«Il était une fois l’abbaye saint nicolas de ribemont.»





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« Il était une fois…….. l’abbaye SAINT NICOLAS de RIBEMONT. »

16 septembre 2012

« D’or échiqueté d’azur, surmonté de l’image de Saint Nicolas à mi-corps, crossé, mitré et bénissant. » C’est cette belle devise qui figure sur les armes de l’abbaye de Saint Nicolas des Prés sous Ribemont.

Ce vénérable monument fut fondé en 1083 par Anselme II, seigneur de Ribemont et comte de Vermandois, pour racheter une vie de violence et de débauche. Zoom sur le site : « une agréable et riante prairie, sur la rive gauche de l’Oise fermée comme une île par divers canaux qui en cet endroit se séparent des cours réguliers de la rivière pour serpenter dans la campagne environnante. Le monastère était admirablement disposé pour la vie en commun et la solitude.

1. BACH. Partita pour violon seul.

Les possessions et les privilèges de l’abbaye étaient immenses : douze arpents de terre, des vignes, des prés. Le roi Louis XI lui octroie une rente perpétuelle de 60 livres. Louis XIV interdit en août 1657 à tout officier, commandant ou soldat de loger dans l’abbaye. Dans un temps où les routes sont peu sûres, les abbayes sont des hâvres de paix pour les voyageurs. Anselme devait avoir beaucoup à se faire pardonner car il avait vu grand : église, salle capitulaire, mais aussi granges, écuries, cellier, caves, cuisines, infirmerie. Devoir d’hospitalité obligé pour chaque moine, mais par jour pour chacun une livre de pain, deux mets cuits, des fruits ou des légumes tendres, de la bière ou du vin. Prière à volonté bien sûr ! Aux 12ième et 13ième siècles, l’abbaye est florissante et la vie y est agréable.

2. HAYDN. Trio.

Premiers dommages : en 1570, un valet de ferme négligeant cause un incendie qui réduit en cendres tous les locaux abbatiaux. Le feu est si violent qu’on ne peut sauver ni reliques ni ornements. On attendait beaucoup de l’abbé René Hector de Mesgriny pour réparer les ruines de son monastère. On avait tort : l’abbé se saisit de l’argenterie du couvent et la revendit à d’autres religieux : la crosse, huit calices et chandeliers, trois encensoirs rapportèrent une coquette somme……que l’abbé René Hector s’empressa de mettre dans sa poche. Abbé voyou ! Finalement reconstruit en 1619, l’édifice fut à nouveau incendié par le prince de Condé pendant la guerre de Trente ans. Ce fut un épisode dramatique dans l’histoire de la petite cité. Les actes de barbarie s’exercèrent sur la population vivante et même les morts ne furent pas épargnés puisque les soudards du général Erlach déterrèrent le corps du prieur mort depuis six semaines pour s’emparer de sa robe et de ses bijoux. Après le départ du général et de ses cinq régiments d’infanterie et de cavalerie, flanqués de 1500 « servantes » et de 900 valets ce n’était que ruines et désolation : villages incendiés, moissons dévastées, mendiants affamés et malades, exactions de toutes sortes. Une situation pathétique !

3. GLINKA. Trio pathétique 2ème et 3ème mouvements.

Le prieur suivant laissa libre cours aux moines de faire à peu près ce qu’ils voulaient. Plus de règle, plus de clôture. Une sorte d’aimable anarchie. L’évêque de Laon intervint en 1618 pour mettre un peu d’ordre dans le libertinage et la pagaille généralisés. Cette même année 1618, naquit à Ribemont dans un hôtel particulier situé à l’emplacement actuel de l’ancienne mairie, Nicolas François Louis BLONDEL, qui allait devenir le grand architecte de Louis XIV. C’est à lui qu’on doit, entre autres la porte Saint Denis à Paris. Le deuxième grand homme de Ribemont est assurément Condorcet, né justement il y a 269 ans aujourd’hui dans le bel édifice de la rue qui porte son nom. Il est mis en pension au collège des Jésuites à Reims par sa pieuse mère. C’est le choc : il se souviendra toute sa vie des méthodes des bons pères : surveillance constante, incitation à la délation, châtiments corporels .Des centaines de pages de son œuvre lui permettront d’exprimer sa haine des prêtres. On imagine assez bien qu’il ne fut pas enclin à fréquenter l’abbaye de sa ville natale où d’ailleurs, il revint assez peu. Celle –ci avait été réformée en 1664 et depuis cette date et accueillait depuis des religieux de l’ordre de Saint Maur. L’abbaye vivait au 18ème siècle ses derniers beaux jours. Comme l’Ancien Régime. A la cour de Louis XVI, on s’amuse. Bals et concerts se succèdent. La jeune reine aime la musique. Le champenois François Devienne est un de ses compositeurs favoris.

