Catholicisme, Christ, dialogue, Dieu, Eglise, Esprit, Evangile, exclusion, foi, fraternité, Grâce, homosexualité, mal, mission, morale, mystique, personne





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Mots-clés : catholicisme, Christ, dialogue, Dieu, Eglise, Esprit, Evangile, exclusion, foi, fraternité, Grâce, homosexualité, mal, mission, morale, mystique, personne, quotidien, rencontre, renouvellement, Royaume, sexualité, survie


Extraits de
Survie ou métamorphose ?

L'avenir du catholicisme en France (2015, 144 p.)
Monseigneur Claude DAGENS

de l'Académie Française
Entretien avec Benoît GUILLOU


Le catholicisme serait-il la religion du passé ?

Nous, catholiques de France, « nous tenons à être reconnus non seulement comme des héritiers, solidaires d'une histoire nationale et religieuse, mais aussi comme des citoyens, qui prennent part à la vie actuelle de la société française, qui en respectent la laïcité constitutive et qui désirent y manifester la vitalité de leur foi », affirmations inscrites dans la Lettre des évêques aux catholiques de France en 1996.

Nous nous efforçons d'être présents aux autres, en renonçant à défendre des « causes catholiques » dans une France pluraliste. Autrement dit, nous ne cherchons pas à pratiquer un « communautarisme catholique », parce que cela ne fait pas partie de notre tradition, où il y a toujours eu le vif souci de distinguer « ce qui appartient à Dieu et ce qui appartient à César ». C'est la raison pour laquelle j'ai exprimé mes critiques, quand j'ai constaté que les manifestations opposées à la loi instaurant le « mariage pour tous » devenaient excessives et, surtout, donnaient à des catholiques l'illusion de reconquérir un pouvoir politique.

Le souhait qui me tient à cœur et que je crois raisonnable est que le catholicisme du XXIème siècle, en France, devienne de plus en plus un catholicisme mystique, et de moins en moins un catholicisme politique au sens d'un mouvement religieux qui tenterait soit de s'imposer à la société, soit – ce qui serait tout aussi dangereux – de s'y manifester comme le parti de la résistance à l'état laïque. Et quand je dis « catholicisme mystique » je comprends la mystique à la manière de Madeleine Delbrêl, cette femme qui a vécu durant plus de trente ans dans la banlieue ouvrière et communiste de Paris, à Ivry, à l'époque de la guerre froide, en souffrant de toutes les fermetures d'une « Eglise encasernée » et en apprenant à parler à Dieu de tous ses amis, et spécialement de ses amis communistes, avant de leur parler de Dieu. En sa conscience et en son intelligence a germé un unique projet, qu'elle exprimait ainsi : « La conquête du monde ne nous intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est qu'un Dieu aimé par nous et qui aime chaque homme le premier, chaque homme puisse, comme nous, le rencontrer ».

Telle est cette mystique du quotidien, qui passe à travers chaque rencontre humaine et qui a pour horizon permanent la vérité et l'Amour insondable du Dieu vivant.

Cette relation immédiate à la transcendance de Dieu est inséparable d'une ouverture ordinaire à chaque «  prochain » et il est évident qu'une telle mystique ne se manifeste pas à travers des illuminations extraordinaires, mais à travers la pratique tenace d'une participation personnelle à la Passion du Christ. Viennent les incompréhensions, les souffrances, les échecs, les blessures visibles et invisibles, rien ne pourra « nous séparer de l'Amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Sauveur » (Rm 8, 32).
Ce qui a suscité cette passion mystique chez Madeleine Delbrêl, c'est le caractère radical de l'athéisme marxiste, qui ne fait pas la guerre à Dieu, mais qui déclare son inexistence.

Que Madeleine Delbrêl, qui a vécu si intensément sa passion pour Dieu au milieu de tous, de ceux qui croient et de ceux qui ont renoncé à croire, de ceux qui espèrent et de ceux qui désespèrent ! Et que nous y encouragent ceux qui se battent pour ne pas désespérer et pour vivre !

Le catholicisme politique recherche des résultats immédiats et de préférence des succès et même des victoires nouvelles remportées sur les adversaires qu'il combat. Sa conception du monde et de l'histoire est le plus souvent dualiste : la désignation du Mal des mauvais lui permet de déployer ses propres énergies en se mettant du côté de Bien, souvent identifié au parti de l'ordre.

