«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito





télécharger 27.51 Kb.
titre«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito
date de publication09.10.2017
taille27.51 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > documents > Documentos


5

Eléments de Mathématiques


Mai-Juin 2004

Bimestriel calorifuge

Descartes



« Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes)

Edito : ! Suite et fin de cette destinée extraordinaire à travers une époque mouvementée. Je vous rappelle que nous avons laissé René Descartes en Hollande …

Bonne lecture,

Prof (pas Atchoum !)

René Descartes

De retour à Paris, son hôte, Le Vasseur, organise des réunions savantes et littéraires dans lesquelles René brille. Un cercle de savants commence à se former clandestinement, ce qui n’est pas du goût du cardinal de Richelieu qui accumule les preuves contre Descartes et ses amis. Il faut dire qu’il a pris la défense d’un de ses amis, Guez de Balzac, contre des proches de Richelieu. Du coup le climat parisien est un peu lourd pour lui. Aussi, ce héros populaire, invincible à l’épée comme en joute oratoire, d’un courage physique et intellectuel illimité, mathématicien de génie, ce mythe moderne entré vivant dans la légende, disparaît.

Il se cache tout d’abord dans Paris, ne laissant de nouvelles à personne. Il a refusé toutes les bourses et postes proposés par ses amis. Il vit en cadet infortuné dans un humble logis, servi par un valet. Il se lève tard comme à son habitude et travaille au lit sur un nouveau projet : l’optique et la construction de lunettes astronomiques. Cela « l’amuse beaucoup », au point d’en « oublier les mathématiques ». Au bout d’un mois, il sort de sa retraite et contacte Claude Mydorge qui lui présente Ferrier. Ce dernier est un maître en optique et mécanique et se dit prêt à réaliser les verres hyperboliques dessinés par Descartes.

Deux ans plus tard, la lunette de Descartes enfin achevée fait merveilles. Durant cette période, il a inventé, en vrac : la spirale double (sorte de toboggan, pour descendre d’une


tour), les tenailles de bois autobloquantes (pour monter à une corde), le pont roulant, le bateau à passer les rivières (pliable et transportable) et surtout le chariot-chaise pour déplacer les blessés sur les champs de bataille. Malgré le secret couvrant la lunette, Richelieu entend parler de l’invention et se prépare à se l’approprier afin de mieux l’étudier. René apprend par un ami que le cardinal poursuit une haine tenace envers lui et cherche à le condamner. Il quitte Paris pour la Rochelle et libère la ville de l’emprise anglaise. A son retour le roi est ingrat et ne le soutient pas. René fait alors détruire ses machines optiques et part pour la Hollande. Il écrit la théorie mathématique du télescope et il faudra attendre Newton pour la première conception.

Nul ne sait où il s’est retiré. Le secret restera très bien gardé par un jeu de coursiers et d’adresses postes restantes digne de l’espion qu’il a été. Il écrit à ses amis parisiens en utilisant des codes pour parler de ses recherches ou de Richelieu. Descartes est plus actif au sein de la confrérie de la Rose-Croix, et surtout, il renonce à porter l’épée. Le chevalier de Perron est mort. C’est aussi le temps des trahisons : il apprend que Ferrier est au service de Richelieu et tente de lui soutirer des informations et que Beeckman son ancien ami prétend être l’inspirateur de son Traité de musique et surtout de son Algèbre. Très critique au début, il finit par prendre en pitié le mythomane. Il n’a plus d’argent non plus et change sans cesse de résidence de peur d’être importun ou de devenir une charge trop lourde pour ses amis de la Rose-Croix.

C’est à cette période qu’il commence son Traité du monde. Il échange de longues lettres avec Marin Mersenne qui

le harcèle de questions mathématiques. Dans l’une d’entre elles, notamment, le moine lui raconte comment Galilée a été obligé le 22 juin 1633 de promettre qu’il ne dirait ni ne ferait jamais rien de contraire à la religion et comment ses livres furent brûlés. Mersenne le conjure de publier, mais Descartes décide qu’il n’en fera rien tant qu’il n’aura pas lu l’ouvrage incriminé : le Système du monde. En réalité, son traité est loin d’être achevé. L’oisiveté est si douce, les femmes si belles et l’écriture si ardue. A ce moment, il se tourne vers l’anatomie et la physiologie. Il explique que l’œil ne va pas « prendre des images dans les objets », mais que la lumière, après avoir frappé l’objet, est réfléchie et imprime son image au fond de l’œil par la prunelle, à travers l’humeur cristalline.

