I /Un doctrinaire : un historien en politique





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Introduction



François Guizot est un homme politique français du XIXe mais aussi un historien. Né en 1787 à Nîmes dans un milieu bourgeois protestant, il quitte la France après que son père a été guillotiné sous la Terreur. Il entre en politique à partir de la Restauration et joue un rôle majeur au sein des Doctrinaires et en s’opposant à Charles X. Mais c’est cependant en se ralliant à Louis- Philippe qu’il excelle dans la vie politique en devenant une personnalité majeure de la Monarchie de Juillet et le principal ministre du Roi (ses lois scolaires de 1833 renforcent sa notoriété). Ce libéral conservateur favorise la bourgeoisie et l’entente franco-britannique mais ses idées le rendent impopulaire et précipitent sa chute lors des insurrections de la Révolution de Février 1848 qui provoquent la fin du régime. Guizot est donc un personnage central de cette période et possède une riche vie politique qui mérite d’être étudiée.


La première partie s’intéresse au rôle qu’il joue parmi les Doctrinaire et montre que Guizot est avant tout historien puis homme politique. Dans un deuxième temps, les idées de l’homme de la résistance et l’œuvre scolaire du ministre de l’instruction sont explicitées. Enfin une troisième partie étudie le Moment Guizot jusqu’à la chute du régime (1840- 1848).

Conclusion



Guizot est donc un personnage central de cette période. D’abord un libéral puis un conservateur, ce personnage n’a pas su répondre à une demande de réforme présentée par l’opposition modérée. L’échec de sa politique conservatrice et sa raideur nui à sa réputation d’homme d’Etat et masque sa carrière historique. Grande figure de la droite orléaniste et doctrinaire, Guizot est l’un des piliers les plus solides de la Monarchie de Juillet. Les effets de ses idées libérales ont nourri l’esprit rénovateur et réformateur de la bourgeoisie de l’opposition qui souhaitait jouer un rôle politique. Elles servent également de justification au conservatisme de la Monarchie.

I /Un doctrinaire : un historien en politique





  1. L’historien :

La renommée de Guizot ne repose pas seulement sur ses qualités d'homme politique mais aussi sur ses talents littéraires. En effet il est à la fois écrivain, journaliste notamment au Publiciste et surtout historien. Il obtient une Chaire d’Histoire Moderne à la Sorbonne en 1812 et il est l'auteur de nombreux ouvrages qui témoignent de son temps. Guizot « refonde» également l’Académie des Sciences Morales et Politiques qui avait été interdite par Napoléon 1er. Il rédige un manifeste monarchiste et parlementariste et publie plusieurs études sur l’Histoire de France et de l’Angleterre dont la Collection de Documents inédits sur l’Histoire de France, une série très importante, qu’il publie en tant que Ministre de l’Instruction publique. Enfin il rédige des études sur la question sociale et ces livres de tenants de l’ordre établi contribuent à mettre au premier plan la question ouvrière.


  1. L’entrée en politique:

Son amitié, née à la Sorbonne avec Royer-Collard (ministre libéral modéré), le pousse dans la haute administration: il devient secrétaire général au ministère de l'Intérieur puis à celui de la Justice ainsi que conseiller d'Etat et directeur de l'administration départementale et communale. Combattant le ministère Richelieu et surtout le ministère Villèle, il est interdit d'enseignement de 1822 à 1828 et perd son emploi à la chute de Décazes. Il se retire en 1830 et retourne à ses études littéraires. Guizot s'oppose à Charles X et participe à son renversement avec «l'adresse 221». Il est le chef de l'opposition libérale à la politique des ultras royalistes. Selon lui le retour à l’Ancien Régime et une politique réactionnaire vont à l’encontre de la stabilité du régime. Cette période correspond à l'avènement de la classe moyenne et au déclin de l'aristocratie. Guizot est député de Lisieux fin 1830.