Il s'agit d'inscrire la force de l'Evangile à l'intérieur de la société. Comme l'a fait Madeleine Delbrêl, il s'agit avant tout de vivre de Dieu au milieu des hommes, en aimant le monde tel qu'il est, mais en ayant la liberté de discerner ce qui, en lui, fait obstacle à Dieu, à sa vérité et à sa miséricorde.

Le catholicisme mystique implique donc aussi un combat, mais ce combat n'a pas recours aux armes du monde, car il est une participation au combat de Jésus-Christ qui, Lui, n'est pas venu pour condamner le monde, mais pour « chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19, 10).

Le Pape François dans « Evangelii gaudium » n°205 dit : « Je suis convaincu qu'à partir d'une ouverture à la transcendance pourrait naître une nouvelle mentalité politique et économique qui aiderait à dépasser la dichotomie absolue entre économie et bien commun social ». Cette ouverture est un acte d'espérance et la mystique chrétienne implique une conviction fondamentale : Dieu agit en ce monde et il agit non pas pour faire immédiatement le tri entre les bons et les méchants, mais pour que germe ce Royaume « où il y aura plus de mort » et « où il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien a disparu » (Apocalypse 21, 4).

La mystique chrétienne est réaliste : elle ne rêve pas d'un achèvement du monde en ce monde, elle nous apprend à lutter pour ce que nous ne voyons pas encore. Telle est la grande métamorphose à laquelle nous participons déjà.
Les Catholiques au milieu de la tempête

Essayons de lire aussi paisiblement que possible ces signes des temps qui ont constitué de 2012 à 2013 et au-delà, ces réactions et ces manifestations publiques contre le « mariage pour tous ».

Les personnes qui ont manifesté et qui ont entre 20 et 40 ans éprouvent de la difficulté à être reconnues comme chrétiennes et catholiques, dans une société qui n'est plus chrétienne et pour laquelle la tradition catholique est, soit mise à l'écart, soit discréditée. Un certain nombre de ces personnes ont estimé qu'il fallait manifester cette identité catholique sur la place publique.

J'ai publié alors un article dans la Croix où j'y critiquais les motivations de la loi Taubira. Quelques mois après j'ai manifesté ma perplexité, voire mon inquiétude, au sujet de l'excès des manifestations, qui risquait de réveiller ce que des historiens comme Emile Poulat, spécialiste du catholicisme intransigeant, ont appelé « la guerre des deux France ».

Ludovine de la Rochère voulait exprimer un rapport de force par rapport au gouvernement socialiste.

Nous vivons dans une société qui est devenue incertaine et inquiète. C'est dans cette société que se sont manifestés des rapports de force entre l'Eglise et l'état. Mais la mission de l'Eglise n'est pas d'aggraver les durcissements et de dresser des murs, mais d'établir des ponts et de soutenir des chrétiens et des chrétiennes qui croient à la valeur du mariage, à l'engagement durable, à l'amour durable, mais qui ne doivent pas se présenter, comme le dit le pape François, comme des contrôleurs ou des douaniers, mais qui doivent éviter de mettre de l'huile sur le feu, en donnant des raisons d'espérer, dans des situations souvent dures.

La question qui est en jeu chez les catholiques, dits « ultras », ce n'est pas la question de la liturgie, ce n'est même pas la question de la loi Taubira, c'est la question du mal et la relation à Dieu face à l'expérience du mal. On peut alors se poser la question : avons-nous réellement le même Dieu ? C'est à dire en quel Dieu croyons-nous ? Est-ce que nous croyons que Dieu se définit exclusivement comme l'Anti-Mal, ou bien est-ce que nous croyons au Dieu qui envoie son Fils pour sauver le monde ? Non pas pour le détruire, mais pour le sauver, c'est à dire pour l'assumer de l'intérieur puisque Jésus, le Verbe fait chair, en s'incarnant, en prenant chair de notre chair, prend tout sur lui de notre condition humaine pour la transformer. La question fondamentale, pas seulement ultime, est là. Quelle compréhension de Dieu, de la relation de Dieu au monde et de notre relation à Dieu ?

La réalité à la fois primordiale et ultime du mystère de Dieu est là, c'est l'Alliance avec notre humanité et l' « assomption » de notre humanité.

