Les centres de sante, une géographie rétro prospective





télécharger 184.58 Kb.
titreLes centres de sante, une géographie rétro prospective
page2/4
date de publication09.10.2017
taille184.58 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > documents > Documentos
1   2   3   4

En 2013 encore, l’Etat pas plus que la CNAMTS n’étaient capables d’évaluer avec précision le nombre et la localisation des centres de santé non plus que leur activité.
Dans leur rapport de l’IGAS, Ph. Georges et C. Waquet signalent que « La mission a cherché à effectuer le comptage des centres de santé… Elles s’est cependant heurté à d’importantes difficultés… les centres de santé ont d’abord été répertoriés par les ARH ; ils le sont depuis 2010 par les ARS dans le FINESS… mais ils sont également inventoriés par l’assurance maladie dans la base BERF… Or aucune de ces bases ne donne les mêmes chiffres ». Déjà en 2007 dans un précédent rapport de l’IGAS, D. Acker qualifiait les centres de santé « d’objets non identifiés » et un « dénombrement incertain ». De son côté, la CNAM reconnait en 1989 ne pas connaître le nombre de centres de soins infirmiers. En 1995, elle fixe le nombre total de centres de santé à 1454. En 2012, elle recense environ 1440 centres de santé, en 2013, 1348 tandis qu’en 2012 elle en compte 1665. De son côté, l’ancien agrégat du FINESS en dénombrait encore 3047 en mars 2014.
Imprécision fâcheuse pour qui prétend traiter sérieusement de la question mais qui n’est jamais que la conséquence d’un état de fait voulu et entretenu depuis les années 30. Aujourd’hui encore, ignorer les centres de santé est une attitude répandue. Il en va ainsi de l’édition publiée le 25 août 2014 du Recueil d’indicateurs régionaux sur l’offre de soins et l’état de santé qui consacre une page aux Maisons de Santé Pluridisciplinaires mais ne dit rien des Centres de Santé. Signalons toutefois que la DGOS s’est inquiétée récemment de cette méconnaissance et a adressé en décembre 2013 une circulaire aux ARS pour procéder à ce dénombrement.
Nous avons entrepris un long travail de recensement et de vérification avec l’aide des organismes composant le RNOGCS, d’une part, et par enquête directe auprès des autres centres, d’autre part. Cependant, nous ne prétendons pas être arrivés à un recensement parfait des centres et antennes et il sera utile de comparer nos résultats avec ceux du FINESS lorsque ceux-ci seront disponibles, au début de l’année 2015, peut-être. A ces 1842 Centres et Antennes, nous avons intégré dans nos travaux d’analyse les 302 Maisons de Santé existantes et connues du ministère de la santé au mois de mars 2014.
Chacun de ces 1842 Centres et Antennes de santé, et chacune de ces 302 Maisons de Santé Pluridisciplinaires, ont été localisés avec précision en coordonnées géographiques Lambert à partir de leur adresse exacte, ce qui a nécessité un très gros travail de correction des adresses portées dans le FINESS qui sont très souvent mal orthographiées ou inexactes. Ainsi localisés dans le système de coordonnées universelles aujourd’hui de référence, les Centres et Maisons de santé peuvent être intégrés à un Système d’Information Géographique permettant d’analyser leur contexte d’implantation à différentes échelles géographiques.
Source : PLAQUETTE : Les Centres de santé,

une géographie rétro-prospective

Géographie des centres de santé en France : une répartition dans 6 types de territoires au contexte socio-économique différent
On peut reconnaître six types de territoires humains de la France d’aujourd’hui :


  • La France rurale en marge

641 cantons  - 3,5 millions d’habitants.

  • Les espaces ruraux de reconquête ou de refuge

728 cantons - 7,3 millions d’habitants.

  • La France des situations menacées

662 cantons - 11,6 millions d’habitants.

  • La France urbaine en très grande difficulté

294 cantons - 12, 4 millions d’habitants.

  • La France moyenne des périphéries urbaines et familiales

1170 cantons - 16, 3 millions d’habitants.