  1. L’opposant à Charles X:

Alors que Guizot est conseiller de plusieurs ministres, un petit groupe de royalistes français qui espèrent réconcilier la monarchie avec la Révolution, et l’autorité avec la liberté, se forme : ce sont les Doctrinaires. Ils prônent une application libérale de la Charte, sont attachés à la couronne et s’opposent aux républicains, à l’aristocratie royaliste, aux Ultras, ces derniers souhaitant le retour de l’Ancien Régime. Ces libéraux cherchent une nouvelle forme de gouvernement qui soit adapté à la société issue de la Révolution : ils veulent une monarchie constitutionnelle, avec un suffrage censitaire de la classe moyenne et limité. Guizot s’affirme comme membre influent et leader de ce mouvement d’opposition. En tant que protestant, il adhère aux idées de 1789 concernant les grands principes de liberté et les droits civils mais il n’est pas en accord avec les méthodes de la Révolution et avec les traditions anarchiques. Il s’oppose à la démocratie qui correspond selon lui, à l’anarchie et au despotisme révolutionnaire. Ses convictions le rapprochent du Roi qui cherche à concilier les intérêts de la bourgeoisie libérale et des royalistes. Les Doctrinaires plaident une politique du juste milieu, située entre la Révolution et l’Ancien Régime, pour stabiliser, pacifier et moderniser la France sans retomber dans les excès et les abus. Le libéralisme sera la base des Doctrinaires qui appartiennent d’avantage à un cercle de réflexion qu’à un parti politique. A cette époque Guizot est une royaliste libéral modéré mais pas un conservateur.

II L’homme de la résistance



  1. La résistance contre le mouvement :


Fidèle à ses idées, Guizot s‘affirme peu à peu comme dirigeant du parti de la Résistance qui accède au pouvoir avec Casimir Perier. Ce parti s’oppose à celui du Mouvement et à une évolution démocratique du régime en mettant en œuvre une politique modérée et bourgeoise désignée sous le nom de « juste milieu ». Les Doctrinaires ralliés à ce parti constituent une de ses principales forces. Guizot considère que la base sociale du régime est constituée par les propriétaires alors que Thiers souhaite l’élargir comme en Angleterre considérant qu’en cas de problèmes, le régime serait soutenu.


  1. Le défenseur de la classe moyenne ou de la bourgeoisie :


Guizot s’affirme également en tant que théoricien du libéralisme élitiste car il transforme l’exercice de la liberté en un privilège réservé à une minorité. Selon lui, la capacité politique est restrictive et la prospérité et les « lumières » doivent aller de pair. Est apte à voter celui qui paie des impôts quelque soit son niveau intellectuel (et non celui qui peut être présumé compétents en fonctions des études, des connaissances…). Au sein de ce parti, il prône la ploutocratie et la gouvernance de la classe moyenne (entre noblesse et petit peuple). Soutenu par Guizot, Louis-Philippe correspond à l’émancipation de la bourgeoisie entreprenante. Après 1848 on parlera des classes moyennes.


  1. L’œuvre scolaire :


Il occupe la fonction de ministre de l’Instruction dans les gouvernements successifs de 1832 à 1837 et généralise l’enseignement primaire avec la loi de juin 1833. Cette loi est un tournant capital dans l’histoire du système éducatif français puisque c’est la première grande loi scolaire depuis la Révolution et qu’elle a pour objectif de passer à 2 /3 d’enfants scolarisés. Elle admet le principe de liberté de l’enseignement primaire c’est-à-dire que l’Eglise peut ouvrir des écoles (cela permet d’avoir des maîtres moins chers et un bon encadrement des enfants). Cette loi oblige chaque commune importante à avoir une école primaire supérieure et une école normale pour former les instituteurs. Bien qu’il n’y ait pas d’obligation de scolarité, cette loi va atteindre son objectif et élever le niveau scolaire moyen, ce qui permet d’adapter la population aux transformations économiques et d’en faire des électeurs (c’est un control social). Pour l’époque, Guizot est un « Modernisateur »


