Littérature d’expression poitevine





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Tropisme aquitain, ou plus généralement d’oc, de la

littérature d’expression poitevine.
 Avant d’entrer dans le vif du sujet de cette littérature d’expression poitevine au tropisme aquitain, ou plus généralement d’oc, rappelons un fait connexe.

Celui qui, à Bordeaux, fit tant au XIXème siècle pour la connaissance et la défense de la langue d’Aquitaine par excellence qu’est l’occitan (gascon) - Edouard Bourciez1 - était natif de Niort2 en Poitou.

C’est ce que nous rappelle le linguiste girondin Alain Viaut3 :

« Né le 29 janvier 1854 à Niort en milieu enseignant – son père était professeur d’histoire – Edouard Bourciez suivit une carrière qui le mèna du secondaire à l’Université. Originaire de la région linguistique du saintongeais-poitevin, sa vie professionnelle le conduira à Bordeaux, en Gascogne. […] Dire qu’Edouard Bourciez, en approfondissant l’étude du gascon, s’est trouvé en même temps une patrie, celle, au fond, qui correspondait à la région où il vécut et travailla, correspond probablement à la réalité. Il n’en oublia pas pour autant ses origines saintongeaises-poitevines. Il les retrouva même près de Bordeaux, en interférence avec le gascon, dans la petite Gavacherie de Monségur4. Son enquête sur les idiomes de la Gascogne5 lui servit aussi à étudier de près le parler d’oïl de cette région de l’Entre-deux-Mers6» 7

Son engagement pour le gascon s’expose même dans son adhésion au courant félibréen comme nous le rappelle là encore Alain Viaut :

« Enfin ce soucis d’enseigner à un plus grand nombre, E. Bourciez pourra le développer par sa participation au mouvement félibréen gascon en Béarn et en Bordelais en étant un membre fidèle de l’Ecole Gastou Febus, dès la fin du XIXème siècle, et de la ligue Guyenne et Gasconne dès les années 1920. Il sera un conseiller “linguistique” et une des cautions de l’Ecole Gastou Febus. Une de ses premières taches fut de fixer en 1900 des règles orthographiques pour le “béarnais moderne” qui seront publiées dans la revue de l’Ecole, Reclams de Biarn e Gascougne. Il appliquera ces mêmes règles, quatre ans plus tard, au “gascon moderne” […]. […] on le vit conseiller en 1920 à l’Ecole Gastou Febus, gasconne, de revenir à nouveau vers le Félébrige, à vocation panoccitane, afin de participer à une vaste fédération du Midi œuvrant en faveur d’une communauté d’intérêt pour le monde d’oc. » 8

 Mais il y a plus, car le mouvement félibréen, trouve à la même époque une résonnance en terre poitevine9. C’est ce que nous explique le poitevin Jean-Jacques Chevrier10 en 1995 :

« le centre le plus actif et le plus fécond de ce siècle est sans conteste le Mellois [sud-est des Deux-Sèvres]. Le premier à ouvrir la voie sera Édouard Lacuve qui signait du pseudo de J’hacquet. Ses nombreuses fables qu’il publiera d’abord dans le Mellois, le journal qu’il dirigeait, seront regroupées en un recueil en 1893, soit plus de trente ans après la première parution. Outre ses fables, Édouard Lacuve alimentait dans son journal une rubrique politique régulière en poitevin-saintongeais. : La poulitique de Maître Francet. D’octobre 1876 à juillet 1877, il fit paraître le Canard Potevin, journal dont la rédaction était entièrement en poitevin-saintongeais. Après lui viendront les Auguste Gaud, cordonnier originaire de Chef-Boutonne, Henri Martin originaire de Niort mais venu travailler chez Gaud comme cordonnier et Adolphe Métivier, le jardinier de Melle. Tous les trois se lancèrent dans l’écriture de nombreuses pièces de théâtre. Avec ses deux amis, Auguste Gaud organisa à travers tout le Poitou, mais aussi jusqu’à Paris un grand nombre de soirées conférences illustrées par des prestations des auteurs, sur la littérature et la langue poitevine-saintongeaise. Avec ce trio, naquit le félibrige poitevin, terme utilisé seulement à l’adresse de ces trois auteurs dans de nombreux articles de presse ou de revues rendant compte de leurs activités. Auguste Gaud entretiendra une relation épistolaire avec d’autres félibres de son temps et non des moindres comme Frédéric Mistral, Émile Pouvillon, François Fabie, le Brizeux du Rouergue, Maurice Rollinat, etc. »11

Cette référence au félébrige se retrouve dans d’autres portions du Poitou, comme en témoigne en 1931, Daubreuil, le préfacier de l’ouvrage d’Eugène Rougier (en poitevin du sud Vienne), Les Histoires de Jhaquet Male : contes en patois Civraisien, lorsqu’il écrit :

« On ne songe pas bien sûr, encore que la coïncidence fasse plaisir, à joindre cette modeste gerbe poitevine à la grande moisson mistralienne du centenaire. »12
 Ce lien de la littérature d’expression poitevine avec le mouvement félibréen trouve certainement en partie sa source dans les liens linguistiques étroits entre langue poitevine-saintongeaise et occitan (occitan limousin en particulier mais aussi ensemble des parlers d’oc).

