Aujourd'hui emblème national de la France, le drapeau tricolore a déchaîné bien des passions durant le xixème siècle





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date de publication06.10.2017
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LE DRAPEAU TRICOLORE

INTRODUCTION

Aujourd'hui emblème national de la France, le drapeau tricolore a déchaîné bien des passions durant le XIXème siècle.

Né lors de la Révolution de 1789, du souci du Général Lafayette, de créer un signe de ralliement, ce dernier décide de placer aux côtés de sa cocarde blanche, un ruban bleu et rouge, symbole des couleurs de la ville de Paris, ce qui remporte un vif succès, puisqu'il est très vite repris par les émeutiers. Bien plus qu'un emblème de guerre civile, il devient drapeau officiel en 1794, mais aussi symbole d'une ère nouvelle, symbole d'alliance et de concorde entre la Nation et le Roi.

La signification du nouvel emblème dépassant très rapidement le destin du Général Lafayette, il devient l'objet à la fois de ferveur et de rejet durant le XIXème siècle. Il s'agit donc ici de s'interroger sur le cheminement de ce symbole, signe d'identité et de ralliement. Comment s'est-il imposé?

Dans un premier temps, nous verrons pourquoi Louis XVIII a souhaité rétablir le drapeau blanc lors de la Première Restauration, puis dans un second temps, nous étudierons le retour du drapeau tricolore sous Louis-Philippe. Enfin, nous soulignerons comment Lamartine l'a imposé comme drapeau de la Seconde République.

CONCLUSION
Le cheminement de ce symbole qu'est le drapeau tricolore a donc été laborieux, puisqu'il a failli disparaître à plusieurs reprises durant le XIXème siècle, banni par Louis XVIII, Charles X ainsi que par les ultras et légitimistes, mais symbole profond, et national pour les anciens émeutiers. Mais à partir de 1848, il est tout de même majoritairement reconnu comme signe d'identité par les Français, et définitivement enraciné comme emblème de la Nation Française.

La preuve en 1873, lorsque le retour à la royauté échoue à cause du refus de Henri d'Artois d'accepter le drapeau tricolore. Le drapeau tricolore est irrévocablement instauré.

I) Restauration du drapeau blanc sous Louis XVIII (1814 - 1830)


En 1814, c'est la Première Restauration et Louis XVIII devient Roi de France, et c'est donc le retour à la monarchie, ou plutôt à une sorte de compromis entre la monarchie et l'héritage de la Révolution. Il octroie la Charte constitutionnelle de 1814, c'est à dire que le Roi est à présent égal à ses sujets et doit, comme eux, se plier à la Charte, mais paradoxalement, supprime le drapeau tricolore, symbole matériel de l'héritage de la Révolution, au profit du drapeau blanc, symbole de la monarchie française. Il nie donc la théorie révolutionnaire de la souveraineté nationale. C'est alors un sentiment de défaite qui s'empare des anciens émeutiers de la Révolution, le drapeau blanc étant le symbole même des valeurs contraires à celles que le drapeau tricolore tentent de plus en plus d'incarner, le symbole des valeurs et des représentations de l'Ancien Régime, c'est à dire, entre autres, l'absolutisme royal, ou encore la hiérarchisation sociale.
C'est donc la renonciation aux principes de 1789, c'est à dire la souveraineté de la Nation, la fin de l'absolutisme royal, et la reconnaissance des libertés fondamentales. Les anciens sujet, pour qui le statut a évolué craignent le retour à la société de l'Ancien Régime et voient en cette substitution du drapeau tricolore l'effondrement du travail accompli lors de la Révolution. Le drapeau blanc a beau susciter l'enthousiasme et le dévouement des ultras, réactionnaires qui souhaitent revenir au passé et qui lui témoignent une grande ferveur, il reste synonyme de guerre civile pour la grande majorité des Français, majorité qui se trouve heurtée dans sa fierté et dans son attachement aux grandes conquêtes de la Révolution. Car même si Louis XVIII se veut réconciliateur, et même si la Charte maintient les conquêtes sociales issues de celle-ci, ainsi que la majorité des institutions napoléoniennes, le drapeau tricolore reste le symbole de celles-ci, le symbole d'une instauration des principes révolutionnaires, qui se trouve bafoué.
Mais peut-être seulement par le fait de se dresser contre lui, Louis XVIII renforce l'enracinement du drapeau tricolore, et lui apporte un surplus d'autorité et de prestige... En effet, cette substitution ne fait qu'accentuer, chez les anciens émeutiers, ce désir de matérialisation des conquêtes révolutionnaires, et c'est peut-être finalement cela qui conduit, en 1830, à sa restauration.

