Après une interruption durant la Révolution, le Directoire et le Consulat, l’Académie est rétablie en 1803, et réorganisée sous sa forme actuelle par





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date de publication09.11.2017
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EYRAUD Maxime

LS1
L’Académie française

Introduction
Fondée en 1635 par Richelieu, l’Académie française est intégrée à l’Institut de France lors de la création de celui-ci, en 1795. Après une interruption durant la Révolution, le Directoire et le Consulat, l’Académie est rétablie en 1803, et réorganisée sous sa forme actuelle par l’ordonnance royale de Louis-Philippe, en 1816. Ses quarante fauteuils ne sont pas spécialisés : un écrivain peut succéder à un artiste, un homme politique à un ecclésiastique, ce en quoi l’Académie diffère des autres classes de l’Institut de France. De plus, il n’est pas nécessaire d’avoir ni écrit ni occupé un poste d’importance : c’est cette accessibilité théorique qui va rendre possible une relative diversité dans la composition de l’Académie. Malgré tout, le choix de ses membres n’échappe pas à certaines tendances extérieures, et l’institution sera souvent à la fois le reflet et l’enjeu de la sphère culturelle du temps. En quoi, durant la période 1816-1945, l’Académie française est-elle le lieu du mariage entre pouvoir et culture. De la Restauration à la veille de la Commune, l’Académie française est un lieu d’opposition face au gouvernement, et un enjeu symbolique dans la lutte des classiques et des romantiques ; puis, des débuts de la Troisième République à 1900, l’Académie s’éloigne du modernisme qui était le sien durant la première moitié du XIXe, et s’entête dans le réactionnarisme ; enfin, jusqu’en 1945, l’Académie surmonte tant bien que mal le raz-de-marée maurrassien.

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Conclusion
Le 9 septembre 44, on peut lire dans les registres : « Le Bureau informe Abel Bonnard et Abel Hernant qu'ils doivent désormais s'abstenir de paraître aux séances ». Dans le Figaro du 14 septembre, Mauriac dénonce cette attitude qui consiste à frapper le plus faible mais épargne les vrais responsables (à savoir Pétain et Maurras). Signe encore une fois d’une certaine indifférence à l’air du temps. De 1816 à 1945, l’Académie française est le lieu privilégié de la rencontre en les sphères politiques et culturelles. Si elle a laissé passer quelques génies, comme Zola, le plus gros de la vie culturelle de ce temps a cependant passé son habit vert. De même que si les agissements de certains de ses membres n’ont pas toujours été des plus nobles, elle a su conserver une unité dans des temps troublés et en ressortir avec un prestige intact.

L’élément le plus frappant reste sans doute la divergence quasi-constante entre son opposition, politique, vis-à-vis du régime, et le recrutement qu’elle a opéré, toujours plus ou moins littéraire. Ses ambitions littéraires, comme son rôle de référence linguistique, ont souvent été freinés par des élections stratégiques sur le plan de l’influence politique, et un conservatisme certain. 

I. De la Restauration à la Commune, l’Académie française est un lieu d’opposition face au gouvernement, et un enjeu symbolique dans la lutte des classiques et des romantiques.

A/ La Restauration

Louis XVIII souhaitait une réforme complète de l’Institut et une « purge » complète parmi ses membres. Par l’ordonnance royale du 21 mars 1816, chaque classe de l’Institut retrouve son nom d’ « Académie », renouant ainsi avec la tradition. L’Académie française recouvre donc la primauté, et la protection royale. Onze membres sont éliminés malgré leur Immortalité symbolique, tandis que huit sont nommés autoritairement. Lors de ces nominations déjà, il faut mentionner l’influence d’un club de gastronomes appelé « À la fourchette », qui exerce un poids certain dans les choix effectués, par l’intermédiaire essentiellement d’Etienne, dit de Jouy, favori du roi et violemment antiromantique.

Rétablie par Louis XVIII, et nommée en partie par ses soins, l’Académie fut royaliste jusqu’en 1826. Durant cette période de dix ans sont nommés notamment Raymond de Sèze, avocat de Louis XVI devant la Commission, Denis-Luc Frayssinous, aumônier du roi, ou encore l’archevêque de Paris. Dès 1817, le poste de secrétaire perpétuel est attribué au royaliste Raynouard.