  • La France des beaux quartiers

Elle s’est en partie recomposée mais demeure très concentrée dans le pays avec seulement 240 cantons et 11,3 millions de personnes.

Il existe environ 400 cantons où nous pouvons considérer que la solidarité nationale exigerait une action décisive en faveur de la santé. La cartographie ci-dessus permet de mieux visualiser, sans prétention planificatrice aucune, les 398 cantons où il serait bienvenu de se poser la question de l’implantation d’un centre de santé : Où ? Avec quel projet de santé ? Avec quels engagements professionnels et institutionnels ? Avec quels partenaires ? Avec quelles priorités de santé publique, de prévention, d’éducation à la santé, de dépistage ? Ce chiffre ne doit être considéré ici que comme une indication de ce que l’on pourrait faire si on le voulait vraiment.

On dénombre en France 1842 Centres de santé et antennes de Centres de santé et 302 Maisons de santé.

Type d’établissement

Nombre

Centres de soins infirmiers

589

Centres de santé dentaires

643

Centres de santé médicaux

127

Centres de santé polyvalents

483

Maisons de santé

302

Ensemble des maisons et centres de santé

2144


Centres de Santé et Maisons de Santé ont des localisations complémentaires, dans des contextes socio-économiques différents :

1 –Quartiers urbains et les communes rurales en situation difficile

De nombreux quartiers urbains et communes rurales en situation sociale, économique mais aussi sanitaire difficiles ne bénéficient pas davantage de services collectifs de soins de premier recours qu’ils ne bénéficient de la présence d’une offre libérale. Lorsqu’ils sont en très grande difficulté, ils sont un peu moins nombreux à ne pas en bénéficier que lorsque les indicateurs sont un peu moins défavorables, ce qui est peut-être le signe des efforts accomplis par les mairies, les caisses, les mutuelles et l’Etat en faveur des quartiers les plus déshérités. On ne peut cependant que souligner l’ampleur de l’effort qu’il conviendrait d’accomplir en faveur de ces territoires.

2 – Une répartition disparate des Centres de Santé dentaires

Les Centres de Santé Dentaires sont surreprésentés dans les quartiers et les communes qui « vont bien ou assez bien »; ils sont en revanche sous-représentés dans les quartiers et les communes en difficulté. Ceci est en accord avec leur appartenance le plus souvent mutualiste qui explique leur implantation dans des bassins d’emploi intégrés à l’économie nationale.
3 – Une répartition indépendante du profil socioéconomique pour les Centres de Santé infirmiers

Les Centres de Santé Infirmiers ont une répartition indépendante du profil socio-économique des quartiers ou communes rurales qu’ils desservent. Ils sont, de fait, présents dans toutes les classes de l’analyse en proportion proche de la représentation de la classe dans l’échantillon.
4 – Des Centres de santé médicaux proches des territoires dynamiques

Les Centres de Santé Médicaux sont particulièrement concentrés dans les quartiers et communes qui connaissent le dynamisme démographique, économique et social le plus vif. Leurs quartiers historiques d’implantation, faubourgs et banlieues ouvrières du XXe siècle, hier aux limites de la ville, se trouvent aujourd’hui englobés dans l’aire urbaine et apparaissent désormais proches des centres, eux-mêmes marqués par la gentrification urbaine.
5 – Une double-localisation des Centres de Santé polyvalents

Les Centres de Santé Polyvalents admettent une double localisation : ils sont surreprésentés dans les mêmes quartiers que ci-dessus mais aussi dans les quartiers et commune les plus en difficulté, ce en raison de leur création souvent liée aux Mutuelles de Travail ou au Service des Mines, c’est-à-dire à une époque où ces territoires étaient les centres de la production industrielle et minière du pays.
6 – Maisons de santé pluridisciplinaires et centres de santé : des rôles différents pour une implantation différente

Les centres de santé n’assurent pas du tout le même rôle territorial que les Maisons de Santé Pluridisciplinaires. Les uns et les autres ne peuvent absolument pas être confondus. Ils ne répondent pas aux mêmes objectifs ; ils ne sont pas situés dans les mêmes quartiers et plus encore s’excluent mutuellement : la présence simultanée d’un centre de santé médical et d’une maison de santé pluridisciplinaire ne se retrouve que dans 0,1 % des quartiers urbains et des communes rurales. En réalité, les Maisons de Santé Pluridisciplinaires témoignent de la crise du modèle libéral individuel traditionnel, mais encore prédominant. Tandis que les Centres de Santé Polyvalents sont restés, sauf exception, sur leurs terrains d’implantation historique, sans avoir les moyens de se déployer sur les territoires les plus en nécessité de les accueillir.
Les régions les plus peuplées ne sont pas celles où la densité des centres de santé est la plus importante.


