui offre la Révolution à l'Europe entière, lorsque la Convention Nationale "déclare, au nom de la Nation Française, qu'elle accordera fraternité et secours à tous les peuples qui voudront reconquérir leur liberté". Voilà enfin affirmé, le véritable destin de la Révolution Française, que de gagner l'Humanité toute entière!...

La jeune République en armes, qui dès l'exécution de Louis XVI, et l'irréparable commis aux yeux des Cours Européennes, se retrouve en guerre contre l'Espagne de Charles IV, contre le Royaume de Naples,

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contre la Papauté et les Princes italiens, contre la Diète d'Empire et les Princes allemands, contre l'Autriche, contre la Prusse, contre le royaume de Piémont-Sardaigne, contre l'Angleterre et contre la Russie. Mais, qui au lieu de plier devant l'adversité considérable, défend ses droits "naturels" retrouvés, autant qu'elle entend les faire partager aux autres peuples, fut-ce au son du canon. Faisant sien le défi lancé par Mirabeau: "Elle vous sera due, cette époque fortunée où, tout prenant la place, la forme, les rapports que lui assigne l'immuable nature des choses, la liberté générale bannira du monde entier les absurdes oppressions qui accablent les hommes, les préjugés d'ignorance et de cupidité qui les divisent, les jalousies insensées qui tourmentent les nations, et fera renaître une fraternité universelle".

Cette jeune nation assiégée, pleine d'espérance à partager, sait qu'il n'y aura de salut que dans la concorde. Dans une armée de patriotes. De Neerwinden à Mayence, de l'insurrection de l'Ouest à la guerre de Vendée, ce peuple de citoyens égaux en droits et en devoirs, qui lutte pour conserver sa liberté toute neuve, contre les Anglo-Hollandais du Duc d'York dans les Flandres, contre les Autrichiens devant Condé et Valenciennes, contre les Prussiens à Mayence, contre les Piémontais et les Autrichiens en Dauphiné, contre les Espagnols en Roussillon, contre les Anglais à Toulon, contre l'univers sclérosé qui redoute la contagion....cette jeune révolution sait qu'elle ne peut pas perdre, tant qu'elle sera unie.

La voilà encore, la voilà surtout, cette Nation en armes, en guenilles mais fière, mal équipée mais pleine d'ardeur, prête à se battre pour une cause qui la dépasse, soudée autour de son jeune étendard. Cette

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Nation de la "Patrie en danger" du 11 juillet 1792, de la "levée en masse" du 23 Août 1793; fondue dans le même creuset de la Révolution Française, qui fera s'exclamer Barère: "Dès ce moment, jusqu'à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les français sont en réquisition permanente pour le service des Armées...La République n'est plus qu'une grande ville assiégée...".

La voilà enfin soudée, cette Nation consciente du Bien que l'on voudrait lui arracher, cette France Une pétrie de son idéal et de sa mission. 570.000 hommes de 18 à 25 ans, dans l'amalgame qui inspire à Saint-Just: "L'unité de la République exige l'unité de l'armée". Et derrière elle, tout le peuple de France, qui fourbit les armes, raccommode l'équipement et pourvoit à l'approvisionnement. L'armée de la Révolution, celle de Hoche, fils de palefrenier, Caporal en 1789 et Général à 25 ans. De Kleber, fils de maçon, de Jourdan, Pichegru, Davout, Moreau, Bonaparte, généraux jeunes et enthousiastes, en pointe dans tous les combats, qui ne connaissent qu'une tactique, elle aussi, révolutionnaire, attaquer et encore attaquer, se porter en masse sur un point du front, submerger l'ennemi, et attaquer toujours. Jusqu'à l'anéantissement de l'adversité, et quel qu'en soit le prix, en sang versé. Ces Généraux intrépides, souvent sortis du rang, dont les faits d'armes sont gravés sur l'Arc de Triomphe...

La République et la Nation, indissociables dans l'armée française, aussi bien dans le Comité de Salut Public que sur le champ de bataille. Où l'armée révolutionnaire passe à l'offensive, toujours; se sacrifie avec joie, attaque partout, harcelle un ennemi supérieur en nombre et en armement, monte à l'assaut comme irradié de foi patriotique; portée

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par les représentants aux armées et les Généraux, entre Saint-Just et Hoche, derrière Houchard à Dunkerque, Jourdan à la tête de l'armée de "Sambre et Meuse", A Wattignies, à Wissenburg, à Landau.

L'enthousiasme est partout, de l'exemple et du message portés. Jusqu'aux batailles de l'An II; l'Amiral Villaret-Joyeuse qui décime la flotte Anglaise à Ouessant, au terme d'une manœuvre imprévisible, Jean Bon Saint André, qui déjoue le blocus britannique à la tête de la marine révolutionnaire insaisissable, Moreau qui reprend Tourcoing avec panache..."De l'audace, toujours de l'audace...". Charleroi qui capitule devant Jourdan. Le Prince de Cobourg qui se rend à Fleurus. Dugommier qui repousse les Espagnols en Roussillon. Monery qui reprend la Navarre...Tant de "Victoires qui s'acharnaient sur Robespierre"...Jusqu'à sa chute. Lui, l'inspirateur de la Terreur et du Comité de Salut Public, mais aussi le bouillant tambour battant des Armées...Jusqu'au 9 Thermidor 1793.