Quelques évêques, qui ne sont pas la majorité, se sont engagés personnellement par des encouragements et des prises de position et même des bénédictions. C'est un fait. Je crois que ces évêques ont une culture politique insuffisante. Je ne critique pas leur attitude et leur engagement, je critique leur ignorance car dès qu'il y a ce type d'engagement avec prière et bénédiction à la clé, on ne sait pas jusqu'où cela peut aller. On ne sait surtout pas quels sont les coups de bâton ou les retours en boomerang qui risquent d'avoir lieu, pas seulement quelques mois après mais quelques années après. Evidemment, nous avons pu donner l'impression que le catholicisme français était devenu, de manière globale, identique au catholicisme intransigeant, ce qui n'est pas vrai.
Concernant l'homosexualité, ce n'est pas une réalité diabolique (comme je l'ai entendu dire), c'est une réalité humaine. Il y a deux règles de la vie morale dans la tradition catholique que nous avons oubliées au milieu de ce charivari médiatique. La première est qu'un être humain est un être personnel et la personne en nous, c'est ce qui dépasse tous nos conditionnements. Il ne faut jamais enfermer une personne dans une catégorie unique, surtout si cette catégorie est imposée de l'extérieur. Je rencontre depuis quelques mois, des personnes homosexuelles qui ont été brisées par les effets induits par ces manifestations contre le mariage pour tous.

Tous les prêtres savent les exigences de ce travail de respect, d'accueil et d'accompagnement des personnes homosexuelles. Il faut aider ces personnes à ne pas désespérer d'elles-mêmes, leur donner des raisons de vivre de façon chrétienne en pratiquant la prière et la charité. On doit espérer que ces personnes participent à la vie ordinaire de nos communautés, de nos paroisses.

Je ne souhaite pas une pastorale pour les homosexuels, qui les enfermerait dans des ghettos. Il faut leur donner la possibilité de prendre place, tels qu'ils sont, telles qu'elles sont, dans nos communautés chrétiennes ordinaires. Cela est possible et cela se fait.

Nous n'avons pas encore assez su, en ces dernières années en France, nous situer de manière raisonnable et chrétienne sur le terrain de notre humanité commune, où se posent ces questions. Etre homme, être femme, hésiter pour des plus jeunes sur son identité sexuelle, en sachant que ces hésitations sont quelque fois encouragées et manipulées par des groupes de pression. Nous situer, avec ces questions, sur un terrain encore plus fondamental : vivre, mourir. Comment aimer et être aimé avec toutes ses capacités humaines de corps, de cœur, de conscience, de sexualité ? Et aussi avec la capacité de relations d'amour fidèle entre deux hommes ou entre deux femmes. Ceci est une réalité et il ne faudrait pas qu'elle soit mise à l'écart, sous prétexte, inconscient que l'amour homosexuel serait toujours sale ou corrompu. Ce n'est pas vrai.

Emmanuel Falque, penseur philosophe, doyen de la faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris a écrit trois livres où il engage une réflexion sur notre humanité commune. Il n'est pas obsédé par le problème des unions homosexuelles, qui sont une réalité parmi d'autres. Mais il faudra qu'un jour cette réalité puisse apparaître non pas comme extravagante mais comme compréhensible et non scandaleuse.


Il y a deux dérives en ce moment.
Première dérive : au lieu de donner son importance primordiale à l'essentiel de l'Evangile, c'est à dire à la révélation de l'Amour de Dieu, nous avons donné de l'importance aux questions morales, spécialement aux questions de morale familiale et sexuelle. Il faut remettre la charrue avant les bœufs. Or la charrue c'est le don de Dieu en Jésus-Christ, la vérité, l'amour, la miséricorde de Dieu.

Deuxième clivage : nous avons assez généralement établi un clivage entre la morale sociale et la morale dite personnelle, familiale, affective et sexuelle. Durant les années 1970 il y a eu concentration exclusive sur les transformations de la société, l'engagement social et politique. Aujourd'hui on se concentre plutôt sur les problèmes concernant la sexualité, la vie familiale.
Nous avons établi des clivages et nous avons aujourd'hui à élargir nos horizons.

Manifester plus fortement, plus résolument, que nous prenons la défense de tout être humain, qu'il s'agisse de l'embryon dans le ventre de sa mère, de la personne âgée ou malade en fin de vie ou des hommes et des femmes que l'on manipule comme des pions, en fonction des seules exigences de la rentabilité financière ou technique.

