La République installée (1879-1889) La France de Marianne





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Les radicaux, gardiens de l'identité républicaine



Intransigeants et réalistes

Radicaux restent proche tradition république et démocratie  progressistes devenus conservateurs pour rester au pouvoir. Radicaux ont renoncé à supprimer Sénat et Président. Certains quittent leur intransigeance, accepteraient de gouverner avec progressistes pour éviter glissement à droite, forment des gouvernements. Intransigeant : radical-socialistes derrière Camille Pelletan. Hostiles au marxisme, à révolution, attachés à impôt progressif, radicaux se retrouvent derrière Léon Bourgeois et son "solidarisme" : individualisme doit être borné par solidarité, libéralisme par institutions sociales et idéal humanitaire.
Le glissement vers la province

progressistes, implantation radicale en province par comités, puis fédérations de comités au département. Dès 1885, percée dans Sud-Ouest=bastion (La Dépêche de Toulouse). Elections 1898 : 27%.

Une nouvelle opposition de gauche : socialistes et syndicalistes
L'impossible unification des socialistes

Thiers a écrasé communards (républicains n'ont contesté). Poussée social-démocratie allemande appuyée sur puissant prolétariat (barricades parisiennes). A Londres, Marx ouvre nouveau projet socialiste. Devant répression et surveillance en France, difficulté classe ouvrière, seulement possibilité réformes (Jean Joseph Barberet) : pour coopérative, reconstruction syndicat. Janvier 1878, congrès des ouvriers de Lyon : +syndicaliste et travailliste. Jules Guesde (L'Egalité) et orientation marxiste au congrès de Marseille : collectivisation des moyens de production 1ère organisation socialiste : Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF), influence de Proudhon et Bakouine, Marx rédige programme de 1881 : "l'expropriation politique et éco de la classe capitaliste et le retour à la collectivité de tous les moyens de production" échec, un élu éclatement. Brousse garde fédération. Guesdistes créent Parti ouvrier français (POF). Blanquistes menés par Vaillant (Blanqui mort en juillet 1881) créent Comité révolutionnaire central (CRC). Jean Allemane crée Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR) union sociale-démocrate allemande.
Un courant marxiste

POF domine formations socialistes 1880-1890 : Jules Guesde orateur, Lafargue théoricien : tendance marxistegauche à tendance républicaine ou socialisme pré-marxiste. Pratique dans laquelle syndicat subordonné au partie 20 000 voix élections 1885. Début 1890 : progression, car Jules Guesde talentueux, propagande et adhésion à Iie Internationale fondée en 1889 à Paris par guesdistes. Fin siècle : 17000 membres (moitié socialistes), 12 élus en 1898, bastions dans Nord et Pas-de-Calais : ouvriers (60%), artisans, boutiquiers, petits propriétaires du Midi "rouge" qui voit + radicalisme avancé que révolution.

Courant blanquiste orthodoxe (Eudes) contre république bourgeoise, soutien à B. Courant d'Edouard Vaillant (CRC) (en relation avec Marx lors exil à Londres, car ministre sous Commune) : attachement à République, patriotisme jacobin, anticléricalisme, meilleure connaissance du marxisme (Guesde) pas de putsch mais organisation des masses. CRC domine à Paris (métallurgistes, ouvriers), dans Cher et Allier (métallurgistes, bûcherons). 12 sièges élections 1898.
Le réformisme français et ses dissidents

Réformateurs dans FTSF (Paul Brousse) : rejet marxisme (trop autoritaire), pour fédéralisme communard, collectivisation des moyens de production mais écarte révolution et respecte syndicats. Paris, ouvriers de petites entreprises, Centre-Ouest, Ardennes, Côte-d'Or. Opposition à création IIe Internationale, rapprochement radicaux (lutte contre B), rapprochement travaillisme anglais scission au congrès de Châtellerault. Jean Allemane et le POSR, fidèle à la Commune (fédéralisme), égalitarisme sans-culotte, pour démocratie directe, pour syndicat, hostilité aux bourgeois, contre réformisme et électoralisme de la FTSF, contre marxisme et dictature du prolétariat, anticlérical, antimilitariste.
La virulence du courant anarchique

Proudhon, Bakounine, Kropotkine : anti-étatisme, spontanéisme révolutionnaire, contre marxisme et dictature du prolétariat, pour "non-Etat", refus autorité (Etat, armée, Eglise, patrie, famille, école traditionnelle). Pour société de libre fédération des travailleurs (entraide, solidarité). Certes violence pour abattre société bourgeoise, mais surtout courant "éducationniste" (Paul Robin). Coopératives, autogestions, contre toute délégation de pouvoir (=duperie). Ouvriers surexploités, artisans, boutiquiers, intellectuels (Elisée Reclus), poètes (Mallarmé, Verhaeren, Valery), artistes (Luce, Signac). Propagande, journaux.
La nébuleuse des socialistes indépendants

La Bataille de Lissagaray : historien de la Commune, Le Cri du peuple de Jules Vallès, La Revue socialiste de Benoît Malon. Entre réforme et révolution. 1890, ½ élus socialistes n'appartiennent à formation fédération des socialistes indépendants, souvent venant radicalisme (Alexandre Millerand, Jean Jaurès), ramener socialisme dans giron républicain. 1893, 40 élus, conquêtes de mairies (1896). Pour efficacité, il faut union, 30 mai 1896, Millerand dessine plate-forme minimale dans discours au banquet de Saint-Mandé (1000 socialistes après victoires municipales) : socialisation moyens de production, mais progressivement et par suffrage universel, écarte révolution.
Le syndicalisme, une alternative au socialisme

Grèves en vogue début 1890, fort mouvement syndical. 1890, 140 000 syndiqués, 1894, 400 000. 1886, Fédération nationale des syndicats, mutualités et services intersyndicaux au plan local. Fédération des bourses (créée 1892, Fernand Pelloutier) : syndicat=outil pour révolution sociale (grève générale). Pour Guesdistes, syndicat subordonné au parti. Des Blanquistes et Allemanistes rejoignent. Mouvement syndical finalement organisé sans guesdistes. Septembre 1895, CGT (syndicat révolutionnaire), au-dessus du parti, conduire ouvriers au socialisme, luttes revendicatives (salaires, conditions )de L, 8h. Grèves entraînent en vue de grève générale (pacifique, des "bras croisés) qui fera tomber capitalisme. 100 000 adhérents (8 millions salariés)= nouvel obstacle à unité socialiste.

L'extrême droite contre la République
La crise de l'idée de nation

Fin de siècle, droite des orléanistes, légitimistes et bonapartistes se marginalise (11% en 189848% en 1885). Nouvelle droite avec racines dans défaite 1870 (Taine, Renan). Causes à chercher dans méfaits suffrage universel, masses sur élites (depuis 1848) car Prusse=autoritaire, militariste, aristocratique. Nationalisme républicain du boulangisme plutôt à gauche. Recherche redressement de la France. Société laïcisée, démocratique, imprégnée de positivisme=en cause. Idée de décadence. Péril=péril juif.
La montée de l'antisémitisme

Jusqu'à fin du siècle, pas monopole de la droite (Fourier, Proudhon, association avec anticapitalisme). 1886, Drumont et La France juive, La Croix = "journal le plus anti-juif de France". Nouvelle droite hantée par "péril juif", "république juive" cause de décadence. Anticapitalisme+antisémitisme catholique+racisme biologique. Arthur de Gobineau Essai sur l'inégalité des races humaines (1853-1855) : supériorité des Aryens, nocivité du métissage en France. Darwinisme social (sélection naturelle). Jules Soury "sémites génétiquement inférieur" menaçant Aryens de disparition et décadence France. Propagande dans La Libre Parole de Drumont. Complot juif associé à maçonnique.
Une organisation et des chefs

Ligue des Patriotes de Déroulède, Ligue antisémitique de Jules Guérin, 1899 Ligue de la patrie française (droite intellectuelle et catholique).

