L’héritage de la Révolution française





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date de publication08.11.2017
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L’héritage de la Révolution française
La révolution française est un moment essentiel dans la culture politique de la France, mais aussi de l’Europe et même du monde.
Selon l’historien François Furet : « le siècle qui va de 1789 jusqu’aux années 1880 pourrait s’appeler le siècle de la Révolution française »

car les questions ouvertes en 1789 seront celles que la France va s’efforcer de résoudre tout au long du siècle.

 tout ce siècle va connaître un affrontement quant à la Révolution : mal absolu pour certains, bien absolu pour d’autres. (d’ailleurs, la réflexion existe toujours, comme on a pu le constater à l’occasion du bicentenaire).
La Révolution française singularise la France parmi les autres grandes démocraties européennes :

Certes la Grande Bretagne a connu une révolution qui a conduit au régicide

Certes les Etats-Unis ont connu une révolution, mais à la fois anticoloniale, nationale et libérale

(et la Russie connaître une révolution à partir de 1917)

Mais la plupart des pays européens n’ont pas connu d’événements révolutionnaires (Espagne, Italie, Allemagne).

En France, cet événement marque considérablement la culture politique.

Il faut faire attention, car le mot révolution a changé de sens :


  • au 18ème siècle, révolution veut dire cycle, changement régulier (« la révolution des astres », « la révolution des saisons »)

  • à la fin du 18ème, le mot prend un autre sens : rupture, fracture irréversible, sans retour possible (il ne s’agit pas d’une conception cyclique de l’histoire).

Deux mots marquent l’aspect nouveau et irréversible de la révolution française :

 Louis 16, apercevant de son balcon une agitation : « Est-ce une révolte ? », « Non, c’est une révolution ».

 le terme « Ancien régime » est né dans l’été 89, pour parler de « ce qui était avant ».

1789, dans la culture française, définit encore ce que l’on appelle « l’époque contemporaine » : la révolution, c’est un aboutissement, une rupture, et aussi un point de départ :

l’historien Fernand Braudel parle ainsi de la révolution : une « rupture instauratrice » (elle conduira en effet à l’instauration d’un nouvel ordre politique).

Le 19ème siècle a vu différentes visions de la Révolution :

1° synthétique

Clemenceau, 1891 : « la Révolution est un bloc, un bloc dont on ne peut rien distraire car la réalité historique ne le permet pas ».

Clemenceau perçoit donc la Révolution comme un bloc. Mais, historiquement, il a tort, même si, du point de vue politique, c’est vrai : il y a d’une part ceux qui l’acceptent, d’autre part ceux qui la refusent :

  • les catholiques

  • tous ceux qui restent fidèles à une idée de la monarchie. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné. Cela marque une fracture, et une grande partie de la noblesse, de la bourgeoisie, du peuple… n’accepte pas cette rupture brutale.

  • Tous ceux qui refusent la Terreur (guerre civile, guillotine… : l’expression vient de Robespierre, qui voulait instaurer « la terreur et la vertu ».

François Furet voulait que la Révolution devienne « un objet froid », car au 17ème, on est viscéralement pour ou contre la Révolution (encore aujourd’hui des gens se passionnent pour la Révolution).
2° analytique

La Révolution française a connu différentes phases, qui ont intéressé certains groupes politiques qui s’y reconnaissaient :


  • la monarchie constitutionnelle (1ère Constitution écrite)




  • la Révolution modérée (celle des girondins (qui furent tous guillotinés par Louis XVI), chantée notamment par Alphonse de Lamartine, qui considérait que les girondins étaient une forme acceptable de république modérée)




  • la Terreur (dictature révolutionnaire) de l’automne 1793 à l’été 1794

même si cette dictature révolutionnaire est de type démocratique, avec un « gouvernement de salut public »

 en France, tout un courant politique revendique cette période, car elle marque la rupture avec l’Ancien régime : les jacobins, comme Michelet et Jaurès. Pour eux, la révolution est démocratique et sociale, et pour l’imposer, il a fallu la dictature, qui est globalement un bien, même si elle a fait couler du sang.
Ainsi, les aristocrates (souvent catholiques) qui ont refusé tout changement, les monarchistes constitutionnels modérés, les républicains modérés, les républicains radicaux… ont différentes visions de la révolution :

Il y a ceux pour qui la Révolution, c’est 1789 (DDHC), et ceux pour qui c’est 1793 (moment le plus radical).

