La vie culturelle sous Vichy





télécharger 126.73 Kb.
titreLa vie culturelle sous Vichy
page2/3
date de publication09.11.2017
taille126.73 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3

la loi sur les abords des monuments historiques (1943)

La loi de 1943 complète celle du 31 décembre 1913 sur les monuments historiques, mais apporte des éléments totalement nouveaux en vue de protéger plus efficacement les abords : ainsi une autorisation préalable aux travaux est-elle rendue obligatoire.

Les lois sur l'archéologie

La législation concernant les fouilles archéologiques est très pauvre en France, comme le fait apparaître en 1937 la conférence internationale du Caire. En 1941, le contexte est favorable à un renforcement de la législation, du fait de la présence de Jérôme Carcopino à la tête de l'Education nationale, mais aussi de l'obligation de préserver le patrimoine national des menaces allemandes. La loi du 27 septembre 1941 limite les fouilles sauvages et garantit la dévolution des objets trouvés ; la loi du 21 janvier 1942 apporte les moyens administratifs de faire respecter la foi de 1941 et de développer l'archéologie française. Ces lois sont certes marquées par l'idéologie de Vichy, dans la mesure où le discours du régime utilise l'archéologie dans son exaltation du passé national, mais les mesures prises dépassent le contexte de l'époque et comblent de sévères lacunes.

La protection des perspectives et des sites

L'administration des beaux-arts s'intéresse aussi à la protection des paysages, des perspectives et des sites, en commençant leur recensement et en réformant le cadre législatif correspondant, qui remonte à 1930. Une nouvelle loi, en date du 13 janvier 1942, instaure un dispositif permettant de contrôler la construction de monuments sur ces sites : l'objectif d'Hautecœur est d'éviter toute pollution visuelle, mais cette loi crée aussi de fait une censure politique et artistique. Elle est complétée le 12 avril 1943 par une dernière loi destinée à réduire la présence de la publicité. Ce dispositif peut certes être analysé comme une protection de la terre, bien dans l'esprit du régime vichyssois, mais il ne faut pas en faire l'apanage de ce régime.

La loi du 13 août 1941 est adoptée pour donner un statut aux conservateurs, renforcer le contrôle étatique sur les musées de province et réformer leur gestion.

La loi du 23 juin 1941 avait pour but d'endiguer l'hémorragie des chefs-d'œuvre vers l'étranger et surtout vers le Reich, qui profitait de sa situation économique dominante pour les acquérir à moindres frais. Cependant elle s'avère vite inutile, parce que les Allemands refusent qu'elle leur soit appliquée.

1 Il fera l'objet d'une grande vénération entretenue par des institutions comme la Légion française des combattants, créée le 29 août 1940.

2 Il fut élu à l'Académie française le 9 juin 1938, au fauteuil 16, succédant à Henri-Robert. Sa réception officielle eut lieu le 8 juin 1939.

À l'été 1940, malgré les conseils de Pierre Gaxotte, Maurras fit reparaître L'Action française à Lyon, avec en tête le slogan « La France seule », voulant signifier son rejet de la collaboration et de la dissidence. Il soutient le régime de Vichy. En septembre 1940, lorsque le maréchal Pétain lui demande sa conception de la Révolution nationale, il répond « un bon corps d'officiers et un bon clergé »[5], une position qu'il appelait : « défendre l'héritage en l'absence d'héritier »[6]. On lui reprocha sa formule ambiguë sur une « divine surprise »[7] pour parler des événements de 1940, mais il semble qu'il parlait alors non de l'accession au pouvoir du Maréchal Pétain mais du fait que malgré la défaite l'État ne se soit pas complètement effondré[8]. Inspirateur de la politique du régime de Vichy, il se fit l’apologiste du gouvernement du maréchal Pétain[9],[10]. Il continua à « dénoncer les Juifs » en se félicitant par exemple de l'abolition du décret Crémieux[11].

Pendant l'occupation, les membres et les proches de l'Action française se divisèrent en trois groupes opposés : celui des maurrassiens orthodoxes soutenant le gouvernement de Vichy conduit par le maréchal Pétain, celui des collaborationnistes germanophiles tels Robert Brasillach ou Joseph Darnand et celui de ceux qui entrèrent en résistance contre les nazis tels Honoré d'Estienne d'Orves, Gilbert Renault, Pierre Bénouville, Daniel Cordier ou Jacques Renouvin[1].