Et pourtant, décapitée en même temps que Robespierre, la Révolution, celle du peuple, renait de ses cendres, attaque et attaque encore. Ses hussards s'emparent de la marine Hollandaise. Ses soldats pénètrent en Catalogne. Jusqu'à Bonaparte qui brandit le drapeau tricolore, à la tête de ses soldats, à Lodi, à Arcole et à Rivoli. Insatiable de victoires, qui occupe Venise, puis s'empare de l'Egypte pour couper aux Anglais la route des Indes; jusqu'à la défaite d'Aboukir...Qu'importe: il aura son 18 Brumaire, et ses campagnes d'Europe; toujours au son de la Marseillaise; toujours au nom de la Révolution... qui n’est pas à un paradoxe près, puisqu’elle enfante d’un César !...

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Le voilà bien, l'esprit de la Révolution Française, celui de la République et de la Nation unifiée. Dans ses armées, soudées par le même élan, portées par la soif de partager cette "perfection idéale"; celle qui, selon Mirabeau, "contiendrait des axiomes tellement simples, évidents et féconds en conséquence, qu'il serait impossible de s'en écarter sans être absurde, et qu'on en verrait sortir toutes les constitutions"; galvanisée par un univers nouveau issu de la soumission et des ténèbres, et par la même quête de Liberté, d'Egalité, et, cette fois, de Fraternité.

A l'heure où nos Armées défilent fièrement sur les Champs Elysées, auréolées de tant de gloire et de sacrifices, virevoltant autour de l'Arc Triomphal de tant de batailles prodigieuses, progressant en bel ordre vers la place de la Concorde Nationale -tout à la fois lieu de supplice et de communion de notre peuple - nous ne pouvons-nous empêcher de vibrer à l'unisson avec ces défenseurs de notre pays, autant que de l'esprit de liberté. D'acclamer les forces de la Nation et de rendre hommage aux héritiers des volontaires de Valmy, aux prises avec d'autres adversités tout autant redoutables. D'autant que les lignes de front qui menacent aujourd'hui notre Patrie et la Liberté du Monde, sont désormais insaisissables et que les champs de batailles sont infinis...

A ces soldats de la République Française, qui pourchassent inlassablement un ennemi redoutable dans le désert Malien, qui entraînent les troupes alliées du Niger et du Tchad, qui rétablissent la paix civile en Centre Afrique, qui soignent les populations civiles et les minorités déplacées, nous voulons apporter le témoignage de notre

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gratitude. A nos troupes qui maintiennent la paix sous l'égide des Nations Unies au Liban, qui patrouillent dans le Golfe Persique, qui bombardent les fanatiques en Syrie, qui protègent les Kurdes d'Irak, qui traquent les pirates au large de la Somalie, nous devons exprimer notre admiration. Mais aussi à nos forces, qui discrètement, secrètement, au quotidien, assurent la sécurité intérieure de notre Nation, déjouant les attentats et neutralisant les sinistres desseins des extrémistes, nous devons, chacun, et partout, manifester le témoignage de notre soutien et nos encouragements. Mais encore, leur apporter notre concours de soldats de la République, engagés volontaires dans le camp de la Liberté, par notre vigilance, notre mobilisation et notre sens de la responsabilité.

Car, partout, et quel que soit le théâtre d'opérations, aussi bien sur des horizons lointains que dans le sanctuaire national, c'est bien le même esprit qui les anime, dans le dévouement comme dans le sacrifice, et que nous devons partager. Tous, porteurs des principes de 1789, comme du souffle de la République. Inflexibles et intransigeants dans la défense de nos valeurs, déterminés à assumer notre part de drapeau et généreux de partager les idéaux que nous portons: ceux de la dignité humaine. Dans la concorde, qui a pour fondement la proclamation des Droits de l'Homme et du Citoyen, naturels et imprescriptibles. La Liberté, le droit au respect de la propriété privée, la sûreté des personnes et des biens, comme la résistance à l'oppression.

En ces temps troublés où le champ de bataille est devenu planétaire, où la menace plane sur les peuples assoupis dans le confort, qui pourrait affirmer, raisonnablement, que la seule longévité confère à toute chose

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un caractère immuable? Rien n'est jamais définitivement acquis aux peuples. Aux côtés de nos forces, la vigilance de notre peuple, de tout notre peuple, est de rigueur. Et dans l'héritage de la Grande Révolution Française, notre responsabilité est entière. Tous, citoyens d’une grande Nation, assumons la, avec ferveur et avec passion.

Vive le 14 juillet, Vive la République Française, Vive la Nation.

Gil BERNARDI

Maire du Lavandou

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