Ce passé demeure bien sur présent au 19ème siècle, qui en a souvent rejoué la Révolution :

  • 1ère, 2ème… républiques

  • la notion de « salut public » reviendra


Elle reste un point de lutte entre historiens, qui en donnent :


  • une interprétation jacobine et marxiste (Vovelle, Soboul…), qui justifie la Terreur par les circonstances : la révolution était d’abord bourgeoise, et la Terreur a permis la révolution démocratique et sociale, qui introduit le peuple de Paris au pouvoir.



  • Une historiographie libérale (Furet…) pour qui la révolution est un moment à la fois libéral (droits de l’homme…) et illibéral (Terreur=remise en cause de ces principes). Pour eux, 1793 est en contradiction avec 1789, et la violence de l’élément révolutionnaire n’est pas compatible avec ces droits.


Les héritages de la révolution

(juridique, religieux, politique)

juridique

La Révolution a profondément modifié la conception du droit des français.

Cet héritage juridique tient essentiellement dans la DDHC (26 août 1789), qui a toujours force constitutionnelle aujourd’hui (toujours inscrite dans la Constitution).
Les principes qui régissent la DDHC sont :

  • la théorie des droits naturels (droits positifs/lois ≠ droits naturels), qui se veut le fondement de la justice humaine, les droits inaliénables et sacrés de l’homme devant être respectés par les droits positifs. C’est à cette théorie que renvoie la déclaration américaine et la DDHC.

Les 3 inspirateurs, sur le plan philosophique, sont Locke, Montesquieu (liberté) et Rousseau (égalité).

Elle privilégie deux termes : la liberté et l’égalité (art. 1 : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

La liberté est définie à l’article 4 comme « pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Il s’agit de la liberté d’expression, d’opinion, de conscience… (la déclaration étend beaucoup la notion de liberté, mais ne donne pas la liberté d’association, la déclaration de 1789 est foncièrement individualiste et ignore la dimension sociale de l’homme).
L’égalité est : devant la loi, à l’impôt, à l’accession à l’emploi.
Le déclaration définit les 4 droits naturels de l’homme à l’article 2 : liberté, propriété, sûreté, résistance à l’oppression (pas égalité).

« sûreté »  garanties juridiques individuelles (article 9 : « tout homme est présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable »)

« propriété »  c’est en ce sens que la révolution apparaît comme révolution bourgeoise.

Il faut noter le « droit à l’insurrection » : la tyrannie, l’absence de contrat social justifient la révolution : c’est donc une reconnaissance de l’insurrection française qui confère au texte son caractère révolutionnaire.
La déclaration établit enfin la centralité de la loi (loi= « expression de la volonté générale). La loi est, dans cette déclaration, la garantie des droits naturels de l’homme. (typiquement français : droits naturelslois).
Le principe de séparation des pouvoirs, héritage de Montesquieu, y est affirmé.



  • la laïcisation du droit

Le droit est purement civil (≠catholique, par exemple, avant, les biens d’un suscidé étaient confisqués). L’exemple le plus frappant est le mariage : pour l’Eglise, le mariage est un sacrement, un engagement qui ne peut être rompu, slt « séparation des corps » possible. Pour les révolutionnaires, en 1792, le mariage devient un contrat, qui peut être rompu : c’est l’instauration du divorce.

C’est aussi en 1792 qu’est instauré l’Etat civil.