Remarquons tout de suite que Mistral lui-même dans son magistral dictionnaire Provençal-Français, Lou trésor dóu felibrige, cite un certain nombre de mots du Poitou assortis de la mention de leur localisation en Poitou.

Il faut dire que l’ensemble linguistique poitevin-saintongeais, est le pendant occidental de l’ensemble franco-provençal ou arpitan, qui, en région Rhône-Alpes et alentours, constitue une zone de transition entre oc et oïl, à l’instar du groupe poitevin-saintongeais qui, bien que classé en oïl, constitue lui aussi, mais entre Loire et Gironde, une zone de transition entre oc et oïl.

Rappelons à ce sujet ce que disait en 1973, Jacques Duguet13, dialectologue d’origine poitevine, et aunisien d’adoption, bien connu pour ses travaux sur les parlers des Charentes et du Poitou :

« aujourd’hui la limite entre français et occitan est reportée au sud de la Saintonge. Ce recul des éléments occitans a eu pour conséquence la création, en Poitou, Aunis, Saintonge et Angoumois, d’une entité linguistique qui, au premier examen, paraît appartenir au domaine français, mais qui s’en distingue si nettement qu’on pourrait la définir comme un franco-occitan. » 14

Déjà en 1952 le poitevin G. Pougnard publiait une thèse sur les parlers poitevins de sa commune d’origine du Saint-Maixentais (sud Deux-Sèvres) intitulée « Le parler “franco-provençal” d’Aiript »15. Ce titre fut assez critiqué car souvent mal compris, comme nous l’explique en 2001 Pierre Bonnaud16 qui prend la défense de cet auteur en ces termes :

« En 1952, l’infortuné chercheur G. Pougnard produisait sa thèse intitulée le Parler franco-provençal d’Aiript. Pour tout lecteur de bonne foi, il était évident qu’il ne voulait pas dire que le parler de ce gros village poitevin […] était “du” franco-provençal, mais qu’il représentait, comme le franco-provençal, un type de langue autonome, intermédiaire entre oc et oïl. »17

Et Pierre Bonnaud sait de quoi il parle, lui qui publia en 1972 une étude intitulée : « Correspondances phonétiques morphologiques et lexicales entre le poitevin-saintongeais et l’occitan »18
Cette proximité linguistique entre ensemble poitevin-saintongeais et monde d’oc est toujours présente dans les consciences, et ce jusqu’en Vendée, comme on le voit avec cette déclaration de Constant Friconneau qui en 2006, dans l’introduction de son dictionnaire intitulé Parlez-vous Chaumois ? (La Chaume est une localité proche des Sables d’Olonne sur la côte vendénne), écrit :

« Le patois chaumois et sablais, partie intégrante du Poitou, est plus proche de celui du Sud-Ouest, que de celui du nord de la Loire. C’est ainsi que le naissain d’anguille, qui se dit “civelle” à Nantes est chez nous de la « piballe » ; l’esturgeon ici du “créac” comme à La Rochelle ou à Bordeaux , et on pourrait citer bien d’autres exemples. »19
 Il faut ajouter un autre phénomène, plongeant ses racines dès la fin du XIXème siècle, qui va intensifier les liens entre Poitou et Aquitaine.

Dans les années 1900-1910 (et avant), puis 1920-1930 et encore 1950-1960, les migrations vendéennes (bas poitevines donc puisque le département de la Vendée est constitué grosso-modo de l’ancien Bas Poitou) vers le reste du Poitou et les Charentes, ont progressivement poussé jusqu’en Aquitaine où elles vont amener nombre de vendéens tant en Gironde, qu’en Lot-et-Garonne, dans le Gers ou dans les Landes. A tel point que « l’Association familiale vendéenne de la Gironde », crée en 1948, s’organise en pas moins de sept secteurs - Ambarès, Saint-André-de-Cubzac, Créon, Libourne, Montségur, Blaye, Pauillac - comme nous l’explique Jean-Clément Martin20 en 1989 dans son ouvrage « Les vendéens de la Garonne »21, où il ajoute en outre :

