Saint Michel à Castres (27 septembre 2012)





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Saint Michel à Castres (27 septembre 2012)

« Voici vraiment un homme sans détours, un homme qui ne sait pas mentir. » (Evangile de la messe de saint Michel)

Chez nous cela s’appelle « avoir un cœur ». Pour dire simple : avoir la foi dans ce qu’on fait et de l’enthousiasme à revendre. Ou, si vous voulez l’entendre dans un langage plus cru, cela s’appelle « avoir des couilles ».
Il y a quelques jours certains d’entre vous ont été insultés : « Sales militaires ! Sales Français ! » Il y a quelques mois, trois parachutistes ont été sauvagement assassinés et un quatrième grièvement blessé.
A partir du moment où vous revêtez le treillis, vous représentez la France. Quand on vous permet d’être coiffé de béret rouge, vous représentez l’élite de l’armée française. Une fois les fourragères du 8ème RPIMa acquises, vous appartenez au grand « 8 ». Cela vous donne des droits et des privilèges.
Vous avez le droit d’être fiers et vous avez le privilège d’appartenir à la lignée de ceux qui ont donné leur vie à la France. Vous avez le droit d’être appelés parachutistes coloniaux et vous avez le privilège de vous nourrir de leur passé et de leur expérience au service de la France au delà de la mer. Vous avez le droit d’avoir comme saint patron Michel, l’archange du Ciel. Vous avez le privilège d’entendre le chant des oiseaux quand vous sautez. Vous avez le privilège de côtoyer les anges et les archanges dans le grand bleu du ciel.
Mais vous avez aussi des devoirs et des obligations. Quand on s’engage chez les paras, on sait ce qui nous attend : un monde merveilleux fait d’aventure, de passion, de franche camaraderie, mais aussi de disponibilité, de discipline, de condition physique au top, d’état d’esprit très particulier, propre à chaque régiment para. Quand on s’engage chez nous, on épouse la prière du para et tout ce qu’elle contient comme programme : l’insécurité et l’inquiétude, la tourmente et la bagarre, mais surtout le courage, la force et la foi, acquis, comme suggère la même prière, définitivement.
Et enfin : tous vos droits et privilèges, tous vos devoirs et obligations, c’est pour servir la France. La France qui est une terre chrétienne. Les vingt siècles de notre histoire l’ont voulue ainsi. Avec tous ses défauts d’un être vivant, la France croit en Dieu, elle chérit l’honneur, elle met la fidélité sur un piédestal, elle aime la famille, elle accueille, selon une vieille expression biblique, « la veuve, l’orphelin et l’immigré ». Elle est fière de sa culture et de sa civilisation, mais elle ne supporte pas cette décadence ambiante, ce déclin du courage, ce « sida mental » de ses élites politiciennes, intellectuelles et médiatiques.
C’est pour elle, pour cette France-là, que depuis des siècles, le soldat français répond « présent » et offre sa jeunesse, et sa vie s’il le faut. Depuis les premiers chevaliers jusqu’aux derniers soldats tombés en Afghanistan, sans oublier les deux grandes guerres, sans oublier l’Indochine, l’Algérie et le Tchad africain, le soldat meurt pour la France. Depuis le chevalier Bayard, dont la devise était « accipit ut det » (reçoit pour donner), jusqu’à l’adjudant Devez et ses sept autres camarades, dont la devise était « volontaire », le soldat français est de la race de ceux qui dans le sacrifice.
Il existe une certaine similitude entre l’esprit de l’Evangile et celui des Parachutistes d’Infanterie de Marine.
L’Evangile ne promet pas de succès faciles. Il ne garantit à personne une vie agréable. Il pose au contraire des exigences : pour trouver la vie, il faut la perdre ; pour naître, il faut mourir ; pour être sauvé, il faut prendre sa croix ! Ce paradoxe est la vérité centrale, le coeur même de l’Evangile. C’est un défi à la faiblesse humaine. Mais c’est justement dans ce défi que réside sa force, car l’homme a besoin de se dépasser.
« L’Arme de toutes les abnégations... », disait Maréchal Lyautey. Toujours prête à se dépasser, à donner toujours plus, à faire toujours mieux. Et les paras qui ont déjà connu l’enfer, qui ont donné sans compter en reculant les limites du courage. Hommes de fer que rien ne lasse, vous regardez la mort en face : à Bazeilles, à Bir-Alali, à Sarajevo, en Indochine, en Afghanistan, partout, sur tous les continents, loin de chez vous, en Afrique. C’est en Afrique, au cimetière d’Abéché, qu’un sergent de l’Infanterie Coloniale a gravé sur vos tombes : « Français ensevelis au delà des frontières, la terre a pris vos corps, mais votre âme est en nous, et ce sol qui retient vos cendres prisonnières, si vous l’avez conquis, nous le garderons pour vous » (Sgt Pierre BAYLE).
« L’Arme de toutes les abnégations... » et parachutistes toujours nomades et amoureux de la piste sauvage et belle. Dans la bataille ou la tempête... Mais aussi et surtout dans le vécu quotidien des missions ordinaires. C’est vrai qu’on vous appelle fortes têtes, c’est vrai aussi que vous avez mauvaise réputation ! Mais ce que les autres ignorent, c’est que du soldat au colon, vous avez une âme.
Cela veut dire que vous percevez dans votre paquetage une foi inébranlable qui vous permet de croire dans tout ce que vous faites.
Cela signifie aussi que vous avez horreur des apparences. Vous vous moquez de « qu’en dira-t-on ». La pression et l’excitation n’ont jamais été vos manières de vivre. C’est pour cela que rarement dans vos rangs fleurit cette espèce de militaires pour qui le bien et le mal ne s’apprécient qu’en termes de carrière et d’avancement. Avouez-le modestement : vous êtes des purs ! « Mais on s’en fou comme d’une musette, on n’est pas fier au bataillon ».
Vous, les Marsouins Parachutistes, mais également tous ceux qui vivent et respirent un même état d’esprit, la même poussière, la même sueur, la même prière... au nom de Dieu.


Père Richard KALKA

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