1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale»





télécharger 0.99 Mb.
titre1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale»
page4/18
date de publication01.11.2017
taille0.99 Mb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > comptabilité > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   18
partiel et instrumental et le trouble symptomatique global et apical. Ni le critère du langage, ni celui de la localisation anatomique ni celui du social ne parviennent à rendre compte de cette distinction. Faut-il alors dire avec J. de Ajuriaguerra qu’il n’y a pas à faire de distinction ? Au nom d’un principe à coup sûr métaphysique, le monisme, devons-nous rejeter ce qui apparaît dans les faits ? Au nom de Jackson (122)devons-nous renoncer à pénétrer dans la conception théorique du Jacksonisme et à l’exploiter ? Peut-être serais-je prêt à tous ces renoncements si je voyais clairement ce que j’y gagnerais en largeur d’hypothèse et de compréhension mais ce que m’offre J. de Ajuriaguerra me paraît à cet égard conduire directement à la confusion.

Quant à l’apparition du psychisme comme un « deus ex machina » je renvoie mon contradicteur à la lecture réfléchie de ma conférence du mois dernier.

 

Dr LACAN. – Je suis de l’avis de M. J. de Ajuriaguerra. Cependant le reproche qu’il fait à M. Ey à propos de la synthèse à tous les niveaux ne me paraît pas justifié. On a évidemment grand mal à assigner des limites à ce « progrès ». Si j’avais à prendre parti dans cette question du symptôme psychiatrique et neurologique je dirais qu’il y a trois 3 critères du symptômes psychiatrique : 1°) son dramatisme, son insertion dans le drame humain : une entorse au poignet chez un pianiste la veille d’un concert est psychiatrique ; 2°) sa signification, une grossesse nerveuse est psychiatrique ; 3°) sa valorisation ; une revendication injustifiée est psychiatrique.

 

Dr HENRI EY. – Ce n’est pas avec de tels critères que l’on résoudra la question. Quant à l’accord entre M. Lacan et M. J. de Ajuriaguerra j’attendrai pour m’en féliciter d’en être assuré, sachant tout ce qui les sépare.

 

Dr MALE. – Il est bien difficile de ne pas voir que le phénomène neurologique apparaît comme une réaction de la totalité.

 

Dr MINKOWSKI. – La notion, si élémentaire, d’atome est évidemment insoutenable en psychologie et en biologie.

 

Dr HENRI EY. – Voilà pourquoi pour moi le phénomène neurologique n’est pas un atome, mécanique et inerte, mais un fragment désintégré de l’activité fonctionnelle impliquée et intégrée dans nos opérations supérieures. À ce titre la Neurologie se prête davantage que la Psychiatrie à être « mécanisée ».

 

Dr J. de AJURIAGUERRA. – Ce n’est pas mon avis…

 

1947 LACAN Gaston Ferdière comptines et formulettes

Intervention sur l’exposé du Dr Gaston Ferdière « Intérêt psychologique et psychopathologique des comptines et formulettes de l’enfance » en mai 1946, Groupe de l’Évolution Psychiatrique, paru dans l’Évolution Psychiatrique, 1947, fascicule III, pp. 61-63.

Évolution Psychiatrique - AEJCPP

aejcpp.free.fr/lacan/1946-05-00.htm

(61)Discussion :

 

DR NACHT – M. Ferdière a rappelé que pour Jung, la richesse de la vie inconsciente, se traduit dans ses fantasmes. Mais en réalité, Freud l’avait déjà montré dans tous ses travaux. – Il est particulièrement frappant d’observer combien ces formulettes sont riches en expressions sadiques et agressives. On y saisit à quel point, l’enfant placé sous le signe de la mentalité primitive, vit tout le processus de la pensée propitiatoire, et la mentalité de l’obsédé qui use si fréquemment de formules rituelles, nous apparaît comme une régression vers la pensée infantile. Le « mot-valise » est également caractéristique de cette pensée ; on le voit contenir tous ses sens à la fois (usages, objets, personnages).