« Les années 1952-1953 marquent un tournant dans la vie de l’amicale de Gironde puisque se crée une amicale de Vendéens à Libourne distincte de la précédente qui avait son siège à Bordeaux. Les vendéens des villes ne ressemblent pas assez à ceux des champs pour que ces derniers se sentent à l’aise dans une seule association. » 22
Il serait intéressant de voir ce qu’il reste de parler poitevin chez ces migrants vendéens ruraux de Gironde, mais l’étude reste à faire même si Jean-Clément Martin nous livre quelques débuts de réponse :

« Aujourd’hui, alors que la génération des migrants s’est maintenant intégrée dans le Sud-Ouest, le patois revient partiellement en usage. Les risques d’exclusion n’existent plus, et reste, pour les migrants pourvus de petits-enfants, le désir de transmettre leur culture. M ; et Mme Db. [Charente] parlent aujourd’hui patois à leurs petits-fils, qui viennent réclamer cet apprentissage en quelque sorte exotique, et donc valorisant. La même pratique se retrouve à la table de M. et Mme Gs., [Gers] satisfaits de montrer que leur fils, adulte né dans le Sud-Ouest, se rappelle que le “chussin” désigne le moustique. »

Il s’agit là d’un patrimoine linguistique à prendre en compte aux côtés de celui des gavacheries. L’Aquitaine se trouve ainsi avoir traditionnellement des locuteurs de poitevin-saintongeais dans ses variantes saintongeaises gavaches du Blayais, du nord Libournais, de l’enclave de Monségur ou de l’extrême ouest de la Dordogne ; mais aussi, depuis environ un siècle, des locuteurs de poitevin-saintongeais dans ses variantes poitevines vendéennes éparpillés en grand nombre dans les campagnes de Gironde, Lot-et-Garonne, Landes et Gers…

Mais notre regard va maintenant se pencher sur ces « vendéens des villes »… de Gironde, à commencer par sa principale : Bordeaux. Cette capitale du sud-ouest dont Pierre Bonnaud nous dit : « En ce qui concerne Bordeaux, à côté de la composante N-S / S-N de son aire d’influence et de son rôle historique ancien comme capitale régionale “aquitaine” (au sens ethnique) et gasconne, il faut bien à la fois mesurer : la solidité et la variété de ses liens avec le Centre-Ouest qui fait qu’elle n’est pas uniquement ni peut-être même avant tout une ville de la France méridionale ; la place des Poitevins-saintongeais dans la population et le développement de la ville ne doit pas être sous-estimée » 23
 Parlons de Gabriel Delaunay, conseiller d’Etat, président du Centre National des Lettres, bordelais, et d’origine poitevine puisque natif du marais poitevin de Vendée (la Vendée étant constituée grosso-modo de l’ex Bas Poitou).

Sa résidence bordelaise ne lui fait pas oublier pour autant ses origines vendéennes, puisqu’il est président d’honneur de l’Association des vendéens de Bordeaux dont nous venons de parler. Il n’oublie pas non plus son patrimoine linguistique, puisqu’il est membre d’honneur de la S.E.F.C.O, Société d’Etudes Folkloriques du Centre-Ouest24 publiant une revue ethnographique Aguiaine consacrée aux départements de Vendée, Deux-Sèvres, Vienne, Charente, Charente-Maritime, couplée avec un supplément intitulé Le Subiet consacré à la publication de textes en poitevin-saintongeais.

En témoigne en particulier la préface qu’il fait au premier fascicule du Glossaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois  de la SEFCO, où il écrit en 1978 :

« Tous les hommes nés sur ces vieilles terres de l’Ouest tournées vers l’Atlantique, qui aiment leurs horizons et leur ciel obsédant, ont connu depuis plusieurs décennies une angoisse née de leur amour. Le langage qui a bercé leur enfance n’était pas le Français, mais ce que l’on appelle pour la commodité “ le patois”. Le patois avec ses légères variantes selon que l’on est fils de Poitou ou fils de Saintonge, enfant de Vendée ou d’Angoumois… » 25

 Un second bordelais d’origine vendéenne, bien connu pour ses ouvrages sur l’Aquitaine et sur la Vendée26, gravite lui aussi durant ces années là autour de ces deux mêmes associations : Guy Perraudeau. Né à Luçon en 1925, il fut chroniqueur littéraire au Courrier Français de Bordeaux et à l’Écho de l’Ouest de Nantes.

Vice-président de l’Association des Vendéens de Bordeaux, c’est lui qui fit découvrir le journal d’expression poitevine-saintongeaise de la SEFCO, Le Subiet, à un autre vendéen qui dans ces années là résidait également à Bordeaux : Michel Gautier.
 Michel Gautier27 est un auteur vendéen d’expression poitevine, né en 1942 au Bourg-sous-La Roche en Vendée ex Bas Poitou), qui fut professeur à Castillon-la-Bataille de 1967 à 1968, puis à Bordeaux de 1969 à 1974. Durant ses années bordelaises il va illustrer - et comment ! - la littérature d’expression poitevine-saintongeaise et plus particulièrement poitevine.