  • Maurice Barrès : d'abord gauche boulangiste, liens socialistes, attaché à révolution et république, xénophobe, antisémite, veut régénérer France, aime militairerépublicain desséché.

  • Charles Maurras, cadet de Barrès : danger de "l'anti-France protestante, juive et métèque, catholique blanc réactionnaire, xénophobe, antisémite, haït démocratie et centralisation jacobine. Fin 1890, s'éloigne de romantisme de Barrès, veut restauration, société fondée sur preuves inégalités des aptitudes (darwinisme social), d'où égalitarisme démocratique = décadence, monarchie hiérarchique et inégalitaire, décentralisée par corps, "coup de force" pour prendre pouvoir.


Une "renaissance" républicaine (1899-1911)

La conscience française déchirée : l'affaire Dreyfus
Le procès Dreyfus

15 octobre 1894, capitaine D, incarcéré pour espionnage pour Allemagne (avoir livré plans du nouveau canon 75). Décembre, procès à huis clos coupable déportation à vie. Dégradation 5 janvier, 21 départ pour Ile du Diable. Opinion unanimement contre D. Famille et journaliste employé Bernard Lazare luttent. Juillet 1895, lieutenant-colonel Picquart, chef du bureau des renseignements, découvre qu'étude des écriture montre innocence de D et culpabilité du commandant Esterhazy, toujours à court d'argent Picquart affecté en Afrique du Nord. Novembre1897, vice-président du Sénat, Scheurer-Kestner, déclare être convaincu de l'innocence de D. Esterhazy est acquitté. 13 janvier 1898, lettre ouverte au Président d'Emile Zola dans l'Aurore (Clemenceau) : J'accuse. 2 ans de déchirement en France. Preuves s'accumulent contre Esterhazy, Zola doit s'exiler pour Londres. Septembre 1898, à la vue des irrégularités du procès de 1894, Picquart, emprisonné, libéré et Zola peut rentrer. Procès en révision à Rennes en août 1899 reconnu coupable "d'intelligence avec l'ennemi" avec "circonstances atténuantes"10 ans de détention. Président Loubet le gracie (demande de Waldeck-Rousseau), libéré. 1903, Jaurès relance l'affaire, révision en cassation 12 jillet 1906, D réhabilité et réintégré dans armée comme Picquart. 20 juillet, chevalier de la Légion d'honneur, Picquart ministre de guerre (gouvernement Clemenceau).
L'identité de la République à l'épreuve

Sursaut contre injustice. Antidreyfusisme veut défendre armée, soutien du peuple contre cette république parlementaire. Etre Français, est-ce une "affaire de race" ou le fait de partager valeurs républicaines (DDLC). Pour anti, mensonge peut être vrai si d'Etat. Poussée de l'antisémitisme : D traître, car juif. Barrès : "D est capable de trahir, je le conclu de sa race". Nationalisme trouve identité dans antisémitisme.
La bataille des deux France

  • 1er dreyfusisme est intellectuel : Zola, A France, Proust, Octave Mirbeau (écrivains), Daniel Halévy (historiens), Charles Andler (germaniste), Célestin Bouglé, E Durkheim (sociologues), François Simiand (éco), Pissaro, Monet, Signac (artistes). Quatier Latin (Lucien bibliothécaire de l'ENS, Jaurès d'abord réticent). 4 juin 1898, fondation de la Ligue des droits de l'homme pour justice et morale politique. Professeurs, instits, avocats, médecins, jurnalistes, syndicalistes, pasteurs. 1ère force : radicaux (Clemenceau).

  • Antidreyfusards : meneur Barrès, Paul Valéry, Paul Bourget, François Coppée, Renoir, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Rodin. Janvier 1899, Ligue de la patrie française (Ferdinand Brunetière) : Albert Sorel, Jules Lemaître, Albert de Mun ; bourgeoise, non antisémite éclatement élections 1902. Désormais Comité d'action française (avril 1898, Maurice Pujo et Henri Vaugeois) : Maurras dès 1901, préparation du coup de force. Radicalisation des ligues. Début 1898, violence contre juifs, soutien Eglise (La Croix). Bouc-émissaire. Police veille à ordre.


Recomposition du paysage politique

Ligne dreyfusard/antidroite/gauche ; certains progressistes pensaient que révison fragiliserait institutions (Waldeck-Rousseau, Poincaré, Barthou). Jules Méline et Félix Faure l'accuse, tous socialistesdreyfusards. Février 1899, Déroulède tente de mener régiment sur Elysée=échec. 4 juin 1899, Président Emile Loubet, dreyfusard, agressé à Longchamp.  22 juin 1899, "gouvernement de défense républicaine" de Waldeck-Rousseau : progressistes dreyfusards, radicaux, 1 socialiste (Alexandre Millerand). Gauche née de l'Affaire domine. Républicains, devenus fades, en sortent ressourcés.

La "défense républicaine"
Waldeck-Rousseau : l'ouverture à gauche du libéralisme républicain

WR : progressiste très modéré, veut rétablir ordre républicain, pour stabilité, il faut consensus social (écarter monde ouvrier). 1895, 600 000 journées perdues par grève ;1900, 3 550 000. WR mesure poids des "couches nouvelles" (moyenne bourgeoisie républicaine) qui luttent contre droite catholique et nationalistes. WR pour laïcité mais pour stabilisation veut fin affrontement avec Eglise. 1899, rétablissement de l'ordre (armée reprise en main) eigeance de fermeté et ouverture (loi sur associations de 1901, liberté mais sous réserve de déclaration ; loi nécessaire pour nlles congrégations). Essor de vie associative républicaine.
L'apparition des partis politiques modernes

  • Dans perspective législatives 1902, création du parti radical et radical-socialiste. Elus, comités, journaux, oges maçonniques, sociétés de libre-pensée, sections de Ligue de l'Enseignement organisent en juin 1901 congrès des radicaux (René Goblet, Henri Brisson, Léon Bourgeois) : devenir pôle des républicains s'étant rencontrés pour gouvernement WR (très large). Action laïque contre cléricalisme, action démocratique contre dictature, action sociales contre misère. Précision au congrès de Nancy de 1907 (pour répondre à création PS) : défense des institutions (avant), rejet notion de classe, "des conceptions égoïstes du laissez-faire", extention propriété privée (=lutte contre prolétariat), lutte contre monopole (même nationalisations), assistance, arbitrage conflits du L.

  • Alliance républicaine démocratique : anciens progressistes, dreyfusards, suivant WR : R Poincaré, Louis Barthou, Maurice Rouvier. Anticléricalisme (antireligieux), antisocialiste mais pour progrès social, antinationaliste mais patriote. Le Petit Parisien, Le Matin = très puissants. Bonne bourgeoisie, milieux d'affaires.

  • Progressistes hostiles à WK : 1903 Fédération républicaine (droite) : Jules Méline, Eugène Motte, Alexandre Ribot. Petit rassemblement de notables (8000 membres). Pour libéralisme, contre tout étatisme, impôt sur revenu, syndicats, pour liberté religieuse, enseignement, attachement à honneur patrie. Implantation dans presse, milieux d'affaires conservateurs. Président du groupe à la chambre : Antoine Guillain (dirige compagnie Thomson, président de l'Union des industrie métallurgiques et minières).

  • Groupe socialiste unifié à la chambre 1893-99, programme de Saint-Mandé de 1896, mais création parti piétine. Dreyfus"Comité de vigilance""Comité d'entente socialiste". Unité brisée quand Millerand entre au gouvernement WR. Décembre 1899 ultime tentative d'unité au congrès général socialiste de la salle Japy 2 partis : socialistes révolutionnaires (guesdistes et vaillantistes) dans Parti socialiste de France ; socialistes réformistes derrière Jaurès dans Parti socialiste français.