[…]

DR LACAN – Quant au débat qui vient de s’instituer, il m’apparaît (62)qu’il y a une originalité propre de la création infantile des fantasmes et même s’il n’y a pas de clan, on peut retrouver une formation folklorique. Pour ce qui est de l’exemple du grand-père et de la cheminée, il y a un rappel très saisissant des rites funéraires, qui ne peut se situer simplement sur le plan de l’agressivité. – Je me demande jusqu’à quel point se peuvent lier l’humour et les comptines. Celles-ci paraissent ressortir à un mode de production, dans lequel l’humour se trouve fort peu engagé. Si Lewis Caroll a fait l’usage que l’on connaît du « mot-valise », cela ne veut en rien signifier que l’emploi de ce procédé soit typiquement humoristique. L’humour est une forme d’esprit très élevée, qui se manifeste typiquement chez l’adulte ; l’humour de Kierkegaard ou de Jarry n’apparaît pas chez l’enfant. Rien moins qu’humoristique a pu m’apparaître chez un débile ce qui n’a été humour que chez moi. Venu me consulter pour des difficultés sexuelles aisément améliorées par quelques efforts psychothérapiques, il me racontait qu’ayant rencontré dans un train une femme, et lui ayant donné rendez-vous, celle-ci ne vint pas : c’était déclara-t-il « une femme de non-recevoir ».

 

[…]

 

DR FERDIÈRE – […] MLacan a été frappé par la comptine évoquant les rites funéraires (je l’étudie tout spécialement dans mon travail sur la mort dans les comptines). Je lui signale dans les formulettes le rôle joué par le loup, ancienne divinité chthonienne. Quant à son opinion sur l’humour, je m’étonne de la trouver si éloignée de l’orthodoxie freudienne.

 

1948 LACAN CUEL démences préséniles

Intervention sur l’exposé de J. R. Cuel : « Place nosographique de certaines démences préséniles (types Pick et Alzheimer) ». Groupe de l’Évolution Psychiatrique paru dans l’Évolution Psychiatrique, 1948, fascicule II, p. 72.

1948-06-25 :      

Exposé de J. R. CUEL […]

 

Discussion :

[…] (72)[…]

 

M. LACAN – Je m’associe aux compliments faits à Cuel. Je ne lui ferai qu’un reproche qui n’en est pas vraiment un à propos de la phrase de Morel qu’il a citée. En effet après nous avoir brillamment démontré que l’ensemble du groupe des démences séniles n’était pas tellement bien dégagé, il en est revenu par fidélité au terme de sénile à faire le pont entre la sénescence et la notion de démence sénile.

Par tout ce qui se rapporte à la psychologie de la sénilité, on s’aperçoit une fois de plus qu’on a recours, faute de concepts valables en psychologie, à des notions sommaires et désuètes. La notion de déficience intellectuelle fait partie de ces notions sommaires. L’intérêt de l’intervention de Mr Minkowski réside dans ce qu’il a dit sur l’existence d’éléments positifs dans le vieillissement. Mais il n’y a pas à envisager de dévalorisation ou de valorisation de la vieillesse. Elle est ce qu’elle est. D’ailleurs je ne crois pas exacte la description de la vieillesse comme le fait de parvenir à un âge auquel on soit en dehors des passions de l’amour, etc. Ce fait ne paraît pas excessivement sûr. Ceux qui vivent avec des vieillards s’aperçoivent que les drames sentimentaux sont nombreux et fréquents parmi eux.

Un autre point soulevé par Ajuriaguerra tout à l’heure me parait important, c’est le fait que le vieillard a sa vie derrière lui. Il vieillit avec une évolution psychique qui à été réalisée mais poussée plus ou moins loin. Le degré de réalisation qui a été acquis pèse certainement sur sa vieillesse.

Enfin je ferai allusion au livre d’Oswald, intitulé Les Grands Hommes c’est un livre très fécond et très riche. L’auteur est un chimiste allemand devenu penseur à la fin de sa vie et qui fit des recherches de grande ampleur sur l’Homme, ce qui montre que la spécialisation n’est pas un obstacle à des vues très larges. Il se place à un curieux point de vue énergétiste, qu’il applique à la carrière des créateurs. Il insiste sur la notion de rendement créateur dans l’ordre intellectuel, sur la valeur propre de celui qui apporte quelque chose de nouveau et sur son « poids » sur le plan de je ne sais quelle énergie, de telle sorte qu’il y aurait après sa production considérée comme une « ponte » un appauvrissement. Une de ses thèses est qu’au delà de trente à trente cinq 35 ans un individu n’a plus d’idées neuves et fécondes. Ceux qui plus tard exposent des idées nouvelles ne font qu’exploiter celles qu’ils avaient eues auparavant. Il en résulte qu’il faudrait un rajeunissement des cadres universitaires surtout en ce qui concerne la recherche. La notion un peu confuse de fatigue à laquelle cet auteur a recours ne peut être prise en considération sur le plan de la neurologie mais reste valable sur le plan de la production.

