1 La théorie de la communauté





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1. Communauté
« C'est l'accord silencieux et spontané de plusieurs consciences qui sentent et pensent de même, qui sont ouvertes les unes aux autres, qui éprouvent en commun toutes leurs impressions, leurs joies comme leurs douleurs, qui, en un mot, vibrent à l'unisson. »1
Le sens de communauté peut être considéré une caractéristique et une formation naturelles chez les animaux et les hommes. Les premières conclusions quant à l’idée de communauté remontent à nous origines. Des peintures de l’ère glaciaire, datées d’environ 10.000 et 30.000 ans avant notre ère2, montraient déjà des expressions de vie en communauté.

L’homme naît en communauté, ses premières références se forment de ces liens de communion. Postérieurement, sa constitution se fera à partir d’autres rapports communautaires, qu’ils soient des rapports de courtes durées, mais de grande importance dans sa formation comme individu, ou des rapports communautaires solides et durables. Comme c’est le cas de l’amitié ou généralement, du mariage. Ce sont ces rapports, quand construits et basés sur des liens éphémères ou métaphysiques, créent des relations, forment les communautés et transforment l’homme.

Dans l’Antiquité, notamment chez Aristote, des écrits abordaient la vie en communauté comme partie de la nature humaine. Le terme, communauté, était présent pour désigner l’ensemble de la cité (comme une communauté de familles).

« Mais l’État, c’est la communauté du bien vivre et pour les familles et pour les groupements de familles, en vue d’une vie parfaite et qui se suffise à elle-même. »3.

Nous avons cette nature de vie en communauté. D’être, à la recherche ou de simplement se sentir bien avec ceux qui partagent des mêmes idées ou d’intérêts communs. C’est une caractéristique chez les hommes et ça fait partie de notre constitution.
Le premier auteur à parler de communauté comme une théorie de rapports sociaux sera le sociologue, Ferdinand Tõnnies. L’auteur propose également une différenciation entre la Communauté et la Société. Son étude part d’une perspective qui marque un passage de la société traditionnelle, ou la communauté, à la société moderne.

1.1. La théorie de la communauté



Le sociologue allemand Ferdinand Tönnies c’est l’auteur qui propose une première idée de différenciation entre Communauté et Société. En 1887 l’auteur lance un livre sur ce sujet, intitulé « Communauté et Société ». L’ouvrage a connu peu de succès et passera par trente ans de rejections pour que seulement en 1912, il soit relancé et il obtiendra alors, sa reconnaissance.

Le livre de Ferdinand Tönnies devient une oeuvre fondamentale pour la sociologie et le sociologue, une importante influence dans le milieu scientifique de toute une génération de sociologues allemands. Dans les années vingt, l’auteur deviendra membre de la Société Allemande de Sociologie et postérieurement, président de cette même Société.

Tönnies conçoit une théorie dont in peut dégager deux concepts de formes fondamentales de l’union humaine. En allemand, le Gemeinschaft – la communauté – et le Gesellschaft – la société –. L’auteur utilise les deux termes pour marquer une distinction de l’organisation sociale.

La Gemeinschaft ou la communauté est déterminée par la société traditionnelle. Elle se définie par des relations étroites, comme la famille ou « communauté de sang »4, aussi comme le voisinage, le milieu rural et les villages. Ce sont les cas des groupes de personnes dont leurs rapports gèrent des valeurs qui dirigent l’action sociale pour la collectivité.

« …une vie réelle et organique, c’est alors l’essence de la communauté, soit comme une représentation virtuelle et mécanique, c’est alors le concept de la société. »5

La Gesellschaft pour Tönnies, c’est la société. Compris par la société moderne, industrielle, marquée par un individu isolé et en manque d’identité. Les relations d’échange dans la communauté donnent place à des relations commerciales dans la société et le contact humain est remplacé par le contrat en papier. Selon Tönnies ;
« Tout ce qui est confiant, intime, vivant exclusivement ensemble est compris comme la vie en communauté (c’est ainsi que nous le croyons). La société est ce qui est public ; elle est le monde ; on se trouve au contraire en communauté avec les siens depuis la naissance, lié à eux dans le bien comme dans le mal. On entre dans la société comme en terre étrangère »6
L’auteur entend par communauté les groupes sociaux liés par des liens affectifs et non pas par des liens impersonnels. Autrement dit, ce sont les groupes qui habitent dans un même territoire où la proximité physique crée des contacts plus significatifs et des sentiments de collectivité et solidarité. Ou bien, des groupes qui ont des intérêts communs ou des mêmes caractéristiques culturales, ethniques, religieuses (communauté de sang, de lieu, d’esprit ; parenté, voisinage, amitié7). À l’opposé, dans la société, les hommes vivent ensembles, mais pas nécessairement en collectivité. La seule liaison entre eux ce sont les finalités intentionnelles et d’action.