Le radicalisme, centre de gravité de la République

WR continue "défense républicaine". Bloc républicain autour du radicalisme (appoint socialiste jusqu'en 1905). Parti radical victorieux en 1902 (engagement dreyfusard). Défense classes moyennes. D'abord extrémisme républicain, puis ouverture progressive qui en fait parti de gouvernement. Meneur Emile CombesPrésident du Conseil soutenu par Alliance démocratique et Parti socialiste français. Jaurès (déléguation des gauches) essentiel dans majorité combiste. Fin bloc en 1905 car création SFIO (refus soutien "gouvernement bourgeois). Majorité désormais autour Rouvier, appui centre droit, orientation maintenue. Hommes incontournables : Clemenceau (ministre intérieur puis président du Conseil 1906-1909, proche PR) et A Briand (1909-1911, proche SFIO).
Un pacte renouvelé entre grande et petite bourgeoisie

Député est notable vu la faible indemnité (9000 F jusqu'en 1906), mais classes moyennes apparaissent avec radicalisme ; journalistes, avocats, officiers reculent ; médecins, enseignants et nouveaux industriels progressent (1905 : ½ socialistes de petite bourgeoisie). Intérêts privés dans tous les partis (banquier et homme de gauche). Idéologies, intérêts et lobbies se mêlent. Milieux d'affaires républicains veulent se rapprocher de petite bourgeoisie éprouvée par crise : défense des petits patrons. Mais conseil de Paris passe à droite en 1900.

Clore la guerre religieuse
Le contentieux entre les républicains et les congrégations

Anticléricalisme réveillé car catholiques contre Dreyfus. WR veut fin guerre religieuse. Loi associations 1901 oblige congrégation à autorisation spéciale+application libérale de loi pour conciliation. Combes est + ferme : fait fermer congrégation, interdit enseignement aux congrégations (7 juillet 1904) malgré réticiences y compris de républicains (libéraux). Militants du radicalisme anticlérical : francs-maçons (32 000), libres-penseurs, petite bourgeoisie républicaine. Progression entrrement civils. Presse anticléricale (La Libre Pensée, La Raison, La Calotte). Ouvriers anticléricaux.
La loi de séparation des Eglises et de l'Etat

Rome rompt liens diplomatiques avec France après interdiction enseignement par congrégation. Combes veut préserver strictement Concordat pour contrôler Eglises, mais pape l'attaque C fait (soutenu par Briand) adopter 9 décembre 1905 : loi met fin à notion de "cultes reconnus" et fait de l'Eglise une association de droit privé. Rome ordonne aux catholiques de refuser loi séparation de l'Eglise et de l'Etat.
La politique religieuse : de l'affrontement à l'apaisement

Eglise paroissiale sous tutelle mairie qui doit faire inventaire. Violents incidents, fidélité religieuse (Ouest, Sud-Est Massif, Pays Basque), Clemenceau doit ordonner modération. Catholiques divisés ne peuvent contrer républicains. Action libérale populaire avec Jacques Piou et Albert de Mun, atteint 250 000 membres, 60 députés (alliance monarchiste et progressiste) soutien argent congrégation, affaiblissement (division) par habileté du bloc. Briand reste accroché à fin guerre critique de gauche. B laisse aux catholiques jouissance églises et fait voter loi sur liberté réunion (fin "délit de messe"). Radicaux repoussent idée d'un monopole global de l'enseignement public. Séparartion affaiblit question religieuse qui reste sur enseignement, +calme.

Le compromis social républicain
Une politique sociale dominée par "l'assistance"

Elargissement du bloc bloqué par résistance mouvement ouvrier, certains considérant que République=ennemi, car faible politique sociale, ouvriers ne représentant pas beaucoup de voix, mais début du siècle=nouvelle phase d'instrualisation et conflits sociaux deviennent handicapants. Dès 1880, Bismark, assurances accidents-maladie-retraite (conservatisme+social). France hostile à assurance, obligation cotisatios ouvriers+patrons libertés républicaines, préfère mutualité. 1898, "charte mutualiste" : soutien de l'Etat à une mutualité de 1,5 million membres. France ne veut que pour ouvriers (=Allemagne), mais contribution de tous pour tous les citoyens. Assistance, non assurance. Ouvriers trop pauvres pour participer à système de mutualité réservé à employés, artisans. Pression par fait que grande industrie ne peut fonctionner sans réformes sociales. 1898, loi sur accident du L. Paternalisme perd importance : grève au Creusot chez Schneider. Lente législation du L : 1874-1892 L enfants –13ans interdit, max 10h/jour –16ans, max 11h pour femmes, L de nuit de femmes interdit. Tardivement inspecteurs du L (129 en 1902).
Un "tiers parti" de la réforme sociale

Pour rallier ouvriers, WK nomme Alexandre Millerand ministre du Commerce en charge du L. "Tiers-parti" de la réforme sociale : radicaux, socialistes indépendants, catholiques sociaux. Temps L limité à 12h pour hommes (avant pas limitation). Millerand veut réguler conflits du L, donner chance syndicalisme modéré (révolutionnaire) : ouvriers dans Conseil supérieur du L et dans corps Inspection du L. Millerand veut renforcer prud'homme et délégués ouvriers dans entreprises +50 salariés, mais hostilité patronat et syndicalistes révolutionnaires. Sous Clemenceau, création ministère du L. 5 avril 1910, accès régime de retraite après 65 ans par versements obligatoires ouvriers et patrons pour travailleurs gagant – de 3000F/an. "Loi pour les morts". 1905, assistance gratuite des infirmes et incurables. 1913, assistance femmes en couche et familles nombreuses
L'obstacle du pluralisme social de la République

Réforme limitée par brutalité de l'Etat qui redoute "grand soir" promis par révolutionnaires. Revendication 8h et ambition grève générale renversant capitalisme lors 1er mai fortes répressions (certains morts). Etat=patron dur, en 1909, 800 postiers révoqués car mis en grève. Patronat hostile à "obligation". Classes moyennes refusent réformes sociales, trop chères qui grèvent budget de petite entreprise ; préférence épargne individuel et accès propriété privée. Etat aménage beaucoup, déforme dessein social = fragilisation, socialistes et syndicalistes pas marginalisés.

Syndicalismes et socialisme aux lisières de la République
La menace du "grand soir"

Début 1910, syndicalisme fort, beaucoup de grèves (+longues +15jours, +dures) : bâtiment, textile, métaux=échec gouvernement. Ouvriers agricoles et employés fonctionnaires (postiers) entrent aussi en grève. Revendications salariales (2/3), RTT. Très dur en 1906 dans mines Nord-Pas-de-Calais, catastrophe de Courrières (1101 morts) jette mineurs dans grève, après 55 jours, Clemenceau assiège. Parfois sabotage, nombreux drames. Epreuve de force avec Clemenceau (grève des carriers de Draveil), 4 morts amplification. Chute des prix viticoles misère salariés et micro-propriétaires, juin 1907 Languedoc en lutte siège mutinerie régiment de Béziers Clemenceau doit reculer.