Pourtant, en 1829, on élit Charles-Marie de Féletz, rédacteur du Journal des Débats, qui a cessé d’être gouvernemental, et critique plus ou moins ouvertement Charles X. Cet évènement représente ainsi l’amorce d’une opposition sous la Coupole. En 1828, une missive académique est envoyée à Charles X en faveur de la presse, dont la liberté semble alors menacée. Ses trois rédacteurs font immédiatement l’objet de mesures de rétorsion. Cet incident vaudra à l’Académie un regain de popularité. Les élections, elles aussi, manifestent l’opposition croissante au régime : Fourier, ancien préfet des Cent jours, et Royer-Collard, chef de la minorité à la Chambre, en 28 ; l’année suivante, il s’agit d’Arnault et Etienne, deux exclus de 1816, aux côté de Philippe de Ségur, historien de l’armée napoléonienne.

Durant cette même période, l’Académie est le théâtre de la lutte entre classiques et romantiques, que les premiers appellent volontiers « Barbares ». Lamartine n’est accepté qu’en 1829, après quatre tentatives ; Charles Nodier, en 33, et Mérimée, qui lui succèdera à son fauteuil, en 44 seulement. Ce mouvement naissant représente alors la liberté littéraire, à laquelle Charles X semble être attaché plus qu’à celle de la presse, puisqu’il la protègera en refusant la requête des classiques, qui souhaitaient voir tomber sur les nouveaux arrivants la pression royale.
B/ La Monarchie de Juillet

La Monarchie de Juillet s’annonce sous la Coupole comme ce qu’on pourrait appeler une « période ministérielle ». Les fauteuils sont surtout occupés par des ministres et des hauts fonctionnaires. Nombreux sont les sympathisants politiques de la monarchie de Juillet à être accueillis sous la Coupole : Jay et Tissot, respectivement fondateur et rédacteur du journal Le Constitutionnel, puis Thiers, Salvandy et Guizot, tous trois à la fois écrivains et hommes politiques. En termes de littérature, des 30 élections du règne de Louis-Philippe, 5 seulement introduisent des romantiques parmi les Immortels. Dès 1830, le ton est donné avec l’élection de Viennet, homme politique et dramaturge, farouche opposant au romantisme. Depuis 1829, mis à part Nodier, dont le salon rassemble les romantiques plus qu’il n’en fait partie, aucun romantique n’est entré à l’Académie. En 1841, c’est chose faite, avec l’élection de Victor Hugo, suivront Mérimée, Sainte-Beuve et Alfred de Vigny.
C/ La Deuxième République et le Second Empire

Sous la monarchie de Juillet, l’Académie avait élu beaucoup d’hommes politiques, sans pour autant faire de politique à proprement parler. Il va en être tout autrement sous la deuxième République et le second Empire. Des trente-cinq élections de la période 1848-71, 6 élections seulement seront uniquement littéraires : celles de Musset, Ponsard, Augier, Sandeau, Feuillet et Autran. Ayant recruté majoritairement, et pendant 18 ans, parmi les partisans du régime parlementaire, l’Académie se trouve d’emblée hostile à la République. Sa première élection fait office de protestation face au régime et aux idées démocratiques : à la mort de Chateaubriand, l’Académie refuse Balzac et Alexandre Dumas et accueille le duc de Noailles soutenu par les salons de Mme Récamier. Dans ce même souci d’opposition au régime, et tandis qu’émergent les discussions religieuses à propos de la liberté de l’enseignement, l’Académie reçoit les très catholiques Montalembert, Berryer et Mgr Dupanloup.

L’Académie n’avait pas réagi au coup d’Etat du 2 décembre 51. En revanche, le rétablissement de l’Empire provoque son émoi. A partir de cette époque, c’est l’animosité contre Napoléon III qui motive presque tous les choix de la majorité. D’où les élections du journaliste républicain Sacy, ou de l’ancien ministre de Louis-Philippe, le duc de Broglie, très hostile au régime nouveau. En 1856, ce sera l’élection d’Alfred de Falloux. En 1860, en réaction face aux guerres italiennes, celle du Père Lacordaire. C’est sous la même préoccupation politico-religieuse que se font les élections du prince de Broglie, du comte de Carné, du Père Graty. Les personnages sont choisis, qui pour son rôle religieux, qui pour sa position politique, qui encore parce qu’on dit de lui que l’empereur le hait, comme dans le cas du comte d’Haussonville ou du poète Auguste Barbier.
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En 1835 paraît la sixième édition du Dictionnaire de l’Académie. La mission qui avait été confiée à l’institution lors de sa fondation est claire : « La principale fonction de l’Académie sera de travailler, avec tout le soin et toute la diligence possibles, à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. » (article 24 des statuts). La réflexion sur l’orthographe doit tenir compte de données multiples et souvent contradictoires, comme le poids de l’usage établi, les contraintes de l’étymologie et celles de la prononciation, les pratiques de l’institution scolaire, celles du monde des éditeurs et des imprimeurs, etc. En 1835, l’orthographe de nombreux mots est modifiée : c’est le passage du « françois » au « français ».

