La politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle





télécharger 90.33 Kb.
titreLa politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle
page1/4
date de publication07.11.2017
taille90.33 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
  1   2   3   4

Financer la culture, financer les artistes


Un dossier réalisé par Julia Carrer et Julien Leyre


La culture n’est pas à vendre, dit-on, mais les artistes doivent manger. Entre artisans et éducateurs du peuple, quel statut leur attribuer ? Les gens du spectacle notamment doivent-ils être des salariés comme les autres ? La polémique actuelle autour de la remise en cause du statut spécifique des intermittents du spectacle est indissociable d’une réflexion globale sur le financement de la culture.

Ce dossier contient :
* une synthèse générale sur les problèmes de politique culturelle (Julien Leyre)

* une étude des projets de réforme du régime particulier des intermittents du spectacle (Julia Carrer)

* un historique du statut (internet)

* divers articles récents (août 2002-février 2003) reflétant divers points de vue contrastés sur le financement de la culture et le régime des intermittents (Julien et Julia ensemble)

* une bibliographie multimédia (Julien Leyre)


La politique culturelle

A. Les fondements des politiques culturelles

1. Les effets externes de la dépense culturelle



L’argument le plus souvent invoqué pour défendre les politiques interventionnistes en matière de culture consiste à insister sur retombées positives de la culture sur le plan politique et sur le plan économique (NB : on insistera ici plus particulièrement sur les aides aux spectacles vivants. Les dépenses d’entretien du patrimoine ont toutefois des motivations proches).

a. politiques

- La culture dissipe la mauvaise humeur des nations (argument développé par Adam Smith) ; une vie culturelle riche, un grand nombre de spectacles, etc., contribuent à l’amélioration de la qualité de vie générale ; les aides à la culture peuvent être alors assimilées aux actions en faveur du paysage et de l’environnement.
- Spectacles et fêtes sont nécessaires au déchargement des tensions collectives. Faites du rap, pas la guerre ! L’Etat doit organiser festivals et événements, rituels modernes qui assurent la cohérence du lien social ; les artistes ont ici bien sûr un rôle clé, comme principaux agents de cohésion.
- La vie culturelle d’un pays est gage de liberté. L’art est un élément essentiel de la vie politique en démocratie. Les oeuvres d’arts révèlent les conflits, posent les questions de fond ; le théâtre est un lieu de réflexion politique (de Sophocle à Brecht). Preuve de ceci : les régimes totalitaires ont tous enfermé leurs artistes.
- Les milieux culturels sont le lieu de contacts internationaux et d’échanges d’une grande richesse. L’art contribue ainsi à l’amitié etre les peuples. Une vie culturelle riche, c’est aussi du prestige sur la scène internationale ; les pays qui soutiennent les arts fascinent : la culture est un enjeu de pouvoir.

b. économiques
D’après d’assez nombreux rapports, les dépenses culturelles sont source de richesse à long terme.
- Le soutien à la création artistique a d’abord des conséquences indirectes sur les industries culturelles. Le théâtre est un laboratoire de recherche et un viver pour le cinéma, le cinéma d’auteur pour le cinéma grand public, qui génère lui même d’importants profits.
- Les arts et la culture contribuent au tourisme. En France, l’investissement culturel est ainsi devenu partie intégrante des politiques d’aménagement du territoire. Giuliani, maire de New York, a annoncé en 1992 que la ville de New York verserait des bourses à des institutions culturelles : la culture aurait eu un impact économique de 55 milliards de francs pour la ville, en frais de transports, d’hôtellerie et de restauration, liés à l’activité culturelle.
- Enfin, encore une fois au niveau international, l’existence d’une vie culturelle riche et de haute qualité est un argument pour la venue d’étudiants étrangers comme pour l’installation de sièges sociaux de multinationales ou d’organisations internationales. Dépenser pour la culture, c’est attirer des populations fortunées qui dépensent sur place leurs revenus.

2. les particularités du produit culturel

a. La culture : un bien collectif



L’intervention de l’Etat en matière culturelle est justifiée par la particularité du produit culturel. Si les arts ont bien une influence positive, c’est sous forme d’effets externes (on parle d’effets externes chaque fois que des individus ou des firmes sont affectés dans leur activité par l’existence du bien ou du service, sans que le producteur puisse être payé de retour.)

Le bien culturel a un caractère de bien collectif : sa consommation par un individu n’est pas exclusive de la consommmation de la même quantité du même bien par un autre individu. Il est indivisible, et profite globalement à l’ensemble de la communauté. L’Etat, en répartissant la charge par l’impôt, évite qu’une partie des citoyens adoptent un comportement de « passager clandestin », c’est-à-dire se refusent à financer un bien dont ils profitent, directement ou indirectement.

Enfin, le développement culturel, par les aides à la création, a pour but de constituer un legs pour les générations futures ; et l’entretien du patrimoine vise à ne pas épuiser les biens dont nous avons héritées.

b. le spectacle vivant : un secteur en déficit structurel (loi de Baumol)



Le spectacle vivant est, du point de vue de la structure du travail, un secteur « archaïque », caractérisé par une productivité faible du travail, et surtout où les gains de productivité ne peuvent être que minces. Le travail y est en effet constitutif du produit fini, il ne saurait être remplacé sans que le produit soit dénaturé. Or les salaires des métiers artistiques s’alignent sur ceux des autres secteurs, où les progrès techniques ont entraîné d’importantes hausses de productivité. Les coûts relatifs du spectacle vivant ne peuvent donc que croître, et seule une hausse du prix du billet peut compenser en partie cette hausse, au risque de réduire la demande et les recettes.