Les limites du syndicalisme révolutionnaire

CGT présente dans tous départements (390 200 en 1912) : Victor Griffuelhes (vaillantiste) et Alphonse Merrheim (guesdiste). 1906 charte d'Amiens : émancipation des travailleurs. Syndicalisme révolutionnaire rejette suffrage universel, tutelle partis socialistes. Beaux jours 1905-1910. Grèves émiettées, générale=utopique. CGT assez faible sur ensemble ouvriers (1/2 syndiqués), syndicalisme révolutionnaire marginal dans mines, faible dans métallurgie, fort à Paris et Lyon. 8% syndiqués (25% Allemagne). Ouvriers moins extrêmes (pas renversement capitalisme et Etat) que meneurs syndicalistes. Après échecs, CGT se modère, dès juillet 1909, avec secrétaire général Léon Jouhaux et Vie ouvrière (Monatte).
L'unité socialiste sous l'influence du modèle allemand

Radicaux gouvernent jusqu'en 1905 car socialistes divisés, puis poussée mouvements de masseunification effectuée par Internationale au congrès d'Amsterdam (14-20 août 1904) devant impossibilité des partis. Congrès des socialistes français (23 avril 1905) : création SFIO : parti pour réformes, mais de lutte des classes et de révolution, collectiviser moyens de production, refus gouvernement bourgeois de progrès. Organisation en section et fédérations départementales. Commission administrative permanente élue.
Le socialisme français maintenu dans la mouvance républicaine

Briand et Viviani refusent d'y rentrer. Radicaux cherchent alliance au centre. Mais Jaurès s'impose proche des réalités sociales et dans tradition française : référence à Marx (lutte des classes), veut politique social, à terme collectivisation, mais n'accepte révolution (Lénine), socialisme est stade ultime de république après luttes et réformes (sociales et démocratiques), ne veut rompre avec bourgeoisie de progrès (dreyfusarde). Ses ides intègrent SFIO grâce à L'Humanité. Il n'exclut pas grève générale (=soutien syndicalisme révolutionnaire) 1905-1913 : adhérents X3 (3470091000) +60% augmentation suffrages (880 0001,4 million=17%). J parvient à glisser toujours + vers réformisme=république consolidée.

Les assises économiques et sociales de la République

La "Belle Epoque" de l'industrie
L'industrie, nouveau moteur de la croissance française

Dépression depuis 1880 achevée en 1896. Prix +30% 1896-1914, optimisme renaît, même si prouesse éco allemande inquiète. Investissement redressé dès 1890. Dans 1880 : percée électricité, moteur à explosion, chimie organique (colorants, médicaments), moyens de communication (radio, téléphone). Mais redémarrage hésitant jusqu'en 1905, ensuite croissance industrielle +5%/an1914 : nouveaux produits, marchés. 1896-1913 : croissance 1,8% (+ que GB, - qu'Allemagne : 4%). Equipement industriel et consommation des ménages tirent éco (- de main d'œuvre, augmentation des bas et moyens salaires). 1895-1913 : dividendes +62%. Colossaux profits. Entreprises se financent par développement épargne (marché financier). Fortes émissions d'actions. Progression bancaire (CL de 95 000 comptes à 700 000 1887-1913), création banques d'affaires, mais banques – engagées dans activité industrielle qu'en Allemagne. Crédit abondant pour grandes entreprises, loyer baisse.
Les réussites des avant-gardes industrielles

Mieux que GB, - bien qu'Allemagne (biens équipements, produits chimiques, matériel électrique. Certes Daimler et Benz en 1886, mais essor auto en France (Emile Levassor, Armand Peugeot), 1895, 350 autos (75 en Allemagne). 1er constructeur jusqu'en 1914 (45 000), puis EU. 30 producteurs en 1900, 155 en 1914 (Darracq à Suresnes, Hotchkiss et Delaunay-Belleville à Saint-Denis, Renault à Boulogne (8 ouvriers en 1898, 4000 en 1914). Petite entreprise traditionnelle avec ouvriers qualifiés+excellents ingénieurs à permis cette réussite. Renault attentif L à la chaîne des EU. Bon réseau routier. 1913, déjà 94 fabricants d'avions (Louis Blériot). Firme Pathé, pionnier industrie du ciné (frères Lumière), Coty et parfumerie, Hachette et édition, publicité. Sidérurgie en crise reconvertie dans aciers spéciaux de haute qualité (Schneider au Creusot), acier 1,6 million tonne 1900, 4,7 en 1913. Production du rare aluminium. Apparition de grands groupes, concentration régionale (parisienne anciennes et nouvelles industries, Nord métallurgie et textile, Lorraine acier et fonte, Lyon-Saint-Etienne chimie métallurgie et nouveaux textiles. Saint-Gobain à échelle nationale (acide sulfurique, superphosphates) et internationale.

Héritages et inerties sur la voie de la modernisation
Les lacunes de l'appareil éco

Difficulté d'entrer dans 2ème phase industrialisation, car 1ère bien réussie. Relatif échec industries nouvelles (Allemagne), modeste compagnie générale d'électricité (créée 1898)multinationales étrangères (1902 Siemens K 112 millions, CGE 15). Pas équipement des grandes villes (éclairages, trams, ascenseurs)Allemagne, métro de Paris (1900) construit en majorité par entreprises étrangères. 1913, 5X- de téléphone qu'Allemagne. Quasi-monopole firmes allemandes pour colorants. Ente évolution secteurs traditionnels avec équipements obsolètes (textile). Durcissements protectionnistes dès 1900 tensions.

Le handicap démographique français

Population vieillissante. 1870, après amputations, 38 103 00039 605 000 en 1911. Recul natalité (1913 : 19‰), malgré recul mortalité infantile, paysans peur de diviser terres, ouvriers préfèrent peu avec ascension sociale. Renouvellement à peine assuré. Malgré progrès hygiène, forte mortalité (négatif en 1907 et 1911). 1910, espérance de vie 48 ans hommes, 52 ans femmes. Tuberculose, maladies vénériennes, alcoolisme tuent.
Un marché de main d'œuvre étriqué

1911, 11% population=rurale (33% GB, 40% Allemagne). Cette rigidité limite offre main d'œuvre et provoque hausse des salaires, recours L féminin (vêtements, chimie, cosmétiques), machines modernes+main d'œuvre déqualifiée (Renault). Dès 1912 méthodes tayloriennes (L parcellisé, à la chaîne, chronométré). Mécanisation agriculture. Recours immigrés, 1900, 3% d'étrangers (Italiens 36%, Belges, Allemands). Villes sont modestes (Paris, Allemagne)=expansion limitée
Le poids de la petite entreprise

Prépondérance de l'atelier sur usine, 46% salariés (80% GB). Vivier de main d'œuvre qualifiée utile pour 2ème industrialisation (auto). Artisanat éclat en micro-entreprises (rue de la Paix) où femmes et enfants sont surexploités. Rôle moteur de petite entreprise décline, restant refuge pour chômeurs. Dans grands magasins, confection remplace sur-mesure.

Le bourgeois un modèle républicain
Unité et diversité bourgeoise

Beaucoup n'ont pas changé, tiennent à situation assise. Diversification du patrimoine (obligations, actions), toujours demeure confortable, parfois maison de campagne, souvent domestiques (960 000 en 1914). Relations, dîners, réunions, savoir-vivre, bonne manière, humanités apprises. Hégémonie car nombre (5 millions, 1/8). Droite et gauche, dans différents secteurs. Avant-garde défense droits de l'homme (accrochée propriété). Bourgeoisie de province/parisienne, catholique/laïque, mais unité (Allemagne).
Modernité bourgeoise

Majorité de bourgeoisie=moderne, veut essor industriel de France. En Allemagne, la noblesse est implantée dans administration, en France, principe du concours (40% généraux nobles 1878, 20% 1900, 34% députés 1871, 10% 1913). De grands aristocrates entrent dans bourgeoisie par mariage ou K dans industrie. Au début du siècle, après scandales, milieu des affaires s'est fondu dans république, on lui doit création d'emplois, progrès, prouesses (Gustave Eiffel, Louis Renault). Bourgeoisie veut rester liée aux plus modestes (1898, démocratisation du recrutement des chambres de commerce, charge fiscale allégée sur petits producteurs et commerçants).
Une ouverture sociale mesurée

Paupérisation (prédite par certains socialistes) n'a pas lieu, échelle des fortunes s'est tirée vers le haut (industrialisation, spéculation immobilière), mais nombre restent pauvres (72% Belle Epoque80% début 19e). Mais toue la bourgeoisie profite enrichissement (quelques individus), gonflement fortunes moyennes. Artisan est dans situation instable, ascension sociale très ardue. Bourgeoisie s'oppose à nivellement qui rendrait tous médiocres (impôt revenu, succession), veut intégrer prolétaires dans hiérarchie.