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II. De l’épisode de la Commune au début du XXe siècle, l’Académie s’éloigne du modernisme qui était le sien durant la première moitié du XIXe, et s’enlise dans la bienséance d’une bourgeoisie réactionnaire.

A/ Les débuts de la Troisième République

Le nouveau régime qui s’ouvre à la fin de 1870 est favorable à l’impartialité des élections académiques. L’Académie est moins préoccupée de faire échec au pouvoir comme sous le Second Empire, moins empressée d’accueillir les hauts fonctionnaires comme sous la monarchie de Juillet. Elle prend alors en plus grande considération les titres littéraires des candidats. Elle accueille ainsi des personnalités issues de milieux variés : militaire, comme le duc d’Aumale ; histoire, avec Mézières, historien de Goethe ; critique d’art, avec Charles Blanc ; médecine, avec Pasteur, en 1881. Les sièges les plus nombreux sont cependant donnés aux lettres : Alexandre Dumas fils y entre en 1874 comme dramaturge, Sully-Prudhomme comme poète, suivi de Leconte de Lisle en 86.

Mais les élections qui se succèdent ne parviennent pas à cacher les soucis internes de l’institution. Après 1871, l’instauration définitive de la République semble priver l’opposition académique de sa raison d’être. De manière générale, la faction qui avait dominé sous la Coupole entre 1827 et 1871 - contre les légitimistes - se partageait entre monarchistes constitutionnels et partisans d’une République bourgeoise. A partir du moment où la situation sociale du pays évolue, on serait libre de penser que l’Académie va chercher un nouveau centre de gravité. Mais ce n’est pas le cas, loin s’en faut. Le quai Conti s’installe dans une sorte de conservatisme libéral. En 1903, le duc de Castries compte 18 académiciens à gauche, et 20 à droite : il oppose ceux qui travaillent de leur plume aux simples mondains de droite.

Dès le lendemain de 1871, mis à part les élections de Littré (1871), de Dumas fils en 1874, de Pasteur en 88 et d’Anatole France en 96, l’Académie se transforme en un lieu figé, entièrement occupé par les écrivains mondains et la droite réactionnaire. En quelques années, les derniers représentants du romantisme disparaissent. A l’exception d’Hugo, icône populaire qui sert éventuellement de caution face aux accusations de conservatisme. Dans leurs fauteuils, on installe alors « ducs », prélats et politiques, et l’on voit apparaître des poètes et des auteurs mondains, des hommes de salon. Tout en s’opposant aux très nombreuses tentatives de candidature de Zola, à partir de 1890, l’Académie s’attache à montrer de l’ouverture d’esprit sans prendre de risque, en admettant en 91 le romancier de l’exotisme Pierre Loti.

Ainsi donc l’Académie bascule à droite, politiquement, mais aussi, en quelque sorte, sur le plan littéraire : on ne songe même pas à solliciter une candidature de Mallarmé. A partir des années 1880, l’Académie, qui avait compté dans ses rangs une bonne partie des penseurs, voire des polémistes du siècle, devient le territoire exclusif de la bourgeoisie catholique et conservatrice, de ce qui reste d’aristocratie, de prélats, militaires, politiques conservateurs et de notables intellectuels.. En 1914 seulement, l’Académie fera preuve d’audace en élisant Henri Bergson, à la fois célèbre et fort mondain, et qui sera aussi le premier juif à entrer sous la Coupole.