Paraissent à cette époque dans Le Subiet certains de ses textes, poèmes ou prose en poitevin, dont :

  • Enjominerie : en 1968,

  • Vieille et Mordienne : en 1969,

  • La boune annaye, Doune mon bounet, Grédit, Biâ temps et Putré : en 1970 ,

  • Peur le défin père d’la Poérère et A chai p’tit : en 1971,

  • Coubiets et La journaye continue : en 1973,

  • Merlin l’aloubi, A grands goulayes, Peurpousition peur mette en veugne et en patis la piace Napoléon, Le Quiâ, Porca l’m’avant pas dit et A peurpous de l’assembyée daus patoisans de Marsais St-Radegonde : en 1974.28


Ces textes sont par la suite réunis en deux recueils : Mordienne paru en 197429 et La Pibole paru en 1979. L’avant propos que Michel Gautier met en exergue de son recueil Mordiène en 1974 affirme la localisation bordelaise de ses écrits d’expression poitevine :

« Tout n’est pas perdu. Il y aura encore longtemps des Poitevins qui diront i pour je et ol é pour c’est. Mais il est grand temps d’agir, et le meilleur moyen de faire vivre notre parlange, c’est bien de s’en servir en le réapprenant. Pour dire tout ce qu’on a à dire. […] Murmuré à la ville, dans les grands téts bllancs30 où l’on enferme le monde, ou bien crié à l’air libre, au milieu des champs, chanté les soirs de noce ou de fêtes, quand on est heureux et qu’on redevient soi-même, le parlange vit toujours. Ce peut être encore une force. Contre les araseurs de haies. Uniformiser les êtres, araser les haies, c’est le même programme. Contre les promoteurs conquérants de la côte et de l’intérieur. Contre les nouveaux maîtres qui, pas plus que les anciens, n’aiment qu’on relève la tête. Aujourd’hui, mossiu nete maïtre fait aussi dans le textile ou la chaussure. Contre ceux-là et quelques autres, et pour nous, afin que nous soyons nous-mêmes. De toute façons. […]

Revirons-nous31.

Bordeaux, Mai 1974. »
Outre la localisation bordelaise du recueil Mordiène de 1974, la référence au monde d’oc s’affirme aussi dans le recueil La Pibole de 1979, avec ce texte, « Perca l’m’avant pas dit » adapté de la chanson occitane « Perque m’an pas dit ? » de Marti :

« […] Mé perca perca

L’m’avant pas dit aus écoules

Perca l’m’avant pas dit

Mé perca perca

L’m’avant pas dit aus écoules

Le parlange de mon péyi ?
O s’pét que tant d’ingénion

Nous cachant la véritaï

Fodra qu’tos suls i aprengions

Qu’ol a ja de libertaï
Sarons la mésaise dos Indiens

La hère dos Africains

Qui carpallant au soulèll
Et perca perca

L’m’avant pas dit aus écoules

Perca l’m’avant pas dit

Mé perca perca

L’m’avant pas dit aus écoules

Le nom de netre péyi ? »32
 Or ce qui naît à Bordeaux ces années là, ne nous y trompons pas ce n’est pas n’importe quelle production. C’est une littérature novatrice et qui porte en elle un potentiel de renouvellement pour toute la littérature d’expression poitevine-saintongeaise. Pierre Bonnaud, dont nous avons déjà parlé plus haut, ne s’y trompe pas lui qui salue la sortie du recueil Mordiène, par un compte-rendu de lecture intitulé « Michel Gautier ou la naissance d’une littérature » paru en 1975 dans le bulletin Aguiaine :