Les nouvelles bourgeoisies du savoir

Apparition de promotion par savoir, mais secondaire payant (pour bourgeois). Couches nouvelles intellectuelles : médecins, vétérinaires, avocats, journalistes, professeurs. Contrôle de leur domaine : Ordre des médecins, compétences admirées. Dirigeants entreprises sont pour beaucoup ingénieurs, de grandes écoles (X, Centrale, Ponts et Chaussées) patronat non propriétaire, familles perdent contrôle par augmentation K (Peugeot 1913).

Les ouvriers, des villes aux banlieues
L'atelier et l'usine

Il n'y a guère de classe ouvrière, car pas de conscience de classe. Domination de l'atelierusine et tâches parcellaires. 1 patron pour 4,3 ouvriers. 1906, 26% ouvriers à domicile, 24% dans usine dépassant 100 salariés, 50% moins de 10. 1866-1906 : +17% ouvriers. Textile, bâtiment, alimentation, 12% dans pointe (métallurgie, mines, chimie). Vie ouvrière s'impose comme un destin (étape avant de s'établir à son compte). Empire Schneider au Creusot (de 9000 à 20 000 en 40 ans). 33 000 mineurs 1851, 150 000 1913 (Nord-Pas-de-Calais). Renault 4000 à Boulogne, CGE 3500 à Ivry. Stratification : ouvrier qualifié (échappe chômage, résiste déqualification du taylorisme), ouvrier déqualifié (mal payé, L précaire, journalier) beaucoup femmes, immigrés, nouvelle catégorie OS utilisé sur machine outil. Dans usine, 11h/jour, repos hebdomadaire, mais L pénible, dangereux (pollution, surchauffé, engrenages dangereux) CGT pour "trois huit".
Une lente amélioration de la condition ouvrière

Salaire moyen augmente, mais périodes de chômage, forte insécurité, perte salaire si maladie ou accident épargne impossible. Caisses secours patronales et caisses retraite limitées. Nourriture 60-70% salaire (pain, aussi vin et viande), coopératives de consommation ouvrières : alimentation meilleuremeilleure santé (1869, 18% hommes du 11e -1,60m, 3% 1903). Réseau de dispensaires (24 paris) améliore soin, bains publics=meilleure hygiène, mais toujours tuberculose, typhoïde, diphtérie, scarlatine, rougeole à Paris, eau courante rare dans banlieues. 1913, 1/3 couples a perdu enfant en bas âge. Ouvriers dépensent + dans habillement (importance confection). Logement sordide mal éclairé, sans hygiène, peu de meubles, exigu, mal équipé …et cher, car crise du logement populaire. Haussmannisation logement confortable pour bourgeois, oubli habitations populaires peu rentables. Début XXe, industries traditionnelles du centre en déclindéplacement vers banlieues. Trains de banlieue, trams chers, surtout pour employés. 80% ouvriers à Saint-Denis, à l'Ouest (Colombes, Suresnes) aussi petits bourgeois. Véritables logements sociaux municipaux qu'à partir de 1912. Aussi villes-usines, où patronat aide ouvriers à devenir propriétaire, pour fixer main d'œuvre volatile, avec écoles (possibilité promotion sociale), églises, associations sportives, système de retraite.
Une culture ouvrière

Foyer révulsifrelations extérieures (café, rue, cabaret, baquet, fête corporative, carnaval, paroisse). Avec RTT, café-concert, théâtre pour le peuple, clubs sportifs, universités populaires (bibliothèques) pour culture.


Intégration ou marginalité?

Criminalistes et magistrats associent travailleurs à dangereux (2/3 délinquants=ouvriers, mais vagabondage et mendicité restent délit, étalage grands magasins suscitent tentations). Migrants et étrangers -voleurs que parisiens de souche.

Le paysan et la République
Une croissance agricole modeste

Malgré révoltes (viticulteurs du Languedoc), grèves (bûcherons du Cher), agriculture=réussite Belle Epoque. Depuis Gambetta paysans associés à République (contre boulangisme, fidélité face aux allemands de 1914). Prix en hausse jusqu'en 1914, après baisse des 1880. Croissance du produit agricole 0,1% 1860-1890, 0,9% 1860-1890, inférieur au rythme du produit matériel total (1,8%). Reprise éco sans impulsion agricole. 4e producteur mondial de blé. Rendement 40-50% inférieurs à ceux Europe du Nord, résultats e deçà des allemands (puissante industrie chimique=engrais). 1913, déficit échanges agricoles (500 millions). Ouverture a fait baisser prix, faible exode rural a tout de même augmenté salaires, peu d'investissements, forts coûts de production. Dynamisme dans Bassin parisien et Nord-Est (engrais, batteuses, faucheuses=rentabilité) : froment, pomme de terre, betterave à sucre / moitié méridionale (vallée Rhône et Midi languedocien) : viticulture, fruits, exploitations familiales modestes.
La victoire des petits exploitants familiaux

Fractions les + pauvres de paysannerie, qui fragilisaient, sont partis à la ville, baisse prix de la terre, vente grandes propriétés achats pour couches supérieures paysannerie. Exploitation paysanne de 5 à 1à hectares. 76% exploitations familiales (confortables). Mais encore 70% grandes propriétés (Centre, Nord), fermier capitaliste a mécanisé. Prolétaires agricoles ont –de chômage saisonnier. Déclin du travail mixte, artisans sont partis, en 1914, le paysan cultive + qu'avant la terre. Problème ente stabilisation sociale par petite exploitation et efficacité éco? Paysans attachés à propriété=limitation grandes exploitations très rentables. Mais avec animaux, matériel, engrais, productivité progresse chez petits, accès au crédit facilité par caisses du Crédit agricole créées par Etat en 1897. Percée du syndicalisme apporte coopératives efficaces (laitières Charente et Poitou, caisses de prévoyance, de crédit, assurances accident, aide à commercialisation par Syndicat agricole vauclusien dès 1887).Lobbies défendent paysans au niveau national.
L'intégration du paysan à la nation

Républicains ont intégré paysans pour unité nationale. Communication avec chemins vicinaux, lignes de chemins de fer locales (24 300km 1881, 40 770 en 1914), service postier efficace. Instruction permet de lire journal. Service militaire généralisé dès 1889 entraîne jeunes hors de leur village, séduits pas autre vie (pain blanc, viande, vin, tabac), beaucoup ne reviennent pas ou changent leur vie. Banalisation du vêtement. Temps mieux compté avec apparition montres et horloges publiques. Développement associations sportives ou musicales, fêtes locales (bals, danses avec accordéon comme à la ville). Toujours rude +recours à violence qu'en ville. Veille de la guerre, paysans peuvent mesurer ce qui les éloigne des temps anciens, ce que la République a apporté. Paysannerie=allié sûr de république.


La République, creuset d'une nouvelle culture

Une démocratisation de la culture à pas comptés
Les stratifications culturelles de la démocratie républicaine

Projet culturel et d'éducation pour que république et démocratie fonctionne. Ecole au centre. Donner chance émancipation, autonomie=changement de société. Savoir offert par lycée=payant (2% boursiers). Nouvelles classes moyennes accèdent à ce qui était réservé aux notables. 1913, 1,1% au lycée. 8000 bacs/an.
La culture classique dépoussiérée

Avant, humanités gréco-latines et littérature classique. Désormais langues vivantes, sciences, histoire/géo, français. Résistance contre ces "sections modernes". Filles accèdent, même si effet limité (20 médecins femmes à Paris et 1 avocate). Universités ouvrent (Sorbonne, Lyon, Bordeaux, Lille). 1860-1910 : 8 00041 000 étudiants (68 000 en Allemagne) : 11 000 médecine, 17 000 droit, 6000 lettres, 6000 sciences. Recherche se développe avec enseignement : naissance psychologie, sociologie, ethnologie, sciences politiques, éco mathématiques, médecine expérimentale, bio. Professeur d'université=savant, impressionne.