En octobre 1634, Descartes se rend à Amsterdam avec le désir de publier. Il a changé. Il vit maritalement un grand amour avec une servante qui lui donnera une fille, Francine Descartes, née le 19 juillet 1635. Il goûte à la vie de famille qui fait office de vie monastique en comparaison de son existence passée ! Et le 8 juin 1637, le Discours de la méthode sort de la presse d’un libraire de Leyde. Il envoie un exemplaire à toutes les scientifiques importants que compte le monde francophone, y compris à Richelieu, mais oublie Roberval (dont il n’a jamais entendu parlé) qui lui voudra une « animosité éternelle » jusqu’après sa mort. Cette œuvre est fondatrice d’un nouveau mode de pensée, d’une démarche logique qui perdure encore, c’est le livre fondateur de la pensée scientifique moderne. Descartes dira qu’il l’a écrit en allant « du simple au compliqué ».

Le cardinal est conscient de l’intérêt stratégique des lunettes décrites dans la Dioptrique

(addenda au Discours de la méthode) et accepte de « pensionner M. Descartes afin qu’il dirige la main des tourneurs de verres ». Celui-ci refuse et pactise avec le prince d’Orange, mais le tourneur hollandais n’est pas aussi doué que Ferrier et le verre est très imparfait. C’est finalement Constantijn Huygens (père de Christian, le célèbre savant) qui tournera les verres et distribuera les lunettes. Dans toutes les universités et les cours d’Europe, les cartésiens se multiplient au point que les opposants poussés par l’église deviennent minoritaires.

Le 7 septembre 1640, sa fille meurt : « Elle me laisse par sa mort le plus grand regret de ma vie. » La même année, il apprend la mort de sa sœur Jeanne et de son père. Il refusera de rentrer en France tant que Richelieu sera vivant. Il quitte la vie familiale et reprend le chemin de l’errance du cœur. Il cultive son jardin, se nourrit de ses légumes, des œufs de sa basse-cour. C’est dans cet état d’esprit difficile qu’il publie le 28 août 1641 les Méditations métaphysiques.

A la fin de juin 1644, il revient à Paris (Louis XIII et Richelieu sont morts), rend visite à Claude Mydorge et à Marin Mersenne et règle la succession de son père. Il publie les Principes de la philosophie et à la demande de Huygens, un petit Traité de mécanique dans lequel il fonde la notion de travail d’une force. Mais il revient bien vite à la cour de Bohême rejoindre la Princesse Elisabeth. Elle est tombée amoureuse de l’illustre mathématicien et lui de la princesse philosophe. Ils s’aiment et doivent tenir leur amour secret car une princesse palatine ne peut se commettre avec un simple gentilhomme, et encore moins avec un bourgeois, même s’il s’agit du « plus grand mathématicien que



Dieu ait crée ». Elle lui fait jurer, par le serment d’Hippocrate, de garder à jamais le silence sur leur liaison. A quarante-sept ans, Descartes devient romantique ! Mais ce bonheur ne durera que trois années car un gentilhomme français a si bien « galantiné » la princesse Louise, sœur d’Elisabeth que celle-ci est devenue grosse et, afin de venger l’honneur de la famille, son frère Philippe fait assassiner le gentilhomme. Elisabeth quitte La Haye, désespérée et préfère ne plus revoir René plutôt que de risquer de le perdre. Ils échangent encore longtemps de longues lettres, mais elle est jeune, belle, intelligente et princesse et le fossé se creuse avec un Descartes cinquantenaire, perdant ses cheveux et ne pouvant plus monter à cheval.