Un autre point a été envisagé ce soir, celui de la représentativité du vieillard et de sa fonction dans un groupe social, ce qui ne nécessite nullement que, même lorsqu’on fait une idole, il ait conservé son intégrité intellectuelle.

 

[…]

 

1948 LACAN Pasche 01 biographies de tuberculeux pulmonaires 

1948-02-17 :       « Cent cinquante biographies de tuberculeux pulmonaires » paru dans l’Évolution Psychiatrique, 1951, fascicule IV, page 554-556.

(554)M. LACAN. – En ouvrant la discussion, je tiens à souligner l’intérêt des recherches de M. Pasche. J’apprécie, dans la partie théorique de l’entretien, l’attention portée aux mécanismes relationnels simples, relevés chez les malades (et qui les opposent de ce chef aux névrosés où l’analyse permet d’observer des mécanismes de défense plus compliqués). L’analyse des névroses fait apercevoir l’entité « Moi », mais l’analyse des tuberculeux pulmonaires de M. Pasche fait apparaître des conflits, des frustrations puisant « actuellement » dans le milieu extérieur, et cela correspond bien à mon opinion.

Didactiquement parlant, il résulte de ces faits, pour le psychiatre, l’impression d’un flou, d’un éparpillement, d’une non-constitution du Moi. D’où, en conséquence, la nécessité d’une étude massive, de grosses statistiques.

La référence comparative à la méthodologie psychanalytique chez ces malades qui ne sont pas psychanalysés, est pour nous inévitable dans la poursuite de cette étude. Elle est singulièrement difficile pourtant, eu égard à ce qui a été dit plus haut. Que l’on se rappelle simplement que dans l’analyse des névroses, les pulsions du Ça ne peuvent être perçues et étudiées qu’à travers le Moi.

 

M. MINKOWSKI. […]

 

(556)M. LACAN.– Je trouve que M. Pasche a bien fait, dans son enquête sur le déterminisme de la localisation respiratoire, d’avoir attribué de l’importance à la fonction expressive de l’organe respiratoire, telle qu’illustrée par exemple dans le cri ; s’adressant à M. Minkowski, il dit ne pas voir ce que la phénoménologie peut apporter sur cet exemple précis de plus que le conférencier.

 

1948 LACAN PASCHE 02 délinquance névrotique

1948-02-17 :    « La délinquance névrotique ». Parue dans la Revue Française de Psychanalyse, avril-juin 1949, tome XIII, n° 2, p. 315.

 

Réunion du 17 février : Dr F. PASCHE : « La délinquance névrotique ».

 

Cette exposition de quelques cas cliniques où l’auteur a reconnu des caractères communs, fait penser au Prof. Lagache que la distinction entre le délinquant « normal » et le délinquant névrotique n’est pas facile à faire, que la présence ou l’absence de préméditation n’est pas un critère valable, que si Alexander et Staub ont insisté sur l’autopunition, l’accord n’est pas fait sur sa généralité. Pour le Dr Lebovici, la notion de délinquance appelle les notions de justice et du passage à l’acte.

 

Le Dr Lacan est également d’avis de centrer l’intérêt sur le passage à l’acte comme aussi le Dr Male qui voudrait qu’il y eût davantage d’études psychanalytiques des conflits chez les délinquants afin d’être mieux éclairés sur cette question difficile de la différenciation du délit « normal » et du délit névrotique qui, pour le Dr Laforgue, constituent les extrêmes de toute une gamme d’états intermédiaires. M. PASCHE – Je remercie tous ceux qui ont bien voulu prendre la parole et dois dire d’emblée que je suis en somme d’accord avec eux. La conception même que je fais de la tuberculose pulmonaire rend nécessaire l’examen d’un bien plus grand nombre de cas et une étude comparative qui reste à faire. En particulier je suis d’autant plus sensible aux remarques de M. Lacan que je me suis fait les mêmes critiques qui, d’ailleurs, m’ont fait hésiter à vous présenter si prématurément ce travail. […]

1948 LACAN SHENTOUB socio-analyse 

« Remarques méthodologiques sur la socio-analyse », Société Psychanalytique de Paris, réunion du 14 décembre 1948, paru dans la Revue Française de Psychanalyse, avril – juin 1949, tome XIII, n° 2, p. 319.