Vers une culture de masse
Un large accès au livre et à l'image

Prix livre baisse, croissance tirages, diversification réseaux de distribution. 1850, 10 000 titres, 1900, 30 000. Croissance professions intellectuelles (écrivains, journalistes, publicistes) : 4000 en 1876, 9 000 en 1906. Diffusion du petit format à 1F. Pêcheur d'Islande de Pierre Loti à 500 000. Romans policiers (Fantômas, Arsène Lupin). Edition, entreprises capitalistes qui tirent à + de 100 000 : Fayard, Calmann-Lévy, Flammarion. Manuels scolaires, revues (Le Chasseur français), presse féminine (Le Petit Echo de la Mode), presse enfants (Le Journal des Enfants, L'Epatant), presse sportive (Le Vélo, L'Auto), BD (Les Pieds nickelés). Importance de l'image (carte postale, affiche). 1895, ciné des frères Lumière, diffusion Eldorado et Olympia. Rapide domination Charles Pathé et Louis Gaumont, dès 1908, plusieurs milliers de salles. 1er ciné du mondeguerre.
La culture : les voies de la réussite

Culture rapporte désormais argent. Difficulté de vivre de ses écrits, Zola y parvient sans bac (100 000F/an au sommet). Concentration dans capitale. Académie trop passéistenombreux salons (comtesse de Castellane, marquise Arconati-Visconti)=liens bourgeoisie-création. Zola regroupe dans demeure de Médan, "mardis" de Mallarmé, "Grenier" des frères Goncourt, aussi cabarets, cafés où Hydropathes méprisant bourgeois : Alphonse Allais, Charles Cros. Diffusion dans revues.
La culture et le marché

400 titres de romans en 1900 : +que poésie ou théâtre, large public, différentes sortes. Domination roman naturaliste, 1875-1905 : Zola vend 2 628 000. Académie privilégie poètes (Sully, prud'homme, Coppée). 1864, déréglementation, chacun peut ouvrir théâtre, mais prix augmentent, par abonnementpublic bourgeois. Journal émancipé depuis 1881, Le Petit Parisien à 1,5 million. Télégraphe étendurapidité info. 6000 journalistes en 1900. Egalement presse pour bourgeois politisés (Le Temps, Le Figaro).

Les intellectuels divisés sur la direction du progrès
Le "génie" scientifique français, phare de la République

Ere scientifique qui permettrait nouveau rayonnement, positivisme (logique des sciences transformera le monde. Littré et "la décroissance du surnaturel et la croissance du naturel". Optimisme scientifique, homme peut faire comme nature et peut donc changer le monde (Berthelot, Claude Bernard). Poincaré fait progresser maths, Caillet et Claude liquéfient gaz, Branly et télégraphie sans câble, découverte radioactivité avec Becquerel, Pierre et Marie Curie, Maurice de Broglie, Pasteur et sciences médicales. Durkheim jette bases sociologie. Seignobos définit science historique. Charles Darwin et évolution des espèces, Renan ne croit + aux textes sacrés et dogme.
Vers une "pensée unique" de la République

Mystique de la science. Trouver lois scientifiques de l'homme (hérédité, réaction de l'encéphale) : Zola, Broca, Manouvrier. Théorie de Lombroso sur "criminel-né", médecins cherchent stigmates sur détenus rachat du criminel par prison et L. Scientisme (positivisme appauvri) pénètre publicéloignement religion, Eglise non convaincante ne rejetant tout en bloc.
Une communauté intellectuelle éclatée

Avec Taine, positivisme bascule dans pessimisme (1870, Commune=masses irrationnelleraison). Gustave Lebon explique décadence à cause de montée des masses "la plèbe est reine et les barbares avancent". Barrès, Maurras tirent du darwinisme social idée inégalitaire, raciste, hostile à démocratie. Intellectuels se déchirent : confiance en progrès, républiqueconservatisme, réaction, attachement au terroir, racines, région. Saturation marché intellectuel vers 1890. Barrès, il y aurait au nom de la méritocratie trop de diplômés par rapport aux besoinsdéclassement de l'intellectuel. On redoute soumission de la culture au marché. Beaucoup écrivains critiquent positivisme républicain, craignent matérialisme (Maritain, Péguy, Psichari). Influence étrangère avec symbolisme et spiritualisme ; Proust donne dimension d'un monde intérieur avec A la recherche du temps perdu. Philo de Bergson : rationalisme scientifique trop pauvre pour saisir réel, se tourne vers intuition. Mais phénomène dans bourgeoisie uniquement, car elle pense ne plus maîtriser modernisme. Intellectuels se sentant rejetés par industrialisation de la culture. Henri Poincaré et Einstein remettent en cause cadres traditionnels sur lesquels reposait la science, Charcot travail sur hypnose et hystérie, cherche explication scientifique à réactions.

Les libertés républicaines étendues aux beaux-arts
Une politique de l'art

Liberté de création. 1875, Conseil supérieur des beaux-arts (administrateurs, artistes, élus) : faire place à l'art, dimension éducative. Former goût des Français, supériorité de France (de Paris, capitale de la mode, du goût et des arts). Embellissement des villes et restaurations.

Libérer et protéger les artistes

Libéralisation de la profession et du marché de l'art. 1902, loi sur propriété intellectuelle. Politique de commandes officielles de la République avec choix éclectique.
L'académisme ébranlé par les nouveaux marchés de l'art

Avant, peintre devait faire Ecole des beaux-arts, s'attacher à un atelier d'un maître de l'Institut pour séjourner à villa Médicis et obtenir commandes officielles, exposition au Salon, commentaire positif de L'illustration. Académie décide du goût officiel (antique, classicisme=Ingres). Académisme aussi pour architecture. Mais évolution avec nouveaux circuits de l'art : marchands, hommes d'affaires (Durand-Ruel et impressionnistes, Ambroise Vollard avec Gauguin et Cézanne). Peintres s'organisent aussi avec expos non officielles (Salon des artistes indépendants). D'où importance de Paris et France dans art (peinture), X vers EU, Allemagne.

Paris, laboratoire de l'art contemporain

L'impressionnisme : l'art témoin de la modernité française

Impressionnisme se cherche au 2nd Empire, n'est plus moteur au début du siècle. Mais école dominante du nouveau goût français : poésie avec modernité, nouveaux lieux (routes, ponts, gare, cafés-concerts, Seine, loisirs bourgeois). Claude Monet, Alfred Sisley, Renoir se sont rencontrés dans 1850 chez Gleyre. Nouvelle école se forme autour de Manet dans quartier des Batignolles avant qu'artistes dispersés par guerre et Commune. Organisent en 1874 une expo indépendante car rejetés. Inauguration période expérimentale sur couleurpeinture moderne.
La "Belle Epoque" de l'art

Désormais ce ne sont plus les bourgeois qui intéressent, mais la ville nouvelle, banlieue, éclairage électrique, autos. Toulouse-Lautrec peint danseuse du Moulin-Rouge.
Les "avant-gardes" parisiennes acceptées

Paul Cézanne, Douanier Rousseau. Picasso et Braque créent cubisme. Fascination pour art primitif, nègre. Avec Delaunay, le peinture abstraite sera née. Bourgeoisie républicaine tolérante, intégration loin d'être parfaite.