II) Retour du drapeau tricolore sous Louis-Philippe (1830)
En 1830, après les émeutes des « Trois Glorieuses », réponse violente de Paris aux ordonnances publiées par Charles X, Louis-Philippe succède à celui-ci et instaure la Monarchie de Juillet. Il incarne une sorte de compromis, puisqu'il est d'un côté une opposition mesurée à la politique des ultras, mais de l'autre, il ne rejette pas les conquêtes de la Révolution.
Celui qui se réclame le « Roi Citoyen » ou encore « Roi des Français », est désormais second par rapport à son peuple, et héritier de la Révolution. Il veut montrer que la monarchie est liée au peuple et non à l'Etat, et que le régime n'est plus octroyé par le roi, mais émane de la volonté de la Nation. Il veut que la Charte (révisée) soit un pacte entre la Nation et le Roi. En gage de sa bonne foi, il rétablit le drapeau tricolore, si cher au peuple qui fonde en lui tous ses espoirs, comme symbole fort de sa nouvelle monarchie.
Le 29 juillet 1830, lors de son institution publique, Louis-Philippe reçoit des mains du Général Lafayette l'emblème tricolore, et c'est en cela qu'il donne à la chute de Charles X son véritable caractère de « révolution nationale ». C'est comme si le passé ressuscite et que le fil se trouve renoué avec la Révolution de 1789 et avec l'espoir immense qu'elle a suscité. Louis Philippe, dans un nouvel article stipule « que la Nation reprend ses couleurs, et qu'il ne sera plus porté d'autre cocarde que la cocarde tricolore ».
Bien que les légitimistes, mouvement royaliste apparu avec la Révolution de 1830, se dressent contre le retour au drapeau tricolore, et essayent de maintenir le drapeau blanc avec la nouvelle monarchie, il semble que ce dernier se trouve désormais irrévocablement condamné à appartenir au passé, à être assimilé à une relique. En effet, c'est un nouvel élan qui est donné à la France, et la tentative de légitimistes échoue.
On assiste donc au renforcement du nationalisme, avec Louis-Philippe et la Monarchie de Juillet, puisqu'en restaurant l'emblème tricolore, le Roi est conscient qu'il est l'emblème des conquêtes révolutionnaires de la Révolution de 1789, et par conséquent, un symbole fort permettant de renouer avec la Nation. Comme nous l'avons dit, par le fait de se dresser contre lui, Louis XVIII avait déjà renforcé la signification du drapeau tricolore pour le peuple, et ce n'est donc que la consécration de celui-ci lorsqu'il est restauré.

III) Instauration officielle du drapeau tricolore (1848)
Mais ce symbole que représente le drapeau tricolore se trouve une nouvelle fois heurté lors de la Révolution de 1848, à partir de laquelle, la souveraineté du peuple prend un sens véritablement concret.

Le 25 février, au lendemain du renversement de Louis Philippe, suite à la pression populaire qui a aboutit à la proclamation de la Seconde République, c'est le drapeau rouge qui flotte devant l'Hôtel de Ville, ou se réunit le gouvernement provisoire formé par les révolutionnaires. Une foule en armes fait alors irruption dans la salle où siège celui-ci, brandissant également le drapeau rouge, et réclame son adoption officielle en remplacement du drapeau tricolore. Pour elle, le drapeau rouge représente leurs misères, la rupture avec le passé, et pour elle, il est synonyme de révolution sociale depuis la restauration du drapeau tricolore en 1830. Pour elle, la Révolution de 1789 a été escamotée, et l'instauration du drapeau rouge serait la preuve qu'elle ne le sera pas une nouvelle fois. Ils estiment, de plus, qu'il est nécessaire de marquer le changement de régime par un changement de drapeau, tout comme en 1789, 1814, et 1830.
Il y a donc opposition entre une « République rouge », revendiquée par une partie des révolutionnaires qui estiment que le drapeau rouge est le symbole de la répression du peuple insurgé, et une « République tricolore », qui prône les nouvelles valeurs. C'est finalement Lamartine qui réussit à retourner l'opinion et à instaurer le drapeau tricolore comme drapeau de la Seconde République, en montrant qu'il n'est pas l'emblème remplaçable d'un régime, mais celui d'une Nation dans sa continuité.

Il déclare qu'il ne signera jamais ce décret car, pour lui, « La France et le drapeau tricolore, c'est une même pensée, un même prestige ». C'est en cela que la souveraineté du peuple commence à prendre son sens concret, puisque l'instauration du drapeau tricolore est le produit de la Révolution, mais également la représentation des acquis de celle-ci. Il déclare également que « le drapeau tricolore a fait le tour du monde, tandis que le drapeau rouge n'a fait que le tour du Champ de Mars, dans le sang du peuple », en référence à la manifestation de 1791.
C'est donc la « République tricolore » qui l'emporte en 1848, la cause de la République nouvelle l'emportant sur les sanglants souvenirs qu'on veut lui substituer. Mais ce fut non sans peine puisque c'est au terme d'un long débat que Lamartine parvient à instaurer définitivement le drapeau tricolore.

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