Dès lors, il cesse de publier et d’écrire, las qu’il est de faire face à la critique. Il se contente de répondre à ses amis en leur demandant de ne plus l’importuner avec des questions mathématiques. Elisabeth et lui correspondront jusqu’à sa mort. A deux reprises, en juin 1647 et en mai 1648, il revient à Paris car le roi lui offre à chaque fois une pension (qu’il ne touchera jamais). A cette occasion, il rencontre ses amis de toujours et le jeune Blaise Pascal (auteur à 16 ans d’un traité sur les coniques). La fronde éclate en France et les français liés aux Pays-bas sont bien vite accusés de trahison, aussi rentre-t-il à Amsterdam. A son arrivée le 6 septembre 1648, il apprend la mort de Marin Mersenne (le 1er) qu’il vient de quitter.

Sous l’impulsion de Chanut, frère de la Rose-Croix et ambassadeur de France à Stockholm, il est invité à rejoindre dans son « royaume de

neige et de glace » Christine, reine de Suède. Elle a vingt-trois ans, parle neuf langues, dort cinq heures par jour, vit comme un garçon manqué et dirige le pays d’une main de maître. Après quelques échanges de lettres, Descartes est intrigué par cette jeune fille intelligente qui pose des questions pertinentes sur ses écrits. Le 2 septembre 1647, il prend le bateau pour la Suède.

La première rencontre avec Christine se passe mal. Elle veut l’éblouir en lui disant qu’elle apprend le grec, ce à quoi il rétorque qu’il « s’étonne qu’elle s’amuse à ces bagatelles. Il en avait appris tout son saoul, étant petit garçon, au Collège. Mais il est bien aise d’avoir tout oublié en l’âge de raison. » A la cour de Suède, Descartes se lie d’amitié avec M. de Brégy, amant de la reine Christine. Avec l’appui de ce dernier et le fait que la reine est piquée au vif par ce savant illustre qui lui résiste, Descartes finit bien vite par partager la couche royale.

Le Grand René mène une vie infernale. Brégy est parti, Chanut est malade, il se languit d’Elisabeth et Christine le laisse partir tard le soir pour lui donner rendez-vous aux aurores, lui qui ne s’est jamais levé tôt, d’autant qu’il loge à l’ambassade et qu’il doit affronter le froid pour aller au palais. Autant de choses que sa santé fragile supporte mal. Il boit pour se chauffer et noyer son chagrin. Peu après, il s’alite avec une forte fièvre et une « inflammation des poumons ». Il refuse obstinément d’être visité par les charlatans et après 9 jours de fièvre, il meurt le 11 février 1650 à l’âge de cinquante-trois ans.

Le corps de René Descartes est enterré dans le cimetière de l’hôpital des orphelins, parmi les enfants morts avant d’avoir

atteint l’âge de raison, à Stockholm. Seize ans plus tard, dans le but de lui offrir une sépulture en France, on procède à la levée du corps. Le roi de Suède a donné son accord à condition que le crane, l’enveloppe protectrice de ce fabuleux cerveau reste en Suède. L’ambassadeur chargé de la levée conservera la main droite et le reste du corps est acheminé par bateau en France. Intercepté par ses frères de la Rose-Croix, les os seront remplacé par des restes des fausses communes ; il est enterré dans un lieu connu d’eux seuls et sans doute oublié depuis. En 1822, le crane est rendu à la France et on peut le voir au musée de l’Homme à Paris dans la salle consacrée aux « Criminels et hommes illustres » . « Je vous prie de m’aimer, comme je crois que vous le faîtes. Aimez-moi, vivez dans la joie, portez-vous bien, soyez heureux. » René Descartes.

Pauvre Lilavati ! : Elle avait tout pour elle, Lilavati ! Belle, intelligente, son père était un grand savant, un astronome réputé. Quand elle fut en âge de se marier, il étudia longuement son horoscope. Il y lut une terrible prévision : si Lilavati se mariait, il mourrait. Bhaskara, c’était son nom, aimait la vie. Il refusa que sa fille le quitte et lui interdit de se marier. Pour se faire pardonner, il donna son nom à l’ouvrage qui était l’œuvre de toute sa vie : Lilavati. Il y avait dedans des tas de problèmes qu’il était le premier à résoudre. Il les présenta sous la forme de questions posées à sa fille. Lilavati devint l’un des plus célèbres ouvrages des mathématiques indiennes. Cela se passait au début du XIIième siècle.