4. DEVIENNE. Trio opus 61.

La révolution a éclaté. La loi du 2 novembre1789 déclare propriété de la nation tous les biens du clergé. Un décret de 1790 supprime les vœux monastiques, dissout les ordres et les congrégations. Il ne restait à cette époque que 5 moines. On fait l’inventaire des biens et on s’aperçoit que les charges excèdent les revenus. L’abbaye est cependant confisquée comme bien national. Le 15 août, fête de la Vierge, elle est revendue à des agioteurs dont l’un répond au nom de Cambronne (ça ne s’invente pas,Cambronne –Carré exactement !) et l’autre Meslier, qui se la partagent et la revendent. Le 5 fructidor1804, dame Marie Charlotte Henriette Pinault des Jaunaux de Thenelles épouse Marie Charles César de Fay de Latour-Maubourg, général de brigade, commandeur de la Légion d’honneur, personnage que nous allons retrouver bientôt et dont le fantôme hante peut-être ces murs. A Vienne, un petit garçon de 7 ans, apprend le violon avec son papa et le piano avec son frère aîné Ignaz. Lui, c’est Franz, c’est Franz Schubert, un des plus grands compositeurs romantique dont nous écoutons maintenant la Fantaisie à 4 mains.

5. SCHUBERT. Fantaisie.

Marie Charles César de Fay de Latour Maubourg est député de la noblesse aux Etats Généraux. Il est chaud partisan de la liberté et de l’égalité sans cesser d’être l’ami de l’ordre. En 1791, il jure fidélité à l’assemblée nationale qui le charge de ramener Louis XVI à Paris après l’épisode de Varennes en Argonne. Ami de La Fayette qui devient son général en chef, il sera proscrit avec celui-ci pour avoir protesté contre les exactions des révolutionnaires en juin1792. Les deux hommes désertent et sont arrêtés et emprisonnés au Luxembourg. Latour-Maubourg est livré au roi de Prusse, puis à l’archiduc d’Autriche. Il restera deux ans en prison. Quand Bonaparte signe avec l’Autriche le traité de Campo Formio, Latour- Maubourg est libéré. Il attendra le coup d’état du 18 Brumaire pour rentrer en France. Il s’y marie don , rachète l’abbaye et exécute des travaux importants pour la convertir en château.

6. BRAHMS. Trio pour cor, violon et piano.

Le comte de Latour-Maubourg devient une sorte d’administrateur militaire. Après la chute de l’Empire, il se rallie à Louis XVIII, ce qui ne l’empêche pas de rejoindre Napoléon pendant les Cent Jours. Quand l’empereur part pour Ste Hélène, Louis XVIII revenu sur le trône le prive d’abord de son grade de Pair de France, mais cette distinction lui sera redonnée quatre ans plus tard pour services rendus à la famille royale. On peut être surpris de ces volte-face mais à cette époque troublée, ce fut fréquent, en particulier chez les maréchaux d’Empire. L’un d’eux en mourra le 7 décembre 1815 au petit matin avenue de l’Observatoire à Paris. Un homme de haute taille aux yeux bleus et aux cheveux blonds, excellent cavalier, escrimeur de talent et joueur d’échecs émérite va payer de sa vie ses revirements. Le « Brave des Braves » a été de tous les combats napoléoniens. Il a risqué sa vie aux côtés de l’Empereur qu’il va pourtant trahir pour rallier Louis XVIII, lequel le nomme Pair de France. Pendant les Cent Jours, on charge donc le Brave des Braves, d’arrêter le fugitif de l’île d’Elbe. L’ancien maréchal marche sur l’empereur déchu et promet de le ramener dans une cage. Mais à Auxerre, l’émotion l’emporte devant la ferveur populaire dont est entouré Napoléon. Le maréchal étreint l’empereur. Celui-ci sera vaincu définitivement quelques mois plus tard. Le maréchal comparaît alors devant la chambre des Pairs qui le déclare coupable de trahison. 7 décembre 1815 : commandant lui-même le peloton d’exécution qui lui fait face, le condamné refuse qu’on lui bande les yeux et s’écrie « Soldats, droit au cœur !» Il était duc d’Elchingen, prince de la Moskova. C’était le maréchal Ney. Ce qu’on sait moins, c’est que sans avoir vraiment appris la musique, il aimait beaucoup la flûte et qu’il en jouait fort bien.