La France, encore une grande puissance (1911-1914)

La République impériale
Le second empire colonial du monde

Expansion n'a pas cessé depuis 1880, malgré difficultés (Indochine), d'abord peu d'intérêt (provinces perdues) puis consensus dans 1890, sentiment national flatté. Parti colonial, 120 députés (Eugène Etienne, député d'Oran, homme d'affaires). Grande importance colonies car France isolée. 1893, armée coloniale créée. Octobre 1893, accord avec roi du Siam (GB favorable) : possession de l'Union indochinoise. Madagascar annexée 1896. Expansion vers Niger et haute vallée du Nil, mais GB refuse axe français est-ouest de l'Afrique. France déterminée, lorsqu'à Fachoda mission Marchand se heurte aux troupes de lord Kitchener (septembre 1898), guerre risque d'éclater, France s'incline mesurant son isolement. France ne peut envisager réconciliation avec Allemagne, pourtant nécessaire.
Un empire stabilisé

Fin siècle, Delcassé, ministre aux Affaires Etrangères, veut stabiliser relations avec GB. Afrique, partage des eaux entre Congo et Nil (convention du 21 mars 1899). France laisse GB libre en Egypte, obtient son soutien contre ceux qui s'opposent à France en Tunisie et soutien pour installation au Maroc (Allemagne aussi intéressée). Empire colonial X10 1870-1913, X20 la métropole, que 48 millions. Afrique occidentale en 2 gouvernements généraux : AOF, AEF. Saint-Pierre-et-Miquelon, Guyane, Guadeloupe, Martinique, Réunion, Nouvelle-Calédonie, archipels polynésiens.
Administrer l'empire : association et assimilation

Assimilation=gouvernement direct avec lois françaises, association=maintien des autorités indigènes. Colonies directement gérées par métropole et protectorats dirigés par résident local. Algérie=3 départements avec députés au parlement, mais gouverneur et budget spécial. Indigène non votant ont statut "indigénat" (1881) avec peines spéciales et impôts supplémentaires. Gouvernement général de l'Union indochinoise (Paul Doumer1906) : une colonie (Cochinchine) et 2 protectorats (Cambodge et Annam). AOF dirigée par lieutenants-gouverneurs relevant d'un gouverneur général. Mais AEF (1000 Français 1913) est concédée à 70% à compagnies privées pratiquant L forcé et réquisitions. 30 congrégations catholiques (mission des Pères Blancs), sous protection militaire, s'installent dans colonies pour christianiser. Mais aussi missions laïques pour répandre civilisation.

L'impérialisme français
L'impérialisme, bien au-delà de l'empire colonial

Impérialisme éco, X de K, 9% dans empire X2 1880-1914, surtout Algérie (blé, vigne) et Indochine (hévéa, mines de charbon), 1,5 milliard (50% GB dans son empire). 7 en Russie (25%), 1,6 Empire ottoman. 2e puissance impérialiste, derrière GB, devant Allemagne. Investissements à l'étranger : 28 milliards en 1900, 45 en 1914 (1/6 K national, 23% placements extérieurs mondiaux). 52% en Europe (GB fait 5%). Majorité investissements de portefeuille (pas contrôle et gestion)IDE.
Impérialisme et capitalisme français

Impérialisme éco n'a pas bridé capitalisme interne, rythme vif des placements en France au début du siècle. Impérialisme appuyé sur épargne considérable (10% revenu national), franc stable, taux d'intérêt bas (attirant pour pays voulant s'industrialiser). Diplomates font pression sur pays pour assurer sécurité des placements français à l'étranger. Utilisation de l'arme financière pour diplomatie, nouer alliances (Russie) ou pour implantation coloniale (Maroc). Enrichissement net de la France.

La fin de l'isolement français
La Russie désormais aux côtés de la France

Malgré colonies, isolement européen. Mais début 1890, Russie en froid avec Allemagne qui se protège des blés russes et dont puissance commerciale entrave développement industriel. France peut faire contrepoids avec force financière. France veut sortir isolement et apprécierait un danger de dissuasion à l'est de l'Allemagne. Russie a besoin argent et partenaire pour modernisation alliance politique et militaire. 17 août 1892, accord militaire défensif, si Allemagne attaque France ou si Allemagne ou Autriche attaque Russie. 1893, large ouverture du marché financier parisien aux emprunts russes, visites symboliques avec foule parisienne enthousiaste. Mais encore tensions. Aussi avec GB, à cause pugnacité en Afrique en 1898.
Le "système" diplomatique de Théophile Delcassé

Affaires Etrangères 1898-1905. Comprend avantage allemand de tensions franco-anglaises. Voit antagonisme GB-Allemagne, car veut devenir puissance navale. Désintérêt pour l'Egypte soutien anglais pour Maroc. Avec intelligence, Delcassé sort France de l'isolement : resserrer liens russes, sortir Italie de Triplice et Entente cordiale avec GB. Nouvelles facilités pour emprunts russes, voyage de Nicolas II 1901, financement lignes de chemins de fer. Financements français en Italie alors qu'elle manque de K, fin guerre douanière, imbrication financière. Ambassadeur Barère permet neutralité italienne (accord secret 28 juin 1902), mais bonnes relations avec Allemagne. Beaucoup de dirigeants GB tendent pour bloc allemand (Russie menaçant frontières nord des Indes), mais 1903, rapprochement de France, mais avec possibilité de dégagement. France s'emballe, si amitié GB-France, puis GB-Russie, France peut obtenir concessions allemandes. Accord 8 avril 1904 : fin contentieux colonial. Allemagne craint alliance militaire secrète.
Les deux voies de la diplomatie française

Delcassé désinvolte face Allemagne qui veut aussi Maroc. Guillaume II réclame "porte ouverte" au Marocmonopole français. France prend peur de guerre, veut normalisation, Delcassé avec politique des antagonismes doit démissionner le 6 juin 1905. Rouvier écarte alliance continentale (Allemagne, France, Russie, sans GB proposée par Allemagne. Négociations sur Maroc à conférence d'Algésiras (15 janvier-7 avril 1905) favorable à France grâce appuis GB et russe. Maroc souverain, commerce pour tous, mais haute-main des Français.

Beaucoup veulent politique Delcassé : bloc, alliance et donc tension. Rouvier veut conciliation (intérêts milieux d'affaires). Coexistence. Accords financiers avec Allemagne (financement du Bagdadbahn). Idée que relations financières et éco peuvent rapprocher ces 2 pays. Avril 1911, France fait marcher troupes sur Fès (Maroc) pour protéger soi-disant Européens contre tribus soulevées Allemagne pense que France veut s'emparer du Maroc, envoie canonnière Panther en rade d'Agadir pour bluffer Français. Danger guerre. Caillaux, nouveau Président du Conseil, veut négocier 4 novembre 1911 : offre de compensations françaises : Allemagne reconnaît droits politiques (éco) français sur Maroc et obtient cession de territoires au Cameroun, Moyen-Congo, Oubangui pression financière sur Allemagne (grâce au bloc) accepte.

La République en quête de sécurité
Les inquiétudes de 1911

2e crise marocaine a inquiété. Politiques ont puisque militaires n'étaient pas prêts. France craint la guerre. Contestations à la chambre pour convention donnant territoires à Allemagne. Selves, ministre Affaires Etrangère et Caillaux démissionnent. Poincaré devient Président du Conseil (seul à pouvoir faire accepter convention au Sénat), gouvernement dominé par Alliance démocratique (plutôt à gauche) : Millerand, qui glisse à droite (Guerre), Briand (Justice), Delcassé (Marine), Léon Bourgeois (L). Poincaré soutien traité mais affirme que France ne doit plus s'entendre avec Allemagne "que dans la dignité". 17 janvier 1913, Poincaré élu Président de la République avec appui de la droite contre un radical-socialiste. Gouvernement Briand (janvier-mars 1913), Barthou (mars-décembre), Doumergue (décembre 1913-juin 1914).
La doctrine militaire française et les "trois ans"