 1948-12-14 :      Intervention sur l’exposé de S.A. Shentoub : « Remarques méthodologiques sur la socio-analyse » (1 p.)

Exposé de M. SHENTOUB […]

 

Discussion :

 

Ouvrant la discussion le Dr Charles Odier de Lausanne, que nous avions le plaisir de revoir parmi nous ce soir-là, pense qu’il y a toujours une antinomie entre l’individuel et le social et que toute la sociologie d’Engels et de Marx est basée sur la négation de l’individu. Il regrette que le conférencier n’ait pas semblé avoir vu, à propos de l’antisémitisme, que celui-ci permettait de diriger l’agressivité sur les Juifs afin qu’elle soit détournée de sa propre famille.

 

Le Dr Lacan est d’accord sur tous les points de vue de l’exposé. Ce que la psychanalyse peut apporter à la sociologie, dit-il, c’est un appareil convenable pour attaquer le sujet (« je ne dis jamais l’individu ») sur le plan de l’expérience subjective.

 

Le Dr Hesnard nous a transmis le texte suivant de son intervention « La seule remarque que je puis me permettre de faire concernant cet excellent exposé dont j’approuve sans réserve les idées directrices, consistera à regretter que M. Schentoub n’ait pas disposé d’un temps suffisant pour traiter plus à fond les problèmes nombreux et considérables qui viennent d’être évoqués – dont le premier (les racines culturelles de l’antisémitisme) demanderait à lui seul de longs développements.

Il serait souhaitable que leur étude soit entreprise dans une collaboration plus effective entre sociologues et psychanalystes. Les vastes groupes sociaux du monde présent donnent naissance à de puissantes personnalités collectives, plus complexes que les personnalités de groupe restreint appelées par Freud « les grands individus » ; et il semble que, davantage encore que les masses identifiées à un chef – dont l’irrationnel a été étudié par la psychanalyse sous l’angle du schisme Moi et Surmoi – ils présentent un comportement régressif spécial de signification primordialement éthique : Culpabilité renforcée par ce fait qu’une portion de l’univers se sent techniquement capable de détruire l’autre, et accusation d’un bloc par l’autre selon une projection de cette culpabilité ; processus inconscient justifié par d’énormes mystifications idéologiques, bien plus subtilement rationalisantes que les anciennes motivations religieuses ou raciales. […]
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   18

similaire:

1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale» iconMembre du laboratoire de psychopathologie psychanalytique de Rennes II
«Le rationalisme morbide dans l’Histoire : à propos d’un cas paradigmatique (Gaston l’utopiste ou E. Minkowski avec G. Orwell» in...

1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale» iconAu cours de l’histoire, les signes cliniques recherchés ont évolué...

1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale» iconDoc 1 p 64 : Graphique en barres et de courbes sur la crise économique en France (1929-1935)

1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale» iconComprendre l’expression «les Trente Glorieuses»
«les trois glorieuses» de 1830 qui, comme la plupart des révolutions, ou bien substituent un despotisme à un autre, ou bien, et ce...

1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale» iconDiapo «Proportion des mdr-tb parmi les nouveaux cas de tuberculose, en 2008»
«Évolution du nombre de cas de tuberculose maladie déclarés en France, 1993-2007»

1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale» iconMailto: julie kerespars8457@Gmail. Com
«projet parental» sans parents. Vous ajoutez la loi de la concurrence entre cliniques, les forfaits et formules, et vous avez des...

1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale» iconLa perception des risques du nationalisme anti-impérial par les dirigeants...
«club» d’hommes d’affaires, celui du patronat impérial ou ultramarin, dont les contours commencent à être mieux connus grâce à des...

1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale» iconProgramme des 16 semaines : fiche d’évaluation des activités réalisées...
«malbouffe», boulimie et anorexie…mais liées par une même valeur : la culture «à la française» dans sa dimension commensale

1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale» iconRÉsumé Notre étude constitue un volet, ciblant les nouvelles mères,...

1935-06-18 «À propos de trois cas cliniques d’anorexie mentale» iconInformation de presse
«apprentis» ont intégré l’école des mines d’Alès à la rentrée 2015 dans les trois cursus, qui leur permettront de devenir ingénieurs...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com