« Il faut d’abord laisser la parole à l’auteur, car il est des choses qu’on ne saurait mieux dire qu’il ne l’a fait dans son avant-propos […] [voir ci-dessus] après quelques phrases particulièrement lumineuses sur l’embrigadement, l’uniformisation, le nivellement des haies et des langues qui vont de pair, ce sobre appel final, qui devrait faire frémir, dans leurs fibres les plus profondes, les gens d’entre Loire et Gironde qui aiment leur pays et sentent qu’il a une culture : “Revirons-nous”. Il faudrait tout citer, et encore ajouter ce que nous dit la brève présentation de couverture : “Il n’y a pas que l’occitan et le breton, le Vendéen aussi (le poitevin pour mieux dire) – (et le poitevin-saintongeais pour dire mieux encore. P.B.) – a ses propres racines… assez profondes pour nourrir le présent des valeurs du passé : être soi-même, voilà la première exigence.” Et il faudrait surtout que Mordienne, porteur de la conscience et de la dignité d’un pays et d’un peuple soit lu partout, et étudié dans les écoles de ces cinq et quelque départements, ou une communauté humaine aspirait confusément à l’existence, qui lui est aujourd’hui révélée, en pleine lumière, par la seule chose qui soit irréfutable, une œuvre. Ce “mince recueil”, c’est l’équivalent, ne nous y trompons pas, du “Livre du peuple polonais” de Mickiewicz, ou du “Livre de la genèse du peuple ukrainien” de Kostomorov, qui ont arraché des peuples du néant. C’est pourquoi j’ai cru pouvoir écrire en titre : “la naissance d’une littérature”. Non qu’aux siècles passés – et aujourd’hui encore – le poitevin-saintongeais ait manqué de probes et valeureux ouvriers […]. Mais ici, il y a plus : il y a la lucidité de la vision, et un exceptionnel talent qui font que pas une ligne ne détonne, qu’il n’y a pas une pièce qui ne soit chargée de significations. C’est bien le propre d’une grande littérature authentique, où la sensibilité individuelle de l’auteur se confond avec une âme collective, d’un de ces rares moments où la littérature se confond avec la civilisation elle-même, et s’identifie en une figure de proue – nécessaire pour cristalliser les velléités timides et les idées qui se cherchent, éparses… […] Quant à la langue, il faut en parler : son niveau va de pair avec celui de la pensée qu’elle sert : La gaudriole parle en français écorché, Michel Gautier écrit en poitevin, c’est-à-dire en une langue véritable, riche, souple, nuancée, originale dans ses mots et ses tournures, proche parente du français, certes, mais incompréhensible à partir de lui. Incontestablement distincte. […] Il me reste à dire un espoir et une angoisse : l’espoir qu’une telle œuvre provoque la cristallisation de la renaissance linguistique et culturelle en gestation depuis quelques années ; et l’explosion des talents et de la créativité jusqu’alors paralysés. L’angoisse qu’un peuple puisse passer à côté de son destin, s’il méconnaît la voie que lui enseigne, avec force et clarté, le message de son fils exilé. Il est vrai que Michel Gautier est jeune et qu’il a le temps d’éveiller des émules : si bien qu’en fin de compte, il est plus raisonnable d’espérer. »33
 Et Pierre Bonnaud avait raison d’espérer…

En effet on peut dire que Michel Gautier est le fondateur-initiateur, dans les années 1980, de ce qui apparaît maintenant comme une école vendéenne – et plus largement poitevine - de poésie contemporaine d’expression poitevine. Arantèle34, l’association qu’il fonde en 1978 presque aussitôt à son retour en Vendée, publie en effet tour à tour nombre d’auteurs vendéens d’expression poitevine (Yannick Jaulin et Christiane Mandin, D’épave, 1980 ; Bernadette Bidaud et Vianney Piveteau, Érindes, 1982 ; Yannick Jaulin, D’épave, 1983 ; Christiane Mandin, D’épave en tcho mitan ; 1985, Gilles Perraudeau, O péyis dos rouchines, 1987), et s’élargit à d’autres auteurs d’expression poitevine, tant des Deux-Sèvres (Patrice Dépra, Sellans, 1982 ; Joël Simommet, Dos Jhens in minde, 1988 ; Daniel Bonneau, Jhituns, 1994) que de la Vienne (Éric Nowak, A Ras, 1993).

Si je termine cette liste en citant mon premier ouvrage, c’est parce que je revendique cet héritage, et aussi parce que les hasards de la vie ont fait que mon écriture d’expression poitevine s’enracine maintenant en Gironde où je réside…
 En 2004 Michel Gautier publie un nouvel ouvrage en poitevin dont le titre, La fine Amour, est un clin d’œil à la poésie des troubadours… Encore le monde d’oc !

On y trouve une traduction en poitevin, par Michel Gautier, de nombre de poèmes occitans dont la chanson V du célèbre troubadour Jaufré Rudel, seigneur de Blaye, et plusieurs35 des chansons de Guillaume IX d’Aquitaine, troubadour, conte de Poitou et duc d’Aquitaine (et oui, nos liens Poitevins-Aquitains remontent à des lustres !). Voici un extrait de sa version poitevine de la chanson IV de Guillaume IX d’Aquitaine :

« I ae ine amie, mé qu’ét o çhéle ?

La voeyi ma grand foe jhamae.

Fesit rén qui me gréye ou mache.