Le Pape François dans « Evangelii gaudium » critique vigoureusement ce qu'il appelle « La culture de l'exclusion et du déchet ». Les zones d'exclusion peuvent exister aussi en nous-même. Ce sont les zones liées à nos chaos intérieurs, à nos détresses cachées, à nos pauvretés muettes, à nos cris de désespoir. Ce monde de l'exclusion attend des signes de la bonté forte de Dieu, de la miséricorde du Christ.

Pour l'Eglise catholique qui est en France, nous fonctionnons encore trop avec des clubs catholiques, où se retrouvent des personnes qui se connaissent déjà, qui sont des habituées, qui restent entre elles.
Le Pape François nous appelle à cette conversion radicale qui consiste non pas à partir au bout du monde mais, tout en restant chez nous, à pratiquer cette sortie de soi qui est dans le sillage la sortie de Dieu. Le Christ est sorti du Père pour venir en ce monde. Ce mouvement de sortie est une participation à l'engagement de Dieu en Jésus-Christ. Il est clair que pour le pape François, le mot « sortir » est un des mots qu'il emploie le plus souvent avec le mot « périphéries ». « Ne nous résignons pas à la globalisation de l'indifférence » dit-il.

Il n'hésite pas à condamner les « chrétiens à temps partiels » ou les « chrétiens de salon ». Ses appels sont également adressés à l'Eglise pour une raison primordiale : le but de l'Eglise, ce n'est pas l'Eglise. Ce n'est pas le fonctionnement de l'Eglise ou son administration. Le but de l'Eglise est de connaître le Christ pour vivre de lui et pour l'annoncer comme le chemin, la vérité et la vie.

Le critère de la vitalité de l'Eglise n'est pas dans ses ressources financières, il est dans la conformité à l'Evangile de la vérité et de la miséricorde du Christ.

Le Pape François est un véritable pontife, « pontifex », celui qui fait des ponts dans notre monde et au Vatican. C'est un homme qui a du cœur.

Le synode sur la famille d'octobre 2014, un 2ème synode se tiendra en octobre 2015. Entre les deux, des réflexions vont se développer, à partir de ce qui s'est passé au synode d'octobre 2014. Il est probable que le pape François se prépare actuellement à le rappeler : le but de ce synode n'est pas de s'attaquer aux points les plus sensibles, même si ceux-ci seront étudiés, mais d'essayer de comprendre ce que devient la vie familiale dans ce monde actuel, où la famille semble rester une valeur majeure et où, en même temps, les vies familiales sont extrêmement secoués et fragilisées, notamment par des conditions économiques et sociales. Il s'agit d'examiner la famille comme une valeur primordiale au milieu de toutes les secousses du monde.

Les points sensibles qui étaient inscrits dans le questionnaire préparatoire, nous les avons étudiés dans le diocèse d'Angoulême, lors de la grande rencontre de la pastorale familiale, le mois de mars dernier. Il y a eu le matin 5 ateliers de 2 heures chacun sur :

    • la place des personnes divorcées dans la société et dans l'Eglise,

    • la place des personnes homosexuelles dans la société et dans l'Eglise,

    • la transmission de la foi dans la vie familiale,

    • la préparation au mariage,

    • l'ouverture à la vie des époux.


J'estime, avec le pape François, qu'il ne s'agit pas d'abord de chercher des solutions disciplinaires sur des questions disputées. Il faut donner du champ, donner de l'air, prendre du recul. Il faut se situer sur le terrain de notre humanité commune, avec l'attente concernant la vie familiale et les précarités de la vie familiale. Elargir les horizons. J'espère que c'est cela qui va se passer et qu'on entendra quelques évêques français évoquer les autres réalités sensibles, notamment la situation des mères célibataires. Ce n'est pas une question de morale, c'est une question de compréhension, d'accueil, d'accompagnement à pratiquer au sein de nos communautés chrétiennes. Un travail de discernement est à faire. Qu'est-ce que Dieu attend de nous pour manifester la vérité et la miséricorde du Christ par rapport aux réalités immenses et sensibles de la vie familiale ? Le pape François a de la méthode. Il ouvre un chemin. Il veut avancer en posant des jalons.

