Thèse en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences du langage





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Exemple 1:

Mbaalu « le mouton »

Mbeewa « la chèvre »

Njaarenndi « le sable »

Ngesa « le champ »

Nguru « la peau »

Foondu « l’oiseau »

Honndu « le doigt »

Les géminées

La littérature peule a pris conscience du phénomène de gémination des consonnes et l’a exploitée très tôt en association à d’autres figures de styles pour donner une singularité rythmique à sa poésie. « Cette singularité repose sur la gémination consonantique, l’allitération, l’assonance, l’entrave et la quantité vocalique, des caractéristiques phonostylistiques susceptibles de permettre une virtuosité verbale et de conférer une valeur esthétique à l’expression orale peule » (Barry, 2011, p. 42). La quantité ou longueur vocalique touche presque toutes les consonnes du fulfulde à l’exception des occlusives prénasales et des fricatives et des semi consonnes w et y. Ces caractéristiques sont les suivantes selon Issa Diallo4:

  • « Les consonnes longues n’apparaissent qu’à l’intervocalique ;

Elles sont reparties sur 2 syllabes; leur implosion appartient à la précédente alors que leur explosion appartient à la suivante.

On peut donc interpréter les consonnes longues comme des géminées et conclure au caractère polyphonématique de la consonne géminée ».
Tableau les phonèmes consonantiques







Labiales

Alvéolaires

Palatales

Postérieures

Occlusives

non glottalisées

Sourdes

p

t

c

k

Sonores

b

d

j

g

Non occlusives orales

non glottalisées

Sourdes

f

-

s

h

Sonores

w

r

y

*

Prénasalisées

mb

nd

nj

ng

Nasales

m

n



n

Glottalisées

ɓ

ɗ

ƴ



Latérales

l

Les lettres communes au fulfulde et au français

Certaines lettres de l’alphabet fulfulde se lisent de la même façon, aussi bien en fulfulde qu’en français. Il s’agit des lettres suivantes :

Tableau : les lettres communes au fulfulde et au français

a

b

d

e

f

G

H

i

k

l

m

n

o

p

r

s

t

w

y




























Par contre il est des lettres qui sont communes aux deux langues, leur prononciation reste la même en fulfulde quel que soit le contexte. Mais en français, leur prononciation varie en fonction du contexte. Ce qui crée une différence phonique entre les deux langues. Ce sont les lettres : c, e, g, h, j, s, u, y.

En dehors de la dernière lettre (y), la prononciation des autres en fulfulde est conforme à celle de l’API. En plus de cela, certaines sont souvent doublées. En fulfulde, « les lettres doubles se prononcent dur quand il s’agit de consonnes et longues pour les voyelles » (Maiga et al., 2009b, p. 7).

Tableau : exemple de lettres doublées

c










Cofal

Poule




Laccol

Queue




Cellal

Santé

j










Jemma

Nuit




Jeegom

Six




Saajo

Prénom

u










Dumo

Son




Luumo

Marché




Unude

Piler

Les lettres spécifiques au fulfulde

Tableau : les lettres simples spécifiques au fulfulde

ɓ










ŋ

ŋari

Beauté




ɓaleejo

Noir







ŋoŋude

avoir sommeil




ɓolum

Vide







ŋatude

Mordre




liɓude

Terrasser













ɗ










ƴ










ɗaɗi

Racines







ƴoonde

Pluie




paɗe

Chaussures







ƴoogude

Puiser




yeɗude

Partager







ƴiiƴam

Sang












ñ










go’o

Un







ñaamo

Droite




be’i

Chèvres







tooñaade/tooñaade

Provoquer

Le fonctionnement du groupe nominal

La structure morphologique du nom 

Le fulfulde est une langue à classes. Chaque nom fonctionne selon les règles qui gouvernent sa classe nominale. Pour Mohamadou (1998), la classe nominale en est une sorte de catégorie grammaticale définie par deux critères bien définis ; le premier est la présence d’un affixe classificateur (autrement appelé modalité nominale ou indice de classe), le second est une règle d’accord de cet affixe et enfin une règle d’alternance consonantique ou vocalique qui a un impact sur les pronoms, les démonstratifs, les adjectifs et les participes. « L'application simultanée des trois critères (présence de suffixe, accord lié à cette présence et règle d'alternance) permet de dégager en peul dans sa généralité, 26 classes nominales dont l'appariement singulier/pluriel définit par ailleurs une vingtaine de genres «primaires» et 8 genres «secondaires». (Mohamadou, 1998, p. 393). On pourrait simplifier l’explication de la composition nominale en fulfulde en disant que le nom est composé d’une base nominale et d’un nominant (morphème de classe).

Exemple 2:

Juul - de « la prière »

Base nom- morphème de cl.

Juul - ɗe « les prières »

La base peut être simple ou complexe (dérivée). Une base simple est une base réduite au seul lexème, tandis qu’une base dérivée est composée d’une base lexématique et d’un dérivatif

Exemple 3:

ndee juulde « cette prière »

ɗee juulɗe « ces prières »

nde juulirde « cet objet ou ce lieu de prière »

Juulde « la prière » est composé de la base lexématique juul et du suffixe nominant -de

En ajoutant un dérivatif /-ir/ on aura la base dérivée/ juulir-/ dans le nom juulirde « le lieu où l’objet servant à la prière »

Quant à l’alternance consonantique (à l’initiale du lexème), il s’agit du passage du singulier au pluriel et des effets de l’accord qui en résulte au niveau de la consonne initiale du constituant nominal qui subit le morphème de classe singulier/pluriel.