Cette loi, énoncée par Baumol a été vérifiée par beaucoup d’études. Il est possible toutefois de la contester sur certains points. D’abord, on constate que les salaires ont évolué moins vite dans ce secteur que dans d’autres depuis la 2nde Guerre Mondiale (ce qui sigifie un appauvrissement relatif des artistes du spectacle). Ensuite, l’hypothèse de la sensibilité de la demande au prix n’est pas vérifiée. Enfin, le travail n’est pas tout à fait incompressible. On compense parfois la hausse structurelle des coûts par un « déficit artistique » ; un acteur tient plusieurs roles, on diminue le nombre de répétitions, et l’on représente moins d’auteurs vivants, ce qui limite le montant de droits à verser (ces faits économiques entraînent aussi une évolution des formes : on écrit de plus en plus de pièces brèves à peu de rôles).

c. Les particularités de l’offre : la vie d’artiste


D’après la plupart des études, l’artiste qui meurt de faim est un être mythique. Les chiffres cependant ne sont pas très clairs, et comme les études ne prennent pas toutes en compte les mêmes données (qui inclure et qui exclure dans les statistiques ? ), les conclusions varient largement. On note toutefois quelques constantes

Rémunérations inférieures



Les artistes touchent globalement moins que les autres professions (les chiffres concernant l’écart sont variables et controversés). L’artiste jouit par contre d’un grand prestige social. Il engrange des profits symboliques qui peuvent parfois se transformer en profits matériels (invitations, résidences, mécénat, etc.).

Il existe de grandes disparités entre les générations (le salaire augmente plus qu’ailleurs avec l’âge) et entre les branches (les acteurs et metteurs en scène sont mieux payés que les danseurs et les musiciens). Il existe surtout d’énormes disparités entre les individus : certaines stars ont des revenus très élevés, tandis la majorité des artistes se contentent de revenus très faibles.

Risques et incertitudes



Les carrières des artistes sont incertaines ; le succès peut ne jamais venir ; il peut ne pas durer, d’autant que le monde des arts entretient modes et reniements pour des raisons commerciales (renouvellement des produits qui incite à la consommation).

L’organisation même de l’activité, autour de projet, entraîne un recours massif à l’itermittence, qui là encore n’assure pas la stabilité aux artistes.

En outre, l’artiste se pose plus qu’un autre le problème de sa propre valeur sur le marché du travail, laquelle dépend autant de données objectives (maîtrise technique dans son domaine, laquelle a souvent nécessité de longs investissements en temps) que de facteurs incontrolables (succès inattendus, engouement du public, parfois généré artificiellement par un processus publicitaire, l’effet Star Academy).

Multiactivité



Pour s’assurer une certaine stabilité, ou tout simplement parce qu’ils ne parviennent à vivre de leur activité artistique, particulièrement dans leur jeunesse, les artistes exercent une activité secondaire. Celle-ci peut être directement en lien avec leur art (enseignement de la musique pour les musiciens, etc.), ou plus distante (vendeur à la FNAC, hôte ou hôtesse d’accueil pour ls comédiens). Le recours à la multi-activité ne concernerait que 10% des individus exerçant un profession culturelle (contre 3% de la population globale), mais ce chiffre ne prend en compte pas en compte les nombreux cas où l’activité non-artistique génère plus de revenus que l’activité artistique.
  1   2   3   4

similaire:

La politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle iconConférence de David Bellamy, 1er décembre 2004 I. L’Évolution historiographique...
«L’historien et la culture politique» qui est un article programmatique. En 1996, dans Pour une histoire culturelle (Seuil), Serge...

La politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle iconLes institutions culturelles en france depuis la liberation
«la politique culturelle est une invention française», née «d'une préoccupation constante des pouvoirs monarchiques, impériaux ou...

La politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle iconLa Bande Dessinée dans la pratique culturelle des Français
«neuvième art» par les institutions culturelles au même titre que le cinéma ou la musique, la bd possède ses hauts lieux : Bruxelles2...

La politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle iconAdresse internet
«culture, politique et politiques culturelles», qui se déroulera les 13, 14 et 15 octobre 2009, au Théâtre National de l’Opéra Comique,situé...

La politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle iconL’art et l’Etat au début de la iiie République, ou les conditions...
«vraie» politique, la période de la iiie République étant alors constituée en contre-exemple absol Elle est enfin reproduite par...

La politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle iconLe patrimoine : un objet pour l’histoire culturelle du contemporain ?
«cave au grenier» (Michel Vovelle), s’est réalisé dans le même temps où le volontarisme économique n’avait plus valeur de credo et...

La politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle iconAdresse / Ville
«l’agilité des pieds», l’ouverture culturelle sur l’Asie, la Corée et les valeurs de l’olympisme

La politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle iconP1/ Les fondements de la pensée politique

La politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle iconOrigines des spécificités du financement des arts La comparaison française
«la politique culturelle s’est fondée en France sur la double dimension d’un mécène et d’une opposition de nature entre le marché...

La politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles Les effets externes de la dépense culturelle iconConnaissances les fondations, politiques, économiques, sociales et culturelles






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com