Ce qui est réel, c'est que le pape François est extrêmement populaire dans le peuple. Quelques fois, on souhaiterait qu'il soit aussi reconnu et populaire dans les milieux qui se disent catholiques. Il trace un sillon. Nous avons compris plus tard qu'Angelo Roncalli a été un don de Dieu pour l'Eglise. Il a lancé le Concile Vatican II. Et en 2015 nous pouvons comprendre que le pape François est un don de Dieu pour le renouvellement de la vie et de la mission chrétiennes dans notre monde aimé de Dieu et qui reste dangereux.
La conviction qui m'anime en cette deuxième décennie du XXIème siècle et que l'Evangile du Christ peut être encore et toujours reçu dans des conditions nouvelles que nous n'avons pas prévues mais qui sont liées aux immenses métamorphoses de notre société, de 1970 aux années 2000.

En 1970, nous étions sous le signe du « plus » et du « mieux ». En 2015, nous sommes sous le signe de l'imprévisible et aussi des violences et des guerres apparemment insurmontables. Il faut être réaliste et dire la vérité : la croissance ne reviendra pas de façon miraculeuse, le chômage continuera à provoquer des drames collectifs et personnels. Si nous n'avons le regard fixé que sur les radars des chiffres, nous nous empêchons nous-mêmes de vivre une existence plus humaine dans nos sociétés parfois si inhumaines.

Le pape est la voie du monde qui souffre. Que ce soit à Lampedusa ou à Calais, où en sommes-nous de nos capacités d'asile, de nos capacités d'accueil ? N'oublions pas ce qu'a écrit, voici quelques années, mon ami le philosophe Rémi Brague: ce qui définit l'Europe, depuis des siècles, c'est sa capacité à accueillir ce qui vient d'ailleurs, les traditions, les idées, les pensées et les personnes.
Ne pas concevoir l'évangélisation comme une stratégie avec des techniques et des méthodes, et des résultats à obtenir, mais vivre l'évangélisation comme une existence renouvelée par laquelle nous allons du cœur de Dieu aux périphéries de l'existence. Je fais le pont, avec une grande joie, entre Madeleine Delbrêl et le pape François qui, peut-être, ne la connait pas mais qui, dès qu'il va la connaître, sera saisi d'admiration et sera certainement d'accord pour que sa béatification ne tarde plus.

En ce qui concerne ma participation à la vie de l'Académie Française, je voudrais bien que, dans nos communautés chrétiennes ordinaires, on pratique autant le respect et l'attention que nous le faisons à l'Académie Française, avec nos immenses différences, mais notre volonté forte de compréhension.

Mon discours sur « La vertu » du 5 décembre 2013 est imprégné de l'inspiration du pape François, notamment à travers le passage où il affirme que la première des vertus est la miséricorde en citant Thomas d'Aquin : « Même dans le message moral de l'Eglise il y a une hiérarchie, dans les vertus et dans les actes qui en procèdent. Ici ce qui compte c'est avant tout la foi opérant par la charité. L'élément principal de la loi nouvelle c'est la grâce de l'Esprit-Saint, grâce qui s'exprime dans la foi agissant par la charité ». Par là il affirme que « Quant à l'agir extérieur, la miséricorde est la plus grande de toutes les vertus, car il lui appartient de donner aux autres, et, qui plus est, de soulager leur indigence; ce qui est éminemment le fait d'un être supérieur. Ainsi se montrer miséricordieux est-il regardé comme le propre de Dieu et c'est par là surtout que se manifeste sa toute-puissance » (« Evangelii gaudium » n° 37).
Devenir croyant, devenir chrétien, c'est rencontrer Quelqu'un qui s'ouvre à nous, qui nous appelle à vivre d'une manière plus intense toute notre vie, toute notre humanité et à l'annoncer, autant qu'il est possible, en laissant transparaître la joie de croire en lui et d'être relié à lui, à la vie, à la mort, à l'éternité, à la résurrection.

Nos communautés chrétiennes ont une double exigence : pratiquer la prière et pratiquer la fraternité chrétienne. Ce sont deux exigences vitales. Quand ces deux pratiques deviennent plus ordinaires, tout est renouvelé. C'est vrai aussi dans nos diocèses.

Il y a 4 ans, j'ai accueilli à Angoulême une fraternité trinitaire, avec un prêtre, trois religieux trinitaires et maintenant 6 laïcs, (3 femmes et 3 hommes), à qui j'ai confié cette mission dans une église du centre d'Angoulême : être là comme une présence priante et une présence aimante. Autour de ce groupe, plusieurs petits groupes sont constitués pour l'accueil et la lecture de la Parole de Dieu. La présence aimante et priante de cette fraternité trinitaire qui donne à beaucoup d'autres personnes le désir et la joie de vivre la prière et la fraternité: c'est l'avenir de l'Eglise !