O me chaule pa,

Pasque jhamae Normand ni Françaes

Fut a men oustàu. […] »36

On note au passage que le conte de Poitou, duc d’Aquitaine affirme que « jamais Normand ni Français » ne fut son hôte en son logis de Poitiers capitale de Poitou… et d’Aquitaine… mais donc pour lui nullement cité française !
Et comme les liens sont dans les deux sens, on trouve également dans ce recueil un texte en poitevin de Michel Gautier, traduit en occitan par… Pierre Bec37 ! Pierre Bec, le linguiste occitan gascon, ancien président de l’Institut d’Etudes Occitanes et professeur à l’université de Poitiers (encore un lien Poitou-Aquitaine !) :

« Lo caminaire

Morir dins tu. Soi dins ta sang. Passi pertot al dedins de tu. Acabi pas jamai de t’explorar, de tant qu’i a de quilomètres e de quilomètres de sendièrs. Landregi sovent a l’entorn del tieu còr. Vivi tas esmogudas coma un espectacle permanent. […] »38
En outre, bien évidemment le recueil contient nombre de pièces nouvelles en poitevin de la plume même de Michel Gautier, dont le poème « I veù cramàe » (Je veux brûler) d’où j’extrais ce passage, qui part de l’enracinement poitevin, avec là encore un clin d’œil au monde d’oc et à ses troubadours, et se mue en ode à la liberté :

« I veù cramàe ine matinàie in tantout in sér

I veù cramàe ine nétàie

I veù cramàe é que ma pouvre séjhe garochàie

A la coute devér Borjhenàet su lés pllatéles de la Républlique […]

É pa qu’i ae pa ine fousse pr me calàe

La fousse qu’i me caleràe ét çhéle de més anciéns

Al argarde l’égllise qu’étrnit le Troubadour39

Lae a La Chaese en Bas-Poetou

Ol ét qu’i veù dire in deràe coup

Qu’étant d’içhi i sé d’allour

Qu’ol at rén pr enfrmàe la librtai daus mundes

Ni vie ni mort ni dieù ni maètre

I veù dire in deràe coup

Que prtot qu’i sun

I sun ché nous

É que chéyant a bas lés naciuns lés États

Que lés mundes parlant queme le velant […] »40
Réminiscence de sa période bordelaise d’écriture d’expression poitevine ?
 Nous voici donc un certain nombre de poitevins, d’hier d’avant-hier ou d’aujourd’hui, de demain peut-être, résidants ou ayant résidé en Aquitaine, ou simplement inspirés par elle ou par le monde d’oc en général, ou continuateurs d’une école trouvant sa source là bas, à pouvoir, directement ou par ricochet, s’approprier les paroles du poète occitan gascon Bernard Manciet :
dans sa langue :

« lo mon poder me’n tieni deus matins de brum

a las aubèlas de Bordèu

que la tieni la chança deus malhons clars

dont seguen los navius de Garona entau peugue

que sèi lo parlar de las aigas joenas

deus huelhums trempes d’Aquitània

e credi pas a las estelas » 41
et dans la notre :

« mon peyér i le tin rin que daus matins de brime

aus aubées de Bourdâ

i tin la chance daus gouélétes cllères

qui seguont lés batâs de Garoune devérs la mér

i queneu le parlanjhe daus èves jhènes

daus fouillajhes trenpes d’Aguiéne42

é cré pa en lés étèles » 43 
et pour ceux qui n’auraient pas comprit :

« je ne tiens mon pouvoir que des matins de brume

aux petits jours de Bordeaux

je tiens la chance des mouettes claires

qui suivent les navires de la Garonne vers le large

je connais le langage des jeunes eaux

des feuillages humides d’Aquitaine

et ne crois pas aux étoiles » 44 
Éric NOWAK

1 On lui doit par exemple : La conjugaison gasconne d’après des documents bordelais (1880), La langue gasconne à Bordeaux (1892), Les documents gascons de Bordeaux de la renaissance à la révolution (1899)…

2 Chef-lieu de département des Deux-Sèvres.

3 Alain Viaut, né en 1954, linguiste bordelais d’origine médoquine, est chercheur au CNRS, où son travail s’oriente vers les approches sociolinguistiques de l'occitan et des langues minoritaires en général en Europe. C’est également un auteur d’expression occitane gasconne.

4 Enclave de langue poitevine-saintongeaise, dans une variante spécifique de saintongeais, centrée sur Monségur en Gironde et débordant sur le Lot-et-Garonne.

5 Édouard Bourciez, Recueil des idiomes de la région gasconne, 1895. Ce travail, resté à l’état de manuscrit, consiste en un recueil de traductions de la parabole de l’enfant prodigue effectuée, à raison d’une par commune ( !) pour toute l’Aquitaine ( !!), portion poitevine-saintongeaise (plus précisément saintongeaise alias « gabaye ») du nord-Gironde de l’extrême ouest Dordogne et de l’enclave de Monségur comprises…

6 Edouard Bourciez, La conjugaison dans le gavache du sud (1896), Le démonstratif dans la petite gavacherie (1910).

7 Alain Viaut, Bourciez et les Etudes gasconnes, dans : L’Ethnologie à Bordeaux : hommage à Pierre Métais, actes du colloque ethnologique de Bordeaux de 1994, Presses universitaires de Bordeaux , 1995.