  • droit pénal

En 1791 est rédigé le 1er code pénal : les délits et peines sont codifiés par avance (mais restent très sévères : une 40e de cas de peine de mort). C’est la concrétisation de la théorie de Beccaria : l’ordre ne peut résider que dans un « code pénal » où sont prévus les délits, peines… et leurs sanctions. Ainsi, la loi remplace la coutume.


  • transformation de la justice

Instauration de jurys (tirés au sort sur les listes électorales, ainsi, la Justice est rendue par le peuple).

Election des juges (que Napoléon supprimera).
Si la Révolution n’arrive pas à établir un code civil, elle en établit les bases (ex : suppression du droit d’aînesse).
Cette déclaration est donc un monument juridique, une révolution juridique qui met fin à la société des privilèges, qui se veut universelle (jamais n’est employé « France »), et qui va durer.
religieux

La France, en 1789, est un pays où le catholicisme est religion d’Etat : religion du roi et du royaume. Un français est réputé catholique, même si deux minorités religieuses existent : les protestants (« tolérés ») et les juifs (« réputés étrangers », càd pas considérés comme des citoyens français).
La révolution va d’abord réduire l’Eglise gallicane (=Eglise catholique française), en nationalisant ses biens pour faire face aux problèmes fiscaux et financiers de l‘Etat. On essaie même de créer une « Eglise constitutionnelle », mais c’est un échec.

Les minorités sont émancipées, elles voient l’avènement de leur citoyenneté, car depuis 1789 la citoyenneté n’est pas fondée sur la religion, mais sur la nationalité française.
De plus, la Terreur a vu une rupture religieuse profonde :

De l’automne 93 au printemps 95, pendant 18 mois, les Eglises, temples, synagogues… sont fermées en France, car l’évolution ne veut plus connaître de religion.

Cet événement sera très sanglant (environ 1 million de morts : religieux, prêtres…).

Robespierre et d’autres personnalités de l’Assemblée nationale veulent créer un autre type de culte (liquidation des dimanches, et du rythme du temps (Noël, Toussaint…) : création d’un calendrier révolutionnaire, avec les jours qui ont des noms de fruits et légumes et les mois des noms de fleurs).

Enfin, la Révolution veut créer un culte civil (« religion révolutionnaire ») : 94 : culte de l’Etre suprême). Mais ce sera un échec.
La révolution, à la fin de sa période, établit les bases d’une séparation Eglise/Etat.
politique

Dans la DDHC est affirmé le principe :

  • des droits naturels de l’homme (Locke, libéralisme anglo-saxon…), inscrit dans la déclaration. Mais un élément intervient (Rousseau) : la loi.

  • de centralité des droits.


La Révolution française est à la base de plusieurs événements fondamentaux :

  • tentative de création d’une monarchie constitutionnelle (mais ≠ monarchie à l’anglaise, mais système complexe, original, qui ne va pas fonctionner : le roi a bcp de pouvoirs, et les ministres ne sont responsables que devant lui : pas de liens entre l’Assemblée et le roi, d’où méfiance).




  • la rédaction, en 1791, de la 1ère Constitution, et crée une assemblée unique, qui contribue à la radicalisation, car il y aura très vite conflit entre l’assemblée unique et le roi. (Tuileries : le roi est l’objet d’un procès politique, sera guillotiné).




  • La Terreur : dictature, gouvernement de Salut public, qui va politiser la France : les sans-culottes (artisans…) et les sociétés populaires (paysans) peuvent participer. Abolition de l’esclavage (le 7 pluviose an II = 4 février 1794), mais aussi dictature.


La Révolution est donc au cœur de l’histoire politique française.

Elle met Paris au cœur de la France.

Elle introduit les fondements de notre droit, mais elle est aussi un événement de violence de notre histoire politique.
Robespierre : « les missionnaires armés ne sont pas aimés ».

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