7. FAURE. Berceuse.

Parmi les Pairs de France qui votèrent la mort de Ney, on en trouve un qui avait pourtant été à ses côtés sur le champ de bataille de la Moskova. J’ai nommé Marie Victor Nicolas de Fay de Latour-Maubourg, frère du précédent et né en 1768. Encore un rude soldat. Il avait été mousquetaire de la Reine à quatorze ans et chargé de protéger la souveraine pendant les événements d’octobre 1789. Comme son frère dont il partagea l’exil, il se met au service du 1er Consul. Il sera de toutes les batailles : Austerlitz, Iéna , Friedland, Bautzen. A Wachau, un boulet lui emporte une cuisse. Son domestique sanglote à la vue de la blessure. « De quoi te plains-tu ? » s’exclame Marie Victor « Tu n’auras plus qu’une botte à cirer ! »En 1814, il est fait comte d’Empire. Avec une parfaite ingratitude, il renie Napoléon pendant les Cent Jours. Lui, il a choisi le bon camp. Il fera une brillante carrière d’ambassadeur à Londres puis de ministre de la guerre et de gouverneur des Invalides .Il s’exilera après la chute de Charles X et ne rentrera en France qu’après celle de Louis –Philippe. Il mourra en 1850 à 82 ans. La même année, meurt Isaac Offenbach. Son fils Jacques a 31 ans. Surmontant son chagrin, il compose. Il va devenir l’amuseur de la bourgeoisie parisienne du second empire. Pour l’instant, il est chef d’orchestre au Théâtre Français. Lui –même a commencé dans la fosse d’orchestre avec son violoncelle instrument dont il était virtuose et pour lequel il a composé un certain nombre de duos.

8. OFFENBACH. Duo pour violoncelles.

Pendant ce temps, en 1824, Madame de Latour-Maubourg a fait donation de l’abbaye à son fils Donatien. Celui-ci la vend en 1827 à Monsieur Lothe de Montceau. Celui-ci divise la propriété en plusieurs lots. Mais difficile de vendre un cloître ! Monsieur Loth fait abattre l’église et l’aile gauche du cloître. Lors de la démolition, on découvre dans un ancien mur trois niches distinctes dans lesquelles se trouvaient encore les squelettes assis de trois religieux, revêtus de leurs robes de laine. On approche la main de ces trois étranges apparitions, murées là depuis des temps immémoriaux : aussitôt elles tombent en poussière.

9. ROTA. Trio pour clarinette, violoncelle et piano.

Ce qui resta de la propriété fut acheté en 1832 et devint filature de laine. Un de ses propriétaires, Monsieur Bonjour, y établit une roue hydraulique. Il fit construire ce que vous avez vu en entrant à gauche, le Pavillon, ainsi que la grande bâtisse qui abritait la machine à vapeur de la filature. Jules et Gustave Bonjour ses deux frères et leur sœur Caroline continuèrent son œuvre jusqu’ en 1895. En 1908, l’abbaye fut vendue pour 50000francs à Monsieur Flinois, dont l’une des filles épousa un notaire : grâce à lui, les voûtes romanes furent refaites et le splendide parc fut mis en place avec sa grande pelouse en forme de palette de peintre dont les couleurs étaient figurées par des massifs de fleurs aux teintes différentes ; Après la guerre de 14 et ses destructions, on refit la toiture d’ardoise, les boiseries, l’escalier de marbre. L’abbaye fut vendue en 1956 à un vétérinaire Monsieur Mazuré. A nouveau, une multitude de pensionnaires fit résonner de ses chants les vénérables bâtiments. Pas d’offices en grégorien mais moins mélodieux le caquètement de 10000 poules ! les volatiles achevèrent de délabrer le bâtiment transformé en poulailler géant. Quatre ans plus tard, Monsieur de Roubaix prend possession des lieux Il y installe des machines et y vend des aliments pour le bétail et des produits phytosanitaires.

L’abbaye a retrouvé sa beauté et son âme à partir de 1964, grâce à nos hôtes d’aujourd’hui Monsieur et Madame BACRO que je salue ici.

« La cloche ne tinte plus qui appelait aux offices et s’allumait comme une étoile sonore sur la paix bénie de la campagne…Mais les parfums de rosée montent toujours de la terre picarde par les grandes fenêtres. L’âme embaumée des bruyères, des foins, des fleurs du potager, des ruisseaux, des bois endormis vit encore dans les jardins magnifiques que le promeneur ébloui a pu découvrir en cette belle journée du Patrimoine.

Il était une fois…non il sera une fois, dix fois cent fois ….saint Nicolas des Prés. Musique !

10. RIMSKY-KORSAKOV (Nicolas) Quintett pour vents et piano.

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