Je ne sais pas ce que deviendront certaines de nos structures, y compris les structures qui font fonctionner actuellement les communautés paroissiales, les équipes d'animation pastorale. Elles sont utiles, mais ce sont des formules qui passent. L'important n'est pas le fonctionnement et l'organisation de l'Eglise et de nos structures, même s'il faut des structures. En tant qu'évêque, je suis là pour veiller à l'organisation de ces structures et à leur fonctionnement, mais, l'essentiel, c'est l'horizon, ce sont les raisons : prière et fraternité et avant tout, le Christ et la découverte du Christ.
L'année 2014 – 2015 est destinée à faire valoir l'importance de la vie consacrée.

La sociologue Céline Béraud évoque une « révolution silencieuse » au sein de l'Eglise catholique, c'est à dire une série de transformations et d'adaptations relativement rapides et peu visibles face à la nouvelle donne, « peu visibles » car nous ne savons pas nous-mêmes voir ce qui germe. Mais ces évolutions se sont accélérées. Il y a une dizaine d'années, j'étais porté à une certaine inquiétude à cause de l'affaiblissement réel des institutions catholiques, mais maintenant, je suis témoin de ce renouvellement relativement rapide et peu visible de nos communautés. Je plaide pour la reconnaissance de la pastorale ordinaire comme une pastorale de renouvellement, surtout si l'on n'est pas obsédé par le souci de notre survie. Le souci de la survie pousse à organiser autrement les paroisses, les relations entre les prêtres et les laïcs, les équipes diverses qui essaieront de continuer à quadriller le territoire, alors que beaucoup de choses s'affaiblissent ou disparaissent. Or, ce projet-là correspond à une intention de survie, qui est mauvaise, parce que « survivre » veut dire que l'on fait continuer ce qui existe en attendant que tout s'arrête.


B. G.

Assiste-t-on à une nouvelle distribution des rôles entre prêtres, diacres et laïcs ?
Mgr C. D.

Oui, mais ce n'est pas fondamental. Ce qui est fondamental c'est que le terrain de la mission soit le terrain de la fraternité chrétienne exigeante et renouvelée. Le prêtre restant prêtre comme celui qui veille en permanence au mouvement de la foi et de la mission et qui sans cesse encourage au travail de la charité chrétienne.
B. G.

Nous ne sommes plus enfermés dans des discours pessimistes au sujet de la situation des catholiques en France, pourtant, ne sont-ils pas devenus minoritaires ?
Mgr C. D.

Il vaut mieux dire que nous sommes beaucoup moins nombreux que nous ne l'avons été. La population repérée comme catholique a représenté sinon la totalité, du moins 90 % de la société française pendant des siècles. Ce n'est plus vrai !

On ne peut plus se servir seulement du critère des messalisants pour évaluer la quantité de la présence catholique dans la société française. Il y a un autre élément qui n'est pas quantitatif, c'est celui de la mémoire catholique et de la culture catholique.

Il faut ajouter aussi un élément que nous ne pouvons pas chiffrer pour l'instant : les phénomènes de découverte de la foi chrétienne de la part d'un certain nombre de personnes qui ne sont pas légion mais qui existent réellement. Chaque année il y a plus de 3000 baptêmes de catéchumènes adultes.

Je suis attentif aux métamorphoses et pas seulement aux bouleversements.
B. G.

Vous êtes l'auteur de « Proposer la foi dans la société actuelle, lettre aux catholiques de France ». Présenté aux évêques lors de l'assemblée plénière de Lourdes en 1996, ce document examine les conditions nouvelles aux quelles l'Eglise est confrontée. Un document qui fait autorité et qui a aidé de nombreuses communautés à mieux vivre et à témoigner de leur foi dans la France d'aujourd'hui.

Quelle est la portée de la Lettre aux catholiques de France ?
Mgr C. D.

Jean-Paul II nous disait : il s'agit de repartir du Christ ! C'était sans aucun doute l'intention première de la lettre aux catholiques de France. Dans son sillage se situe le texte : « Entre épreuves et renouveaux, la passion de l'Evangile. Indifférence religieuse, visibilité de l'Eglise et évangélisation » paru en 2010.