Le Moment Guizot


  1. Paix à l’extérieur :

Le Ministère Guizot, dans les Affaires Etrangères sous le gouvernement du Maréchal Soult, va être un de plus long du XIXe siècle : 8ans. La politique de Guizot peut se résumé par son slogan « Ordre à l’intérieur, Paix à l’extérieur » et elle est toujours fondée sur les principes du libéralisme. Sa politique étrangère est donc pacifiste et il poursuit une politique de rapprochement avec l’Angleterre grâce à l’arrivée des conservateurs. Guizot renoue avec elle pour trouver une solution d’apaisement à la question d’Orient. En effet en tant qu’ « homme de la situation », il avait été rappelé pour résoudre la crise provoquée par la politique belliqueuse de Thiers, son prédécesseur au ministère des Affaires Etrangères, vis à vis de l’Angleterre, et cette politique concernant cette question d’Orient inquiétait Louis Philippe (Thiers soutient Mehemet Ali le pacha d’Egypte contre le Sultan).


  1. Prospérité et conservatisme à l’intérieur:

A l’intérieur, Guizot va stabiliser le pays politiquement malgré sa politique conservatrice. A l’époque la question est de savoir comment concilier l’ordre social et l’ordre public avec la nouvelle société issue de la Révolution. Guizot incarne donc la nouvelle politique d’ordre et veut fermer la parenthèse de la Révolution et éviter le pouvoir absolu. De plus, il maintient la tradition et développe le « liberté ». Guizot se comporte comme le véritable chef du gouvernement et la présidence de Soult n’est que nominale jusqu’en 1847, date à laquelle Guizot va gouverner seule en plein accord avec le Roi et avec l’appui des Chambres ; en effet les élections législatives de 1846 lui sont très favorables : il possède une confortable majorité parlementaire en se ralliant aux légitimistes. Guizot est un partisan du pouvoir exclusif de la bourgeoisie et ne veut pas élargir le corps électoral en abaissant le cens : c’est le principe de reconnaissance par l’argent. Ces méthodes sont par la suite critiquées car douteuses.

Le moment Guizot est aussi une période au cours de laquelle la France se modernise et où apparaît un progrès économique. Cette politique permet à l’économie française de franchir un pas important vers le capitalisme. Soutenu par la France des notables et de la bourgeoisie d’affaires, Guizot permet un essor de l’industrie, du commence, du crédit et lance la Révolution du chemin de fer. Cette option capitaliste s’exprime à travers sa célèbre phrase «  Enrichissez-vous par le travail et par l’épargne». Le calme à l’intérieur du pays signifie une prospérité économique et permet le consentement du régime.


  1. La crise de 1846-1848 :

Le consentement se brise en 1846/47 par la crise économique dû au départ à de mauvaises récoltes, ce qui entraîne aussi une crise artisanale, industrielle et une hausse des prix. Jusqu’en 1846, Guizot est incontestable du fait de l’enrichissement de la population et de la prospérité. Cependant la crise déchaîne les contestations : la population est touchée par la crise et en plus, elle n’a pas le droit de vote ce qui provoquent de nombreuses critiques. Il y a bien un oubli de la masse. Dans les villes et les campagnes, le manque de travail permet la disponibilité de la population pour une Révolution. La condition ouvrière est délaissée par le politique de Guizot qui refuse toutes réformes électorale sur la baisse du cens et toutes réformes parlementaires. Face à la montée des contestations, son gouvernement devient de plus en plus autoritaire et vire ultra conservateur. En 1848 Guizot interdit de nouveau les réunions publiques (les Banquets) de l’opposition qui critiquent le gouvernement et montre l’impopularité de Guizot, ce qui déclenche l’insurrection parisienne et un mouvement révolutionnaire. Guizot démissionne. C’est également la fin du règne de Louis- Philippe. Réfugié à Londres, Guizot rentre en France et connaît une longue vieillesse sereine en s’occupant de ses travaux littéraires. Il meurt en 1874.

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