3 « Le désastre n’est, en réalité, que le reflet, sur le plan militaire, des faiblesses et des tares de l’ancien régime politique […] Jamais, dans l’histoire de la France, l’État n’a été plus asservi qu’au cours des vingt dernières années […] par des coalitions d’intérêts économiques et par des équipes politiques ou syndicales, prétendant fallacieusement représenter la classe ouvrière. Il faut aujourd’hui reconstruire la France […] On ne saurait davantage y découvrir les traits […] d’une revanche des événements de 1936 […] L’ordre nouveau est une nécessité française. Nous devrons tragiquement réaliser, dans la défaite, la révolution que dans la victoire, dans la paix, dans l’entente volontaire de peuples égaux, nous n’avons même pas su concevoir. »


4 Le PCF avait été interdit sous la Troisième République, en septembre 1939 à la suite du pacte germano-soviétique, et toute activité communiste était donc déjà illégale à l'avènement de Pétain.

5 Ceci découle en partie des conditions de l'armistice. Il y a sans doute une volonté d'embrigadement dans la création des Chantiers de la Jeunesse qui accueillent, dés août 1940 les 100 000 jeunes de la classe 1940 qui ne peuvent pas être incorporés dans l'armée d'armistice, et qui sont encadrés par des officiers pour se livrer à divers travaux d'utilité publique en plein air. Mais ils ne seront pas l'équivalent des mouvements de jeunesse fascistes comme les Jeunesses hitlériennes. Les partis collaborationnistes à tendance fascistes comme le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot ou le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat sont longtemps restés marginaux par rapport au gouvernement et à l'entourage du maréchal. Ce n'est qu'en 1944 que les Allemands ont imposé l'entrée au gouvernement de Joseph Darnand, chef de la Milice, et de Philippe Henriot d'abord (6 janvier 1944), puis de Marcel Déat (16 mars 1944).


6 Pourquoi ces lacunes ? Une raison évidente vient de ce qu’une œuvre musicale ne porte pas nécessairement en elle-même les traces de l’Occupation. Dans un disque d'Alfred Cortot jouant Chopin, on n'entend que Chopin. Quant à Maurice Chevalier, quelque reproche qu'on puisse lui faire, celui-ci n'a jamais chanté d'hymne à la haine raciale.

7 Hugues Panassié, maurrassien et jazzologue de renom, ira jusqu'à dire que le jazz noir est l'expression d'une pureté de race ! De fait, même après l'interdiction des disques américains en 1942, on entendra sur les ondes de la Radiodiffusion nationale des émissions consacrées à Armstrong ou Ellington, et le fulgurant succès des Hot Clubs s’exportera jusque dans les Stalag...

8 On note une véritable politique de la jeunesse doublée d’un appareil d’état idéologique visant à encadrer et à modeler les jeunes gens selon les préceptes de la Révolution Nationale ( organisations de jeunesse, stage obligatoire dans les Chantiers de jeunesse pour tous les jeunes garçons de 20 ans, qui y apprennent le goût de l’effort, les valeurs du travail et de la virilité ainsi que le sacrifice de l’individu au groupe à travers des expériences collectives à la campagne, écoles de cadres, à l’image de la plus connue d’entre elles, l’École d’Uriage).

1   2   3

similaire:

La vie culturelle sous Vichy iconBulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Vichy et ses...

La vie culturelle sous Vichy iconAmis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation
«Résistance et monde rural»; l’occasion d’évoquer cette résistance de la ruralité française sous Vichy et l’occupation nazie souvent...

La vie culturelle sous Vichy iconFestival de la chanson Raï en France
Il y avait une vie culturelle parallèle qui était dans le ghetto. Quand les Français de souche un peu branchés ou curieux voulaient...

La vie culturelle sous Vichy iconLa politique culturelle A. Les fondements des politiques culturelles...

La vie culturelle sous Vichy iconUn Elève Allophone Nouvellement Arrivé (eana)
«juste une classe», mais bien un dispositif qui concerne tout l’établissement et tous ses adultes (y compris vie scolaire, Association...

La vie culturelle sous Vichy iconDimanche 16 octobre 2O11 23H 30 [gmt+ 1] «je n’aurais manque un seminaire...
«Vie de Lacan». Elle a été écrite par Jacques-Alain Miller. C’est la première partie d’un ouvrage, plus complet, à paraitre prochainement,...

La vie culturelle sous Vichy iconChacun sa vie un film écrit et réalisé par ali ghanem
«Alger capitale de la culture arabe» dont la commission culturelle a bien voulu m’accorder aussi 70 000 euros. Le Ministère de la...

La vie culturelle sous Vichy iconProgramme Matinée
«La vie au quotidien», 2008. [Réédité en poche chez Texto en 2014 sous le titre 14-18. Vivre et mourir dans les tranchées]

La vie culturelle sous Vichy iconProgramme Matinée
«La vie au quotidien», 2008. [Réédité en poche chez Texto en 2014 sous le titre 14-18. Vivre et mourir dans les tranchées]

La vie culturelle sous Vichy iconIDÉologie du régime de vichy






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com