On a quelque fois considéré ces textes comme une sorte de programme pastoral pour l'Eglise catholique qui est en France, que certains pourraient adopter et que d'autres pourraient refuser. Ce n'était pas cela. C'était un acte de discernement. Dans les évolutions actuelles de la société et de l'Eglise, qu'est-ce qui s'efface et qu'est-ce qui émerge ? Quels sont les signes d'un renouveau de la vie et de la mission chrétiennes ?

A l'intérieur de ces trois rapports, qui sont inséparables les uns des autres, 2 questions primordiales sont posées, que nous avons à recevoir et qui ont été inégalement reçues ou comprises.

Première question fondamentale :

Qui est le Dieu auquel nous croyons et comment former cette Eglise catholique qui témoigne de lui dans la société française à frais nouveaux, c'est à dire au milieu des difficultés, des effets négatifs de la sécularisation et en même temps, au milieu des attentes spirituelles qui se manifestent dans nos communautés et dans la société ?

Nous voulons partir de cette centralité du Christ, de ce mystère de la vérité et de l'Amour de Dieu révélé en la personne de Jésus, le Verbe fait chair, par rapport au mystère du mal, qui envahit les horizons de notre monde, à cause des phénomènes de violence qui se multiplient.

Notre réflexion aborde le mystère du mal en concentrant l'attention sur le mystère de la Croix du Christ et le mystère de miséricorde, de pardon, de renouvellement, de résurrection, qui se révèle à travers la Croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » (Luc 23, 34).

Comment former une Eglise qui témoigne de cette révélation vitale de Dieu en Jésus-Christ mort et ressuscité ?

Nous donnons la première place à la liturgie. Former une Eglise qui célèbre la foi, à travers la prière, la liturgie et les sacrements. Il y a une trentaine d'années, on aurait d'abord parlé de la mission chrétienne dans le monde, en donnant la priorité à l'engagement social et politique.

Après la liturgie : la diakonia, le service. Il s'agit de la manifestation personnelle et publique de la charité du Christ, à l'intérieur d'une société qui se passe de Dieu et où les relations humaines ont souvent tendance à se durcir ou à se fragiliser. Il y a eu à Lourdes en mai 2013 un grand rassemblement avec plus de 10 000 personnes : « Diacona 2013 ».

Après la leitourgia et la diakonia il existe une troisième manière de former une Eglise qui témoigne du Dieu de Jésus-Christ: c'est la marturia du terme grec martyr qui veut dire « Témoin », c'est l'annonce de l'Evangile. Témoigner par la présence et par la parole.

Deuxième grande question qui va de pair avec la précédente : comment être vraiment catholique dans la société française telle qu'elle est, pluraliste et sécularisée, et où les catholiques sont moins nombreux qu'ils ne l'ont été ?
Voir la lettre aux catholiques de France, j'insiste sur « nous tenons à être reconnus aussi comme des citoyens qui prennent part à la vie actuelle de la société française ». Je souligne l'importance de l'expression « à l'intérieur » de notre société française, telle qu'elle est, incertaine, fragile, dure. Nous ne nous situons pas comme des spectateurs qui regardent, souvent en critiquant. Nous ne nous situons pas non plus comme des opposants, qui bondiraient aux premiers signes qui nous sembleraient dangereux par rapport à notre identité catholique. Mais nous devons apprendre à parler à d'autres de notre foi. Le pape François dit : « Nous avons besoin d'apprendre à nous expliquer, à argumenter, à faire appel aux médiations de la pensée philosophique scientifique ou juridique pour nous faire entendre d'une façon utile.

Nous parlons ainsi à d'autres de ce que nous croyons, en ne renonçant pas à les intéresser eux-mêmes à ce qui dépasse les seuls arguments rationnels » (« Evangelii gaudium »).

Au lieu de nous lamenter et de chercher des coupables, nous sommes appelés à manifester, de l'intérieur de nous-même, de notre conscience, de notre cœur, de nos relations humaines, de nos amours et de nos amitiés, ce qui nous fait vivre, c'est à dire le don de Dieu en Jésus-Christ.

B. G.

Dans la lettre aux catholiques de France, l'Eglise catholique ne se présente plus dans une position de surplomb. Vous invitez au contraire, à l'ouverture et au dialogue, il s'agit de « proposer la foi ».

Mgr C. D.