8 Alain Viaut, op. cit., 1995.

9 Comme ils ont également une résonnance en terre saintongeaise. Ainsi Marcel Pellisson (1849-1934) dit Piâre Marcut, Saintongeais originaire de Cognac et propriétaire à Saint-Seurin-d’Uzet, fut élu « félibre saintongeais » par la maintenance félibréenne de Montpellier. Et ce alors qu’il est l’auteur d’une œuvre saintongeaise d’importance (In Jharbot de bouquets saintongeais, 1886), de travaux sur l’orthographe saintongeaise (Le Patois saintongeais et la façon de l’écrire, 1923), et sur la grammaire saintongeaise (In Ébôre de grammaire saintonjhouêse, publiée en partie en 1903), ainsi que celui qui mena à bien l’édition des trois premiers tomes du Glossaire des patois et des parlers de l’Aunis et de la Saintonge de Georges Musset après la mort de ce dernier. Si je me limite ici au Poitou c’est pour montrer que les liens entre le monde d’oc et la littérature du domaine linguistique poitevin-saintongeais ne se limitent pas au sud de ce domaine, mais le concerne en entier, jusque dans sa partie septentrionale qu’est le Poitou, y compris la Vendée.

10 Jean-Jacques Chevrier né en 1945 dans le sud Vienne en Poitou, est diplômé de l’EHESS et titulaire d’un DEA ethno-linguistique. On lui doit entre autres ouvrages : 784 Proverbes et dictons du Poitou (1995), 47 Jouets traditionnels à fabriquer dans la nature (1998), Petit imagier de Poitou-Charentes-Vendée (2001), Insultes, jurons et gros mots en Poitou-Charentes-Vendée (2004), Expressions érotiques en Poitou-Charentes-Vendée (2005), 439 expressions populaires en Poitou-Charentes-Vendée, et, avec Michel Gautier : Le Poitevin-saintongeais Langue d’oïl méridionale (2002). C’est en outre un auteur d’expression poitevine-saintongeaise, dans une de ses variantes poitevines du sud Vienne, auquel on doit des chansons dont certaines publiées dans les anthologies Écrivajhes (1985) et Paroles d’Oïl (1995). On lui doit également les superbes versions en poitevin de contes traditionnels relatifs aux oiseaux publiés dans l’édition 2007 du calendrier édité par le « Groupe de travail Langues régionales (poitevin-saintongeais et occitan) » auprès du conseil régional de la région Poitou-Charentes : 2007 Lés jhours de l’annàie, Prdéque lés oseas… ?

11 Jean-Jacques Chevrier, La littérature de langue poitevine-saintongeaise, dans : La langue poitevine-saintongeaise : identité et ouverture, 1995.

12 Daubreuil, Préface, dans : Eugène Rougier, Les Histoires de Jhaquet Male : contes en patois Civraisien, 1931.

13 Jacques Duguet est né en 1922 à Chauvigny dans la Vienne) et réside en Aunis. On lui doit entre autres ouvrages : Anthologie Poitou-Aunis-Saintonge-Angoumois, de Guillaume de Poitiers à Burgaud des Marets (1973), Glossaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois (1978), Langue : les parlers, dans Aunis Saintonge, Bonneton (1986), Les noms de lieux dans la région Poitou-Charentes : leur signification et leur histoire (1986), Noms de lieux des Charentes : Introduction à la toponymie (1995)…

14 Jacques Duguet, Anthologie Poitou-Aunis-Saintonge-Angoumois, de Guillaume de Poitiers à Burgaud des Marets, 1973.

15 G. Pougnard, Le parler “franco-provençal” d’Aiript : commune de Romans, canton de Saint-Maixent, Deux-Sèvres, 1952.

16 Pierre Bonnaud, linguiste auvergnat (Professeur honoraire de géographie de l’ Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand) spécialiste des parlers d’oc d’Auvergne, auteurs de plusieurs études sur le poitevin-saintongeais, dont : A propos d’une thèse de dialectologie : les problèmes de peuplement du centre de la France, dans Norois (1969), Correspondances phonétiques morphologiques et lexicales entre le poitevin-saintongeais et l’occitan, dans : Aguiaine (1972), Pour une graphie adaptée aux caractéristiques de notre langue, dans : Aguiaine (1982)…

17 Pierre Bonnaud, Autour du « croissant » (2001), publié dans : Groupe de Souvigny, Regards sur le Centre-Ouest, numéro spécial de Medioromanie : Etudes sur la France médiane, n°5, 2006.