  • Ainsi l’Ile de France, première par sa population et par le nombre de centres ne figure en réalité qu’à la 13ème place pour la densité des centres. Ou encore, Rhône-Alpes, 3ème en nombre de centres et 2ème en termes de population n’est que 9ème par la densité des centres.

  • La région Provence-Alpes-Côte d’Azur connue pour son rôle pionnier dans le développement des centres de santé mutualistes, tant dans les Bouches-du-Rhône que dans les Alpes-Maritimes, est dans une situation proche.

  • A l’inverse, la Franche-Comté peu peuplée, au 20ème rang des régions françaises, est 11ème par le nombre de centres et, en conséquence, 2ème en termes de densité. De son côté la place de la Guyane s’explique par l’existence du dispositif hérité des postes de secours que nous avons ici considéré comme des centres de santé, malgré les orientations de la circulaire de décembre 2013, car ils correspondent bien à l’esprit des centres de santé.


Source : PLAQUETTE : Les Centres de santé,

une géographie rétro-prospective
Approche historique des Centres de santé en France
Les centres de santé ont, au cours de l’histoire, répondu à des besoins qui n’étaient pas couverts par l’offre libérale. Les initiatives caritatives ou hygiénistes de la fin du XIXe et du début XXe siècles ainsi que l’esprit planificateur né de la Résistance et de la Libération se sont heurtés au schéma d’exercice libéral, qui a pris le dessus sans qu’un débat sur la politique de santé publique et, par voie de conséquence, sur l’organisation du premier recours ne soit jamais mené, à la différence de celui sur l’instruction, l’énergie ou les transports collectifs par exemple. Ils ont ainsi été limités dans leur développement par de nombreux obstacles dressés contre eux en faveur de l’offre libérale, longtemps jugée capable de satisfaire les besoins du premier recours quand paradoxalement la question ne se posait pas pour l’hôpital et sans doute en raison de l’intensité de l’investissement en capital et en fonctionnement que ce dernier nécessitait.

Il en est résulté que les centres de santé n’ont pas pu, autant que leur projet médical dans sa conception même les y poussait, s’adapter aux mutations territoriales de la France contemporaine, pourtant intenses et même sans précédent à ce rythme dans l’histoire de la formation du pays. Ainsi, malgré une volonté politique affichée, les Centres de Santé demeurent très peu nombreux en France. Les déserts médicaux qui s’étendent, les difficultés d’accès aux soins médicaux, dentaires ou infirmiers interrogent pourtant sur cette situation où la liberté d’installation est la règle et le dépassement d’honoraires, l’une de ses traductions concrètes.


Des oppositions corporatistes
Le dispensaire est devenu une espèce de centre de recrutement, aussi bien pour les gens du front populaire que pour les Croix-Rouges : bien-pensants de droite et bien-pensants de gauche. C’est contre cela qu’il faut lutter. Ce qu’il y a d’ahurissant, c’est que ces gens, si éloignés les uns des autres, sont d’accord pour exploiter le médecin. […] Si nous ne renversons pas immédiatement la vapeur, comme disait CIBRIE, demain il sera trop tard. C’est donc aujourd’hui qu’il faut prendre une décision. Je demande qu’elle soit prise dans le sens radical préconisé par le Secrétaire général. (Applaudissements.). Motion de défiance à l’égard des dispensaires et de leur salariat adoptée à l’unanimité.