L’Académie retourne donc à une relative opposition vis-à-vis du régime en place, dont elle s’était pourtant départie dans un premier temps. Pour ce faire, elle use des différents évènements de l’époque pour montrer son désaccord. Elle soutient Boulanger et son mouvement. Barrès et Albert de Mun, futurs académiciens, prennent place dans les rangs boulangistes. Par la suite, l’affaire Dreyfus est, elle aussi, l’occasion de s’opposer à un régime « en déclin » ; des quarante académiciens, seul Anatole France est révisionniste : la scission est claire. La plupart des anciens boulangistes s’empresse d’entrer dans le camp antidreyfusard, voyant dans la généralisation qu’il opère (France en déclin, « déchets » produits par la nation, etc.) la suite logique du nécessaire changement professé par Boulanger.
B/ Le cas Zola

Le cas de Zola peut être érigé en symbole même du caractère réactionnaire de l’Académie de l’époque. A cette époque, le romancier jouit incontestablement de l’estime de ses pairs, mais aussi de celle du peuple. Or, lors de sa première tentative, en 1890, et après avoir fait consciencieusement ses visites auprès des membres de la Compagnie, y compris à ceux qui lui sont ouvertement hostiles, il parvient le 1er mai à un résultat pitoyable au vu de sa notoriété. Zola maintient sa candidature pour le même fauteuil, remis en jeu le 1er décembre de la même année, mais échoue de nouveau. Au cours des années suivantes, il lui arrivera d’obtenir un score plus conséquent, mais sans jamais atteindre la majorité.

Ces échecs s’expliquent par des situations différentes. On lui oppose parfois quelques grands notables de la politique, de la diplomatie ou de l’Université. Lorsque Zola est battu en 90, c’est par l’ancien prédisent du Conseil Charles de Freycinet ; en 1897, par Albert de Mun. Il arrive également qu’on présente contre lui de vrais écrivains, mais plus inoffensifs parce que moins mondains : ce sera Pierre Loti, en 91 ; ou encore des personnalités obscures, comme le vicomte Henri de Bornier, viticulteur et poète.

Les causes de ces refus - il y en aura 24 en tout - se résument à peu de choses : avant même le J’accuse de la fin du mois de décembre 1897, c’était la crudité du style et la noirceur des situations sociales qui déplaisaient à l’Académie. La candidature de Zola est jugée à ce point irrecevable qu’elle pousse l’Académie à avoir des audaces pour se dédouaner des accusations de conservatisme. En 1896, année où Zola est refoulé à 5 reprises, elle accueille un représentant officiel de la gauche, Anatole France, qui sera d’ailleurs le seul à militer dans les rangs dreyfusards. L’affaire Zola constitue donc un bon révélateur de la nature de l’Académie au tournant du XXe siècle. Elle laisse deviner la ligne de démarcation qui sépare la littérature socialement acceptable de celle qui ne l’est pas.
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En 1889, Sept-mille linguistes et enseignants signent une pétition de la Société de réformes : l’essor de l’ « école de la République » a rendu nécessaire sinon une simplification, du moins une clarification, de l’orthographe comme de la grammaire.
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III. De 1900 à 1945, une vague maurrassienne submerge l’Académie, qui malgré tout se distingue en bien durant la Seconde guerre mondiale.

A/ Le refus du soutien à Pétain.

En 1900, l’Académie est le reflet d’une bourgeoisie installée sur de solides certitudes de droite, et qui révère les militaires, les diplomates à la retraite, les vieilles familles et les cardinaux. Le divorce d’avec la véritable activité intellectuelle ou littéraire du pays est déjà consommé. En fait, face aux notables et aux mondains, la part littéraire de l’Académie est déjà infime. Mais alors que le monde des lettres est en pleine effervescence avec l’irruption de la NRF et du surréalisme, l’Académie poursuit sur sa lancée en penchant toujours plus à droite. Si l’élection de Barrès en 1907 ne passe pas inaperçue, celle de Maurras, en 1938 et avec 20 voix en sa faveur, constitue le point d’orgue d’une dérive radicale : déjà à l’époque, élire le chef de l’Action française est tout sauf anodin.

L’élection de Maurras doit être perçue comme la suite logique de la pensée du quai Conti. L’idéologie conservatrice, qui se ressent dans les élections de cette période, est omniprésente, et devient une sorte de néo-classicisme. A ce titre, Maurras, qui prône la préservation des trésors de la langue française, est un candidat tout désigné. Les réformes doivent être minimales, afin de conserver les traits uniques de la langue, qui se fait le symbole de la souveraineté de la nation.
En cette fin des années 30, il n’y a alors pas un seul académicien qui se réclame de la gauche, même modérée. Le noyau dur de l’opposition à Maurras se compose de Paul Valéry, bourgeois libéral et républicain, antidreyfusard dans sa jeunesse, François Mauriac, grand bourgeois catholique, et Georges Duhamel. Avec Marcel Prévost, ils incarnent l’aile la moins à droite. L’Académie, qui prétend représenter l’élite sociale et littéraire du pays, se partage donc en réalité entre une majorité proche de l’extrême-droite et une forte minorité de droite, républicaine ou conservatrice.