« Communauté est vieux, société est nouveau comme chose et comme nom.»8

1.1.1. Volonté organique et volonté réfléchie



La volonté humaine selon Ferdinand Tönnies a deux sens différents, le premier c’est la volonté organique et le deuxième, la volonté réfléchie. « La volonté organique c’est l’équivalent psychologique du corps humain, ou le principe de l’unité de la vie (…) La volonté réfléchie est un produit de la pensée elle-même, à laquelle donc ne revient une réalité propre que par rapport à sa cause… »9

D’après l’auteur, la volonté organique est naturelle et fondamentale chez les hommes, présente et significative depuis l’enfance et croissante avec l’âge. Elle transforme et agit sur l’homme à travers de l’ensemble des « dispositions paternelles et maternelles » et par les « particularités des circonstances ambiantes »10. Tönnies aborde l’importance d’analyser les précédents chez un individu pour mieux comprendre ses volontés.

La volonté organique est composée de trois natures différentes ; la volonté végétative, la volonté animale et la volonté mentale. Les trois natures constituent la volonté organique et sont unies dans celle de l’homme.

La volonté végétative c’est le sentiment, le plaisir ; elle est conditionnée par les excitations reçues. La volonté animale c’est l’action naturelle, le mouvement extérieur, les extériorisations significatives et habituelles.11 Et pour fin la volonté mentale c’est la communication, la parole, la mémoire et la pensée.

Le plaisir est la première unité de la nature humaine, dont les attributs de volonté de vivre, de se nourrir et de reproduction y font partie. « Le plaisir est donc le complexe des tendances organiques, dans la mesure où elles pénètrent et dominent entièrement la vie et l’activité »12, dit l’auteur. Il est considéré comme premier sentiment car c’est le responsable pour toute disposition d’acceptation ou répulsion. Les organes des sens reçoivent les expressions venant de l’extérieur et une fois conditionnés, détermineront les mouvements venant de l’intérieur. Ils ont cette fonction de jugement entre le bon et le mauvais, ce que convient ou non à son plaisir13, pour ensuite pouvoir déterminer l’action du corps.

« L’habitude, la substance de l’esprit, » est la forme animale de la volonté organique.14 Les expériences vécues génèrent des exercices, qui quand devenus une habitude, se transforment en plaisir. L’expérience est la deuxième unité de la nature humaine, conséquente du besoin ou de la volonté. L’exercice est fait d’une série de perceptions dans une même action qu’une fois réussie, apporte croissance et développement. « D’innombrables petites actions se groupent en vue d’un tel résultat »15 Ce que dans un premier temps provoque douleur et difficulté, devient supportable et après, confortable et même agréable. L’expérience contraire peut aussi se produire, comme c’est le cas de l’excès de l’exercice, que peut finir par une mauvaise expérience.

L’homme est formé de ces exercices réussis ou ratés. La nature humaine en a besoin, puisque l’organe et la force une fois inexercés, s’atrophient16. Nous sommes faits de nos exercices qui nous donnent de l’expérience et forment nous habitudes. Et ce sont ces habitudes, ce que l’on connaît, qui attribuera ce que l’on veut et ce que l’on désire.17

La troisième et dernière unité de la nature humaine est la mémoire. Considérée comme le principe de la vie mentale, la mémoire est l’association d’idées tenues par des habitudes. Elle est l’évolution de cette deuxième unité ; «L’habitude et la mémoire se comportent de la même manière : le dernier concept se dégage du premier, et tend simultanément, comme un potentiel toujours plus fort, à retomber dans celui-ci. »18 Car elle repose sur l’assimilation des impressions et puis, sur la reproduction des mêmes. L’information est absorbée et dans l’intention qu’elle soit retenue, c’est à travers la répétition ou de l’exercice qu’elle deviendra enfin, mémoire.

En revanche, pour que l’impression soit aperçue, elle doit être intéressé et approuvé par l’individu, ainsi, « connaître le juste et le bien pour les aimer et les pratiquer »19. Donc, la mémoire est aussi assimilée à la première unité, le plaisir, selon l’auteur, c’est le plaisir mental. Le plaisir est celui qui détermine quelle est l’information attirante et importante à retenir.