18 Pierre Bonnaud, Correspondances phonétiques morphologiques et lexicales entre le poitevin-saintongeais et l’occitan, dans : Aguiaine (1972), qu’il intitulerait maintenant plutôt vraisemblablement « entre le poitevin-saintongeais et les parlers d’oc de Limousin et d’Auvergne »…

19 Constant Friconneau, Parlez-vous Chaumois ?, 2006.

20 Jean-Clément Martin a été professeur d'histoire contemporaine à l'université de Nantes, puis professeur d'histoire de la Révolution française à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne (où il est actuellement professeur émérite) et directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française (CNRS).

21 Jean-Clément Martin, Les vendéens de la Garonne, 1989.

22 Jean-Clément Martin, op. cit., 1989.

23 Pierre Bonnaud, Gavaches, gavots : un phénomène complexe et des implications qui le sont plus encore (dans : Au fil des ans : notes et documents du groupe de Souvigny sur le Centre-Ouest), publié dans : Groupe de Souvigny, Regards sur le Centre-Ouest, numéro spécial de Medioromanie : Etudes sur la France médiane, n°5, 2006.

24 Devenue par la suite Société d’Ethnologie et de Folklore du Centre Ouest, tout en gardant le même sigle : SEFCO.

25 Gabriel Delaunay, Préface, dans : Glossaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois : 1er fascicule : lettre A, 1978.

26 Entre autres livres on lui doit, sur l’Aquitaine : Visiter Saint-Émilion (1988), Visiter Bazas (1988), Le bassin d’Arcachon (1989)… ; et sur la Vendée : Beaulieu-sous-la-Roche : mémoire d’une commune en 101 questions (2009)…

27 Michel Gautier, docteur de 3ème cycle en littérature française, est actuellement vice-président du Comité français du Bureau européen pour les langues moins répandues (EBLUL France), et vice-président de Défense et promotion des langues d’Oïl (DPLO). Outre les recueils de poèmes que nous allons évoquer, on lui doit les ouvrages suivants : Mordienne : en parlange dau Bocage (poèmes : 1974), Les églogues et aultres œuvres poétiques de Jacques Bereau : édition critique avec introduction et notes (Thèse : 1976), Mordiène (3ème édition : 1979), La Pibole (poèmes : 1979), Une autre Vendée : témoignages d’une culture opprimée (avec dominique Gauvrit, 1981), Contes populaires de Vendée en béa parlange do Bas-Poétou (1986), La Roche-sur-Yon au début du siècle en cartes postales (avec Yves Viollier : 1991), Mordiéne (édition des textes chantés par Les Brauds : 1991), Grammaire du poitevin-saintongeais : parlers de Vendée, Deux-Sèvres, Vienne, Charente, charente-Maritime, nord Gironde, sud Loire-Atlantique (1993 réédition 1996), Contes populaires de Vendée : édition bilingue (1994), Vu dire : chroniques vendéennes : édition bilingue (1996), Amours d’autrefois : rites des fréquentations amoureuses en Vendée avant le mariage (1998), La misère des paysans de l’abbé François Gusteau - 1699-1721 - (introduction, traductions et notes par Michel Gautier : 1999), Le vrai petit chaperon rouge et autres contes : édition bilingue (1999), Le Poitevin-saintongeais Langue d’oïl méridionale (avec Jean-Jacques Chevrier, 2002). Chants traditionnels de Noël en Poitou-Vendée présentés par Michel Gautier (2003), La fine amor : édition bilingue (poèmes : 2004), Les saisons saintongeaises de Jônain - 1779-1884 - (introduction et traductions par Michel Gautier : 2009).

28 En 1975 il retourne se fixer en Vendée et continue à publier sa productions dans Le Subiet : La Smayne, La pibole, Le peuyis qui vut vivay, L’Eloise, Mélusine : en 1975 ; La feille de lère et La grousse pocre en 1976.

29 Ce recueil connaitra plusieurs éditions dont Mordienne : en parlange dau Bocage (1974 : première version avec l’orthographe des textes tels que parus dans Le Subiet), Mordiène (3ème édition : 1979 : avec une orthographe préfigurant l’orthographe dite localisée de l’UPCP), Mordiéne (édition des textes chantés par Les Brauds : 1991 : avec l’orthographe dite normalisée de l’UPCP).

30 Grands téts bllancs : grandes cages à lapins blanches.

31 Revirons-nous : Révoltons-nous.

32 Michel Gautier, La Pibole, 1979.

33 Pierre Bonnaud, Michel Gautier ou la naissance d’une littérature, dans : Aguiaine, 1975.

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