Dans une autre version de cette histoire, l’horoscope aurait dit que, si Lilavati se mariait, « sa vie d’épouse serait très brève. » Bhaskara se plongea dans des calculs ardus pour savoir s’il y avait moyen d’échapper à la prédiction, autre que le refus du mariage. Il y en avait un : Lilavati devait se marier un jour précis, que Bhaskara parvint à déterminer. Afin de compter le temps les séparant de la date fixée, Bhaskara construisit une fontaine de sable, dans laquelle les grains, s’écoulant à travers un orifice étroit, compta-bilisaient le temps. Souvent, Lilavati venait voir le sable s’écouler. Un jour, tandis qu’elle était penchée au-dessus de la fontaine, une minuscule perle incrustée dans son nez se détacha sans qu’elle le remarque. La perle tomba dans le sable et se mélangea avec les grains. L’écoulement du sable en fut ralenti ; le mariage fut célébré quelques jours après la date fixée par les calculs astrologiques. Peu de temps après, Lilavati perdit son mari qui mourut brusquement . Pour la consoler, son père lui dédia le célèbre ouvrage de mathématiques…

La ruse suivante : (Un peu d’eau dans notre vin) Deux verres contiennent le même volume, l’un d’eau, l’autre de vin. Si l’on prend une cuillère du verre de vin pour la mélanger dans le verre d’eau puis que l’on recommence dans l’autre sens, y a-t-il plus d’eau dans le vin ou de vin dans l’eau ?

Calculateurs prodiges : La dernière fois, nous avions demandé de trouver un nombre dont les racines carrée et cubique diffèrent de 18 ? (Résolu par le calculateur prodige Inaudi en une minute cinquante seconde.). Voici la réponse : 729.



La ruse précédente : Il s’agis-sait d’un problème classique : réponse 7 jours et non 9.

Pour nous écrire (avec un stylo):

Thierry SAGEAUX

Lycée Gustave Eiffel

143 cours de la Marne

33 031 Bordeaux

et avec un clavier : thierry.sageaux@free.fr


similaire:

«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito icon" Redonner à chacun de nos grands-pères, à tous ceux qui ont aimé...
«Il faut faire parler les silences de l’Histoire, ces temples point d’orgue, où elle ne dit plus rien et qui sont justement ses accents...

«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito iconUniversite rene descartes paris V faculté de Médecine Paris V année 2005 N° these

«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito iconWe love music fr 25 avril 2013
«J’aime les contes de fées et les dessins animés, mais dans la vraie vie je ne suis pas à l’eau de rose. Plus on va être gentil,...

«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito iconAfin de rendre accessible aux enfants l’Histoire des Capétiens, je...
...

«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito iconQuelques fautes ont été corrigées => mais d’autres simplement surlignées
«Trente Glorieuses» comme l’écrit Jean Fourastié, économiste français; «Ne doit-on dire glorieuses les trente années qui ont fait...

«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito iconOn m'a donné une «recette de Lorraine», de la bonne conception de...
«recette de Lorraine», de la bonne conception de la vie associative, de son fonctionnement et de son rapport avec l'Etat, les collectivités...

«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito icon2. Le secteur économique [Actualité du secteur d’activité] b – Historique
«Je n’aime pas le travail, nul ne l’aime; mais j’aime ce qui est dans le travail, l’occasion de se découvrir soi-même, j’entends...

«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito iconEsclarmonde, vous qui donnez clarté au monde…
«O, Femmes, qui étiez-vous enfin ?» Pour le savoir, je me suis rapproché de René Nelli dans «les cathares en Languedoc», d’Anne Brenon,...

«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito iconXavier gillot, Jacques roumeguere, le général saint-hillier et Jacques savey
«Les hommes et les femmes qui ont fait l’histoire». Nous rendons hommage aujourd’hui, à Sury aux Bois où IL avait choisi de reposer,...

«Je suis de ceux qui ont le plus aimé la vie.» (René Descartes) Edito iconLes hommes ont toujours été curieux de découvrir de nouvelles régions,...
«Le Rouge» parce qu'il était roux. IL est querelleur, IL aime les bagarres IL a trois fils. IL est banni de Norvège à cause d’un...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com