Dr Hollier, Président du Syndicat des Médecins de la Seine et Oise,
membre du bureau de la CSMF, AG de la CSMF,
19 décembre 1936. (Le médecin de France, janvier 1937, p.146



Source : PLAQUETTE : Les Centres de santé,

une géographie rétro-prospective
Centres de santé, accessibilité géographique et rénovation urbaine
La circulaire du 24 août 1961 relative à la place de l’équipement sanitaire et social dans les structures urbaines, signée des ministres Pierre Sudreau (Construction) et Bernard Chenot (Santé Publique) se situe à la croisée de l’aménagement du territoire, de la question des centres de santé et de l’équipement sanitaire du pays. Elle donne une « grille théorique des équipements sanitaires, médicosociaux et sociaux ».


  • A l’appui des demandes de permis de construire de plus de 100 logements collectifs, le constructeur devra présenter une note concernant l’équipement sanitaire social et médico-social qu’il compte réaliser ». De même, il est précisé que dans ces nouveaux quartiers urbains, « le dispensaire d’hygiène sociale devra être situé dans une position centrale, car il constitue un point de convergence pour toute la population du grand ensemble. Il sera néanmoins placé dans une zone calme et aérée en dehors du centre commercial ».

  • Les besoins sont estimés à un médecin pour 1000 à 1300 habitants, soit une trentaine de médecins pour un grand ensemble de 30 à 40 000 habitants. Mais les médecins peuvent exercer leur art soit dans des cabinets médicaux, soit dans des centres de médecine collective ».

  • « Ces centres, dénommés également, « centres de diagnostic ou de traitement » sont des établissements de caractère public ou privé, ne comportant pas d’hospitalisation, dans lesquels des médecins de disciplines différentes donnent des consultations médicales et assurent l’application des traitements. »

  • Dans les unités de voisinage excentriques ou dans les zones industrielles, la création de dispensaires de soins infirmiers doit être envisagée. »

  • Les difficultés rencontrées dans l’élaboration d’un programme sanitaire et social doivent être abordées avec la volonté d’aboutir par tous ceux qui ont des responsabilités sociales. De ces efforts dépend non seulement le bien-être des habitants mais encore l’éclosion de liens sociaux et de solidarité humaine sans lesquels les nouvelles zones résidentielles risqueraient de demeurer longtemps des cités sans âme.

1   2   3   4

similaire:

Les centres de sante, une géographie rétro prospective iconHistoire & GÉographie dans les épreuves d’Histoire-Géographie des...

Les centres de sante, une géographie rétro prospective iconHistoire & GÉographie dans les épreuves d’Histoire-Géographie des...

Les centres de sante, une géographie rétro prospective iconEnseignant-chercheur en géographie Université du Maine – (section 23 cnu)
Les centres historiques du Caire et de Mexico, représentations de l’espace, mutations urbaines et

Les centres de sante, une géographie rétro prospective iconLes inégalités devant la santé
«état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité» et affirme...

Les centres de sante, une géographie rétro prospective iconDu côté de la géographie scolaire. Matériaux pour une épistémologie...

Les centres de sante, une géographie rétro prospective iconApproches actuelles de l’histoire de la géographie en France. Au-delà...
«la pluralité des contenus, des histoires de la géographie», et mettait à la base de cette pluralité une «dualité» : «l’histoire...

Les centres de sante, une géographie rétro prospective iconSoirée dansante rock, latino et rétro avec l'orchestre de rock 2KS

Les centres de sante, une géographie rétro prospective iconLe certain, le probable et le possible vus de 1990
Prospective de la famille Cette livraison, dirigée par les démographes Louis Roussel et Alain Parant, proposait, en 1991, quelques...

Les centres de sante, une géographie rétro prospective iconHistoire de L’eps en France de 1945 à nos jours
«Le but ou la finalité de l’ep doit être la santé et pour la santé, IL n’y a pas mieux qu’1 gym construite (suédiste)»

Les centres de sante, une géographie rétro prospective iconÉquipe Épistémologie et Histoire de la Géographie, umr 8504 Géographie-cités
«naturelle» du monde, autorisant par là (ou semblant autoriser) une réappropriation tant extra-disciplinaire que vernaculaire ?






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com