Avec crises et guerres qui éclatent dans Balkans, Poincaré veut sécurité France. Militaires se préparent à un éventuel conflit. Doctrine du chef d'état-major Joffre : prédominance de manœuvre sur feu, guerre rapide, guerre d'infanterie, il faut donc dès les 1ers jours submerger l'ennemi avec un max de troupes (mobilisation rapide). Depuis 1905, 2 ans de service, mais 3 en Allemagne depuis 1912 avec population + nombreuse et projet de crédits miliaires extraordinaires d'1 milliard de Marks. France passe à 3 ans 7 juillet 1913 opposition dénonce logique de guerre (socialistes, Jaurès voulant réserves et "nation-armée"). Ferveur populaire pour soldats, nombreux défilés et manifestations. Soutien Le Temps, Le Matin. Vague patriotique
Une fièvre nationaliste contenue

Droite nationaliste vire au bellicisme, gauche internationaliste pacifiste hostile aux 3 ans. Extrême-droite conduite par Charles Maurras comme défenseur du catholicisme. Ligue de l'Action française, la Revue de l'Action française devient quotidien en 1908 Action Française, violence des étudiants militants. Nationalisme raciste contre République. Maurras arrache monopole du monarchisme, soutien des catholiques (bien que Maurras=agnostique). Nationalisme exacerbé face à Allemagne. Défilés pour fête de Jeanne d'Arc critiquent mollesse. Rejet du rationalisme attire certains jeunes, mais minoritaires.
Le "patriotisme défensif" des Français

  • Pacifisme socialiste (Jaurès). Opposition à Jaurès faisant passer lutte contre guerre contre lutte sociale, car elle peut détruire la civilisation. Si France attaquée, c'est la patrie qui doit se défendre (armée des citoyens)

  • Gauche du socialisme (Gustave Hervé) rejette idée de patrie, antimilitariste, veut grève réservistes et insurrection.

  • Marxisme traditionnel : patriotisme classique de gauche ouvrière. Vaillant représentant actif de SFIO au bureau socialiste de l'Internationale créé en 1905 qui devient après Congrès de Stuttgart "force d'action et de coordination dans la lutte contre la guerre".

  • Guesdistes condamnent croisade contre guerre qui détourne de l'objectif de révolution et renversement du capitalisme.

  • Gouvernement républicain veut sécurité de la France+éviter aventure guerrièrebloc républicain issu de Dreyfus se reconstitue (de Poincaré à Clemenceau). Contre la guerre, mais prêts à défendre république comme en 1793.



L'entrée en guerre : août 1914
Une guerre imposée

Après Barthou, gouvernement radical de Doumergue (décembre 1913) = + à gauche. Beaucoup pense que les 3 ans insistent trop sur défense, incitent à l'aventure. Centre républicain (Briand, Barthou) pour, socialistes et radicaux contre. Découpage aux législatives du 26 avril 1914 : gauche sur-représentée. Gauche attendait gouvernement socialiste (104 députés). Viviani président du Conseil, ne revient pas, malgré logique, sur 3 ans, loi impôt sur revenu pour ressources nouvelles. 6 semaines après désignation, France entre en guerre. 28 juin 1914, assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône de Habsbourg par patriote bosniaque. Malgré conflits balkaniques, ambianceguerrière. Ultimatum autrichien à Serbie n'est lancé que le 23 juillet. On pensait échapper au conflit comme lors de 2e crise marocaine de 1911. Après 14 juillet, Poincaré et Viviani partent pour 15 jours en Russie et pays scandinaves.


  • 28 juillet, Autriche non satisfait de réponse serbe.

  • 30 juillet, Russie protectrice de Serbie, mobilise.

  • 31 juillet, Allemagne soutient Autriche, somme Russie d'arrêter mobilisation.

  • 1er août, devant refus russe, Allemagne déclare guerre à Russiemobilisation française.

  • 2 août, armée allemande envahit Luxembourg et somme Belgique de laisser le passage.

  • 3 août, Allemagne déclare guerre à France.

  • 4 août, Angleterre déclare guerre à Allemagne.


Certes, Autriche est responsable car voulait régler avec force problème avec Serbie. Allemagne a pris risque de précipiter les pays dans grand confit en soutenant Autriche. Mais, Russie fut trop brutalement raide. Poincaré et Viviani n'ont guère encouragé tsar, mais France n'a pu se dégager de l'aventure russe dans Balkans, ne pouvait ne pas être solidaire de son allié au moment où le bloc adverse se resserrait. C'est l'Allemagne qui déclare la guerre à la France.
Les Français feront leur "devoir"

Gauche martèle hostilité à guerre, mais rares grèves, insurrection pas en perspective. Jaurès pense pouvoir faire jouer l'Internationale convoquée en urgence à Bruxelles. Opinion en retard sur événements qui lui échappent. Stupeur quand mobilisation décrétée. D'abord peur, puis désir de défendre patrie contre impérialisme allemand. Insoumissions rarissimes. 4 août 1914, Poincaré déclare l'état de guerre, dénonçant agression de l'Allemagne et sa responsabilité exclusive, appel aux partis pour front commun "union sacrée", débat politique suspendu vote à l'unanimité des crédits de guerre que tout le monde pense courte. Aux obsèques de Jaurès (assassiné par fanatique le 31 juillet), Léon Jouhaux, secrétaire général de CGT, affirme que syndicalistes prêts à se lever pour défendre acquis républicains et idéaux de Révolution française.

Conclusion

"L'union sacrée" montre enracinement de la République. Durant 19e : 2 France, une s'identifiant à Révolution française, l'autre la refusant ; cette fracture n'a guère disparu dans esprits, mais en 1914, république semble assuré, large consensus. Réussite des gouvernements depuis "défense républicaine" de Waldeck-Rousseau. Syndicalisme révolutionnaire associant république à bourgeoisie a échoué. Nationalisme d'extrême-droite est marginal, dont violence a rassemblé forces républicaines autour démocratie parlementaire. Eco, certes moins forte qu'allemande ou GB, a montré sa souplesse, son accueil des nouvelles industries (bien pour 20e). Transformation de révolution en société moderne semble achevée.

Au 19e, France a lutté contre philo de l'Eglise, a combattu pour modernité politique, a aboli privilège, a conçu un nouveau contrat social = dilués dans histoire anglaise, absents lors révolution américaine, ramassés en France. Capitalisme industriel perçu comme nouvelle aristocratie. Mais France a les bases pour bâtir nouvelle société. Etat=moderne depuis Napoléon tissant lin social et s'accommodant du libéralisme éco, garant ordre républicain.

Second Empire semble intermédiaire, avant république. Bonapartisme associe absolutisme et démocratie, héritage de révolution et contre-révolution, catholiques et anticléricaux, socialisme et conservatisme, il conjugue Révolution française et capitalisme moderne.

3e République renoue définitivement avec 1789, intégrant "couches nouvelles", majorité petite bourgeoisie (voulant héritage révolution et ordre, mobilité et stabilité), a su évoluer, au début du 20e. Alliance renouvelée entre bourgeoisie et classes moyennes dans république radicale prête à concessions pour intégrer ouvriers dans démocratie parlementaire.
"La révolution est fixée sur les principes qui l'ont commencée, elle est finie"




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«Marianne-Liberté», qui a troqué l’épée de justice, l’épée des Droits de l’homme, pour le marteau de la reconstruction. Tête baissée,...

La République installée (1879-1889) La France de Marianne iconC’est une photo de la tour Eiffel. La France est célèbre pour la...

La République installée (1879-1889) La France de Marianne iconLa France depuis 1945 : fin de la ivème République, Ve République, politique et société
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La République installée (1879-1889) La France de Marianne iconLes emblÈmes de la RÉpublique
«France profonde», ainsi que les nôtres propres le cas échéant, nous cherchons à faire connaître ou redécouvrir l’enracinement progressif...

La République installée (1879-1889) La France de Marianne iconCours 2 La République, les religions et la laïcité en France depuis les années 1880
«raison» et l’ «obscurantisme» religieux. L’expérience de la Ière République (1792), qui instaure une «liberté de conscience» et...






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