L’information une fois aperçue, approuvé et à force de l’exercice, conçue et conservée dans la pensée, sera, naturellement, exprimée. La communication est la dernière et activité fondamentale pour la mémoire. « L’expression générale de la vie mentale est la parole »20. La parole, comprise comme première catégorie de la communication, est la voie d’expression de la pensée.
« Donc comme toute l’intelligence se comporte vis-à-vis de l’habitude, la sensibilité vis-à-vis du plaisir, ainsi se comporte également la raison, en tant que faculté de la langue, de la pensée et de l’action réfléchie, vis-à-vis de la mémoire »
Après avoir compris la volonté organique et ses concepts, c’est le moment d’aborder son opposé, la volonté réfléchie. Il est important de comprendre la première volonté pour pouvoir en parler de la deuxième. La volonté organique a été comprise comme étant une unité du corps humain, la volonté réfléchie sera entendue comme un produit de la pensée humaine. L’auteur a parlé de la volonté organique comme étant l’élément et le principe de base et d’action naturel chez l’homme, pour aborder la volonté réfléchie il faut la comprendre comme l’élément contraire, comme l’action consciente chez l’homme.

La volonté réfléchie est un processus mental de hiérarchisation de la pensée. C’est l’orientation des pensées vers une pensée potentielle, supérieure ; l’association des pensées vers un but. « Au but unique se subordonnent donc beaucoup de buts ; en d’autres termes : beaucoup de pensées finales s’unissent relativement à un seul but commun, qu’il leur semble utile d’attendre, qui donc leur apparaît comme un moyen »21.

Les pensées s’unissent dans une pensée plus importante et celle-ci va conduire ce groupe de pensées vers un but le plus élevé. « La pensée cependant s’érige en maître »22. Cette pensée supérieure génère une action consciente et précise, qui conduira les impulsions de la volonté organique, c’est-à-dire, les actions naturelles humaines. « Les formes de la volonté réfléchie – qui renferment les éléments de la volonté organique – doivent être comprises ici comme des systèmes de pensées, des intentions, des buts et de moyens… »23.

Les actions humaines de la volonté réfléchie seront composées par des actions intentionnelles, calculées, aspirantes et donc des actions d’ambition et d’intentions personnelles. La volonté de l’individu est celle du besoin de faire tout ce que peut lui apporter quelque chose. L’aspiration cause le désir, ce que la volonté a choisi, ses intentions se produiront à travers des mouvements très calculés pour qu’il ait enfin son objet désiré, sont chemin conclu, son objectif accompli.

La volonté réfléchie est cette pensée consciente et le sentiment de pouvoir et contrôle des actions chez l’individu. C’est la connaissance de soi-même. Où il n’y a pas la place pour des sentiments de puissances propres ou étrangères24, des sentiments non prévus ou d’origine méconnue. C’est le sentiment de confiance en premier plan et la capacité de tout gérer dans ces actions.

Ainsi pour mieux comprendre, l’expression de la volonté réfléchie est le contrôle de toute action naturelle, ou des formes de la volonté organique. Et c’est pour cette raison, que volonté réfléchie et volonté organique font tellement l’opposé dans leurs définitions.

Ferdinand Tönnies trace ces deux parallèles de deux volontés distinctes pour mieux expliquer la différence entre communauté (volonté organique) et société (volonté réfléchie). La communauté se fait comprendre alors, par un principe naturel chez l’homme à la place que, dans la société, l’homme remplace ces actions et son désir naturel et d’origine, par des actions conscientes, prévues et calculées. Le naturel donne place au conçu.

Donc la famille, la vie à la campagne ou dans les petits villages, les groupes des amis -  ces relations d’échange et de partage - donnent place à l’individualité dans le monde moderne, où le seul partage entre individus est fait par intérêt. Dans la vie en société toute capacité communautaire se perd, l’individu n’est plus connecté à son origine comme membre et personne, les liens entre les gens sont remplacés par le contact impersonnel et les coutumes, remplacés par les conventions.

Nous remarquions au long du livre de Ferdinand Tönnies que l’auteur a un certain sentiment d’appréhension par rapport au développement rapide des grands centres urbains et de cette perte des relations proches et de communauté. Il est important considérer que ses idées datent de la fin du dix-neufième siècle et qu’à l’époque, ils avaient d’autres réflexions sur l’ordre et les rapports sociaux. Dans un moment ultérieur nous traiterons la Communauté et la Société dans l’actualité. Cependant les réflexions de Ferdinand Tönnies sont tout aussi importantes dans ce premier moment, pour pouvoir comprendre les bases de la théorie de la communauté. Ces définitions se montrent aussi essentielles pour que nous puissions commencer à tracer un concept de Communauté pour pouvoir parler de la Communauté Virtuel.
« La théorie de la communauté se déduit, d’après les déterminations de l’unité complète des volontés humaines, d’un état primitif et naturel, qui, malgré une séparation empirique et se conservant à travers celle-ci, se caractérise diversement suivant la nature des rapports nécessaires et donnés entre les différents individus dépendant les uns des autres. La source commune de ces rapports est la vie végétative qui commence à la naissance. »25


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