Exemple 4: classe de nde/ɗe

Hootonnde « une bague »

Kootonɗe « des bagues »

On constate qu’à l’initiale, la consonne /h/ devient [k] le tableau suivant résume l’alternance de la consonne initiale du constituant nominal lors du passage du singulier au pluriel5:

Tableau : alternance consonantique à l'initiale

Consonne initiale du constituant nominal au singulier

f

S

H

r

y

W

mb

nd

nj

ng

B

d

g

Consonne initiale du constituant nominal au pluriel

p

C

K

d

j

B

g

b

b

j

g

W

r

w


L’indéfini

Le nom indéfini est indéfini en fulfulde lorsqu’il est formé d’une base et d’un nominant qui est la réalisation partielle ou intégrale de l’indice de la classe nominale.

Tableau : exemple de noms indéfinis en fulfulde

Base

Indice de classe

nom indéfini

Signification

Beer

O

Beero

un étranger

Juul

Nde

Juulde

une prière

Juul

ɗe

Juulɗe

des prières

Juulir

De

Juulirde

un lieu de prières

Juulir

ɗe

juulirɗe

des lieux de prières

kaɓɓir

Ngol

kaɓɓirgol




kaɓɓ

Ngol

kaɓɓol

un noeud

Koy

ɗe

koyɗe

des jambes

Koy

Koy

Koykoy

de petites jambes

Koy

Ngal

Koyngal

une grosse jambe

Koy

Ngel

Koyngel

une petite jambe

Weer

ɓe

weerɓe

des étrangers

Pour le défini, il suffit de faire suivre de sa forme indéfinie de l’indice de classe dans sa forme entière.

Tableau : exemple de noms définis en fulfulde

Base

Indice de classe

nom indéfini

nom défini

Signification

beer

O

Beero

beero o

un étranger

juul

nde

Juulde

juulde nde

une prière

juul

ɗe

Juulɗe

juulɗe ɗe

des prières

juulir

De

Juulirde

juulirde nde

un lieu de prières

juulir

ɗe

juulirɗe

juulirɗe ɗe

des lieux de prières

kaɓɓir

ngol

kaɓɓirgol

kaɓɓirgol ngol




kaɓɓ

ngol

kaɓɓol

kaɓɓol ngol

un noeud

koy

ɗe

koyɗe

Koyɗe ɗe

des jambes


Le fonctionnement du groupe verbal

Le verbe est un mot qui exprime une action, un état ou un devenir et qui présente un système complexe de formes en fonction du temps, du mode et des personnes. C’est à travers le fonctionnement du verbe que la proposition toute entière est comprise car dans une proposition il en constitue le nexus. Nous ferons un aperçu du système verbal fulfulde afin que cela serve de guide dans la lecture des énoncés que permettra de mieux nous imprégner de la structure de l’énoncer, du processus de la prédication dans cette langue. Elle nous est d’autant plus importante que nous rencontrerons des énoncés en langue fulfulde dans les leçons que nous transcrirons.

Dans certaines langues, « le temps » est une catégorie grammaticale servant à placer des évènements dans l’axe temporel par rapport à autre évènement pris comme référence. L’évènement de référence est dans ce cas le moment où l’on parle, et les autres peuvent être le passé ou le futur. Dans d’autres, cette répartition temporelle des évènements n’est pas aussi importante. C’est plutôt le déroulement de l’évènement par rapport à sa structure interne qui est considéré. C’est le cas du fulfulde qui a deux aspects, l’accompli (le perfectif) et l’inaccompli (l’imperfectif), qui correspondent au passé du français pour l’aspect accompli du fulfulde et au présent et au futur du français pour l’aspect inaccompli du fulfulde. Le perfectif, l’imperfectif, le prospectif sont des aspects qui ont déjà été bien détaillés d’un point de vue conceptuel (c-à-d indépendant des langues particulières) par des linguistes comme Noyau (1997). Dans certaines langues africaines, ce sont « le contexte et la situation de communications » qui permettent de situer l’action (Guiré, 2011). Traitant des processus de morphologisation temporelle conformément à la typologie des langues, Noyau (2001) note deux paliers dans l’acquisition d’une L2; le palier des étapes élémentaires constituant ce qu’elle appelle « lecte de base » et le palier du «processus de grammaticalisation ». Les procédures formelles et régulières, comme la flexion verbale, ne sont traitées systématiquement par l’apprenant que pendant le « processus de grammaticalisation ». Le problème central auquel l’apprenant d’une L2 comme le français peut être confronté est la segmentation en unités lexicales et en morphèmes. La temporalité-aspectualité, comme le rappelle Noyau (1997, 2001), est exprimée par une large gamme de moyens grammaticaux et non grammaticaux complémentaires. « Nous y incluons toute notion concernant a) les intervalles temporels associés aux situations et leurs relations entre eux et par rapport à des intervalles pris comme repères (relations temporelles), b) les perspectives temporelles adoptées par le locuteur (aspects), c) les caractéristiques temporelles inhérentes des procès (ce que certains auteurs persistent à appeler aspect (lexical ou inhérent) » (Noyau, 2001, p. 178).

On distingue dans la forme verbale simple du fulfulde une base lexicale et des désinences sous forme de suffixe qui marquent cette base lexicale (verbale).

La base verbale porte le sens de ce qui est ou peut être affirmé du sujet dans une situation donnée en tant que qualité, processus, état subjectif avec une possibilité de changement. Cette base lexicale peut s’élargir d’un ou de plusieurs dérivatifs.

Des dérivatifs verbaux sont souvent infixés au prédicat verbal pour modifier légèrement son sens initial sans forcément avoir une incidence sur ses propriétés sémantico-syntaxiques.
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