Jean XXIII dans son discours d'ouverture du Concile Vatican II le 11 octobre 1962 disait : « Il ne s'agit pas seulement de garder ce précieux trésor, comme obsédés par le passé, mais de nous atteler avec empressement et sans crainte à la tâche qu'exige de nous l'âge présent ».
Il y avait chez Jean XXIII cette volonté de former l'Eglise de Dieu pour le monde. Sa grande encyclique de 1963 « Pacem in terris » parait trois mois avant sa mort. Le pape indique les fondements d'une paix juste à travers le monde : la vérité, la justice, la solidarité. Il faut que nous comprenions nous-mêmes que les résistances du monde, les négations de la foi, les phénomènes d'indifférence ou de refus doivent nous obliger à repartir de nos propres sources, à repartir du Christ. La sécularisation n'abolit pas les religions et les traditions religieuses. Elle les appelle, et spécialement la tradition catholique et l'Eglise catholique, à se manifester de l'intérieur d'elles-mêmes et de leurs sources, à l''intérieur de notre société qui est pétrie d'indifférence, mais qui est aussi traversée de beaucoup d'attentes spirituelles.

Le Pape François nous dit, comme l'affirmait Saint Irénée : « Dans sa venue, le Christ a porté avec lui toute nouveauté ». Il peut toujours, avec sa nouveauté, renouveler notre vie et notre communauté et même si la proposition chrétienne traverse des époques d'obscurité et de faiblesses ecclésiales, elle ne vieillit jamais.

Jésus-Christ peut aussi rompre les schémas ennuyeux dans lesquels nous prétendons l'enfermer et il nous surprend avec sa constante créativité divine » (« Evangelii gaudium » n°11).

« Chaque fois que nous cherchons à revenir à la source et à retrouver la fraîcheur originale de l'Evangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d'autres formes d'expression, des signes plus éloquents des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d'aujourd'hui. En réalité, toute action évangélisatrice authentique est toujours nouvelle » (« Evangelii gaudium » n°11).

Nous y voilà, la joie de l'Evangile ! Pas seulement la conscience indéfiniment ruminée des difficultés auxquelles nous nous heurtons. Le pape poursuit « Il est nécessaire de passer » d'une pastorale de simple conservation à une pastorale vraiment missionnaire. C'est pourquoi il faut sortir de nous-même et aller vers les périphériques de l'existence.

Benoît XVI disait : « A l'origine du fait d'être chrétien il n'y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive » (Evangelii gaudium n° 7).

Je vis les temps actuels comme des temps de renaissance. Il y a une dizaine d'années, je pensais les vivre comme des temps d'épreuve, or je les vis comme des temps de renaissance.

Je suis inquiet par l'avenir de notre société car elle me semble elle-même très inquiète, très incertaine, très fractionnée, parfois très fragile et très violente. Je suis inquiet pour notre société d'autant qu'il y a une espèce de distance et même de divorce entre le peuple et les gouvernants, les élites politiques, et ce fossé se creuse dangereusement. Je suis inquiet pour cette société et confiant par l'avenir de Dieu dans notre société et d'une certaine manière pour l'Eglise, si elle accepte de ne pas se juger en état de survie mais en état de métamorphose et de renaissance.

J'ai dit moi-même au sujet d' « Evangelii gaudium » du Pape François : c'est comme un fleuve qui nous emporte. Nous sommes pris dans le mouvement de l'Esprit-Saint. Dieu agit en ce monde. L'Esprit Saint agit dans l'Eglise. J'ai appris jadis ceci du Père Congar et aussi du Père de Lubac au sujet de l'Esprit-Saint. Quelle est sa fonction, Quel est son rôle ? L'Esprit-Saint est donné à l'Eglise du Christ pour faire face à des situations nouvelles. Nous ne le savons pas assez. Nous avons à prier l'Esprit-Saint, le Conseiller, le Défenseur, le Consolateur, pour qu'il nous encourage à faire face solidairement, résolument à des situations nouvelles auxquelles nous sommes confrontés. Les épreuves et l'espérance dans les épreuves.

Nous croyons que le Christ, mort et ressuscité à Jérusalem, est vivant aujourd'hui, présent auprès de nous, en ce moment même, comme près des disciples d'Emmaüs.

Le Christ vivant, avec son cœur ouvert et ses bras ouverts, fait tenir le monde. Il est présence cachée.


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