Regards sur le Japon, un siècle et demi de voyageurs français dans l’Archipel





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date de publication20.05.2017
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Regards sur le Japon, un siècle et demi de voyageurs français dans l’Archipel, conférence de Gérard Siary, Professeur à l’université de Montpellier 3
Quelles connaissances du Japon ont les premiers voyageurs français qui visitent le pays au moment de sa réouverture ? Quelle vision rapportent-ils en France à leur retour ?
Ils ont lu les lettres du jésuite François Xavier, un des fondateurs de la Compagnie de Jésus, qui organisa une mission de 1549 à 1551. Ses lettres étaient lues régulièrement dans les réfectoires des collèges jésuites. Ils n’ignorent pas le sort qui a été réservé à ces missionnaires martyrs.

Ils connaissent les écrits de François Caron (Le puissant royaume du Japon, 1636), fils d’un huguenot d’origine française, recruté par Louis XIV qui souhaitait développer la politique commerciale de la France en Asie. Ils ont lu l’Histoire du Japon publiée en 1729 mais qui relate le voyage du médecin allemand Engelbert Kaempfer à la fin du XVIIème siècle et le livre écrit en français du hollandais Isaak Titsingh (1820) qui a largement contribué à la naissance de la japonologie en France.

Ils ont pu voir ou acheter quelques objets d’artisanat, de laque et de porcelaine circulent entre collectionneurs avisés.
Un pays resté à l’âge féodal

Les voyageurs qui arrivent dans la deuxième moitié du XIXème siècle sont en général des diplomates plénipotentiaires qui ne restent que quelques semaines (tout au plus) au Japon et sont très encadrés. Leur mission consiste à faire ratifier des traités commerciaux. Ils ne voient que très peu de choses, leurs rapports livrent une vision très enthousiaste mais très réductrice d’un pays resté à l’âge médiéval avec des guerriers en armes (les Samouraïs). Ils comblent le vide de leur voyage en lisant les récits des voyageurs antérieurs, principale source de leur vision archaïsante du pays.

Les premiers touristes arrivent également au XIXème siècle avec l’ouverture de ports comme Yokohama ou Kobé. Ces voyageurs français rapportent des récits primesautiers, des sortes de kaléidoscopes géants dans lesquels on retrouve des guerriers samouraïs, des rues animées, des mères avec enfants, des geishas… Ludovic de Beauvoir s’enthousiasme pour tout ce qu’il voit la nature, la miniaturisation de nombreux objets, il a le sentiment de se retrouver au Moyen Age. Cette image rémanente d’un Japon médiéval renforce le sentiment que l’Europe est elle à la pointe de l’histoire. Les touristes achètent des objets d’artisanat, des œuvres d’art (notamment des estampes) qu’ils rapportent en France. La vogue du japonisme commence à se développe dans les milieux artistiques et littéraires. Certains parlent de « japoniaiseries » pour qualifier les objets rapportés par les touristes.

Il y a aussi parmi les voyageurs des géographes membres de la mission militaire française. Ils relatent leurs itinéraires dans des ouvrages qu’ils agrémentent de cartes. Ces itinéraires, en dehors des ports sont des circuits fixes, décidés par les autorités japonaises : Yokohama, Tokyo, Kyoto (parfois), Hiroshima, Hokkaido. Le tour du monde en 80 jours aboutit d’ailleurs à Yokohama. Phileas Fogg se fait engager dans une troupe de cirque japonaise pour rejoindre son maître à San Francisco.

Un regard figé sur le Japon

Avec la chute du Shogunat et la restauration de l’empereur, le Japon entame un processus de modernisation. Mais les voyageurs français diffusent une image d’un Japon rural dominé par la nature que l’art exalte à travers les estampes notamment. Celles-ci sont présentées à l’Exposition Universelle de 1867, elles nourrissent la réflexion de nombreux peintres impressionnistes. Les Pruniers en fleurs (1887) de Van Gogh reproduisent à l’identique une des « Cents vues d’Edo » (1856) de Hiroshige : Le jardin des pruniers à Kameido. Emile Guimet est fasciné par la culture japonaise, il achète un grand nombre d’objets d’art et de culte qu’il expose dans son musée (ouvert en 1889) à son retour en France. Le Japon apparaît alors comme un pays qui alimente les arts décoratifs un Japon « japoniste » dont parle Zola dans son ouvrage Au Bonheur des Dames, ou Pierre Loti dans Madame Chrysanthème. Cette vision masque les progrès réels du Japon dans le domaine industriel et commercial.

Le « péril jaune »

Le juriste Georges Bousquet est l’auteur d’un ouvrage publié dans les années 1870 qui va marquer pendant longtemps les voyageurs au Japon. Il est voyage deux ans au Japon et se rend même à Hokkaido où il observe la « décadence de la race » et annonce le « péril jaune ». Sur le moment les idées de Bousquet passent inaperçues mais cette inquiétude est manifeste.

Elle se renforce avec la victoire japonaise au début du XXème siècle sur la Russie. Les Français prennent conscience que Japon est entré dans le concert international.
Retour à l’exotisme

Dans les années 1920-1930, les voyageurs redonnent au Japon un caractère exotique. Des journalistes tel Albert Londres sont désormais nombreux à visiter le pays et succomber à ses charmes. Paul Claudel, ambassadeur de France au Japon fonde la maison franco-japonaise de Tôkyô, c’est un pont culturel entre les deux pays.

Pendant la seconde Guerre mondiale, les voyageurs se raréfient mais il reste des résidents tels Jean-Pierre Hauchecorne ou Robert Guillain. Les Français sont relativement protégés car le Japon reconnaît le régime de Pétain. J.-P. Hauchecorne véhicule l’image d’un pays tolérant.

Dans les années 1970, Roland Barthes dans L’empire des signes fait une analyse très intellectuelle du pays qui est présenté comme l’antithèse de l’Europe.

Un nouveau regard

Dans les années 1990, avec la fin de la haute croissance économique, de nombreux français viennent se étudier au Japon. Ils n’ont pas forcément laissé de traces écrites mais on trouve des traces de leurs expériences dans les guides touristiques. Le guide de Philippe Pons Le Japon des Japonais vise à décaper le regard français sur le Japon à travers le Japon de la nuit et des plaisirs.

Le point permanent d’accroche des voyageurs français au Japon c’est la fascination esthétique pour le pays et qui en fait un objet herméneutique qu’il convient de décrypter.

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