Malgré tout, en juin 40 l’Académie s’arrête dans sa course vers la droite. Au vu de sa composition, elle devrait manifester son ralliement au régime de Pétain. Elle ne le fait pourtant pas. Si plusieurs académiciens se compromettent dans la Collaboration, l’Académie parvient à demeurer officiellement neutre. A partir de 1942, son nouveau secrétaire perpétuel, George Duhamel, apporte un soutien considérable aux écrivains résistants, et résiste aux pressions des partisans de Vichy qui souhaitent combler les fauteuils vacants pour y caser des partisans. L’Académie, que tout disposait à la Collaboration, réussit donc à s’en tenir à l’écart.

Après juin 40, une partie du territoire tombe entre les mains de celui qui s’avère être un illustre académicien. Le ralliement à Pétain est ouvertement proposé à l’Académie le 31 octobre. Tout semble joué d’avance : les maurrassiens dépassant déjà la vingtaine depuis 1938. Un Immortel est au pouvoir, un autre, le général Weygand, le seconde. S’ajoutent à la liste Maurras, Bonnard, Bordeaux, Pierre Benoit, Abel Hernand et Baudrillart. Mais la proposition est repoussée, en invoquant la tradition officielle de l’apolitisme académique. L’Académie se contentera, 15 jours plus tard, d’un texte de compromis qui donne quelques satisfactions de pure forme aux pétainistes dans rien céder sur le fond. Le ralliement officiel qu’il espérait ne se produira jamais. On peut sûrement y voir une trace du vieux prestige de l’Académie, lui aura permis de s’abstenir de toute allégeance à Vichy sans risquer les expéditions punitives de la Milice.

B/ La Libération

En revanche, il survient à la Libération et dans les années qui suivent un évènement inattendu : le retour non seulement d'une droite qui frôle les extrêmes, mais encore de vichystes sous la Coupole. A la sortie de la guerre, chacun reconnaît volontiers que l'institution elle-même a réussi à ne pas se compromettre avec la Collaboration. En revanche, sept de ses membres ont affaire avec les tribunaux. Le bilan individuel est fort mitigé. Si Georges Duhamel s'est conduit plus qu'honorablement, François Mauriac a été le seul à participer à la Résistance. Les autres s'en sont tenus prudemment à l'écart, ou sont d'anciens maurrassiens, auquel cas on peut très certainement les soupçonner d'indulgence avec Vichy.

Un certain parfum de pétainisme flotte donc malgré tout. Au regard des agissements de certains de ses membres, l’Académie pourrait vouloir se dédouaner, et pas seulement par opportunisme. Le général de Gaulle, qui la souhaite moins réactionnaire, propose à Georges Duhamel de combler la quinzaine de fauteuils vacants sans recourir au mécanisme lent et aléatoire des élections. Il présente une liste de ceux qu'il souhaite voir admettre sous la Coupole : Gide, Claudel, Malraux, Eluard, Martin du Gard, Aragon, pour les plus célèbres. Une liste qui rendrait hommage à des hommes de plume méritants pendant la guerre, et installerai quai Conti une majorité de grands écrivains. Malgré cela, l'Académie refusera cette procédure, qui viole sa tradition.

Et même, loin de chercher à se refaire une virginité, l'Académie s'engage dans la voie de l'indulgence extrême au pétainisme. Si elle accueille quelques patriotes et résistants, comme Edouard Herriot, elle renforce en même temps sa frange maurrassienne : dès 1946, elle élit le baron Ernest Saillière, et en 1953, Pierre Gaxotte.
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Durant cette période, la mission linguistique de l’Académie se fait plus présente ; cependant, si les requêtes ne manquent pas, les réformes, elles, tardent à se mettre en place. En 1901, deux arrêtés fixent, en théorie, des « tolérances » orthographiques et syntaxiques pour les concours de l’Instruction publique ; en pratique, ils ne seront jamais appliqués. En 1904, une campagne réformiste, soutenue par Anatole France, est lancée. Deux ans plus tard, la Fédération internationale des instituteurs demande une réforme de l’orthographe : seule la France s’y refuse.
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